• Korrigans ceux de la maison

    Le volet coulissant du lit clos a glissé lentement sur son rail. Seuls les crépitements du feu mourant se mêlent aux respirations profondes de la maison endormies.

    Alors silencieusement apparaissent les Bouffon-Noz, les Bouffons de la Nuit.

     

    Ils émergent des coins sombres, ou encore du grenier,
        Sortant des trous du mur, glissant du vaisselier.
        Visiteurs besogneux, familiers bienveillants,
        S’ils se plaisent en un lieu, ils y passent leur temps.

     

    Ils balayent le sol, astiquent le mobilier,
        Récurent les casseroles et bercent les nouveau-nés
        Quand l’ouvrage est fini, ils se regroupent dans l’âtre,
        Et se reposent enfin, assis sur la pierre plate,
        Qu’on a posé pour eux,
        Sur le devant du feu.

     Parmi tous les présents qui leur sont destinés,
        Celui qu’ils préfèrent demeurent la grillée.
        Ar Grazen[1], c’est la dernière crêpe
        Que la fermière a faite
        Avec le reste de la pâte
        Et le lait de la jatte.

    Mais soudain du dehors on entend, juste avant le matin, comme un long hennissement.
        Cette fois, c’en est un autre, il s’agit du Maitre Jean,
        Grand connaisseur des chevaux et qui les aime tant.
        On sait qu’il est passé, car on trouve le lendemain,
        Comme de longs étriers, tissés dans le crin.
        C’est un signe qu’il a monté assis sur l’encolure
        Une des bêtes au galop à travers les pâtures.

    « Un bon lutin dans une ferme est un trésor » disait-on à Bréhat. Certains en effet, abattaient la besogne de quatre servantes ! Et pourtant peu à peu, ils ont quitté les foyers victimes de la méchanceté et de l’ingratitude des hommes.

    On cite souvent l’exemple de servante qui, sournoisement, avait chauffé la pierre de l’âtre, avant que leur travail achevé, ne s’asseyent les Teuz.

    Ils se brûlèrent les fesses et dégagèrent vivement. Et bien évidemment jamais on ne les revit. En d’autres lieux on étendait de la braise sur les aires où, à la nuit tombée, ils dansaient.

    Rejetés par les autres tribus Korriganes, qui les ont accusés d’être les amis des chrétiens, Les Teuz se sont réfugiés dans le Léonnais.

     

    L’attrait qu’exercent les chevaux sur les Korrigans a maintes fois été observé.

     Le Maestre Yan ou Mait’Jean est un grand palefrenier. Il panse, il étrille et vide les écuries. On dit que quand les bêtes hennissent au milieu de la nuit : « C’est le lutin qui les nourrit »

     Les valets de fermes constatent au matin les nombreuses traces de son passage : la crinière et la queue de l’animal sont joliment tressées et des gouttes de cire, coulées des bougies, marquent l’encolure de l’animal dont il s’est occupé.

     

     


    D’autres fois, il se montre plus facétieux. Le Boudic vole les crins et coupe ceux de la queue. Ou encore assis sur l’encolure, il galope et épuise les meilleures montures.

     Parfois, certains Teuz ne peuvent se résoudre à quitter leur demeure malgré l’abandon de la ferme par ses exploitants. Il existe dans des masures en ruines, envahies de lierre et de ronces, des petits coins d’écuries balayés patiemment, qui attendent de nouveaux arrivants.

     

    © Le Vaillant Martial 

     

     

     



    [1] Dernière crêpe de la soirée, déposée devant l’âtre à l' intention des korrigans pour les remercier d’exécuter pendant la nuit diverses tâches et corvées.


     

      
     

     


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  • orsque la reine Élaine donna un fils Ban de Bénoïc, il fut le père le plus heureux du monde. Qui ne l’aurait pas été devant un si bel enfant ?
        Il en était certain, son fils, Galaad, serait un grand Chevalier.
        Mais sa joie fur de courte durée...
        Ban avait résisté tant que possible... Mais, Claudas, voisin et ennemi de toujours, était sur le point d’envahir son royaume.

    C’était inéluctable.
        Et Claudas de la Terre Déserte était impitoyable.
        En quelques jours, la puissante armée était aux portes de son château, pourtant réputé imprenable, et quelques heures plus tard tout était en feu.

    Le roi Ban et les siens réussirent tout de même à s’enfuir et trouvèrent refuge près d’un lac. Mais, complétement anéanti par la perte de ses terres et de son château, le roi Ban se laissa mourir de chagrin.

    La toute jeune veuve resta ainsi seule avec son enfant,
        Seule avec son désarroi, seule avec sa douleur.
        Caché entre deux eaux, quelqu’un les observait.
        Une fée
        Elle attendait.

     Car ce tout petit enfant d’à peine quelques semaines était le dernier
        Elle  l’avait tout de suite su.
        Le dernier d’une longue lignée prestigieuse...
        Celle de Joseph d’Arimathie.

     Ainsi, ses pouvoirs lui avaient fait entrevoir le possible destin du petit d’homme... Sa grandeur d’âme, sa droiture et sa loyauté  ferait de lui un être exceptionnel.

