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    Le cluricaun est un lutin Irlandais joyeux et fantasque qui passe ses nuits à boire dans les caves où il a élu domicile. On l’a souvent décrit le visage rubicond avec à la main une chope en étain pleine à ras bord qu’il vide avec enthousiasme en beuglant des chansons entraînantes. 

    Les caves qui sont fréquentées par cet incorrigible soiffard sont destinées à être pillées nuit après nuit. Les infortunés propriétaires qui l’accueillent bien malgré eux sont le plus souvent voués à la ruine.

    On raconte qu’un Cluricaun qui hantait la cave d’un certain Harris profitait de la négligence d’un serviteur pour caler sa tête sous le robinet des tonnelets de bière afin de recueillir jusqu’à la dernière goutte du précieux breuvage.

    L’ardeur du petit être à déboucher les bouteilles de vin et de spiritueux  était telle qu’un beau jour le brave homme se décida à déménager pour mettre à l’abri ce qui lui restait de ces précieux flacons.

     Alors que la charrette chargée des tonneaux et des bouteilles à moitié vides s’ébranlait, la trogne écarlate sortit d’une caisse de vin.

    - Ah, mon bon maître, nous partons ensemble !

    - Par tous les diables lâcha Harris dans un rugissement, te voilà donc aussi ?

    - Oui, bien sûr mon bon maître, nous partons ensemble ! rejeta le petit sauvage l’œil vitreux et l’haleine chargée.

     

    - Très bien, mon ami répondit l’homme avec dans la voix une infinie lassitude, avant de lancer à ses serviteurs :

    - Déchargez les chariots, nous sommes ici tout aussi bien qu’ailleurs.

     

     


     

    Les siècles ont passés, mais il se raconte que le Cluricaun hante encore la cave de la famille Harris...

    JB Yeats signale quant à lui que le lutin chevauche les  moutons et les chiens de berger des nuits entières jusqu’à ce que le matin les trouve haletants et couverts de boue.

    © Le Vaillant Martial 


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    Fulupic an Toër, un couvreur en chaume, de Plouzélambre, achevait un soir de couvrir une maison neuve qu’un petit fermier de la commune avait fait bâtir dans le dessein de venir l’habiter à la Saint-Michel suivante.

    Son travail fini, Fulupic descendit de son échelle et l’enleva pour la serrer à l’intérieur de la maison, avec ses autres outils, ainsi qu’il en avait coutume chaque soir au moment de regagner son logis. Mais, quand il ouvrit la porte à cet effet, il fut tout étonné d’apercevoir une ombre debout dans le couloir qui séparait la cuisine de la pièce de décharge.

    - Piou zo azé ? (Qui est là ?) demanda-t’il, non sans un petit froid dans le dos, car il était certain que, de toute la journée, pas un être vivant ne s’était montré dans les alentours.

    L’ombre ne bougea ni ne répondit. Alors il répéta sa question :
    - Piou zo azé ?

    Même silence de la part de l’inconnu.
    - Sacré Dié, se dit Fulupic, voici un personnage qui ne semble pas désireux de lier conversation.

    Il ne doit cependant pas s’être introduit pour voler, car, puisqu’il n’y a que le toit et les murs, je ne vois pas ce qu’il pourrait emporter.

    Je vais l’interpeller une troisième fois ; s’il persiste à faire le muet, tant pis, je lui enfonce mon échelle dans le ventre : ça lui ouvrira peut-être la bouche, du même coup.

    Et Fulupic de recommencer pour la troisième fois :
    - Piou zo azé ?

    Et cette fois fut, en effet, la bonne, car l’homme mystérieux releva la tête qu’il avait jusqu’alors tenue obstinément baissée sur la poitrine, et, d’une voix caverneuse, il prononça :
    - Da vestr ha mestr an holl, pa teuz c’hoant da glewed (Ton maître est le maître de tous, puisque tu désires le savoir).

    La curiosité de Fulupic était plus que satisfaite. Dans le visage de l’homme, la place des yeux et celle du nez étaient vides, et la mâchoire inférieure pendait. Le couvreur ne se soucia pas d’avoir d’autres explications. Il planta là son échelle et se sauva de toute la vitesse de ses jambes : il avait reconnu l’Ankou.

    © Le Vaillant Martial 

     


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  • Trois jeunes gens, les frères Guissouarn, du village de l'Enès, en Callac, revenaient d'une veillée d'hivers dans une ferme assez éloignée de chez eux. Pour rentrer, ils avaient à suivre quelques temps l'ancienne voie royale de Guingamp à Carhaix. Il faisait temps sec et claire lune, mais le vent d'Est soufflait avec violence...

