• Le Peuple de l’eau

     


     

    D

     

    ans le pays des trois rivières au sud de la vilaine, il existe un petit village oublié de tout le monde, Massérac, jadis pays de pêcheurs et de sorciers, Benoît, le saint-homme avait ici, dit-on, fort à faire avec des ouailles. Les choses ont bien changé depuis et seuls les souvenirs persistent. Entre Histoire et légendes.

    Dans ce pays de marais, traversé pat le T.G.V comme une mauvaise flèche bleue, tout est lié à l’eau. L’eau du Don, l’eau de la Vilaine, l’eau du lac de Murin, au fond duquel croupirait un village englouti, sorte de cite d’Is de l’intérieur des terres. Il est vrai que parfois, un curieux son de cloche venu des profondeurs noires, fait s’envoler les hérons et bécasses, canard et vanneaux huppés, ce qui prouve que le conte possède bien quelque réalité...

    Pour vous en convaincre, voyez l’histoire que nous tenons pour vraie, car la personne qui nous en a fait part nous la garantie ... Pourquoi en douter ?

    Massérac était donc, jusque dans les débuts du XXème siècle, un bourg de pêcheurs. Anguilles, perches, brochets, carpes, gardons, brèmes et tanches, assuraient, outre la nourriture, des revenus modestes à certaines familles.

    De nos jours, rares sont les individus qui maintiennent l’activité, par passion plus que pour le rapport. Or, il advint à l’un d’eux, une bien curieuse aventure que voici :

    Un soir, ce pêcheur dont nous tairons le nom, va poser ses filets à poissons, dans les eaux du Don et du lac de Murin. Avec sa barque sombre et lente, il glisse jusqu’aux lieux propices à une bonne pêche, connus de lui seul.

    Nasses immergées, filets tendus, il s’apprête à retourner au village, sous le scintillement des étoiles, lorsqu’il manque de chavirer sous les soubresauts de son bateau, soudainement agité, comme bousculé par quelque monstre aquatique...

    Tout autour de lui, l’eau bouillonne, gronde et une chose visqueuse gifle violemment l’embarcation... Puis plus rien, le silence est total et les jeunes ragondins se remettent à chahuter.

    Pourtant il lui semble entendre un battement de cloche, juste sous lui... Illusion, sûrement !

    La frayeur passée, c’est l’interrogation qui envahit le pêcheur.

     Quel est donc ce poisson si gros qu’il a la force de secouer ma barque ? Un silure peut-être Ces damnées se répandent partout comme une traînée de poudre. On les dit capables d’avaler d’une goulée, un bon chien de chasse...

    Si c’est le cas quel carnage ce monstre fera dans les environs. Il faut le piéger au plus vite, sinon l’animal aura tôt fait de tout manger.

        Fatigué plus par l’émotion que par sa journée de travail, il perche à gestes comptés, jusqu’à son petit ponton. Après une bonne nuit de sommeil, il sera temps d’aviser.


     

     

    Au petit matin lorsque la brume naît de l’eau, tirée par les rayons encore ras du jeune soleil d’hiver, notre homme reprend sa perche, direction nasses et filets. Il lui faut bien une demi-heure pour rejoindre les eaux profondes du lac de Murin.

    Peu à peu, le jour se fait plus franc. Un héron réveillé par la barque prend son envol, quelques foulques gagnent les berges et piétinent la vase.

    Le pêcheur poursuit sa route lorsqu’il remarque un curieux objet brillant, comme un éclat de lune, posé au fond de sa plate. Il cesse alors sa progression, allonge la perche sur le travers de l’esquif et ramasse la chose....

    C’est une sorte d’écaille large comme deux mains. Nacrée et visqueuse, elle capte le moindre trait de lumière.

