• L’eau de table de Nazareth

    Plancoët & Matignon

     

    Buvard Publicitaire pour l'eau Plancoët  

    C’est sous ce nom que fut commercialisé, non pas de l’eau bénite, mais la première eau minérale de Plancoët. La source Sassay est exploitée depuis la fin des années 1920 dans le quartier de Nazareth, une ancienne trève[1] de CorseulChateaubriand passa une partie de son enfance. Reconnu « eau minérale » en 1928, cette appellation permit aux médecins de prescrire des cures et aux pharmaciens de vendre les bouteilles.

    Les activités agricoles furent réglementées autour du site et le demeurent aujourd’hui pour garantir l’absence de nitrates.

    Chaque année sont commercialisées 22 millions de bouteilles de ce qui reste la seule eau minérale de Bretagne.

     

    « Les accords de Matignon »

    Non, les habitants de Matignon ne se font pas appeler les Premiers ministres, mais un lien historique les unit bel et bien avec la résidence du chef du gouvernement Français. La volonté de bâtir l’hôtel de Matignon est celle du prince de Tingry, Christian de Montmorency-Luxembourg qui collabora avec l’architecte Jean Courtonne à partir de 1722. Les travaux s’avérant plus coûteux que prévus, il se résigna à vendre l’hôtel particulier avant même son achèvement. C’est là qu’intervint un Sire de Matignon, qui passa des accords avec le prince de Tingry pour devenir le nouveau propriétaire des lieux. Celui-ci se nommait Jacques III de Goyon, nom que l’on retrouvait autrefois dans la Roche-Goyon, l’ancienne appellation du célèbre Fort-la-Latte. Si les premiers ministres n’ont pas pour habitude de se rendre à Matignon, ce gros bourg des Côtes d’Armor  a tout de même eu la visite en 2012 d’un chef d’État : Albert II de Monaco. Parmi ses lointains prédécesseurs, le prince de Monaco Jacques Ier n’était autre que le fils de Jacques III de Goyon.

     

    Addendum : La Deuxième plus petite commune de France

    Au Nord de Dinan, Plessis-Balisson est la plus petite commune de Bretagne avec une superficie de 0,8 km2. Totalement enclavée dans la commune de Ploubalay, son territoire ne s’étend pas au-delà des maisons du village – qui ont la particularité de porter chacun un nom -, d’un camping et de yourtes et d’un modeste bosquet. Regroupant 90 habitants, elle est la deuxième commune bretonne la moins peuplée au recensement de 2012) derrière Loc-Envel, bourg de 67 habitants à l’Église pittoresque, sis entre Belle-Isle-en-Terre et Callac. Tirant son nom du seigneur de Geoffroy Baluçon, la commune de Plessis-Balisson est tout de même deux fois plus grande que la plus petite comme de France, Castelmoron-d ‘Albert en Gironde.

    La Bretagne géographique curieuse et insolite

    © Le Vaillant Martial



    [1] Trève : Subdivision d’une paroisse en Bretagne crée en raison de l’éloignement entre certains hameaux et l’église paroissiale. (Il faut y voir l’origine de nombreux  toponymes bretons commençant par Tré-) 


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  • Dinan et ses environs

    Dinan et ses environs


     

    Quand la Bretagne était une île....

    Entre Le Quiou, Tréfumel et Saint Juvat, les nombreux fossiles de requins, de raies ou de coraux, sont autant de preuves que le Massif Armoricain et le Bassin Parisien étaient séparés par la mer, il y a 15 millions d’années. Plutôt chaude et assez peu profonde, elle recouvrait le territoire de l’Ille et Vilaine et la vallée de la Loire. On l’appelle la mer des Faluns, du nom des sédiments calcaires déposés lors de cet épisode. Ces dépôts ont par la suite largement été érodés, mais il n’en fut pas ainsi autour de Trefumel.

    Aussi appelé calcaire du Quiou, le falun de Tréfumel est une pierre qui a été utilisée comme matériau de construction dès l’antiquité pour la villa gallo-romaine du Quiou ou encore à la fin du moyen-âge pour le château du Hac. Elle servit aussi pour l’agriculture, pour amender les sols, le verbe « faluner » désignait l’action de répandre cette roche calcaire, qui prouve bien qu’il n’y a pas que du granit en Bretagne !

