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    iviane la  Fée, appelée aussi la Dame du Lac, joua un rôle discret mais tout de même majeur dans la geste des chevaliers de la table Ronde.

    Certains la disent fille du seigneur Dymas, bâtisseur du Château de Comper sur les rives du lac du même nom. Mais n’en croyez rien, car sa naissance est bien plus mystérieuse que cela.

    Car Viviane fut bel et bien une fée.

    Née de l’invisible, elle n’était à l’origine pas très puissante mais rêvait d’accomplir de grandes choses. Les fées n’ont pas ces ambitions-là d’ordinaire et c’est ce qui fit d’elle un être à part.

    Oui ce fut une de ces fées qui rêvent du monde des hommes et de leurs merveilleuses âmes immortelles.

    Ce fut une des rares fées, sortie de la cohorte des esprits de la nature et leur rôle protecteur, qui souhaita ne plus être simple spectatrice du théâtre des hommes, mais écrire quelques pages de leurs livres, sinon d’histoires, au moins de légendes.

      Tout ceci aurait pu rester rêverie de fée et s’évanouir avec elle dans les songes d’une nuit d’été[1].
        Mais Viviane aimait se baigner...
        Car cette sublime créature n’était autre qu’une Ondine, une fée de l’eau.
        Elle passait donc le plus clair de son temps près des sources de sa forêt natale, Brocéliande.

      Et c’est près de l’une d’elles, celle qui avait sa préférence - La fontaine de Barenton – qu’elle fit un jour une étrange rencontre.
         Il faisait beau et Viviane rêvassait tout en caressant d’une main paresseuse l’eau claire quand il pénétra dans la clairière.

    C’était un homme d’un certain âge et, tout à ses pensées, il ne la vit pas tout de suite. Attiré par la perspective d’une grande gorgée d’eau rafraîchissante, il se dirigea tout droit vers la fontaine, presque malgré lui.

    Il connaissait cette forêt, c’est certain.
        Viviane eut, ainsi, tout le loisir de l’observer.
       

    Vêtu d’un grand manteau fané comme les fleurs d’automne, il avançait d’un pas bien plus alerte que sa longue chevelure poivre et sel le laissait entendre. Il devait faire partie de ces hommes qui, tout jeunes, paraissaient déjà vieux.
      

    Elle le reconnut immédiatement bien sûr. Comment pouvait-il en être autrement ? Non pas qu’elle l’ait déjà rencontré, mais sa réputation l’avait précédé.

    Car, comment ne pas reconnaître cet homme sans âge ?
        Comment ne pas reconnaître
    Merlin ?
        Et puis les êtres mi-homme mi- démon ne couraient pas les bois, même en forêt de Brocéliande...
        Il émanait de lui ce singulier charisme que seuls les sorciers possèdent, ce charme de la magie humaine, si différente de celle, naturelle des fées.

    L’ensorcelante beauté du pouvoir.
        Elle fut toute de suite séduite. Envoutée même.
        Quelques grands pas plus tard, il était près d’elle.
         Lorsqu’il leva les yeux, il la vit son cœur explosa.
         C’était elle.
         Celle qui était destinée.
         Celle qu’il aimerait éternellement.

     Les destins de l’enchanteur et de la fée étaient désormais scellés.
         Et l’histoire pouvait être écrite.

    Il faisait beau et Viviane rêvassait tout en caressant d’une main paresseuse l’eau claire quand il pénétra dans la clairière.

     C’était un homme d’un certain âge et, tout à ses pensées, il ne la vit pas tout de suite. Attiré par la perspective d’une grande gorgée d’eau rafraîchissante, il se dirigea tout droit vers la fontaine, presque malgré lui.

    Il connaissait cette forêt, c’était certain.
        Viviane eut ainsi tout le loisir de l’observer.

    Vêtu d’un grand manteau fané comme les fleurs d’automne, il avançait d’un pas bien plus alerte que sa longue chevelure poivre et sel le laissait entendre. Il devait faire partie de ces hommes qui, tout jeunes, paraissaient déjà vieux.