    À l’odeur qu’elle dégage, le pêcheur comprend qu’il s’agit bien d’une écaille de poisson, mais d’un spécimen particulièrement grand. D’abord il repense au silure mais écarte aussitôt l’idée car il sait que cet énorme poisson chat n’a pas une peau écailleuse. Il reste perplexe face à cette découverte mais décide d’aller relever ses filets lorsqu’il entend comme un souffle ou un sifflement. Plus il se rapproche de ce bruit et plus l’eau est agitée. C’est alors que sa barque est bloquée par une bande de petits êtres. Mi - hommes, mi- poissons, ils se hissent à bord, dégoulinants. Si tête et buste sont pareils aux nôtres, quoique très maigres, leurs jambes sont fines, longues, couvertes d’écailles nacrées. Les pieds palmés les font semblables à des grenouilles.

    De longues canines dépassent de la bouche et confirment l’impression de menace ressentie par le pêcheur.

    Pourtant sans violence, mais avec force grognements, ils lui imposent de s’assoir et ils prennent les commandes de la petite embarcation. En quelques coups de perches, les voici parvenus aux filets tendus par l’homme qui comprend alors très vite ce qui se passe.

    En effet, prisonnier des mailles l’une de ces drôles de créature tente aidée par le siens, de se libérer du piège infernal.

    Conscient de l’était extrême de l’amphibien, le pêcheur taillade son précieux filet et libère le malheureux ...Celui-ci reste en surface soutenu par ses compagnons, sûrement pour reprendre des forces.


     

     

    La scène se prolonge ainsi durant de longues minutes. Enfin tous regagnent les profondeurs du lac. Deux des passagers de la barque restent à bord. Longuement, ils observent le pêcheur. Armés de petits tridents et de coutelas de pierre, ils paraissent hésiter sur le sort réservé à l’humain.

    Certainement reconnaissants de son geste, ils enjambent enfin les bords de la plate et se laissent engloutir doucement.

    Les eaux froides de Murin se referment sur eux. Le pêcheur est seul et il médite. Il sait à présent que ses filets sont dangereux pour ceux du dessous. Sans hésiter un à un, il détruit ses pièges et rend l’étang à ses vrais habitants.

    Jamais, i l ne parlera de cette aventure à ces proches, il confiera seulement son secret à son seul ami, celui qui  nous en a fait la confidence.

    Quelque part dans le bourg de Massérac, un homme cache un précieux trésor : une belle écaille nacrée, large comme deux mains et lorsqu’il retourne avec sa barque, sur les eaux de Murin, il lui arrive d’entendre une mystérieuse volée de cloches, tout au fond, sous les eaux ...


     

    © Le Vaillant Martial 


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    La coupe d’or

    C’était un sinistre après-midi d’hiver. La terre blanchie par le gel sonnait comme de la pierre. Un jeune berger emmitouflé dans une veste de laine, soufflait sur ses doigts engourdis par le froid. D’où il se trouvait assis, sur un muret de pierre, il pouvait surveiller quelques pauvres vaches qui tentaient d’arracher à la terre des fétus d’herbes jaunis.

    Soudain un souffle d’air tourbillonnant s’engouffra par l’entrée du champ.  Sean O’Driscoll, c’est ainsi qu’il se nommait, surpris, bascula cul par-dessus tête dans la broussaille du fossé. Tout à sa surprise, il  releva d’un doigt le bord de sa casquette et les yeux ronds comme des soucoupes fouillèrent l’enclos. Hormis ses vaches, il n’y avait pas âme qui vive. Pourtant son visage grêlé de tâches rousses s’éclaira lentement  puis se fendit d’un large sourire.

    - Puccapucca montre-toi ! Je sais que tu es-là.

    Sean n’avait encore jamais croisé le chemin du pucca mais il connaissait les bonnes histoires que le vieux Padraig racontait à son sujet. Il savait que ceux qui vivaient dans ce coin perdu du Connemara étaient des « good fellow’s », des lutins aimables qui, s’ils étaient bien considérés, apportaient volontiers aide et attention à leur bienfaiteurs. Et puis Sean n’ignorait pas que le chemin qui bordait l’enclos menait à une colline où les « Fées » se réunissaient chaque soir. Alors, il insista.

    - Pucca, si tu te montres, je te donnerai ma belle veste de laine. La nuit sera froide et elle te gardera bien au chaud.

