• Des volcans dans la Baie de Saint-Brieuc 

     

    A l’instar de Saint-Quay-Portrieux sur l’autre rive de St-Brieuc la petite ville d’Erquy est réputée pour la pêche de la coquille Saint-Jacques. Cette charmante station balnéaire partage un autre point commun avec la rive qui lui fait face, celui d’abriter d’anciens volcans. Toutefois en vous rendant à la pointe de Guilben à Paimpol ou à la pointe de la Heussaye à Erquy, ne vous attendez pas à découvrir une montagne coiffée d’un cratère, mais plutôt des roches de plus de 600 000 ans formées par un ancien volcan et dont les plus remarquables sont les boules de laves, dites en « coussins ».

     

    Des Volcans dans La baie de Saint Brieuc


     

     

    « Tirer à boulets rouges »

     

    Pourquoi tire-t-on « à boulets rouges » lorsque l’on critique violemment quelqu’un ? L’origine de cette expression remonte à l’époque où les navires militaires qui abordaient les côtes françaises étaient susceptibles de recevoir de tels boulets. Pour augmenter leur capacité de destruction, ces projectiles étaient chauffés dans des fours à boulets comme celui de la pointe du Roselier Plérin, ou celui du cap d’Erquy. Un dispositif semblable est également visible près du cap Fréhel, au Fort-la-Latte.

     

    Des Volcans dans La baie de Saint Brieuc

     

    La Bretagne curieuse et insolite

    © Le Vaillant Martial 

     

     


    votre commentaire
  • Cap à l’Ouest


     

    - Ah, j’ai bien dormi, ma foi, fit la fille, lorsqu’elle descendit le lendemain matin, pour engloutir un bon petit-déjeuner, composé de café fumant, de croissants, mais aussi de crêpes, de blé noir et de froment, et cette savoureuse andouille fumée au bois de hêtre que l’aubergiste allait lui-même acheter chez Quidu, l’un des meilleurs artisans charcutiers de tout le Bro Gwened.

        Dehors, les pierres auréolées de la brume du matin, qu’un soleil timide avait toutes les peines du monde à percer, lui faisaient penser irrésistiblement à cette armée de Romains pétrifiés, ou à un troupeau d’énormes sauriens figés, là, pour l’éternité, par la baguette de coudrier d’un mauvais Druide ou d’un Sorcier mal intentionné. Le pays s’éveillait dans une douce torpeur. Les couleurs de l’automne, qui s’accentuaient de jour en jour, lui donnaient une allure princière qu’il n’avait pas toujours en été. Elle aimait ces lumières filtrées, atmosphère trouble, de saison intermédiaire, d’un temps qui n’était plus l’été, mais qui n’était pas encore l’hiver. Le temps, oui, le temps lui semblait presque suspendu. Comme dans les mondes fantastiques que, depuis quelques jours, son compagnon de fortune, lui faisait découvrir.

    Dehors les fougères commençaient à brunir, les feuilles des bouleaux se paraient de leurs ors, les chênes étaient les derniers à conserver un vert intense à leur frondaisons.

    - Où irez-vous aujourd’hui ? demanda le patron, en servant à Enora un second bol de liquide noir et brûlant.

    - Je n’en sais rien encore. Mon ... guide m’a annoncé que le voyage serait long. C’est tout ce que je puis dire.

    - D’ailleurs, tenez, regardez, on dirait qu’il s’impatiente votre ... «taxi » vous attend, sourit le patron en montrant la karrigel, garée devant la porte, et un pan de manteau de l’Ankou qui se soulevait dans l’air frais du matin.


     

        Moins de dix minutes plus tard, Enora avait rassemblé ses affaires et fait ses adieux à l’aubergiste. Assise à  côté du vieux sur la charrette qui brinquebalait sur les chemins de la traverse, elle humait la longue, la profonde, l’enivrante respiration de la mer. Ses narines frissonnaient au parfum du varech chahuté par la grande bleue. La mer était là, à ses pieds ; D’abord ce fut la côte sauvage de Quiberon et ses provendes de noyés. Puis les lieus de dunes qui s’étendaient d’Erdeven à la rivière d’Étel. Puis les chemins creux qui s’enfonçaient loin, très loin dans le corsage de la Breizh, dans les petits ports ourlés d’ajoncs où patientaient des flottilles multicolores dans l’arrière-pays de Quimperlé.