    Elle le reconnut immédiatement bien sûr. Comment pouvait-il en être autrement ? Non pas qu’elle l’ait déjà rencontré, mais sa réputation l’avait précédé.

    Car, comment ne pas reconnaître cet homme sans âge ?
        Comment ne pas reconnaître Merlin ?
       

    Et puis, les êtres mi-homme mi- démon ne couraient pas les bois, même en forêt de Brocéliande...

    Il émanait de lui ce singulier charisme que seuls les sorciers possèdent, ce charme de la magie humaine, si différente de celle de la magie des fées.

    L’ensorcelante beauté du pouvoir.
        Elle fut tout de suite séduite. Envoutée même.
         Quelques grands pas plus tard, il était près d’elle.

     Lorsqu’il leva les yeux, il la vit et son cœur explosa.
         C’était elle.
        C’était elle qui lui était destinée.
        Celle qu’il aimerait éternellement.

     Les destins de l’enchanteur et de la fée Viviane étaient désormais scellés.
         Et l’histoire pouvait être écrite.

     Tout ce que Viviane fit par la suite fut par lui ou pour lui. Merlin, amoureux qu’il était, chercha par tous les moyens à prouver à cette merveilleuse créature la sincérité de son amour.

     

     Dans un premier temps, le sorcier certain de son pouvoir de séduction, chercha à éblouir Viviane par de simples enchantements.
         Mais cette fée-là n’était pas comme les autres.
         À vrai dire, il semblait bien que peu de choses l’impressionnaient.
         Et même lorsqu’il eut lancé son plus beau sortilège, la belle ne lui accorda qu’un léger levé de sourcils appréciateur.

    Pour elle, il devait se surpasser, c’était certain.

     Une nuit, lors d’une de ses innombrables insomnies, le magicien trouva enfin comment toucher le cœur de sa bien-aimée.

     Ainsi, le lendemain, il créa de toute pièce un extraordinaire et stupéfiant palais de cristal  au fond d’un vallon qu’il dissimula aux yeux de tous par un lac plus vrai que nature.

     

    On dit même que ce fut l’un des passages qui menait à l’île d’Avalon.
        Viviane fut finalement émerveillée et consentit à un premier baiser...

     Mais l’Ondine désormais appelée la Dame du Lac, en voulait toujours plus et les cadeaux, fussent-ils sublimes, ne suffisaient pas la combler.
         Car ce qu’elle voulait, c’était bien autre chose.
         Ce qu’elle voulait c’était la magie de Merlin.
         Ce qu’elle voulait, finalement c’était le pouvoir sur lui.

     Ainsi, des années durant le sorcier lui enseigna tout ce qu’il savait et à chaque étape de son apprentissage, elle lui accordait une faveur supplémentaire.

     L’amour d’une fée qui rêvait d’une âme et d’un demi-démon qui chercha toute sa vie à rattacher ses origines, demeura éternellement mystérieux aux yeux du commun des mortels.

    Et c’est peut-être cela qui en fit un amour légendaire.

     Grâce à Merlin, Viviane en apprit davantage sur le monde des hommes en particulier sur les chevaliers de la table ronde et leurs dames. Elle comprit aussi, même si cela la dépassait quelque peu, l’importance qu’ils avaient aux yeux du magicien.

     Ainsi, lorsqu’elle aperçut ce nourrisson, descendant d’une lignée, à l’avenir chevaleresque si prometteur et délaissé par sa toute jeune mère, tout juste veuve du roi Ban, elle saisit l’occasion d’impressionner l’enchanteur.

    Elle éleva l’enfant et l’emmena dans son palais de cristal.

    Elle éleva Lancelot, tel était le nom qu’elle lui donna, dans les plus pures valeurs chevaleresques afin qu’il devint le plus grand chevalier du monde et jouât un rôle majeur dans la quête du Graal, si chère à son bien-aimé.