    À peine la phrase achevée, un taureau apparut. Il s’approchait d’un pas tranquille. Le jeune berger se releva et fixa éberlué la queue de l’animal. Elle battait l’air comme l’hélice d’un aéroplane. Enfin, alors que l’animal s’arrêtait juste devant lui, Sean hésita un instant puis se dévêtit et frissonnant à l’avance jeta le manteau sur l’échine au pelage brun et  en s’exclamant joyeusement :

    - Chose promise, chose due !

    Une petite voix de crécelle, qui paraissait sortir des naseaux fumants de l’animal lui répondit.

    - Je te remercie de ton attention jeune berger. Lorsque la nuit sera venue, passe donc au vieux moulin. Peut-être auras-tu alors quelques bonnes surprises....
    -
    Puis l’animal, la queue toujours vrombissante s’enfonça dans la pénombre naissante du crépuscule.

    Aussitôt Sean rassembla son troupeau et le cœur battant pris la direction de la ferme.

    Sean marchait à pas de velours sur le sentier caillouteux qui menait au moulin. Le murmure de la rivière qui coulait le long de la vielle bâtisse le guidait dans l’obscurité. Ce moulin, il le connaissait depuis toujours, il appartenait au vieux Paddy O’Driscoll, son grand-père.

    Soudain, son pas se fit encore plus léger. Il tendit l’oreille. Plus loin sur la colline s’élevaient les notes cristallines d’une harpe et la rumeur confuse d’une assemblée joyeuse.
        Surtout ne pas faire de bruit.
        À chacun son heure...
        La nuit est le territoire des « Fées ».

    Enfin, il pénétra dans le moulin. À la lueur d’une chandelle, il devinait la masse de la meule qui reposait au centre de la pièce, comme un gros chat roulé en boule. Tout autour des sacs de toile étaient empilés en désordre, certains étaient éventrés, laissant échapper des coulées de grains dorés. Il avança. Ses sabots de bois glissaient sur la couche épaisse de la paille qui  s’amoncelait sur le plancher.

    Il règne ici un sacré désordre, songea le jeune garçon irrité par les ronflements des commis qui lui parvenaient du grenier. Ces bougres-là doivent se la couler douce ! Puis après avoir patienté et guetté les bonnes surprises » il se coucha dans un tas de paille et s’endormit en rêvant aux fées et aux aéroplanes.

    Lorsqu’il s’éveilla aux aurores la pièce était plongée dans une semi-obscurité. Les paupières encore closes il perçut des effluves qui ne manquèrent pas de l’étonner...

    C’était une bonne odeur de cire qui emplissait ses narines ! Alors il se dressa sur ses deux coudes et vil les reflets dorés du parquet qui scintillait. Puis, il découvrit les gros sacs de toi, dont certains, parfaitement pliés étaient empilés dans un coin pendant que d’autres, gonflés comme des outres, étaient emplis de farine.

    Et toujours les commis de ronfler dans le grenier....

     


    Pendant les trois nuits qui suivirent, Sean dormit sur le même tas de paille et chaque fois à son réveil, l’ouvrage qui n’était pas accompli la veille, l’était au matin.

    Il décida de se cacher dans un recoin du moulin et de rester éveillé.

    Après avoir allumé une chandelle qu’il posa sur un établi en bois, Sean se glissa dans un gros coffre à grain. Par le trou de la serrure, il pouvait surveiller l’étendue de la salle de travail. Le temps s’écoula lentement. Les quelques souriceaux qui allaient et venaient en ribambelle ne suffirent pas à le maintenir éveillé et lorsque l’horloge sonna les douze coups de minuit, il sursauta. Il lui semblait entendre des bruits lointains. Les craquements su beau parquet luisant ?

    Le jeune garçon aux aguets retint son souffle l’œil rivé à l’office.

    Apparurent alors dans la lueur tremblante de la chandelle, six petits bonhommes. Ils portaient une tunique verte ornée de gros boutons nacrés et le bonnet effilé qui leur couvrait la tête supportait un petit grelot doré. Chacun ployait sous la charge d’un sac à grains. Derrière à quelques pas un personnage à longue barbe blanche et vêtu de guenille les suivait.