    - Où m’emmenez-vous aujourd’hui, l’Ankou ? fit-elle d’un ton enjoué, en se retournant brusquement vers son compagnon.

    - Loin, loin. À l’ouest, là où la terre finit. Où la mer renouvelle chaque jour ses noces tapageuses avec le ciel. Et avec l’Au-Delà. Dans les zones de frontières et de lisières. Là où l’écrivain grec Procope situait l’embarcadère pour l’Autre-Monde.

    - L’Autre-Monde encore ?

    - Oui, mais là, jeune fille c’est le paroxysme. Le bout du bout des terres. Les courants y sont violents. Comme des solstices. Les bateaux peinent à y trouver leur provende. Nombreux sont ceux qui sombrent à jamais dans des maelströms bleus et verts et gris. Le bout des terres enneigées. Face, exactement, aux inconnus que les anciens voulaient tellement explorer. Voulez-vous vraiment continuer votre chemin ?

    - Bien sûr répondit la fille qui commençait à trembler, d’un frisson où la peur le disputait à l’envie fébrile, au délicieux appétit d’apprendre et de savoir. Pourquoi renoncerais-je ?

    - Alors, allons fit l’Ankou, en faisant claquer son fouet aux oreilles de sa haridelle.

        Le soir commençait à tomber lorsque le curieux équipage parvint enfin à la pointe du raz, cet énorme amas rocheux qui plonge dans les eaux glauques et bouillonnantes du museau de la Bretagne.

        À leurs pieds des fragments de roche pointaient des moignons misérables vers le ciel. Plus loin une petite virgule de terre, perdue au milieu de l’immensité liquide, menaçait à chaque instant de sombrer et disparaitre à jamais dans les épouvantements.

        À peine la karrigel se fut-elle arrêtée, la fille en sauta et se mit à courir vers la mer en sautillant avec la grâce et l’énergie d’un lapin de garenne.

    - Je suis rompue, l’Ankou votre ...véhicule n’a vraiment pas le confort de ma coccinelle !
    -
    Sans doute. Mais il me mène toujours où je veux, quand je veux. Et à l’allure que je veux ...Soyez prudente tout de même.

        Mais, toute à la joie de remplir ses poumons d’air et d’iode mêlés, de se dégourdir les jambes et de jouir de  l’immensité du paysage qui s’étendait là, devant ses yeux écarquillés, la fille se laissa insensiblement, imperceptiblement, entraîner vers la mer et le bord de la falaise qui surplombait d’effrayantes marmites où clabaudaient de longs filaments blanchâtres. Des marmites qui semblaient tourbillonner sans fin et vouloir happer les vivants par les pieds, pour les entrainer dans des mondes insoupçonnés.

        Un grondement sourd et continu, comme des lames de fond sui s’écrasent sur la paroi rocheuse, composait une chanson sauvage et archaïque. Une chanson dans laquelle, la fille ne tarda guère à discerner des cris, des hurlements, des hurlements d’angoisse et d’épouvante. Des hurlements apportés par les rafales violentes du vent d'ouest’ Des plaintes déchirantes, des lamentations pitoyables et désespérées qui écorchaient ses oreilles fines et délicates.

    - J’ai froid l’Ankou, dit-elle soudain. Je tremble. J’ai froid et j’ai peur. Qu’est-ce que ces cris que j’entends, entre deux ressacs, lorsque le vent s’engouffre dans les anfractuosités de la roche ?
    -
    Vous voulez vraiment le savoir, fit le vieux, pensif, en dardant un regard dur vers le phare de la Vieille qui commençait à balayer de son œil jaune l’immense désert liquide.
    -
    Oui bien sûr, fit la fille, en faisant trois pas prudents en arrière pour se réfugier dans un pan du manteau neuf du vieux, si vous me permettez de m’abriter un instant des embruns qui mouillent mes cheveux et me trempent jusqu’aux os.
    -
    Bien dit l’Ankou, en se raclant longuement la gorge, comme s’il avait voulu se délivrer du poids d’un lourd, d’un pénible secret. Ce sont ...Ce sont ... les ...crieriens. La phrase semblait avoir eu toutes les peines du monde à sortir de sa bouche sans lèvres. Comme si elle lui avait écorché la chair qu’il n’avait plus depuis longtemps.

    © Le Vaillant Martial


    votre commentaire
  • Quimper et ses environs

    Quimper capitale de la France en 1940 ?