     

     

    DU GUESCLIN

    BRETON DE SANG ET DE CŒUR

     

     

    Dinan et ses environs
     

     

    Issu d’une famille de petite noblesse, Bertrand Du Guesclin naît vers 1320 dans un château aujourd’hui disparu. Bien que petit et mal bâti, il devient malgré tout, grâce à sa force incroyable, un chevalier redouté, notamment lors de la guerre de succession de Bretagne, au cours de laquelle il lève le siège des Anglais en 1357 à Dinan. À partir de 1370, il est même connétable et dirige les troupes di roi Charles V. En 1380 alors qu’il combattait les Grandes compagnies dans le sud du Massif central, il décède à Châteauneuf-de-Randon, où un cénotaphe honore sa mémoire. Dès lors, le corps de celui qui voulait reposer dans sa Bretagne natale va connaître moult péripéties. Ses viscères sont d’abord inhumés au Puy-en-Velay, mais il faut encore bouillir ses chairs à Montferrand (aujourd’hui Clermont-Ferrand) le cadavre supportant mal le voyage estival.

     

    Dinan et ses environs
     

    Maisons à arcades de la place des Cordeliers à Dinan

     

    Au lieu de prendre la direction de la Bretagne, les ossements du « Dogue noir de Brocéliande » atteigne Saint-Denis pour reposer auprès des rois de France. Charles V ayant tout de même concédé que son cœur puisse rejoindre Dinan, où il est désormais conservé dans les murs de l’église Saint-Sauveur. 

     

     

    La Bretagne curieuse Géographique et insolite (Pierre Deslais)

    © Le Vaillant Martial


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  • Des volcans dans la Baie de Saint-Brieuc 

     

    A l’instar de Saint-Quay-Portrieux sur l’autre rive de St-Brieuc la petite ville d’Erquy est réputée pour la pêche de la coquille Saint-Jacques. Cette charmante station balnéaire partage un autre point commun avec la rive qui lui fait face, celui d’abriter d’anciens volcans. Toutefois en vous rendant à la pointe de Guilben à Paimpol ou à la pointe de la Heussaye à Erquy, ne vous attendez pas à découvrir une montagne coiffée d’un cratère, mais plutôt des roches de plus de 600 000 ans formées par un ancien volcan et dont les plus remarquables sont les boules de laves, dites en « coussins ».

     

    Des Volcans dans La baie de Saint Brieuc


     

     

    « Tirer à boulets rouges »

     

    Pourquoi tire-t-on « à boulets rouges » lorsque l’on critique violemment quelqu’un ? L’origine de cette expression remonte à l’époque où les navires militaires qui abordaient les côtes françaises étaient susceptibles de recevoir de tels boulets. Pour augmenter leur capacité de destruction, ces projectiles étaient chauffés dans des fours à boulets comme celui de la pointe du Roselier Plérin, ou celui du cap d’Erquy. Un dispositif semblable est également visible près du cap Fréhel, au Fort-la-Latte.

     

    Des Volcans dans La baie de Saint Brieuc

     

    La Bretagne curieuse et insolite

    © Le Vaillant Martial 

     

     


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  • Cap à l’Ouest


     

    - Ah, j’ai bien dormi, ma foi, fit la fille, lorsqu’elle descendit le lendemain matin, pour engloutir un bon petit-déjeuner, composé de café fumant, de croissants, mais aussi de crêpes, de blé noir et de froment, et cette savoureuse andouille fumée au bois de hêtre que l’aubergiste allait lui-même acheter chez Quidu, l’un des meilleurs artisans charcutiers de tout le Bro Gwened.