    Cependant, elle n’avait pas prévu qu’elle s’attacherait au petit bout d’homme et que très vite, elle l’aimerait comme son fils...

     Ce fut un déchirement pour Viviane lorsque le jour de ses dix-huit ans elle mena Lancelot aux portes de Camelot pour qu’il accomplît son destin.

    Mais ceci est une autre histoire...

    Merlin avait toujours pressenti que Viviane avait un grand secret, bien protégé par une magie féerique qu’aucun de ces sortilèges ne pourrait démasquer.

    Il devait faire preuve de patience et attendre que la fée lui fit enfin confiance. La supplier, lui forcer la main ou encore tenter de la duper, n’aurait servi à rien car les secrets de fées sont les mieux gardés...

    Un jour ordinaire, pourtant, alors qu’ils se promenaient près du lac de la belle Dame, elle prit un air qu’il ne lui connaissait pas.
        Après un long silence qu’il crut ne jamais pouvoir respecter, elle lui confia enfin son secret.

     

    Viviane était une gardienne...
        La gardienne de l’épée des Dieux.
        L’épée oubliée de tous, l’épée de lumière, l’épée des rois...
        Celle que nul autre que l’élu ne pouvait toucher sans périr, celle que nul ne pouvait briser.
       

    Excalibur.

     

    Merlin n’en crut pas ses oreilles. Il l’avait cherché de longues années, sans y parvenir.
        Le magicien avait même douté de la réalité d’une telle épée, craignant que ce fût une légende, tant il avait cherché en vain.
        Il comprenait pourquoi désormais.
        Il pressa sa bien-aimée de mille questions, bien sûr...

    Trop curieux et trop assoiffé de connaissance pour ne pas tenter d’avoir quelques réponses.

     

    Mais la Dame du Lac fut des plus évasives, comme le sont toutes les fées lorsqu’elles parlent des choses de leur monde.

    Il sur simplement que les fées l’avaient préservé depuis le temps des Dieux et les gardiennes avaient été désignées afin d’en prendre soin jusqu’à ce qu’un roi digne de ce nom, l’élu, en ait besoin et s’en montrât digne.

    Et Viviane savait que ce temps viendrait bientôt et que ce serait Merlin qui mènerait le roi à elle.
        Et il en fut ainsi.
        La Dame du Lac remit Excalibur au roi Arthur, et exigea simplement en retour qu’il la lui rendit.

    Grâce à cette légendaire épée, Arthur devint celui qui fédéra le Bretagne, celui qui réunit les chevaliers autour de la Table Ronde, et sous le règne duquel la quête du Graal fut commencée et achevée.

    Merlin, infiniment redevable et tellement amoureux, redoubla d’effort pour enseigner à sa belle toute la magie qu’elle souhaitait si ardemment connaître...

     Ainsi Viviane la fée devint une grande et redoutable magicienne.
       Les fées sont vraiment étranges...
       Elles sont possessives aussi.

    Probablement lasse de voir son bien-aimé s’absenter si souvent pour interférer dans toutes ces affaires chevaleresques, et ainsi, le partager avec qu’elle ne comprit, finalement vraiment jamais, elle prit un jour une décision lourde de conséquence.

    Un soir Viviane traça neuf cercles magiques autour du magicien endormi, un sortilège qu’il lui avait enseigné peu de temps auparavant et qui permettait d’enfermer un homme à jamais.

    Ce qu’elle ne pouvait prévoir, ce fut que cette prison invisible l’empêcherait de rendre visite à son bien-aimé et de profiter de son amour.

    Merlin demeurait inaccessible aux hommes et à Viviane pour l’éternité...

    Scellant, par la même le destin du roi Arthur puisque l’enchanteur ne put venir en aide à son ami et roi lors de la bataille de Camlann.

    Viviane la fée, Dame du Lac, ne s’en remit jamais et disparut elle aussi, à jamais après avoir emporté Excalibur à la suite de la mort du roi Arthur.