     

       La débâcle de juin 40 a failli placer la Bretagne en première ligne. A la mi-juin, alors que le gouvernement quitte Paris pour Tours, puis Bordeaux, le président du Conseil Paul Reynaud et d’autres comme le général de Gaulle, qui ne veulent pas entendre parler d’une capitulation, réfléchissent à la possibilité de mettre en place un réduit breton, dont la capitale politique serait Quimper.

       Dans la plus grande discrétion, le préfet prépare l’arrivée éventuelle des ministres, des députés, tandis qu’une villa de Beg-Meil et le château de Bot Conan attendent Reynaud et le président de la république, Albert Le Brun. Un autre projet encore plus étonnant voit le jour pour éviter l’armistice : faire du Royaume-Uni  et de la France un seul pays !

       Concarneau est pressenti pour accueillir une rencontre à ce sujet entre le président du Conseil et Churchill, mais le premier ministre britannique ne viendra pas. Reynaud démissionne et  Pétain s’apprête à composer son gouvernement.

     

    L’île de Sein : «  Le quart de la France ! »

      C’est en ces termes que le général de Gaulle constata qu’en qu’environ 25 % des premiers résistants venus le rejoindre en Angleterre étaient des pêcheurs de l’île de sein. Sur cette petite île, qui comptait 1400 Habitants avant la guerre, contre seulement 200 aujourd’hui, personne n’avait entendu l’appel du 18 juin, mais les diffusions ultérieures des messages de ce général encore peu connu convaincront 128 Sénans de diriger vers les côtes anglaises, avant la fin du mois de juin.

       Leur courage a notamment été honoré par le général de Gaulle qui accorda à l’île le titre de Compagnon de la Libération, distinction que seules quatre autres communes ont reçue.

     

    © Le Vaillant Martial

     


    votre commentaire
  • Brest et ses environs


    Phare de l’île Vierge

    Un secteur « phare »

       De nombreux phares se dressent dur les côtes du Finistère, plus particulièrement aux abords de la Manche, dont l’entrée est bornée pour par le plus haut phare de l’Europe : celui de l’île Vierge haut de 82.5 mètres. Avant de s’engager dans ce qui constitue le bras de mer le plus emprunté du monde, les navires doivent passer le périlleux rail d’Ouessant, une véritable autoroute des mers où différents couloirs de circulations ont été instaurés pour assurer la sécurité maritime. Ce rôle est garanti également par les phares de l’île. Parmi eux se trouve le phare de Nividic se distingue en étant le phare de France métropolitaine le plus occidental. Celui du Stiff, construit par Vauban en 1699, est le plus ancien phare de Bretagne en activité, tandis que celui du Créac’h est le plus puissant d’Europe.


     

    Mille millions d’explications pour le tonnerre de Brest

       Si Brest se singularise par un nombre élevé de jours pluvieux dans l’année – sans toutefois battre des records de pluviosité totale – le tonnerre ne gronde pas outre mesure à l’entrée de sa rade. Le juron rendu célèbre par Hergé et son personnage du capitaine Haddock ne tire donc pas son origine de la météorologie. Il faut plutôt la chercher du côté de l’arsenal de la ville. Quotidiennement à six heures et à 19 heures, un coup de canon retentissait à l’ouverture et à la fermeture de ses portes, mais l’usage voulait également qu’un tel coup, soit tiré pour prévenir que des prisonniers s’étaient échappés du bagne – Eugène François Vidocq ayant été le plus célèbre de ces évadés. « Tonnerre de Brest » pourrait aussi plus précisément désigner le nom du canon, ou alors dernière hypothèse, le nom d’une batterie de canons disposée sur l’île d’Ouessant pour signaler l’approche de navires Anglais ; Que la pluie cesse ...


     

     

    « Un petit bout d’Amérique »

       La tour de granit rose qui domine le port de Brest depuis le cours d’Ajot n’est pas un ancien phare, mais un monument commémorant  le passage de plusieurs centaine de milliers de soldats américains entre 1917 et 1919, par le port breton où le président Woodrow Wilson fut acclamé en décembre 1918.