     

     

    Malgré son aspect misérable, Sean comprit qu’il dirigeait la troupe. Sur son ordre deux lutins saisirent une longue tige en bois et actionnèrent la meule pendant que les autres déversaient sur la grande pierre plate les sacs emplis de grains.

    Bientôt une bonne odeur de farine fraîche emplit la pièce.

    Leur tâche accomplie les lutins munis de plumes et de fines branches époussetèrent le plancher et les rouages de la roue. Puis, lorsque retentit le chant du coq, la petite troupe silencieuse s’évanouit dans la pénombre.

    Aussitôt, Sean sortit de sa cachette et courut jusqu’au cottage familial. Après avoir écouté le récit décousu de son petit-fils, le vieux O’Driscoll décida de se rendre au moulin et d’y passer la nuit.

     

    Après qu’il eut observé, caché dans le grenier, le manège des petits bonhommes, le meunier entra dans une colère noire.

    Maintenant je comprends qui fait le travail dans ce moulin. C’est ce sacré vieux Pucca ! Eh bien, qu’on le laisse travailler comme il lui plaît ! Quant à mes paresseux de commis qui ne pensent qu’à se prélasser et bien je veux qu’ils déguerpissent dès demain !

    Depuis ce jour le vieux meunier était devenu très riche. Les gens de la contrée qui ne manquaient pas de s’en étonner tentaient souvent de lui tirer les vers du nez. N’hésitant pas pour lui délier la langue à l’abreuver de pintes de bières dont ils le savaient friand. Mais l’homme, rusé comme un renard, même s’il ne dédaignait pas le délicieux nectar, garda son secret craignant de rompre le charme à tout jamais.

    Sean se rendait souvent au moulin. Dissimulé dans le vieux meuble, il se plaisait à observer les lutins, et pour tout dire, il s’était pris d’une tendre affection pour eux. Le vieux Pucca, avec son air pitoyable et ses vêtements en lambeaux le touchait plus que tout autre. Il fallait voir l’acharnement qu’il mettait à accomplir sa tâche et comment il menait de main de maître ses petits compagnons.

    Un soir Sean déposa sur un tabouret où le Pucca avait l’habitude de se tenir un bel habit coupé de soie bleue. Puis, comme chaque fois, il se glissa dans sa cachette.

    - Mais qu’est-ce donc cela ? S’exclama le Pucca de sa voix de crécelle en découvrant le vêtement.

    Il s’approcha et le saisit du bout de ses doigts effilés.

    Par le chignon de ma mère-grand, quelle petite merveille ! C’est un véritable habit de gentilhomme.

     Alors il arracha les guenilles qui couvraient son corps et enfila la veste colorée. Sean réprima un éclat de rire lorsque le lutin se mit à marcher comme un vieux marquis, et quand esquissant quelques ronds de jambe il traversa la pièce en admirant l’étoffe sous toutes les coutures.

    Mais soudain, le vieux Pucca s’immobilisa. Un voile sombre couvrit son visage. Il s’approcha avec lenteur d’un sac de grain, l’observa longuement puis, alors qu’il s’apprêtait à le saisir afin de commencer sa longue nuit de labeur, d’un bond il se redressa et se mit à hurler.

     - Non, non plus jamais ça ! Les beaux messieurs ont autre chose à faire que moudre le grain ! Maintenant je vais partir de par le monde afin que chacun puisse admirer mon beau costume.

     Il lança ses vieilles guenilles au plafond et sortit en claquant la porte.
         La meule ne tourna pas cette nuit-là, ni le lendemain, ni les jours qui suivirent.
         Envolées la bonne odeur de farine fraiche et la compagnie des petits Pucca. Seul le clapotement tranquille de la rivière berçait le moulin endormi.

     La disparition de celui qu’il considérait comme son ami  plongea le jeune garçon dans une grande tristesse. Longtemps il erra sur les landes désertes, guettant les créatures solitaires dont il savait que le Pucca aimait prendre l’aspect. Mais il ne le revit jamais.

