• Viviane La Fée

     

     

     

    iviane la  Fée, appelée aussi la Dame du Lac, joua un rôle discret mais tout de même majeur dans la geste des chevaliers de la table Ronde.

    Certains la disent fille du seigneur Dymas, bâtisseur du Château de Comper sur les rives du lac du même nom. Mais n’en croyez rien, car sa naissance est bien plus mystérieuse que cela.

    Car Viviane fut bel et bien une fée.

    Née de l’invisible, elle n’était à l’origine pas très puissante mais rêvait d’accomplir de grandes choses. Les fées n’ont pas ces ambitions-là d’ordinaire et c’est ce qui fit d’elle un être à part.

    Oui ce fut une de ces fées qui rêvent du monde des hommes et de leurs merveilleuses âmes immortelles.

    Ce fut une des rares fées, sortie de la cohorte des esprits de la nature et leur rôle protecteur, qui souhaita ne plus être simple spectatrice du théâtre des hommes, mais écrire quelques pages de leurs livres, sinon d’histoires, au moins de légendes.

      Tout ceci aurait pu rester rêverie de fée et s’évanouir avec elle dans les songes d’une nuit d’été[1].
        Mais Viviane aimait se baigner...
        Car cette sublime créature n’était autre qu’une Ondine, une fée de l’eau.
        Elle passait donc le plus clair de son temps près des sources de sa forêt natale, Brocéliande.

      Et c’est près de l’une d’elles, celle qui avait sa préférence - La fontaine de Barenton – qu’elle fit un jour une étrange rencontre.
         Il faisait beau et Viviane rêvassait tout en caressant d’une main paresseuse l’eau claire quand il pénétra dans la clairière.

    C’était un homme d’un certain âge et, tout à ses pensées, il ne la vit pas tout de suite. Attiré par la perspective d’une grande gorgée d’eau rafraîchissante, il se dirigea tout droit vers la fontaine, presque malgré lui.

    Il connaissait cette forêt, c’est certain.
        Viviane eut, ainsi, tout le loisir de l’observer.
       

    Vêtu d’un grand manteau fané comme les fleurs d’automne, il avançait d’un pas bien plus alerte que sa longue chevelure poivre et sel le laissait entendre. Il devait faire partie de ces hommes qui, tout jeunes, paraissaient déjà vieux.
      

    Elle le reconnut immédiatement bien sûr. Comment pouvait-il en être autrement ? Non pas qu’elle l’ait déjà rencontré, mais sa réputation l’avait précédé.

    Car, comment ne pas reconnaître cet homme sans âge ?
        Comment ne pas reconnaître
    Merlin ?
        Et puis les êtres mi-homme mi- démon ne couraient pas les bois, même en forêt de Brocéliande...
        Il émanait de lui ce singulier charisme que seuls les sorciers possèdent, ce charme de la magie humaine, si différente de celle, naturelle des fées.

    L’ensorcelante beauté du pouvoir.
        Elle fut toute de suite séduite. Envoutée même.
        Quelques grands pas plus tard, il était près d’elle.
         Lorsqu’il leva les yeux, il la vit son cœur explosa.
         C’était elle.
         Celle qui était destinée.
         Celle qu’il aimerait éternellement.

     Les destins de l’enchanteur et de la fée étaient désormais scellés.
         Et l’histoire pouvait être écrite.

    Il faisait beau et Viviane rêvassait tout en caressant d’une main paresseuse l’eau claire quand il pénétra dans la clairière.

     C’était un homme d’un certain âge et, tout à ses pensées, il ne la vit pas tout de suite. Attiré par la perspective d’une grande gorgée d’eau rafraîchissante, il se dirigea tout droit vers la fontaine, presque malgré lui.

    Il connaissait cette forêt, c’était certain.
        Viviane eut ainsi tout le loisir de l’observer.

    Vêtu d’un grand manteau fané comme les fleurs d’automne, il avançait d’un pas bien plus alerte que sa longue chevelure poivre et sel le laissait entendre. Il devait faire partie de ces hommes qui, tout jeunes, paraissaient déjà vieux.