     S’il survivait...
        Alors
    Viviane la fée attendait.
        Et quand elle vit le signe, pourtant imperceptible qu’Élaine – reine – devenue si fragile – perdait pied et se noyait en océan de peine, elle intervint.
         En un instant c’était fini
      

    Viviane, la Dame du Lac, venait de s’emparer du nourrisson et de disparaître aussitôt dans les eaux profondes et silencieuses.
         La fée l’emporta dans son royaume dissimulé par le lac, en son château merveilleux et nul humain ne le revit avant ses dix-huit ans.
         Elle le surnomma Lancelot du Lac et l’éleva comme une mère ; Elle fit grandir en lui le courage et la sagesse ainsi que la noblesse et la courtoisie qu’il possédait déjà et qui ne demandaient qu’à  s’épanouir. Des qualités qui feront bientôt de lui le plus parfait des chevaliers. Mais, elle lui enseigna l’art du combat, mais aussi la chasse, les arts comme la littérature et la musique.

     Et puis vint le jour où la formation de Lancelot fut achevée et où, comme toutes les mères, Viviane dut le laisser partir pour qu’il accomplisse sa destinée.
        Ce fut donc un très beau jeune homme, d’une grande prestance, qui se présenta aux portes de Camelot, un beau jour de printemps.
        

     Il se passa deux choses ce jour-là. Et en quelques regards, tout fut scellé.
         Il rencontra
    le roi Arthur et lui fit tout de suite si forte impression qu’une indéfectible amitié naquit immédiatement en eux.
         Et puis... Il vit la reine
    Guenièvre.

         Et il en tomba aussitôt éperdument amoureux

         Tel était son destin
         Et tel serait son éternel dilemme.
         Fidélité au roi ou à la reine...

     Quoi qu’il en soit, il prouva aisément sa grande valeur au combat et fut tout naturellement très rapidement adoubé.
         Et en peu de temps, il devint le champion de Camelot.

     Parmi ses glorieux exploits, le jeune chevalier revint victorieux de son combat contre les statues de cuivre animées tel des automates, qui gardait le château de douloureuse Garde. Elle fut d’ailleurs renommé La joyeuse garde à cette occasion.

    C’est ainsi qu’il gagna le titre tant convoité de meilleur chevalier du monde.

     Il partit combattre la menace du Géant Galehaut, seigneur des îles lointaines, et après moult aventures et revirement de situation, ce dernier devint son plus fidèle ami.

     Pendant ce temps, l’amour qui embrasait les cœurs de Lancelot et de la reine Guenièvre était si intense qu’un beau jour ils finirent par devenir amants.
         Au prix d’une vigilance de tous les instants, qu’ils parvinrent toutefois à garder secret sur cette coupable passion.

    Un jour de l’Ascension, Méléagant, fils du roi de Baudemagu, se présenta à la cour du roi. Il déclara qu’il libèrerait tous les habitants de Logres – retenus en otage dans l’inquiétant royaume de Gorre – si l’un des chevaliers de la cour le battait. S’il en sortait victorieux, il emmènerait la reine Guenièvre avec lui.

     Keu, le frère de lait du roi Arthur, releva le défi mais Méléagant eut très vite le dessus et s’enfuit aussitôt, en enlevant la reine.
        Bien sûr Lancelot se lança à sa poursuite, son cheval fut tué, mais il finit par atteindre le château enchanté ou Méléagant retenait Guenièvre prisonnière.

         Là, l’attendait trois épreuves plus dures les unes que les autres...

     Il dut, en premier lieu, traverser un pont en forme d’épée qui le blessa et l’affaibli grandement. Se dressèrent alors devant lui deux féroces lions enchantés qui disparurent, étonnamment, dès lors qu’il surmonta sa peur. Pour fini il affronta Méléagant lui-même dans un combat acharné, dont il sortit victorieux.

     Enfin seulement, il put libérer sa bien-aimée.

     Entre autre actes de bravoure, il dénoua également les enchantements du Val sans retour de la Fée Morgane, délivrant ainsi, tous les amants infidèles fait prisonniers par la fée.
        Malgré tous ces exploits, Lancelot, qui n’était décidément pas un chevalier ordinaire, demeura très solitaire et il fut d’ailleurs surnommé le chevalier errant.

     Lors de ses errances, justement, il fit halte au château du roi Pellès à Corbenic et pendant le repas, il fut témoin d’une étrange procession... celle du Graal.
        Cependant la coupe sacrée demeura inaccessible à Lancelot, tout parfait chevalier qu’il était, sa relation avec la reine Guenièvre le rendant trop impur pour mener cette quête à bien.
         Cette nuit-là, son hôte fit appel à la magie et sa fille Élaine, sous les traits de Guenièvre, usa de ses charmes et un enfant, Galaad fut conçu.

     De retour à Camelot, Lancelot reprit les tournois, les guerres... Et ses amours secrètes avec la reine Guenièvre.
         Par une indiscrétion de sa demi-sœur Morgane, le roi Arthur finit par découvrir la double infidélité de son meilleur ami et de sa femme.
         Et sa réaction fut à la hauteur de la trahison : il chassa Lancelot et comme la loi l’exigeait, il condamna Guenièvre au bûcher.

     La reine ne dut son salut qu’à son amant qui, de toute évidence, serait allé en enfer pour elle.