     Un beau jour le meunier qui avait amassé un joli magot grâce au labeur des lutins vendit le moulin. Sean qui était devenu un jeune homme pût ainsi partir à la ville étudier dans une grande école. IL devint un parfait gentlemen lettré érudit et bientôt, il rencontra une belle demoiselle, si belle que partout on chuchotait qu’elle la fille du roi des fées.

     Le jour de leur mariage, il se produisit une chose étrange. Quand l’assemblée des convives se leva pour porter un toast à la santé des mariés. Sean remarqua au milieu des jonquilles, dispersées sur la nappe blanche, une coupe d’or emplie de vin. Son  cœur se mit à cogner dans sa poitrine. C’était, il en était certain, un présent du vieux pucca. Alors les deux jeunes gens, chacun leur tour, trempèrent leur lèvre dans le divin breuvage.

     Leur vie durant, ils vécurent heureux et prospères et eurent comme il se doit ... beaucoup d’enfants.
        La coupe d’or est devenue un trésor de famille et il se raconte encore aujourd’hui que les descendants de Sean O’Driscoll l’ont toujours en leur possession.

     

     

    © Le Vaillant Martial 

     


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    Le Pucca est un lutin considéré comme un esprit bienveillant. C’est une créature solitaire familière des collines et des landes désertes.

     

    Si parfois, il se présente sous l’apparence d’un vieillard à longue barbe blanche, on observera sous sa chevelure la présence incongrue d’oreilles de cochon ou encore dépassant de sa chemise celle d’une queue de vache. Ses métamorphoses sont fameuses et chaque région d’Irlande le connaît sous les aspects les plus variés.

    Le petit être fantasque qu’il se transforme en chat, en lapin ou bien en chèvre, arbore invariablement un pelage sombre.

     

     

     

     

    C’est toutefois sous la forme d’un cheval noir  de jais aux yeux jaunes et luminescent qu’il a été le plus souvent décrit.

    Il accorde volontiers ses faveurs aux hommes pour peu qu’ils soient bienveillants à son égard. Il n’hésite pas alors à accomplir de nuit des tâches ménagères ou encore de menus travaux agricoles.

    C’est aussi un devin que l’on consulte le jour du premier Novembre pour connaitre de quoi sera fait les douze mois à venir.

     

    © Le Vaillant Martial 


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  • Une fermière de Plounéour-Lanvern, Marie-Jeanne Thos, chaque fois qu'elle allait dans son courtil, voyait, auprès de la rivière donnant sur la route, un homme des environs, mort depuis près de cinq ans. Il lui faisait des signes avec la main, comme pour l'inviter à le suivre quelque part. Un beau jour, impatientée de son manège, elle s'enhardit à marcher jusqu'à lui et lui demander:

    -Qu'est-ce que c'est ? Que voulez-vous de moi ?

    Il lui fit signe de passer la barrière et de venir.

    -Ma foi, se dit-elle, j'en aurai le cœur net.

              Et la voilà de cheminer sur les pas du mort. Il la mena ainsi au sommet d'une lande déserte, ou il y avait une grande roche. L'homme, s'agenouillant à terre, se mit à gratter le sol avec ses doigts. Quand il eut fini, il se tourna vers la femme et lui montra le monceau de pièces d'or qui brillait d'un éclat neuf. Jamais elle n'avait contemplé une telle somme. Tandis qu'elle regardait cet or avec une admiration mêlée d'envie, le mort disparut.

    -S'il m'a révélé sa cachette, c'est sans doute pour que je profite de ce qu'il contient, pensa Marie-Jeanne Thos.

    Et, ramassant à poignées les pièces étalées devant elle, elle remplit son tablier. Rentrée chez elle, elle les empila dans son armoire. Et, le soir, elle dit à son mari :

    -Tu désirais un nouveau cheval : tu peux en acheter, non pas un, mais quatre, mais dix, et davantage, car nous sommes riches.

    - Comment cela ? S’informât-il, tout joyeux.

    Elle lui raconta son aventure. Mais le front du fermier aussitôt se rembrunit.

    -Si tu tiens à la vie, va vite reporter cet argent ou tu l’as pris.

    -Pourquoi ?