    Carte postale rappelant la venue de Windrow Wilson en décembre 1918 

    Tour Dorée de Camaret, aujourd’hui classée au patrimoine de l’Unesco 

       Le baptême du feu de la tour VAUBAN. Remarquable par  sa couleur orangée, la tour Vauban de Camaret-sur-Mer est une construction unique parmi les nombreux ouvrages dessinés par l’architecte militaire de Louis XIV. Cette tour hexagonale, qui domine une batterie une batterie basse semi-circulaire, était chargée de protéger  le goulet de Brest qui marque l’entrée de la rade. Sa construction n’était pas encore achevée en 1694 quand ses canons repoussèrent la flotte anglo-hollandaise, constituée d’une centaine de vaisseaux décidés à s’attaquer à la ville de Brest. Grâce au génie de Vauban qui de surcroît commandait les opérations, la bataille de Camaret causa la mort de plusieurs centaines d’ennemis, sans faire la moindre victime du côté français.

     

     


     

       Faisant face à la ville de Brest, l’île Longue n’est plus une île, depuis que l’isthme qui la relie à la presqu’île de Crozon a fait l’objet de travaux pour la rendre accessible, même à marée haute. Cet accès est toutefois extrêmement surveillé depuis la fin des années 1960, puisque le site est une base militaire qui abrite les sous-marins nucléaires français.


     

     

       Son importance stratégique transparaît sur les cartes de l’IGN où aucune infrastructure n’est représentée, faisant de l’île longue une « presqu’île déserte ». Les photographies aériennes du site Géoportail  donnent un peu plus d’informations, mais sont beaucoup moins précises que celles d’autres sites moins précautionneux. Sur ces derniers vous ne verrez aucun piéton alors que près de 1800 personnes travaillent sur le site. Les déplacements à pied y sont en effet interdits.


     

       Deux véritables îles se trouvent dans le périmètre de protection de l’île Longue et sont donc interdite d’accès. L’île Trébéron est devenue au XVIIIe siècle un lieu de quarantaine pour les navires touchés par des épidémies. Elle accueillit des marins faibles, mais aussi des forçats et des tuberculeux, le site ayant été transformé en sanatorium au début du XXe siècle. L’île voisine servait de lieu de sépulture, c’est pourquoi on l’appelle l’île des Morts. Cette dernière abrita une poudrière qui présentait l’avantage d’être plus proche de l’arsenal de Brest que celle de Pont-de-Buis.

    © Le Vaillant Martial

     


    votre commentaire
  • Les côtes d’Armor 

       Population 595 531 Hab. Superficie 6 878 Km2. Chef-Lieu : Saint-Brieuc (45 936 hab., 85 000 hab. dans l’agglomération). Sous-préfectures : Lannion (19 380 Hab.), Dinan (10 708 Hab., 20 000 hab. dans l’agglomération), Guingamp (7 235 hab., 20 000 hab. dans l’agglomération. Autres villes principales : Lamballe (12 314 hab., Loudéac (9 661 hab.)

     


     

       Appelé initialement Côtes du nord, le département des Côtes d’Armor a opté pour ce nouveau nom en 1990. Si cette appellation est plus attractive pour l’économie touristique elle est néanmoins quelque peu redondante, car l’Armor ou Arvor est le « pays de la mer », autrement dit le littoral.

       Ces « côtes du littoral » sont centrées sur la baie de Saint-Brieuc qui sépare les côtes de Goëlo et de Penthièvre, et plus largement la côte du Trégor à l’ouest et la côte d’émeraude à l’est à partir du cap Fréhel. L’Armor s’oppose à l’Argoat « Le pays de la forêt », qui correspond à l’intérieur des terres  où les paysages sont vallonnés, notamment dans les landes du Mené qui abritent le mont Bel-Air, point culminant du département à 339 mètres d’altitude.

       Moins urbanisé, le sud du département compte comme ville principale Loudéac, pôle du Centre Bretagne, qui perdit sa qualité de sous-préfecture en 1926 – en même temps que Quimperlé dans le Finistère, Ploërmel dans le Morbihan, Montfort et Vitré en Ille et Vilaine, et enfin Ancenis(provisoirement) et Paimboeuf en Loire inférieure.

     


     

    La vallée du Trieux surveillée par le château de la Roche-Jagu 


     

    © Le Vaillant Martial


    1 commentaire


    Suivre le flux RSS des articles de cette rubrique
    Suivre le flux RSS des commentaires de cette rubrique
================================== 1- jssants.js (external javascript jsfile) ================================== ================================== 2- jssaints.js (external javascript jsfile) ================================== ================================== -3 sants.html (html file) ================================== JavaScript code/Saint's Day
Breton calendar - Saint's Day : 
...Calendrier français :