    Mais, lors des combats que Lancelot mena pour la délivrance de Guenièvre, il fut obligé de tuer nombre vaillants chevalier. Notamment son plus grand rival – Gauvain le valeureux – mais néanmoins ami – Gauvain le valeureux, qui s’était illustré dans bon nombre d’aventures et qui l’un des meilleurs chevaliers du royaume. Malgré le pardon de son ami dans un dernier soupir, Lancelot ne s’en remit jamais.

     Lancelot, chassé par Arthur et lassé de toutes ces guerres, morts, trahisons et déchirements, finit par se réfugier en Gaule, son pays natal.
         Là-bas, il tenta de tout oublier... Et chercha la rédemption en se faisant prêtre.
         Lancelot mourut années après celle de son roi, Arthur. Et, fut enterré non loin de son fidèle ami Galehaut.

     Son fils, Galaad, devenu lui aussi chevalier, devint à son tour le meilleur chevalier du monde. Ainsi, dernier représentant de la lignée de Joseph d’Arimathie, il se montra digne de son héritage et accomplit la quête du Graal.

     Le plus grand chevalier du monde...
        Je restai pensive un moment.
        -Arthur... Lancelot... Guenièvre... Ces noms me sont étrangement familiers.
        Tout le long du récit de la Dryade, je n’avais pu empêcher  mes doigts d’effleurer mon petit caillou.

    - Leur histoire a peut être dépassé nos frontières ?
    -
    C’est possible, mais je crois qu’il s’agit d’autre chose.

    Au-delà d’être de belles et tragiques histoires, dignes des légendes, c’est vrai, elles éveillent en moi d’étranges sentiments... Forts et contradictoires.
        Mais, vous avez sans doute raison... Elles m’ont probablement été racontées lorsque j’étais petite... Et cela me revient peut-être un peu trop brusquement.
        Je chassai ces troublantes émotions d’un geste et reportait mon attention sur Ezelwen.

        Celle-ci me fixait, me scrutait.
        Elle sourit
        Tu es prête

    D’un bond, elle saisit un grand bâton – que le n’avais absolument pas remarqué jusqu’alors -, en frappa le sol et, aussitôt, deux racines émergèrent brusquement de la terre. Elles grandirent à si vive allure qu’en un clin d’œil, se dressaient devant nous deux splendides et immenses arbres.

    Il me sembla reconnaître un chêne et un bouleau.

    Puis, dans un fracas assourdissant, leurs troncs se divisèrent, se tordirent et s’entrelacèrent tant et si bien que, l’instant d’après, se dressait devant moi une éblouissante sculpture végétale faites de savants et merveilleux entrelacs. Mouvante, changeante, elle semblait battre comme un cœur.

    C’était prodigieux.
        J’en restais bouche bée.
       Ces entrelacs avaient-ils une signification ? Je m’apprêtais à questionner la Dryade quand, aussi soudainement qu’ils étaient sortis de terre, ils s’immobilisèrent.
         Ils semblaient m’observer.
        Je retenais mon souffle.
        Bien que je ne puisse détacher mon regard de ses immobiles géants, du coin de l’œil je vis Ezelwen me considérer, sans détour.
        Elle n’était plus la fragile Dryade que je venais de rencontrer. Elle semblait plus grande, plus mature.

    - Les arbres sont venus te parler, Ada... le puissant chêne et le délicat bouleau. L’arbre-père et l’arbre-mère, fit-elle, d’une voix bien plus assurée. Ils sont le pont entre les profondeurs et les cieux. Entre l’ombre et la lumière. Aussitôt, les deux arbres se mirent à onduler  légèrement, faisant craquer leur bois.

    Leurs branches s’allongèrent
    Encore et encore
    Je les touchais presque.

     - Laisse-les dénouer et démêler les écheveaux de tes mémoires et de tes émotions secrètes.
    Les branches m’effleuraient déjà
    Caressantes, elles m’observaient, me considérèrent, me parcoururent.

    Tendres, elles s’enroulèrent et m’enlacèrent.
    Merveilleuse étreinte.
    Si douce, si délicate.

    Je fermai les yeux
    Et me laissais aller...
    Je me sentis soulevée, emportée vers la cime des arbres.

     J’avais le sentiment que la Terre entière me prenait dans ses bras.
    Un flot de larmes remonta du plus profond de mon être, ouvrant les portes de mon cœur.

    - Vois s’échapper de toi toute cette noirceur, cette colère qui enserrait toute cette noirceur. Paralysé, broyé, il ne pouvait plus  battre à la mesure de ton âme.
    -
    Sens en toi la fleur aux mille pétales qui fut, jadis, radieuse et épanouie mais qui, il y a bien longtemps s’est altérée, flétrie.

    Car ton cœur a saigné.
    Beaucoup.
    La fleur s’est alors éteinte, endormie.
    Pour se protéger.
    Pourtant, elle a sombré dans les eaux profondes de tes douleurs, sans jamais réapparaître.

        L’ombre l’a rongée et tant de mauvaises herbes l’ont envahie. Elles ont noué, scellé toutes ces émotions douloureuses, discordantes en autant de nœuds, de chaines qui, à présent, t’asservissent.