    Elle le reconnut immédiatement bien sûr. Comment pouvait-il en être autrement ? Non pas qu’elle l’ait déjà rencontré, mais sa réputation l’avait précédé.

    Car, comment ne pas reconnaître cet homme sans âge ?
        Comment ne pas reconnaître Merlin ?
       

    Et puis, les êtres mi-homme mi- démon ne couraient pas les bois, même en forêt de Brocéliande...

    Il émanait de lui ce singulier charisme que seuls les sorciers possèdent, ce charme de la magie humaine, si différente de celle de la magie des fées.

    L’ensorcelante beauté du pouvoir.
        Elle fut tout de suite séduite. Envoutée même.
         Quelques grands pas plus tard, il était près d’elle.

     Lorsqu’il leva les yeux, il la vit et son cœur explosa.
         C’était elle.
        C’était elle qui lui était destinée.
        Celle qu’il aimerait éternellement.

     Les destins de l’enchanteur et de la fée Viviane étaient désormais scellés.
         Et l’histoire pouvait être écrite.

     Tout ce que Viviane fit par la suite fut par lui ou pour lui. Merlin, amoureux qu’il était, chercha par tous les moyens à prouver à cette merveilleuse créature la sincérité de son amour.

     

     Dans un premier temps, le sorcier certain de son pouvoir de séduction, chercha à éblouir Viviane par de simples enchantements.
         Mais cette fée-là n’était pas comme les autres.
         À vrai dire, il semblait bien que peu de choses l’impressionnaient.
         Et même lorsqu’il eut lancé son plus beau sortilège, la belle ne lui accorda qu’un léger levé de sourcils appréciateur.

    Pour elle, il devait se surpasser, c’était certain.

     Une nuit, lors d’une de ses innombrables insomnies, le magicien trouva enfin comment toucher le cœur de sa bien-aimée.

     Ainsi, le lendemain, il créa de toute pièce un extraordinaire et stupéfiant palais de cristal  au fond d’un vallon qu’il dissimula aux yeux de tous par un lac plus vrai que nature.

     

    On dit même que ce fut l’un des passages qui menait à l’île d’Avalon.
        Viviane fut finalement émerveillée et consentit à un premier baiser...

     Mais l’Ondine désormais appelée la Dame du Lac, en voulait toujours plus et les cadeaux, fussent-ils sublimes, ne suffisaient pas la combler.
         Car ce qu’elle voulait, c’était bien autre chose.
         Ce qu’elle voulait c’était la magie de Merlin.
         Ce qu’elle voulait, finalement c’était le pouvoir sur lui.

     Ainsi, des années durant le sorcier lui enseigna tout ce qu’il savait et à chaque étape de son apprentissage, elle lui accordait une faveur supplémentaire.

     L’amour d’une fée qui rêvait d’une âme et d’un demi-démon qui chercha toute sa vie à rattacher ses origines, demeura éternellement mystérieux aux yeux du commun des mortels.

    Et c’est peut-être cela qui en fit un amour légendaire.

     Grâce à Merlin, Viviane en apprit davantage sur le monde des hommes en particulier sur les chevaliers de la table ronde et leurs dames. Elle comprit aussi, même si cela la dépassait quelque peu, l’importance qu’ils avaient aux yeux du magicien.

     Ainsi, lorsqu’elle aperçut ce nourrisson, descendant d’une lignée, à l’avenir chevaleresque si prometteur et délaissé par sa toute jeune mère, tout juste veuve du roi Ban, elle saisit l’occasion d’impressionner l’enchanteur.

    Elle éleva l’enfant et l’emmena dans son palais de cristal.

    Elle éleva Lancelot, tel était le nom qu’elle lui donna, dans les plus pures valeurs chevaleresques afin qu’il devint le plus grand chevalier du monde et jouât un rôle majeur dans la quête du Graal, si chère à son bien-aimé.

    Cependant, elle n’avait pas prévu qu’elle s’attacherait au petit bout d’homme et que très vite, elle l’aimerait comme son fils...

     Ce fut un déchirement pour Viviane lorsque le jour de ses dix-huit ans elle mena Lancelot aux portes de Camelot pour qu’il accomplît son destin.