    Tel dut le destin de la fée Viviane, Dame du Lac et gardienne de l’épée des Dieux...

     - Dites-m’ en plus sur Merlin, s’il vous plaît...
    -
    Ah Merlin...

    Il fût tout simplement, le plus grand magicien du monde. Voilà tout...

    - Mais encore....

     

     

    © Le Vaillant Martial 

     

     

     

     



    [1] Titre d’une pièce de Théâtre de William Shakespeare.


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  • Le Bateau-Sorcier

    À l’île de Sein, comme la propriété est infiniment morcelée, les conflits d’intérêts sont fréquents et engendrent parfois des rancunes inexpiables. Les femmes surtout sont acharnées à la vengeance. Trop faibles pour s’attaquer ouvertement à un ennemi, lorsque celui-ci est un homme, elles s’arrangent pour le vouer à la mer, c’est à dire à la mort.

    Voici comment elles procèdent.

    Il y a dans l’île un certain nombre de veuves réputées pour avoir reçu en naissant le don de vouer. On ne les nomme pas tout haut, mais on les connaît. Elles ont dit-on, commerce avec les mauvais Esprits des eaux qui les admettent, la nuit aux « sabbats de la mer ».

    Elles se servent, pour se rendre à ces sabbats, d’une embarcation de forme toute spéciale.

    Vous avez vu nos îliennes ramasser du goémon dans le galet. Elles l’empilent dans des mannes d’osier, à fond rentrant comme un cul de bouteille, et, pour y fixer la charge, y plantent une courte baguette appelée Bâ bedina (bâton à goémonier). Eh bien ! C’est dans une manne de ce genre que les Vieilles du Sabbat (Groac’hed ar Sabbad) vont faire leurs de nuit. Bag-Sorcérés (Bateau-Sorcier) est le nom par lequel on désigne cette sorte d’embarcation. Les vieilles ne peuvent n’y trouver place qu’à la condition de s’accroupir sur leurs talons, et c’est cet équipage qui gagne le large, munies seulement du Bâ bedina en guise d’aviron et de gouvernail. Il n’est pas rare que des pêcheurs les rencontrent, mais ils se donnent garde de s’en vanter, sachant bien que la plus légère indiscrétion leur serait fatale.



     

    Et donc, lorsqu’on a quelqu’un dont on souhaite la mort, on s’abouche avec une de ses veuves. En général ce n’est point à son logis qu’on se rend. On s’arrange pour se trouver sur son passage et on lui dit, de l’air le plus naturel :

    - Moered (tante), j’aurais besoin de vous.

    Si elle est disposée à écouter votre requête, elle vous fixe un endroit désert, où l’attendre après le coucher du soleil. C’est le plus souvent derrière l’énorme masse de rochers, dite « An iliz (l’église), à mi-chemin du bourg et du phare.

    Là, vous lui livrez le nom de l’homme que vous désirez voir périr. Elle vous demande :

    - Combien de temps  lui accorderas-tu pour se repentir du tort qu’il t’a fait et le réparer ?

    - On donne un terme quelconque : une semaine, quinze jours, un mois. Plus le délai qu’on inique est rapproché, plus la « voueuse » se fait payer cher.

    - L’affaire une fois conclue, vous pouvez retourner chez vous, tranquille. Votre ennemi périra au jour marqué.

    - Pour chaque individu qu’elle voue, il faut que la vieille accomplisse trois voyages, assiste à trois sabbats et remette, chaque fois, aux démons du vent et de la mer, un objet ayant appartenu à l’homme qu’il s’agit de faire disparaître.

    On cite nombre d’îliens qui ont disparus par l’effet de ces pratiques. J’ai, par exemple entendu raconter ceci : deux frères s’étaient mortellement brouillés, à propos de succession et de partage. Un matin qu’ils prenaient la mer – et naturellement pas sur le même bateau – leurs femmes vinrent, selon l’usage de l’île, surveiller de la pointe du môle leur embarquement, de peur qu’ils ne restassent à se soûler dans quelque auberge. Or comme elles étaient là, se défiant du regard, une d’elles dit à l’autre :

    - Va donc plutôt chez toi voir si la couturière a fini de tailler ta coiffe de veuve.