    Les arbres me portèrent au-delà de leur frondaison, au-delà du temps.
    Leur amour infini m’éleva dans un ailleurs sans nom.
    Je dors dans le brouillard...
    Au fil des paroles d’Ezelwen, je sentais mon cœur s’alléger, s’élever.

     - Goûte le suc de la fleur aux mille pétales, le lotus si longtemps amer et qui, à présent, s’adoucit et retrouve la lumière, solaire et lunaire.
    -
    Touche ses pétales fanés qui se regorgent de vie et qui se purifient.

    Je sentis mon cœur s’ouvrir.
    Vraiment littéralement.
    Un torrent de lumière me traversa de part en part.
    Lumière divine céleste.

     - Écoute leur chant silencieux, qui te berce, comme l’enfant que tu as jadis été. Écoute leur chant de rédemption et d’amour. Écoute les voix mêlées de la lune et du soleil qui te révèlent ta nature profonde...
    Ta nature de prêtresse.
    Prêtresse... Moi ?
    J’ouvris les yeux

    Plus d’arbres géants
    Plus de fleurs
    Plus de Dryade.

    J’étais étendue seule dans l’herbe. Seule.
        Avais-je-rêvé ?    

    Ou définitivement sombré dans la folie ?
        J’avais un nœud dans le ventre entre colère et tristesse.
        Entre tristesse et colère
        tristesse de la brusque disparition d' Elzelwen, qui semblait en savoir tant sur moi.
        En colère de tous ces départs précipités et de ces adieux que ne ferais-je jamais.

     

    Ses derniers mots tournaient encore dans ma tête.
        Prêtresse...

     Mes interrogations et mes états d’âme cessèrent-là, à cet instant précis.
         Car un cri strident explosa mon crâne.

     Décidément, cette contrée ne me laissait aucun répit.

     

     Je jetai un coup d’œil autour de moi :
         Une escouade de rongeurs m’encerclait.
         Gulliver cerné par les Lilliputiens.
          Et l’un deux venait de hurler à mon oreille droite.

     


     

     

    Je retenais mon souffle.

     Ils semblent vraiment inoffensifs... Mignons à croquer même. Mais l’idée de ces dizaines de petites incisives pouvant se jeter sur moi comme un seul homme me fit frissonner.

     Le petit délinquant qui m’avait presque rendue sourde sauta sur ma poitrine.

     Il entama ce qui me sembla être un discours – à moins que ce ne fût une sévère réprimande – mais auquel, de toute façon, je ne compris rien, ne parlant pas couramment le hamster.

     Ne souhaitant pas le froisser, j’attendis qu’il ait finit pour m’asseoir.

    Son devoir accompli, le petit leader rejoignit les siens pour ce qu’il me sembla être un casse-graine général.


     

    Ainsi, lui et ses comparses s’avérèrent tout ce qu’il y a de plus pacifiques et je passai le reste de la journée à les regarder gloutonner, s’amuser, puis somnoler mollement.

     Une petite touche de légèreté et de bonne humeur sur cette route tumultueuse... Quel bonheur !
         Je me réveillai au petit matin, avec une bande de hamsters, campagnols et gerboises blottis contre moi.
         Pour me tenir chaud ou avoir moins peur ?
         Qui sait...

     Je souris.

     Petits instants magiques, uniques et merveilleux, à ne jamais oublier.
         Et puis, aux premiers chants des oiseaux, ils s’égaillèrent
         Peu à peu dans toutes les directions.
         Le petit gaillard hurleur fut le dernier à partir.

    Il me tournait déjà le dos quand il se ravisa, fit demi-tour
        Et vint poser dans ma main une minuscule graine.
        Après un dernier petit cri bref, il rejoignit ses compagnons.
         Je souris à nouveau.

     Une brise chaude vint caresser mon vieux visage.
         Conne une invitation à reprendre mon chemin.
         Je déposai délicatement le cadeau du petit rongeur dans la boîte de nacre que m’avait offerte l’Ondine. Estimant que le cadeau d’un hamster bavard valait bien celui d’une Ondine...
        Un jour, peut-être, je saurais quoi en faire.

     

    Machinalement, je sortis mon petit caillou de ma poche...
        Un nouveau glyphe était apparu... Un autre triangle, tête en bas.
          Je soupirais et repris la route.

    Toujours sans savoir où j’allais. Vers mon destin, c’était certain.
         Je ne fus pas seule longtemps.
         Le sentier s’était élargi. Et bientôt, de part et d’autre, les arbres firent place à de grands champs composés de hautes herbes et de fleurs multicolores.

     J’entrai dans le royaume de la couleur... Et des papillons ; Il y en avait tant – de toutes les formes et de toutes les tailles.

    - Que le ciel me faisait l’effet d’une palette de peintre fou.

        Puis, il me sembla que certains d’entre-eux avaient une drôle d’allure.
        Et, à bien y regarder, je pouvais même distinguer de jolis petits visage souriants et de graciles corps miniatures...

     - Ah mais oui !
    Des Fées !

    À peine plus grandes que des papillons, elles voletaient gaiement de fleurs en fleurs, seules ou par nuées.
        Certaines m’ignoraient totalement tandis que d’autres m’avaient déclarée terrain de jeux.

     Elles me tirèrent les cheveux, tentèrent de me soulever – sans succès bien sûr -, me lancèrent toutes sortes de végétaux – fleurs, brins herbe, noyaux de cerise – et finirent par me faire éternuer en frottant leurs ailes sur mon nez.