    Mais ceci est une autre histoire...

    Merlin avait toujours pressenti que Viviane avait un grand secret, bien protégé par une magie féerique qu’aucun de ces sortilèges ne pourrait démasquer.

    Il devait faire preuve de patience et attendre que la fée lui fit enfin confiance. La supplier, lui forcer la main ou encore tenter de la duper, n’aurait servi à rien car les secrets de fées sont les mieux gardés...

    Un jour ordinaire, pourtant, alors qu’ils se promenaient près du lac de la belle Dame, elle prit un air qu’il ne lui connaissait pas.
        Après un long silence qu’il crut ne jamais pouvoir respecter, elle lui confia enfin son secret.

     

    Viviane était une gardienne...
        La gardienne de l’épée des Dieux.
        L’épée oubliée de tous, l’épée de lumière, l’épée des rois...
        Celle que nul autre que l’élu ne pouvait toucher sans périr, celle que nul ne pouvait briser.
       

    Excalibur.

     

    Merlin n’en crut pas ses oreilles. Il l’avait cherché de longues années, sans y parvenir.
        Le magicien avait même douté de la réalité d’une telle épée, craignant que ce fût une légende, tant il avait cherché en vain.
        Il comprenait pourquoi désormais.
        Il pressa sa bien-aimée de mille questions, bien sûr...

    Trop curieux et trop assoiffé de connaissance pour ne pas tenter d’avoir quelques réponses.

     

    Mais la Dame du Lac fut des plus évasives, comme le sont toutes les fées lorsqu’elles parlent des choses de leur monde.

    Il sur simplement que les fées l’avaient préservé depuis le temps des Dieux et les gardiennes avaient été désignées afin d’en prendre soin jusqu’à ce qu’un roi digne de ce nom, l’élu, en ait besoin et s’en montrât digne.

    Et Viviane savait que ce temps viendrait bientôt et que ce serait Merlin qui mènerait le roi à elle.
        Et il en fut ainsi.
        La Dame du Lac remit Excalibur au roi Arthur, et exigea simplement en retour qu’il la lui rendit.

    Grâce à cette légendaire épée, Arthur devint celui qui fédéra le Bretagne, celui qui réunit les chevaliers autour de la Table Ronde, et sous le règne duquel la quête du Graal fut commencée et achevée.

    Merlin, infiniment redevable et tellement amoureux, redoubla d’effort pour enseigner à sa belle toute la magie qu’elle souhaitait si ardemment connaître...

     Ainsi Viviane la fée devint une grande et redoutable magicienne.
       Les fées sont vraiment étranges...
       Elles sont possessives aussi.

    Probablement lasse de voir son bien-aimé s’absenter si souvent pour interférer dans toutes ces affaires chevaleresques, et ainsi, le partager avec qu’elle ne comprit, finalement vraiment jamais, elle prit un jour une décision lourde de conséquence.

    Un soir Viviane traça neuf cercles magiques autour du magicien endormi, un sortilège qu’il lui avait enseigné peu de temps auparavant et qui permettait d’enfermer un homme à jamais.

    Ce qu’elle ne pouvait prévoir, ce fut que cette prison invisible l’empêcherait de rendre visite à son bien-aimé et de profiter de son amour.

    Merlin demeurait inaccessible aux hommes et à Viviane pour l’éternité...

    Scellant, par la même le destin du roi Arthur puisque l’enchanteur ne put venir en aide à son ami et roi lors de la bataille de Camlann.

    Viviane la fée, Dame du Lac, ne s’en remit jamais et disparut elle aussi, à jamais après avoir emporté Excalibur à la suite de la mort du roi Arthur.

    Tel dut le destin de la fée Viviane, Dame du Lac et gardienne de l’épée des Dieux...

     - Dites-m’ en plus sur Merlin, s’il vous plaît...
    -
    Ah Merlin...

    Il fût tout simplement, le plus grand magicien du monde. Voilà tout...

    - Mais encore....

     

     

    © Le Vaillant Martial 

     

     

     

     



    [1] Titre d’une pièce de Théâtre de William Shakespeare.

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