    Et le marin, en effet ne rentra jamais. Il avait dû sombrer à l’endroit même où il avait été voué.

    - Conté par Cheffa, matrone à l’île de Sein, 1898 –


     

    © Le Vaillant Martial 


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  • Korrigans : Ceux des Mines

     


    A la recherche de minerais d’étain, d’or ou d’argent, les hommes ont sondé depuis la nuit des temps les moindres anfractuosités de la Péninsule Armoricaine.

    Les relations les plus anciennes font état de leur rencontre dans la pénombre des galeries, avec des personnages hideux et terrifiants....

    Les esprits souterrains veillent jalousement sur leur royaume et n’apprécient guère les fâcheux qui entreprendraient d’arracher à la terre les trésors qui y sont amassés.

    « Ils les terrifient de telle façon, que les malheureux ont grade peine à travailler au fond. »

     


    À Pen ar Ru, près de Morlaix, résonnent certaines nuits, les sons caractéristiques d’une masse qui s’abat sur la pierre. C’est le casseur de pierres, que l’on dit « rejeté de sa tribu de frappeur des carrières, pour une faute inconnue ».

     

    Au fil des temps, les mineurs ont su se ménager les bonnes grâces du « Petit peuple d’en dessous ». On retrouve régulièrement dans tous les récits concernant les principales exploitations minières de Bretagne, la présence de lutins bienveillants, les Petits Mineurs.

    À Huelgoat, Poullaouen ou Pont-Péan, on se réjouit d’entendre résonner leurs pics dans les galeries profondes, car là où ils cognent les veines sont riches et le filon est bon.

    De petites tailles, comme il se doit, plutôt  joviaux et débonnaires, ils sont habillés en mineurs, armés de pics d’argent avec un manche fait d’une corne de cerf, les bougies qui les éclairent dégagent une lueur très vive.

    Bien qu’à l’occasion, ils puissent être espiègles, soufflant les lampes ou cachant les outils, les hommes leur offrent volontiers des présents. On les dit amateurs de crêpes et de cidre bouché.

    Comme son petit cousin d’Outre-Manche, le Knocker, le Petit Mineur jouit dans les profondeurs souterraines d’une solide réputation d’ange gardien.

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

    C’est lui qui détecte dans l’échafaudage, la poutre vermoulue menaçant de céder et, qui en avertit l’’équipe de sapeurs, en frappant frénétiquement les boisselages avec sa petite massette.

    © Le Vaillant Martial 


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    Arthur Pendragon, roi des Bretons, était un guerrier hors pair mais aussi un homme impulsif, sans pitié, à qui rien de devait résister.

    Or il tomba follement amoureux d’Ygerne, femme de Gorlois, le duc de Cornouailles.

    Et puisqu’elle refusait ses avances et que son époux l’avait mise en sécurité derrière les hautes murailles de Tintagel, Uther déclara la guerre à Gorlois.

    Mais, guerroyer  ne calma pas ses ardeurs et sa grande frustration...

    Fou de rage, l’idée folle d’avoir recours à la magie finit par germer dans son esprit obsédé.

    Il fit donc appel à son conseiller Merlin l’enchanteur qui l’avait déjà aidé par le passé. Le magicien mit alors au point un stratagème...

    Ainsi grâce à un puissant sortilège, le roi Uther Pendragon usurpait l’identité de Gorlois, et le temps d’un soir, pourrait se rendre à Tintagel et assouvir, enfin son violent désir pour Ygerne.

    Cette nuit-là, le duc tomba dans une embuscade et mourut à des lieux de Tintagel.

    De cette mystification, naîtra Arthur Pendragon...