         Il faisait beau et chaud.
         Joie et bonne humeur m’entouraient.
         Je retrouvais mes vingt ans. Insouciante et heureuse.
         Et puis l’une d’elles vint se placer devant moi et me fixa avec insistance.

    Je me penchai et plissai les yeux pour mieux distinguer ses traits.

     

     

    Aussitôt elle se mit à grandit, grandir, pour bientôt atteindre la respectable taille d’un empan.

    - C’est mieux comme cela ?
    -
    Euh... Oui. Enchantée, belle-fée, fis-je tout naturellement, ne m’étonnant plus de rien.

    Elle était tout en longueur et presque. De microscopiques papillons dansaient autour d’elle.

    - Je suis Inwynn, souveraine de ces près. Je suis le vent et l’insouciance.

    Dans un souffle, je murmure les secrets, mais jamais ne les révèle au monde.
        Puis je m’envole pour mieux les oublier. Car tout est léger car rien ne pèse...
        Bienvenue dans mon royaume !
        Je lis en toi comme dans un livre ouvert et je vois la vie en tout et à respecter le petit comme le grand.

    Tu as appris à écouter ton cœur, à sécher tes larmes et pardonner aux autres et, surtout, à toi-même.
        Tu es morte pour mieux renaitre et les eaux de l’Ondine t’ont lavée d’une partie de ta noirceur.
        Puis, le chant de la rédemption a résonné à tes oreilles...

    Pour qu’enfin, ton cœur se dénoue totalement et que s’ouvre la fleur aux mille pétales, porte vers la lumière et la pureté.
        Car sais-tu qu’il n’y a qu’une seule voie possible ?
        Le sais-tu ?

    - ...
    -
    J’ai un secret à te révéler...

    Tu t’es transformée... À n’en pas douter. Et c’est bien.
        Mais voudrais-tu que les autres en fassent autant ? Souhaiterais-tu façonner les tiens à ton image ?

    Tu t’es transformée, c’est ton choix mais tu dois vouloir la perfection en tout.

    Car même ce qui est sombre t’apprend... Par opposition, il te montre le chemin de la lumière.
        Tu étais parfaite avant de commencer cette quête et tu l’es toujours aujourd’hui. Tu es simplement différente.
        Ton petit caillou t’a aidée à revenir dans cette contrée car il a exaucé un vœu cher à ton cœur et à ton âme. Rien n’arrive que tu n’aies profondément souhaité.

    C’est souvent inconscient, bien sûr, et là, est toute la difficulté.
       Mais surtout retient ceci
       Vois la perfection en tout.
      

    Même en ce qui te déplaît.
       Et alors ton cœur deviendra pur.
        Car il verra la beauté en tout.

    Je vais te faire un cadeau.
        Le-veux-tu ?
        Je vous fais confiance, Inwynn.

     - Alors, suis-moi à l’orée de ce bois...
    -
    Je vais te présenter deux amies.

    Là d’où tu viens, elles ont été  moult fois représentées...

    Voilà nous y sommes.
    Ferme les paupières.
    Respire...
    Attends...

     Tu peux rouvrir les yeux

       

    © Le Vaillant Martial


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  • i le Korrigan témoigne un respect évident pour crapaud et salamandre, on peut parler d’affection dès lors qu’il s’agit du Grillon. On le soupçonne même parfois, tant il apprécie ce joyeux petit compagnon, d’en revêtir l’apparence pour pouvoir ainsi striduler de concert !

    Le Korrigan lui donne un autre nom, il l’appelle « la sentinelle », et s’il raffole tant de son chant joyeux, c’est aussi pour une raison on ne peut plus opportuniste...

    Quand, au cours d’une promenade, au beau milieu d’un champ, le Korrigan est pris de l’envie de faire la sieste, il va aussitôt se mettre en quête d’un trou de grillon. En effet, d’une extrême méfiance par nature, le grillon chantera tant qu’un danger ne se présente pas.


     

     

    Mais si cela se produit, son chant s’arrêtera net et le silence, du même coup, réveillera notre dormeur qui s’empressera de se cacher !

    Si vous voulez surprendre un Korrigan à sa sieste, suivez le chant du grillon, mettez-vous face au soleil, pour l’ombre, et faites-vous aussi léger qu’un papillon car au moindre craquement de brindille... tant pis !


     

    Il y aussi le cas d’espèce typique où le Korrigan a trouvé le petit coin idéal  pour une sieste, mais pas le moindre bout d’antenne de grillon dans les parages !...

    Qu’à cela ne tienne, au  petit trot, ce qui est quand même rapide pour un lutin, notre bonhomme s’en retourne dans son antre et revient avec une « boîte à grillon ».

    En effet, en plus des crapauds et salamandres domestiques il n’est pas rare qu’un Korrigan fasse l’élevage de grillons...


     

    ulle porte ne fermera jamais une boîte à grillon...

    Car s’il existe bien un peuple qui aime à ce point les grillons, jusqu’à leur confectionner de petites demeures c’est bien celui des Korrigans.

