• Première approche des Lutins en Bretagne

    Première approche des Lutins en Bretagne

     

    L  s’écrit et se dit beaucoup de choses sur le Petit Peuple de Bretagne, ces lutins que tout le monde connaît sous le nom de « Korrigans ». Nombre de ces dires appartiennent plus à l’imaginaire qu’à la réalité d’une tradition et d’une croyance populaire établie depuis plusieurs siècles.

    Comme l’esprit des enfants et de toux ceux qui ont refusé de rompre avec, le monde des rêves, la Bretagne est une terre de mystères, un pays de légendes, peuple de créatures merveilleuses qu’une tradition orale puissante a su préserver et entretenir.

     

    La brume des forêts de chênes rappelle le caractère magique de cette région gorgée d’histoire. La mousse des pierres millénaires et la profondeur des lacs révèlent au voyageur attentif l’existence d’un monde invisible connu des seuls initiés.

    Le vent du large soufflant sur les landes déserte enseigne la méfiance de ce que l’on voit et sans doute plus encore de ce qui ne peut être vu.

    Et la lutte des flots enragés contre les côtes de granit souligne qu’il est des forces que l’on ne peut dompter. La Bretagne toute entière pousse à s’aventurer hors des sentiers battus de la rêverie. L’imagination est sans doute le bien le plus précieux de l’humanité : elle enrichit les êtres et les histoires, et fonde une partie du patrimoine oral de demain. Le trésor breton tient autant de la richesse de sa tradition passée que de la diversité de son imaginaire à venir. Sa survie repose sur un équilibre fragile qu’il convient de protéger et de renforcer.

     

    Poursuivant l’œuvre des conteurs des temps anciens, les folkloristes actuels, artisans de la continuité, apportent leur contribution à un héritage qui ne doit pas sombrer dans l’oubli. Il est indispensable que les nouveaux récits ne détruisent rien de la mémoire passée. Les récits de jadis ont souffert des bouleversements du XXe siècle, des conséquences de la révolution industrielles, de l’exode rurales, des guerres mondiales, de l’uniformisation des cultures, de la lutte contre le breton... Malgré les nombreuses pertes, une large part de cette tradition orale est sauve.

     

    Durant le XIXe siècle, qui a vu s’élever les nations, les peuples d’Europe se sont plongés dans leur mémoire afin de mettre au jour la richesse de leurs mythes et de leurs cultures. Dans une contrée du bout du monde, en Bretagne, des folkloristes érudits on fait de même. Ils ont sillonné la péninsule en quête d’histoire fantastiques, de témoignages troublants et de légendes populaires. Allant à la rencontre des anciens, ils sont parvenus à compiler les récits de la tradition orale ; la matière de Bretagne. Nombre de gens l’ignorent aujourd’hui, mais quantités de légendes venues de l’héritage des bardes et des conteurs sont arrivées jusqu’à nous. Ce précieux legs nous a été transmis par une troupe de lettrés, précurseurs de l’ethnologie : Paul Sébillot, René-François Le Men, François Marie Luzel, Émile Souvestre, Joseph Frison, Théodore Hersart de la Villemarqué et d’autres.

    Écoutant attentivement, notant consciencieusement, ils ont réussi à figer un folklore menacé d’extinction. Grâce à eux et à leur travail, les générations actuelles peuvent revivre les temps lointains où les hommes vivaient mari les êtres de légendes. Plusieurs de ces auteurs n’ont pas hésité à agrémenter les témoignages des fruits de leur propre créativité, d’autres ont ignoré certains sujets, les rejetant au rang des fadaises et des superstitions. Mais une majorité d’écrivains, les plus précis n’a pas voulu condamner les paroles de leurs sources, préférant accorder le crédit de l’objectivité. Ils ont étudié la matière recueillie avec la plus grande attention et beaucoup de méthode. Ils ont abordé les lutins, les fées, les géants, les lavandières de nuit et toutes les créatures de la tradition populaire, comme ils l’auraient fait avec n’importe quel peuple disparu. Ce choix et cette démarche se sont imposés à l’écoute des récits. Car, pour ceux qui les ont contées, ces histoires relevaient bien de la réalité, leur appartenance au passé n’ôtant rien de leur véracité. Les folkloristes et autres archivistes ont transcrit une tradition pleine de réalisme, faite de croyance et de convictions. Et puisque l’existence de ces êtres magiques n’était pas  mise en doute par les conteurs, il convenait d’aborder la question avec le plus grand sérieux. La disparition de la magie dans le monde actuel, l’incompatibilité des récits avec la rationalité ambiante ne doivent pas pousser le lecteur à renier ou dénigrer les certitudes passées. Il en est tenté, il lui suffira de se rappeler que si la réalité a toujours inspiré les rêves, eux seuls ont le pouvoir de la façonner.

    À travers les témoignages des folkloristes du XIXe, il est possible de reconstituer les croyances populaires relatives aux lutins et de rétablir leur réalité. Pour ce faire il convient de récolter les précieux indices laissés par la tradition, de les compiler avec méthode et d’y relever chaque détail avec rigueur afin ue le visage authentique du Petit Peuple se dessine dans le réalisme et l’abondance des descriptions. Ce travail dévoile le portrait d’un monde Lutin pluriel et complexe, possédant son histoire propre, ses tribus, son organisation sociale, ses meneurs, ses pratiques... En somme, le portrait d’un peuple disparu que l’on dit imaginaire, mais qui possède tous les traits d’une communauté bien réelle.

    À travers les témoignages des folkloristes du XIXe siècle, il est possible de reconstituer les croyances populaires relatives aux lutins et de rétablir la réalité. Pour ce faire, il convient de récolter les précieux indices laissés par la tradition, de les compiler avec méthode et d’y relever caque détail avec rigueur afin que le visage authentique du Petit Peuple se dessine dans le réalisme et l’abondance des descriptions. Ce travail dévoile le portrait d’un monde lutin pluriel et complexe, possédant son histoire propre, ses tribus, son organisation sociale, ses mœurs, ses pratiques... E somme le portrait d’un peuple disparu que l’on dit imaginaire, mais qui possède tous les traits d’une communauté bien réelle.

     

     

     

    © Le Vaillant Martial 

    « La Légende de GuerlédanBiologie et Anthropologie »

  • Commentaires

    Aucun commentaire pour le moment

    Suivre le flux RSS des commentaires


    Ajouter un commentaire

    Nom / Pseudo :

    E-mail (facultatif) :

    Site Web (facultatif) :

    Commentaire :


================================== 1- jssants.js (external javascript jsfile) ================================== ================================== 2- jssaints.js (external javascript jsfile) ================================== ================================== -3 sants.html (html file) ================================== JavaScript code/Saint's Day
Breton calendar - Saint's Day : 
...Calendrier français :