        Dehors, les pierres auréolées de la brume du matin, qu’un soleil timide avait toutes les peines du monde à percer, lui faisaient penser irrésistiblement à cette armée de Romains pétrifiés, ou à un troupeau d’énormes sauriens figés, là, pour l’éternité, par la baguette de coudrier d’un mauvais Druide ou d’un Sorcier mal intentionné. Le pays s’éveillait dans une douce torpeur. Les couleurs de l’automne, qui s’accentuaient de jour en jour, lui donnaient une allure princière qu’il n’avait pas toujours en été. Elle aimait ces lumières filtrées, atmosphère trouble, de saison intermédiaire, d’un temps qui n’était plus l’été, mais qui n’était pas encore l’hiver. Le temps, oui, le temps lui semblait presque suspendu. Comme dans les mondes fantastiques que, depuis quelques jours, son compagnon de fortune, lui faisait découvrir.

    Dehors les fougères commençaient à brunir, les feuilles des bouleaux se paraient de leurs ors, les chênes étaient les derniers à conserver un vert intense à leur frondaisons.

    - Où irez-vous aujourd’hui ? demanda le patron, en servant à Enora un second bol de liquide noir et brûlant.

    - Je n’en sais rien encore. Mon ... guide m’a annoncé que le voyage serait long. C’est tout ce que je puis dire.

    - D’ailleurs, tenez, regardez, on dirait qu’il s’impatiente votre ... «taxi » vous attend, sourit le patron en montrant la karrigel, garée devant la porte, et un pan de manteau de l’Ankou qui se soulevait dans l’air frais du matin.


     

        Moins de dix minutes plus tard, Enora avait rassemblé ses affaires et fait ses adieux à l’aubergiste. Assise à  côté du vieux sur la charrette qui brinquebalait sur les chemins de la traverse, elle humait la longue, la profonde, l’enivrante respiration de la mer. Ses narines frissonnaient au parfum du varech chahuté par la grande bleue. La mer était là, à ses pieds ; D’abord ce fut la côte sauvage de Quiberon et ses provendes de noyés. Puis les lieus de dunes qui s’étendaient d’Erdeven à la rivière d’Étel. Puis les chemins creux qui s’enfonçaient loin, très loin dans le corsage de la Breizh, dans les petits ports ourlés d’ajoncs où patientaient des flottilles multicolores dans l’arrière-pays de Quimperlé.

    - Où m’emmenez-vous aujourd’hui, l’Ankou ? fit-elle d’un ton enjoué, en se retournant brusquement vers son compagnon.

    - Loin, loin. À l’ouest, là où la terre finit. Où la mer renouvelle chaque jour ses noces tapageuses avec le ciel. Et avec l’Au-Delà. Dans les zones de frontières et de lisières. Là où l’écrivain grec Procope situait l’embarcadère pour l’Autre-Monde.

    - L’Autre-Monde encore ?

    - Oui, mais là, jeune fille c’est le paroxysme. Le bout du bout des terres. Les courants y sont violents. Comme des solstices. Les bateaux peinent à y trouver leur provende. Nombreux sont ceux qui sombrent à jamais dans des maelströms bleus et verts et gris. Le bout des terres enneigées. Face, exactement, aux inconnus que les anciens voulaient tellement explorer. Voulez-vous vraiment continuer votre chemin ?

    - Bien sûr répondit la fille qui commençait à trembler, d’un frisson où la peur le disputait à l’envie fébrile, au délicieux appétit d’apprendre et de savoir. Pourquoi renoncerais-je ?

    - Alors, allons fit l’Ankou, en faisant claquer son fouet aux oreilles de sa haridelle.

        Le soir commençait à tomber lorsque le curieux équipage parvint enfin à la pointe du raz, cet énorme amas rocheux qui plonge dans les eaux glauques et bouillonnantes du museau de la Bretagne.

        À leurs pieds des fragments de roche pointaient des moignons misérables vers le ciel. Plus loin une petite virgule de terre, perdue au milieu de l’immensité liquide, menaçait à chaque instant de sombrer et disparaitre à jamais dans les épouvantements.

        À peine la karrigel se fut-elle arrêtée, la fille en sauta et se mit à courir vers la mer en sautillant avec la grâce et l’énergie d’un lapin de garenne.

    - Je suis rompue, l’Ankou votre ...véhicule n’a vraiment pas le confort de ma coccinelle !
    -
    Sans doute. Mais il me mène toujours où je veux, quand je veux. Et à l’allure que je veux ...Soyez prudente tout de même.