    Merlin vit en lui, le seul capable d’unifier les peuples, et exigea qu’on lui remit l’enfant en paiement de sa magie.

    L’enchanteur confia Arthur à un homme de confiance, Antor, simple et loyal, afin qu’il l’élevât et lui enseignât l’art de la chevalerie.

    Ainsi, Arthur et Keu, le fils aîné d’Antor, grandirent comme des frères, loin des complots et de des menaces de Tintagel.

    Et puis, le roi Uther Pendragon mourut et la Bretagne resta sans souverain.

    Arthur, devenu un beau jeune homme, poursuivait alors sa formation de chevalier en tant qu’écuyer auprès de son frère de lait, récemment adoubé.

    Et lorsqu’on annonça la tenue d’un grand tournoi pour désigner le nouveau roi, Keu voulut y participer, bien sûr.

    La veille, une mystérieuse épée était apparue plantée dans une enclume et le bruit courut que quiconque l’en extrairait deviendrait roi.


     

     

    Le royaume entier – ou presque – s’y essaya...

    Sans succès.

     Pendant ce temps, le tournoi battait son plein et bientôt, ce fut le tour de Keu de prouver sa valeur. Mais son épée demeurait introuvable, vol ou  oubli, peu importe, quoi qu’il en fut, Arthur, en bon écuyer, devrai trouver une solution. Ainsi, il improvisa et, le plus simplement du monde, se saisit de cette étrange épée plantée dans cette non moins curieuse enclume.

    Il ignorait qu’il s’agissait d’une épée particulière.

    Une épée plantée là, par Merlin

     Ainsi, malgré lui, le jeune Arthur démontra qu’il était bien l’élu qu’attendait l’enchanteur et devint de ca fait dans l’instant, le roi des Bretons...

    Le moment était venu pour Merlin de réapparaître dans la vie de son protégé et de révéler ses origines royales.

    Arthur dut tout de même répéter son exploit plusieurs fois avant d’être adoubé et, finalement accéder au trône.

    Malgré l’allégeance immédiate de la majorité des seigneurs, ce ne fut pas chose aisée car nombres de clans bretons, ceux du Nord en particulier, ne voyaient pas d’un bon œil le fait d’être gouvernés par un si jeune chevalier sorti de nulle part.

    Installé dans le magnifique et somptueux château de Camelot, devenu son fief, le jeune roi eut très vite l’occasion de faire ses preuves.

    En effet, un géant du nom de Pellimore, roi des îles, terrifiait la population et défiait quiconque passait à sa portée. Après qu’un jeune chevalier, tout fraîchement adoubé, fût revenu gravement blessé, le roi décida de régler le problème lui-même.

    Mais lors d’affrontement, son épée, vola en éclats sous les puissants coups du géant et Arthur ne dut sa survie qu’à la Magie de Merlin.

    Après quelques jours de convalescence, le magicien conduisit son protégé en une contrée insolite et mystérieuse. Ils traversèrent alors une inquiétante brume et arrivèrent sur les berges d’un grand lac où dansaient d’étranges reflets.

    Le moment était venu pour Merlin... De mener Arthur en Avalon.

    Les eaux frémirent alors et une épée fendit la surface lisse du lac.

    La main qui la tenait était gracieuse et blanche comme le lait et lorsque la Dame fut toute entière sortie de l’eau, Arthur resta coi devant son extraordinaire beauté. Merlin la fixait de son intense regard.

    Toute d’or vêtue, elle s’avança vers un Arthur médusé.

    Sans un mot, Viviane, la Dame du lac, remit Excalibur au jeune roi tout tremblant.

    - Elle n’est pas de ton monde, alors, avant de mourir, tu devras la rendre aux eaux sacrées d’un lac et je serais là pour la reprendre....

    Après qu’Arthur ait juré, elle regagna les profondeurs – insondables – de sa demeure – et disparut.

    Désormais armé d’une épée forgée par les fées, le légendaire règne du roi Arthur pouvait commencer.