    Il est étonnant de voir avec quel entrain et quelle ingéniosité un Korrigan va s’escrimer à réaliser la plus jolie, la plus confortable des petites niches. Et il semble, contre toute attente, que les grillons raffolent de ce genre d’attentions. Plus le soin apporté à la confection de son domicile sera grand et plus le chant du grillon sera beau et joyeux.

    Les boîtes à grillon peuvent être fabriquées dans les matériaux les plus divers. J’ai pu observer des modèles de boîtes confectionnées dans de simples feuilles d’écorce roulée, ou dans un morceau de bois dont le cœur avait été évidé.


     

    Mais, à l’opposé, j’ai pu admirer, dans la demeure cossue des environs de Berrien, une magnifique boîte à grillon toute d’or façonnée ! Elle n’était qu’arabesques à la finesse extrême, toute en volutes entrelacées et ciselures ouvragées. C’est peu dire de l’affection que certains portent à leurs grillons.

     

    Les boîtes à grillons peuvent être fabriquées dans les matériaux les plus divers. J’ai pu observer des modèles de boîtes confectionnées dans de simples feuilles roulées, ou dans un morceau de bois évidé. Mais à l’opposé, j’ai pu admirer, dans la demeure cossue d’un riche patriarche des environs de Berrien, une magnifique boîte à grillons toute d’or façonnée ! Elle n’était qu’arabesques à la finesse extrême toute en volutes entrelacées et ciselures ouvragées. C’est peu dire de l’affection que certains portent à leur grillon !

    ... Petite galeries de boîtes à grillon ...


     

    Petite boite à grillon d’inspiration orientale, rapportée à grands frais à dos de goéland des lointaines terres levantines.


     

    Jolie petite niche en forme de boule, dont la technique de tissage a été apprise d’un couple de tisserins, bien loin de ses pénates Africaines, et en visite chez des cousins Armoricains... 

    Qu’elles soient de factures on ne peut plus rustique ou bien au contraire les plus élaborée du monde, les boîtes à grillon sont de tradition dans les us et coutumes du Korrigan depuis la nuit des temps.


     

    Niche de porte d’une demeure de teuz en fer martelé des environs de Saint-Pol-de-Léon.

     

    © Le Vaillant Martial 


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  • Métiers de la Mer et des Canaux

          

    Au début du XIXe siècle,  plus de 50 000 personnes vivent de la mer sur les côtes des cinq départements bretons, soit environ 36 000 hommes embarqués sur les bateaux et  14 000 hommes, femmes et enfants pratiquant la pêche à pied, sans compter les milliers d’ouvrières des conserveries, les 3 000 goémoniers, les paludiers et les mariniers.

    La grande pêche est consacrée à la morue, à la sardine et au thon.

    Sur la manche, de Cancale à Paimpol, 8 000 marins sont employés, principalement dans la pêche à la morue. La vie est très dure pendant les campagnes qui se font de plus en plus loin, à partir du mois de Mars. Le travail est harassant, les conditions de vie déplorables, la promiscuité, le froid, l’absence de soins, d’intimité, de sommeil, les accidents du travail, tout s’accumule pour provoquer une quatre fois plus forte que chez les mineurs de charbon.


     

    La région de Paimpol arme pour les bancs d’Islande, à son apogée en 1895, soixante-quatorze navires accueillent des équipages souvent d’origine rurale.

    La baie de Saint-Brieuc voit cette activité péricliter tandis que Saint-Malo doit se diriger vers Terre-Neuve pour trouver du poisson. En 1913, le port a un maximum de 146 voiliers et grouille d’activités au moment de la campagne de pêche. Les difficultés d’accès aux zones de pêche, le changement des goûts alimentaires des Français et les coûts d’exploitation commencent à menacer l’économie de la morue dans les années 1910. Des milliers  de jeunes ruraux attirés par les salaires, quittent leur terroir pour aller « à Islande » ;

    Un journalier agricole, quand il trouve à s’embaucher, touche au mieux 2 francs pour une journée d’été (non nourri), un homme d’équipage 800 à 1200 francs, un mousse 200 à 500 francs. Mais l’envers du décor est terrible qu’on parle de la « Géhenne[1] »  pour ces six ou sept mois de pêche.

    En 1904, Anatole Le Braz dénonce le sort des « Mousses, enfants martyrs ». Une véritable traite d’enfants, les « graviers » sévit chez les novices d’Islande. Un alcoolisme chronique aggrave la situation.

    La mortalité à bord, les disparitions en mer et les naufrages provoquent plus de 2 000 morts entre 1852 et 1935. En 1902, 50 Islandais ont péri en mer, en 1902 le « Cousins réunis » fait naufrage avec 102 graviers[2]. Les murs des disparus de Ploubalzennec et Plouèzec  attestent ces chiffres terrifiants qui ne font oublier ni les romances de Loti et Botrel, ni les maigres pensions versées aux veuves et aux orphelins.

    La côte Atlantique du Croisic à Audierne, est une des principales zones de pêche à la sardine, puis au thon, offrant des emplois à des milliers de Bretons qui quittent ainsi leurs communes rurales surpeuplées pour grossir la population des ports des trois départements les plus méridionaux.

    Les bancs de sardines sont légion jusqu’au début du XXe siècle sur le littoral de Bretagne Sud. De mai à juin, le poisson remonte de Vendée vers le Finistère et la saison commence alors pouvant s’étaler jusqu’à la fin septembre.