    Nos gars, que le cidre avait égayés, chantait à tue-tête, s'amusant à faire résonner leurs voix plus fort que le vent.

    Soudain, ils virent quelque chose de noir au bord de la douve...

    C'était un vieux sécot de chêne que la tempête avait déraciné du talus.

    Yvon Guissouarn, le plus jeune des trois frères, qui avait l'esprit enclin à la malice, imagina un bon tour.
    - Savez-vous ? dit-il, nous allons traîner cet arbre en travers de la route, et ma foi, s'il survient quelques rouliers après nous, il faudra bien qu'il descende de voiture pour déplacer l'arbre s'il veut passer.

    - Oui, ça leur fera faire de beaux jurons, acquiescèrent les deux autres.

    Et les voilà de traîner le sécot de chêne en travers du chemin. Puis, tout joyeux d'avoir inventé cette farce, ils gagnèrent le logis.

    Ils ne couchaient pas dans la maison.

    Pour être plus à portée pour soigner les bêtes, tous trois avaient leurs lits dans la crèche aux chevaux.

    Comme ils avaient veillé assez tard et qu'ils avaient en plus la fatigue d'une journée de travail, ils ne furent pas longs à s'endormir. Mais, au plus profond de leur premier somme, ils furent réveillés en sursaut.

    On heurtait avec bruit l'huis de l'étable.

    - Qu'est-ce qu'il y a ? demandèrent-ils en sautant à bas de leurs couchettes.
    Celui qui frappait se contenta de heurter à nouveau, sans répondre.

    Alors l'aîné des Guissouarn courut à la porte et l'ouvrit toute grande : il ne vit que le clair de la nuit, n'entendit que la grosse haleine du vent.

    Il essaya de refermer la porte, mais ne put. Les forces de ses frères réunies aux siennes ne purent pas d'avantage. Alors, ils furent saisis du tremblement de la peur et dirent d'un ton suppliant :

    - Au nom de Dieu, parlez ! Qui êtes-vous et qu'est-ce qu'il vous faut ?


    Rien ne se montra, mais une voix sourde se fit entendre, qui disait :

    - Qui je suis, vous l'apprendrez à vos dépens si, tout à l'heure, l'arbre que vous avez mis en travers de la route n'est pas rangé contre le talus. Voilà ce qu'il me faut. Venez. Ils allèrent tels qu'ils étaient, c'est à dire à moitié nus, et confessèrent pas la suite qu’ils n’avaient même pas senti le froid, tant l'épouvante les possédait tout entier. Quand ils arrivèrent près du corps de l'arbre, ils virent qu'une charrette étrange, basse sur roue, attelée de chevaux sans harnais, attendait de pouvoir passer.

    Croyez qu'ils eurent tôt fait de replacer le sécot de chêne à l'endroit où ils l’avaient trouvé abattu. Et l'Ankou - car c'était lui - toucha ses bêtes, en disant :

    - Parce que vous aviez barré la route, vous m'avez fait perdre une heure : c'est une heure que chacun de vous me devra.

    Et si vous n'aviez pas obéit incontinent à mon injonction, vous n'auriez d'autant d'années de votre vie que l'arbre serait resté de minutes en travers de mon chemin. 

    Conté par un maçon de Callac 

    © Le Vaillant Martial 

     


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    Vannes et ses environs


     

    Vannes, deux fois capitale de la Bretagne

    À deux moments de son histoire la cité Vannetaise a pris l’ascendant sur Rennes et Nantes. Sorti vainqueur de la guerre de Succession de Bretagne après son exil en Angleterre le duc Jean IV fit de Vannes sa résidence principale en 1379.

    Les deux autres cités ducales plus proches des frontières du duché, apparaissent plus vulnérables. Jean IV dota la ville d’une nouvelle enceinte comprenant le château de l’Hermine, une forteresse aujourd’hui disparue, dont le nom est toutefois usité pour désigner l’hôtel Lagorce, construit sur ses ruines au XVIIIe siècle.

    Une nouvelle impulsion fut donnée à la ville en 1675, avec l’exil pour quinze ans du Parlement de Bretagne[1] de Rennes à Vannes.

    La capitale bretonne venait d’être punie par Louis XIV pour sa participation à la révolte du papier timbré, engendrée par la mise en place de nouveaux impôts.