    Parti aider Léodagant le roi de Carmélide,  à lutter contre les Saxons, Arthur tomba follement amoureux de sa fille Guenièvre.

    Le mariage fut célébré à Camelot et ce fut le plus fastueux et le plus beau mariage que la Bretagne ait jamais connu.

    S’ensuivit une période de douze années de paix et de prospérité, tandis que le roi Arthur s’entourait peu à peu des plus grands chevaliers du royaume et que naissait la confrérie des chevaliers de la Table Ronde.

    Un jour, un jeune chevalier, comme tant d’autres, se présenta à la cour. Il se nommait Lancelot du Lac, fils du roi Ban de Bénoïc, et ses grandes qualités chevaleresques firent aussitôt grande impression sur le roi Arthur et une grande amitié naquit immédiatement entre les deux hommes. Après moult actes de bravoure, il fut d’ailleurs déclaré le plus grand chevalier du monde.

    Tout serait allé pour le mieux, dans le meilleur des mondes, si Lancelot n’était pas aussitôt tombé amoureux de la reine Guenièvre et si cette dernière ne lui avait pas rendu la pareille. Leur amour adultère resta discret quelques temps, mais ce genre de secret finit toujours par être percé à jour.

    Lancelot réussit à se racheter aux yeux de son ami le roi en sauvant à plusieurs reprises Guenièvre de la convoitise de scélérats, notamment du perfide Méléagant, qui l’’avaient enlevée.

    Ainsi le Calme revint à Camelot.

    Mais Morgane, la demi-sœur d’Arthur, nourrissait une haine farouche envers celui qui lui avait ravi l’amour de sa mère Ygerne.

    Devenue une grande magicienne, elle se présenta un jour à la cour de Camelot sous les traits d’une jeune fille pure et innocente.

    Les amours adultères de Lancelot et Guenièvre n’ayant pas cessé, Arthur se laissa réconforter et aimer par la douce pucelle.

    Cet amour ne dura qu’une unique nuit, mais le mal était fait et cette rencontre naquit Mordred.

    Un jour, l’un des chevaliers de la Table Ronde assista à une surprenante scène dans le château de Pellès, le roi pêcheur, et cela bouleversa la destinée de Camelot.

    Il y  vit passer devant lui une procession silencieuse de jeunes gens porter une coupe, une épée blanche nue et une lance ensanglantée.

    Venait de naître de la quête du Graal.

    Ainsi, les chevaliers les plus purs, Gauvain, le neveu d’Arthur, Perceval et Galaad entrèrent dans la légende.

    Arthur et Lancelot, aux âmes entachées de trop péchés, restèrent quant à eux, spectateurs de cette belle  épopée...

    De son côté Guenièvre fut accusée de mille perfidies et trahisons mais Lancelot réussit l’exploit de toujours la sauver. Lassé par ses infidélités répétées et désormais connus de tous, Arthur la fit même condamner au bûcher. Mais, Lancelot provoque le roi en duel et en sortit vainqueur.

    Une fois de plus Lancelot sauva la reine et une fois de plus, Arthur pardonna son épouse.

    Mais tout cela ne pouvait durer éternellement et le jour vint ou Lancelot fut définitivement chassé par le roi. Guenièvre ne fut plus jamais la même.

    Arthur se réfugia alors dans les guerres et conquêtes en Gaule et confia, naïvement son royaume à son neveu, fils de Morgane.

    Mais Mordred, élevé dans la haine et la perfidie convoita Guenièvre et s’empara du trône de son oncle.

    Découvrant cela, Arthur rentra aussitôt en Bretagne.

    La guerre fut déclarée.

    L’affrontement était inéluctable.

    Encore de nos jours, on se souvient de la bataille de Calann...

     

    La confrontation entre les hommes de Mordred et les chevaliers du roi Arthur fut d’une violence inouïe.

    Beaucoup de chevaliers tombèrent

    Presque tous en fait.

    Ce fut le dernier combat livré par le roi Arthur.