     

    L’invention des conserves  à l’huile permet le traitement des sardines que des milliers de femmes étêtent, vident, salent, sèchent et font frire avant que les soudeurs-boîtiers ne les enferment dans leur boîtes de fer-blanc.

    Les deux tiers de la pêche vont au patron, le tiers restant à l’équipage. Les cinq ou six marins des pinasses ou chalutiers ont aussi droit à un panier de poissons : « la cotriade ».  Les sardinières n’ont que des salaires très faibles : les soudeurs sont mieux payés.

    À l’apogée de cette spéculation vers 1880, la Bretagne avec 132 conserveries sur les 160 de France, est presque en situation de monopole. Elle exporte 90% des conserves mondiales ! Mais déjà certains industriels avisés installent leurs usines en Espagne et au Portugal, où les coûts sont moins élevés. La concurrence se déchaine.


     

    En 1905, il y a 150 conserveries bretonnes (sur les 260 de l’hexagone) dont 33 à Concarneau, 26 à Douarnenez (dont la population est passée de 1800 à 7500 habitants), 16 à Audierne, les autres à Camaret, Etel, Guilvinec, Quimper, Pont-Aven, Port-Louis, Belle-Île, La Turballe, Le Croisic... Mais Vigo en a 137 contre 3 en 1883 !

    A la concurrence étrangère s’ajoutent la raréfaction puis la disparition de l’espèce des côtes bretonnes. Une première crise frappe en 1890-1898 mais c’est surtout celle de 1902-1907 qui s’avère désastreuse et réduit à la misère pêcheurs et ouvrières des conserveries. La motorisation (le premier chalutier à vapeur apparaît en 1898 à Lorient) modernise néanmoins le travail et permet d’étendre les zones de captures.    

       

     

    La pêche au thon se pratique à la ligne sur les deux flancs des « dundees »  reconnaissables à leur voilure élégante et à leurs tangons élancés. Elle connaît un essor à partir des années 1860-1870 sur les côtes du Morbihan.

    En 1900, une dizaine de ports abrite près de 300 bateaux qui totalisent 7700 tonneaux. Groix (Port-Tudy) domine largement avec 200 bateaux suivi d’Etel. Le Croisic et six ports Morbihannais arrivent ensuite : Le Palais, Quiberon, La Trinité ...

    En 1906 Concarneau commence ce type de pêche qui permet une diversification dans le contexte de la crise sardinière.

    Les femmes aident au débarquement du thon qui est vendu dans les criées, construites spécialement à cette époque, ou mis en conserve.

    La rétribution se fait  à la part : Les 11 parts se répartissent en 4 pour l’armement et 7 pour l’équipage, soit 5 par marin et 0,5 pour le mousse et 1,5  pour le patron.

    Une multitude de petits bateaux se livre à la pêche côtière pour le ravitaillement quotidien : maquereaux, mulets, raies, soles ou aiguillettes pêchées à la torche.

    Les Forbans et les Sinagots du golfe du Morbihan, les bisquines de cancale, les chasse-marée du Finistère, les sloops et autres gréements pittoresques se pressent et s’activent sans cesse.

    Certains ports  se sont spécialisés dans la capture des crustacés : homards et langoustes à Bénodet, Guilvinec, Audierne, Loguivy, Belle-Île, Houat, Hoëdic...

    Un peu partout sur le littoral, la pêche ou l’élevage des mollusques et des coquillages permettent de faire vivre les familles bretonnes : palourdes, ormeaux (à Perros-Guirec), bigorneaux élevés en parc au Croisic, crevette, coques, huîtres...

    Dans les estuaires, les filets et les carrelets sont fréquemment utilisés comme à Saint-Nazaire ou dans le vallon du Loch, près de Tréauray.

     

     

     

     À marée basse, pêcheurs retraités, enfants ou femmes arpentent les grèves avec leurs paniers, leurs haveneaux, leurs épuisettes ou les couteaux à débusquer, les palourdes. Il faut parfois porter des « sabots-planches » pour ne pas s’envaser mais, la plupart du temps, c’est pieds-nus et jupes retroussées que les coquetières du Mont St Michel ou les pêcheuses de Cesson se font photographier comme s’il s’agissait d’une mode.

    Les huîtres sont d’abord été pêchées à la drague sur les bancs naturels du Morbihan, de Cancale ou de Saint-Malo où à la « Caravane » des bisquines avait lieu chaque année dans des conditions très strictes.

    Dès les années 1850, à Saint-Brieuc, Damgan et Séné par exemple, sont déposées les premières de mandes de concession pour la création de parcs d’élevage des huîtres. L’ostréiculture gagne alors d’autres sites du Morbihan ou du Finistère Sud provoquant une intense activité.

    La mytiliculture se développe mais coquillages et crustacés ne sont pas encore connus partout : Pierre-Jakez Hélias nous raconte que dans son pays de Pouldreuzic à quelques kilomètres de l’océan si on se faisait une obligation de manger du poisson le vendredi (mais uniquement de la sardine et du maquereau) et d’aller ramasser des coquillages le vendredi saint, on ne savait pas ce qu’étaient les langoustes, nu les huîtres. Personne n’avait voulu des premières qui finirent sur les tas de fumiers, quant aux secondes, la bonne du médecin les avait jetées également croyant que c’était des vulgaire pierres !