        Mais, toute à la joie de remplir ses poumons d’air et d’iode mêlés, de se dégourdir les jambes et de jouir de  l’immensité du paysage qui s’étendait là, devant ses yeux écarquillés, la fille se laissa insensiblement, imperceptiblement, entraîner vers la mer et le bord de la falaise qui surplombait d’effrayantes marmites où clabaudaient de longs filaments blanchâtres. Des marmites qui semblaient tourbillonner sans fin et vouloir happer les vivants par les pieds, pour les entrainer dans des mondes insoupçonnés.

        Un grondement sourd et continu, comme des lames de fond sui s’écrasent sur la paroi rocheuse, composait une chanson sauvage et archaïque. Une chanson dans laquelle, la fille ne tarda guère à discerner des cris, des hurlements, des hurlements d’angoisse et d’épouvante. Des hurlements apportés par les rafales violentes du vent d'ouest’ Des plaintes déchirantes, des lamentations pitoyables et désespérées qui écorchaient ses oreilles fines et délicates.

    - J’ai froid l’Ankou, dit-elle soudain. Je tremble. J’ai froid et j’ai peur. Qu’est-ce que ces cris que j’entends, entre deux ressacs, lorsque le vent s’engouffre dans les anfractuosités de la roche ?
    -
    Vous voulez vraiment le savoir, fit le vieux, pensif, en dardant un regard dur vers le phare de la Vieille qui commençait à balayer de son œil jaune l’immense désert liquide.
    -
    Oui bien sûr, fit la fille, en faisant trois pas prudents en arrière pour se réfugier dans un pan du manteau neuf du vieux, si vous me permettez de m’abriter un instant des embruns qui mouillent mes cheveux et me trempent jusqu’aux os.
    -
    Bien dit l’Ankou, en se raclant longuement la gorge, comme s’il avait voulu se délivrer du poids d’un lourd, d’un pénible secret. Ce sont ...Ce sont ... les ...crieriens. La phrase semblait avoir eu toutes les peines du monde à sortir de sa bouche sans lèvres. Comme si elle lui avait écorché la chair qu’il n’avait plus depuis longtemps.

    © Le Vaillant Martial


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  • Quimper et ses environs

    Quimper capitale de la France en 1940 ?

     

       La débâcle de juin 40 a failli placer la Bretagne en première ligne. A la mi-juin, alors que le gouvernement quitte Paris pour Tours, puis Bordeaux, le président du Conseil Paul Reynaud et d’autres comme le général de Gaulle, qui ne veulent pas entendre parler d’une capitulation, réfléchissent à la possibilité de mettre en place un réduit breton, dont la capitale politique serait Quimper.

       Dans la plus grande discrétion, le préfet prépare l’arrivée éventuelle des ministres, des députés, tandis qu’une villa de Beg-Meil et le château de Bot Conan attendent Reynaud et le président de la république, Albert Le Brun. Un autre projet encore plus étonnant voit le jour pour éviter l’armistice : faire du Royaume-Uni  et de la France un seul pays !

       Concarneau est pressenti pour accueillir une rencontre à ce sujet entre le président du Conseil et Churchill, mais le premier ministre britannique ne viendra pas. Reynaud démissionne et  Pétain s’apprête à composer son gouvernement.

     

    L’île de Sein : «  Le quart de la France ! »

      C’est en ces termes que le général de Gaulle constata qu’en qu’environ 25 % des premiers résistants venus le rejoindre en Angleterre étaient des pêcheurs de l’île de sein. Sur cette petite île, qui comptait 1400 Habitants avant la guerre, contre seulement 200 aujourd’hui, personne n’avait entendu l’appel du 18 juin, mais les diffusions ultérieures des messages de ce général encore peu connu convaincront 128 Sénans de diriger vers les côtes anglaises, avant la fin du mois de juin.

       Leur courage a notamment été honoré par le général de Gaulle qui accorda à l’île le titre de Compagnon de la Libération, distinction que seules quatre autres communes ont reçue.

     

    © Le Vaillant Martial

     


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