    La vraie croix tire son nom d’une relique de la croix du Christ, dont un fragment aurait été rapporté par un chevalier de retour d’une croisade. La légende raconte qu’il aurait été égaré par ce précieux morceau de bois, avant qu’il ne soit retrouvé dans le nid d’une pie, dont l’emplacement correspond à la chapelle du village. Pourtant, la relique de la Vraie Croix pourrait avoir été totalement inventée, et quand bien même la véritable croix aurait été conservée, le trafic de reliques fut tel au Moyen Âge, qu’avec tous les fragments prétendus de la Sainte-Croix, il serait possible de crucifier plus d’un condamné...


     

    Belle-Île, fut achetée en 1658 par le surintendant des finances de Louis XIV, Nicolas Fouquet qui réaménagea les fortifications du palais, possédait également la forteresse de Largoët près d’Elven.

     

    Petit précis de « Mégalithologie »

    Les mégalithes sont des monuments préhistoriques formés d’un ou plusieurs blocs de pierres, pouvant être de plusieurs types. Les plus courants sont les Menhirs, des pierres dressées qui constituent parfois des alignements comme à Carnac où on en dénombre près de 4000. Quand ils forment un cercle, ils donnent naissance à un cromlec’h. Sur l’île d’Er Lannic, deux enceintes circulaires de ce type ne sont que partiellement visibles en raison de la montée du niveau des eaux.


     

    Nombreux à Locmariaquer, les dolmens sont quant à eux des « tables de pierre » qui peuvent atteindre de grandes dimensions et former des allées couvertes. Ces sépultures collectives pouvaient être recouvertes d’un tumulus de terre et de pierre. On parle également de cairn pour désigner ces monticules de pierres, comme au Petit Mont à Arzon.

    Dans le Golfe du Morbihan, les extraordinaires gravures qui ornent l’intérieur du cairn de Gavrinis en font un lieu véritablement unique.

     

     

     

    © Le Vaillant Martial 



     



    [1] Parlement : Cour de Justice de dernier ressort sous l’ancien régime, également chargée de vérifier la compatibilité des actes royaux avec le droit local


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    Le Kobold est un lutin noctambule d’origine Germanique dont les fonctions les plus communes sont d’habiter une maison et, s’il y est bien considéré de vaquer aux travaux ménager pour la plus grande satisfaction de ses occupants.

     

    Parfois représenté sous l’aspect d’un enfant blond au visage poupon, la créature fantasque peut se transformer de toutes les façons, pelle à tarte, entonnoir, chat noir, étincelle.

     

    Dans ce dernier cas il surnommé le kobold de feu et entre et sort de la maison par la cheminée. Il est toutefois le plus souvent invisible et le voir est une véritable gageure.

    On raconte qu’une femme de Cologne, poussée par la curiosité, déversa sur l’escalier de la demeure familiale, le contenu d’un pot de petits pois secs. Hemzelmanchen, c’est ainsi que se nommait le lutin, affairés à ses occupations nocturnes roula sur les pois et dévala les marches.

    La maisonnée réveillée par le raffut et les cris indignés du Kobold découvrit ainsi l’infortuné cul à terre au milieu de la vaisselle.

    Il va sans dire que le Hemzelmanchen, vexé quitta la famille, laquelle depuis ce jour connut le déclin et bientôt la ruine.

    Une autre fois une jeune servante dans les mêmes dispositions harcelait un Kobold afin qu’il se montre. Mais le lutin caché sous un parquet lui répondait inlassablement que non, que ce n’était pas possible car son apparition lui procurerait une frayeur insurmontable. Et la servante de rire et de se moquer du petit bonhomme en insistant encore. Un jour n’en pouvant plus de ces sarcasmes, le Kobold  vaincu par tant d’obstination accepta. Il recommanda à la servante de se présenter le lendemain au coucher du soleil muni d’un grand seau d’eau glacée.

    La jeune femme apparait à l’heure dite au lieu de rendez-vous. Quand surgit soudain un petit homme tout ridé, nu comme un ver et tenant dans son dos un couteau de boucher.

     

    La jeune femme terrifiée perdit connaissance et s’étala sur le tapis. Satisfait de son bon tour, le lutin regarda les sous-pentes sans toutefois omettre de réveiller la jeune imprudente en lui déversant le contenu du seau sur le visage.

    Certains des Kobolds ont investi les mines. Leur visage hideux planté de petites lamines aiguisées ressemble à celui d’un rat. Ils vivent en communauté et sont craint des mineurs.

     

     

    D’autres que l’on nomme « Klabaukermann » vivent en compagnie des marins de la mer baltique. Ils sont serviables, apparaissent vêtus des tenues traditionnelles portées par les pêcheurs et fument la pipe.

    © Le Vaillant Martial 

     

     

     


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