    Les fleuves et les canaux bretons – canal de Nantes à Brest -, canal d’Ille et Rance – sont fréquentés par des péniches qui, à une époque où les camions n’existent pas, jouent un grand rôle dans le transport des pondéreux. Halées par des chevaux, mues à la voile et au moteur elles desservent plusieurs ports de l’intérieur et la vue assez étonnante du port de Rennes avec ses bateaux donne une idée de l’importance de ce trafic autrefois.

    Les Marais Salants

     

    Le pays de Guérande mais aussi la région de Carnac, la Trinité-sur-Mer et quelques communes du golfe du Morbihan comme Séné produisent du sel grâce à un système ingénieux et méticuleux de chauffage et d’évaporation de l’eau de mer dans une série de bassins de profondeur décroissante.

    Aux grandes marées l’eau pénètre dans une vasière puis, par des étiers, elle passe successivement dans les cobiers, des vives, des adernes pour parvenir enfin à des vastes étendues de 10 mètres sur sept : les œillets, où la profondeur n’est que de 5 centimètres.

     

    De juin à septembre les paludiers, avec leurs râbles, ratissent le sel qui s’entasse dans des petites plates-formes rondes appelées ladures. Leurs femmes ou leurs filles le transportent alors dans des jarres placées sur la tête et vont décharger sur des tas pyramidaux : les mulons. Le sel est alors mis en sac, et vendu ou stocké dans des grands magasins ou salorges. Un œillet. Un œillet peut produire 1 200 Kg de sel gris et 80 de blanc.

    À la fin du XIXe siècle, les paludiers, qui n’étaient pas propriétaires de leurs œillets, étaient réduits au quart de la récolte et ne gagnaient que 300 francs par an.

    © Le Vaillant Martial 


    [1] Géhenne : enfer, dans les écrits bibliques.   Littéraire. Souffrance presque intolérable ; supplice, torture.

    [2] Les graviers sont ces jeunes hommes embauchés devant notaire pour aller travailler la morue à Saint Pierre et Miquelon ou à Terre-Neuve sur le french shore, la partie du littoral tolérée au traité d’Utrecht en 1713. Vivant à même la grave (la grève en patois bordelais), réalisant un travail exténuant, le séchage de la morue, et transportés dans des conditions épouvantables outre-Atlantique.


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  • Saladenn grikhed-traezh gant karamel dre sistr

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

    Saladenn grikhed-traezh gant karamel dre sistr
    4 Den, Prientiñ – 20 min – Poazhañ : 15 mn
    16 gril traezh – 2 letuzenn – 40 g amanenn natersall
    1 loariad orarz a wineger sistr – holen glas – pebr milin

    Evit ar c’haramel : 100 g hastounadez – 10 cl sistr sec’h – 2 loriad vraz a zienn

    Fardañ
             Difluhañ, gwalc’hiñ ha sec’hañ al letuzenn, lakaat da virviñ, 2 litrad dour gant un dornad holen glas en ur chodenn. Lakaat ar grilhed-traezh da boazhañ etre 3 ha 5 munut diwar ma vero an dour a-nevez disouzh ment ar grilhed-traezh. O dizourañ, o lozel da glouarañ hag a dilenn.

             Diskenn ar gastounadez en ur gastelodenn ha lakaat da boazhañ betek tuej da veleniñ. Lemel diwar an tan ha dinaou ar sistr, meskañ hag ouzhpennañ an dienn.

             Lakaat an amenenn da deuziñ en ur balarenn, lakaat ennañ ar grilhed-traezh hag o astommañ war dan gorrek e-pas 3 munut. Dinaou warno-ar gwinêgr sistr hag ar c’haramel dre sistr.

             Renkañ al letuz war bevar asied, lakaat ar grilhed traezh gant o hilienn ha reiñ un dro vilin pebr war-c’horre.

     

     

     

     

    Salade de Langoustines au caramel de cidre
    4 Pers,  Préparation : 20 min – Cuisson : 15 min
    16 Langoustines – 1 laitue – 40 g de beurre demi-sel – 1 cuil à soupe de vinaigre de cidre – gris sel de mer- poivre du moulin

    Pour le caramel : 100 g de cassonade – 10 cl de cidre brut – 2 cuil à soupes de crème fraiche

    Réalisation
             Épluchez, lavez et essorez la laitue. Portez à ébullition 2 litres d’eau avec une poignée de gros sel de mer dans un faitout. Plongez les langoustines, laissez-les cuire pendant 3 à 5 Minutes après la reprise de l’ébullition selon la taille des langoustines. Égouttez-les, laissez-les tiédir. Décortiquez-les.

             Versez la cassonade dans une casserole, faites cuire jusqu’à la formation d’un carmel blond. Hors du feu, versez le cidre, mélanger bien, puis incorporez la crème.

             Faites fondre le beurre dans une poêle, ajoutez les langoustines, réchauffez-les à feu moyen pendant 3 minutes, arrosez de vinaigre de cidre et de caramel de cidre

             Disposez la laitue sur quatre assiettes, répartissez dessus les langoustines. Donnez un tour de moulin à poivre. Servez aussitôt.

    © Le Vaillant Martial

     


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