    Mordred et le roi s’affrontèrent, le père tua le fils et Arthur fut gravement blessé.

     

    Dans un souffle, Arthur, mourant, demanda à l’un de ses chevaliers survivants, Girflet de jeter Excalibur dans le lac tout proche.

     La main de Viviane, la Dame du Lac, surgit alors des eaux calmes et saisit au vol la légendaire épée, pour l’emporter, à jamais, dans les profondeurs glacées.

     Peut-être hantée par le remord, Morgane, accompagnée, accompagnée de ses sœurs les fées, emporta le corps de son frère sur l’île d’Avalon.

     Et sur un lit d’or, il s’y endormit, tandis que son royaume s’écroulait...

    De ce profond sommeil reviendra-t-il un jour ?

     

    © Le Vaillant Martial 


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  • Marais lugubre et désolé, où dit-on l’on voit parfois s’ouvrir les portes de l’enfer, Le Yeun Elez, accueille dans ses fétides étendues marécageuses les Poulpiquets.

    Engeance Korrigane, désespérément attachée aux lieux bas et aux eaux stagnantes, ils nichent dans des endroits humides où ils se terrent jusqu’au crépuscule.

    Parfois recouvert de peaux comme Lavous de Nuit ou le Droug-Speret, ils sont redoutés car particulièrement féroces à l’encontre des humains.

    Moitié loup-garou, moitié surmulot, ils attirent les femmes et les enfants dans les spongieux marécages, en faisant apparaître des bagues et des colliers ou de jolis petits miroirs brillants à la surface des eaux.

    Au moment où l’imprudente victime se baisse pour saisir les bijoux, un Droug-Speret, tapi dans un terrier la saisit et l’entraine pour la soumettre, au fond de son royaume immergé au tâches les plus harassantes.

    D’autrefois, ils font retentir une clochette pour tromper les jeunes bergers à la recherche d’une chèvre égarée...

    De lourdes gouttes de pluie martèlent la surface sombre de l’étang. Une chouette détrempée hulule, sans interrompre le coassement des crapauds.

    Soudain, au milieu de la nuit épaisse, halos bleuâtres et vacillants, surgissent les Tan-noz et autres Teleren. Esprits Feu Follet, s’ils aperçoivent les premiers un voyageurs attardé, ils lui feront perdre son chemin, le menant dans une fondrière où il sera noyé.

    Seul échappatoire pour le pauvre hère, planter au plus près de la Flamme son couteau ouvert, de façon à ce que la lame et le manche forment un angle aigu. Ainsi, le Follet, essayant de passer dans l’ouverture, abandonnera le voyageur.

    Dernière recommandation... Après avoir planté le couteau, surtout de pas omettre de remettre son bonnet à l’envers !

    Isolés au cœur de l’hiver, quand les vents de Noroît balaient la campagne, les habitants de l’île d’Ouessant sont calfeutrés derrière les murs épais derrière les murs épais de leurs habitations. Au travers des bourrasques, ils entendent des hurlements qui nouent les entrailles.

    « Eman lannig an ôd a ioual ! »
        « C’est lannig du rivage qui hurle ! »

    Lannig est un  Houpeur (Hopper-Noz), un esprit hurleur, familier des lieux humides et des bords de rivière. Sa caractéristique est de « iouler » lugubrement et inlassablement.

    On raconte à la veillée qu’il traine la nuit aux alentours des maisons, quémandant, implorant qu’on lui donne un tison. Mais si quiconque le lui donnait, même par-dessous la porte, l’âme généreuse serait happée par le bras et disparaîtrait à jamais. Il n’est pas bon de rendre service à un lannig...

    Le Houpeurs se manifestent dans de nombreux endroits de Bretagne. Il faut ester sur ses gardes et surtout ne jamais répondre à leurs Iou, Hou, Hou, plus de trois fois. L’issue peut-être fatale

    © Le Vaillant Martial 

     

     

     

     


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