    -Parce que si tu ne t'en débarrasse pas, tu es vouée à mourir dans l'année.

        Dès le lendemain matin, elle courut à la lande haute remettre les pièces d'or à leur place. Mais peu de jours après, ayant eu besoin de prendre du linge dans son armoire, elle entendit un bruit d'argent : elle regarda et vit, avec stupeur, que c'était le trésor du mort qui était revenu.

    - C'est bien ce que je craignais, lui dit son mari. Va trouver le recteur, peut-être te donnera-t-il un bon conseil.

    Mais le recteur l'arrêta, dès les premiers mots de son histoire.

    - Je ne peux rien pour vous, déclara t’il. Vous avez délivré ce mort, et maintenant il faut qu’à bref délai, vous preniez sa place. Préparez-vous donc à mourir chrétiennement et commander qu'on mette l'argent du trésor avec vous, dans votre cercueil. Ainsi seulement, vous serez sauvée.

    Elle ne tarda pas à trépasser, en effet, sans avoir été malade. Et on enterra avec elle le trésor du mort pour qu'il ne fasse plus de mal à personne.

    Conté par Perrine Laz  Quimper –

    © Le Vaillant Martial 


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    e  moment approchait. J’avais préparé à cette rencontre (je crois que je la préférais depuis son enfance, à vrai dire). Elle était devenue une très belle jeune femme, cependant je savais que cela ne suffirait pas.


     


    Lorsque cherchant l’aventure Lancelot arriva à Cobernic, les habitants l’accueillirent en sauveur. Et de fait, lorsqu’il fut informé du supplice infligé à la pauvre Élaine, il n’hésita pas à monter dans la tour. Tous les verrous placés sur son chemin sautèrent sur son passage.


     

     

    Et il ne lui fut pas bien difficile de délivrer la jeune femme de cette chambre chauffée par un four où elle était maintenue prisonnière par les enchantements de Morgane et de la reine Norgalles, toutes deux jalouses de sa beauté.

    Élaine s’était entièrement dévêtue pour supporter la fournaise et Lancelot fut bien évidemment subjugué par sa grâce, que seule celle de la reine Guenièvre surpassait encore à ses yeux....

    Ce premier exploit réalisé, Lancelot combattit l’abominable dragon qui caché dans une tombe, menaçait notre ville. Nous attendions touts la venue de celui qui  sortirait vainqueur de cette aventure car une prophétie nous avait révélé que celui-là donnerait à Élaine le fils qui mettrait fin à tous nos malheurs et sauverait la terre Foraine. Après avoir vaincu le monstre, Lancelot fut donc reçu par le roi Pellés, cousin de Joseph d’Arimathie et vécut une chose tout à fait incroyable...

    Alors que tout le monde était attablé, une colombe pénétra dans la pièce, tenant un encensoir d’or dans son bec. À sa suite, Élaine s’avança, un calice recouvert d’un voile immaculé entre les mains. Devinant son hôte incrédule devant cette procession le roi Pellés expliqua à Lancelot qu’il venait de voir le cortège du Graal, cette coupe sacrée dont le départ du royaume signalerait la fin de la Table Ronde.

    Le soir venu, je fis porter à Lancelot ce qui lui sembla être l’anneau de Guenièvre. Grâce à mes enchantements, le chevalier se rendit au château de la Casse où il crut passer la nuit avec la reine. Mais à son réveil, le charme s’était dissipé, lorsqu’il vit Élaine allongée près de lui, il entra dans une telle fureur qu’il voulut tuer la jeune femme pour la trahison qu’il venait de subir. Complétement nue elle se jeta à ses pieds et le pria de l’épargner, lui expliquant toute l’affaire.


     

    Lancelot, touché d’apprendre qu’elle lui avait sacrifié sa virginité, lui pardonna.

    Voici donc, ami lecteur, comment fut engendré l’enfant qui fut prénommé Galaad en souvenir de son père, car tel avait été le nom du premier protégé de la Dame du Lac. Selon la prédiction, le jeune garçon devait mettre fin aux mystères du Graal...

     

    © Le Vaillant Martial 


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