• Naissance & Enfance

    Naissance & Enfance 

    Selon la morale religieuse, il faut suivre le précepte « croissez et multipliez-vous », le mariage n’ayant d’autre finalité que d’avoir des enfants et toute relation est interdite avant de passer devant monsieur le Maire et monsieur le curé. Les naissances « illégitimes » sont néanmoins fréquentes, en ville comma à la campagne et les nouveau-nés non désirés ont un avenir problématique.

    Pendant longtemps, ils sont abandonnés, c'est-à-dire confiés à un couvent ou à un hospice. Un procédé anonyme, dénommé « le tour », permet de les déposer sans se faire connaître : en 1859 la ville de Saint-Brieuc reçoit 165 enfants au « tour ». On décide de supprimer ce procédé en 1862.

    L’infanticide sévit aussi et les journaux s’en font parfois l’écho d’une manière laconique et bureaucratique : la « mère dénaturée » est déférée à la justice.

    La doctrine populationniste de l’Église n’est donc pas appliquée partout et s’il existe des familles très nombreuses, de 10 enfants ou plus, l’image d’une Bretagne prolifique ne correspond pas tout à fait à la réalité.  À une époque où le nombre moyen d’enfants par famille est de 2,59en France, il est de 3,3 à3,4 dans les départements Bretons.

    En 1891, un tiers des familles bretonnes ont plus de 4 enfants contre un cinquième dans l’hexagone. Finistère et Morbihan sont particulièrement féconds.

    En d’autres termes la natalité est supérieure à la moyenne française mais en recul au début du XIXe siècle : elle évolue de 17 à 23,6% pour la Bretagne de 1890 à 1891, contre 23 et 19% pour l’ensemble du pays.

    La mortalité baisse mais celle des enfants de moins de 1 an est encore forte puisque dans les années 1880, elle touche 13 à 18 enfants sur 100, suivant que l’on e trouve en Loire-Inférieure ou dans le Finistère.

    Les accouchements sont un évènement auquel le père n’assiste pas et le nouveau-né reçoit les premiers soins des accoucheuses qui dit-on n’hésitent pas à lui masser la tête pour remodeler la boîte crânienne.


     

    Sortie de baptême au Folgoët, on se prépare à distribuer les dragées...

    La plupart des femmes accouchent chez elles avec l’aide de « commères » qui connaissent les usages et qu’on va chercher dès les premières douleurs.

    Exceptionnellement on fait appel au médecin et aux sages-femmes qui  sont encore peu nombreuses (en 1890, 8 pour 100.000 habitants dans les Côtes du Nord pour une moyenne nationale de 37).


     

    Sortie de baptême à Plougastel, la cérémonie est simple et ne rassemble que peu de monde.



     

    C’est donc une image idéalisée que nous représente la peinture de l’époque. Le père qui revient du jardin où il a ramassé ses légumes (panier de poireaux) a posé son chapeau, s’est assis sur la banc-coffre pour admirer son enfant qu’il commence à bercer. Il est comblé, comme la jeune maman qui, elle contemple son mari avec un regard amoureux. Admiratif, reconnaissant ou soulagé ?

    Le chien lui-même participe à ce bonheur, le museau dressé vers on maître.

    En arrière, au pied d’un riche vaisselier, la vieille femme dos tourné, pieds nus (grand-mère ou accoucheuse), s’affaire déjà dans quelque rangement, le tout sous un bénitier comme pour rappeler que tout heureux évènement ne saurait venir que grâce à Dieu.

     

    On baptise les enfants le plus tôt possible de préférence le jour de leur naissance, car un bébé mort sans baptême est privé de paradis. Son âme erre à la recherche du salut dans ce lieu vague et incertain appelé les limbes, à moins qu’elle ne vienne importuner les vivants. On croyait parfois qu’elle se transformait en oiseau.

    Les parrains et marraines choisissent le prénom si les parents ne l’ont pas fait, il est d’usage dans certaines communes, qui lui donnent le leur suivi de Marie.

    La cérémonie est simple et rassemble peu de monde : le père, le parrain, la marraine, la matrone qui a fait l’accouchement et quelques parents proches. Le prêtre lui chante u Te Deum, on signe les registres à la sacristie.

    À Saint-Guinoux, la marraine lave les mains du célébrant. Le bedeau sonne trois coups de cloche pour un garçon, deux pour fille, mis à Vitré, les premiers ont le droit à neuf coups et les filles à douze (aucune sonnerie en revanche pour les enfants naturels dans la plupart des paroisses).

    À la sortie de l’église, le cortège réduit à la famille proche, prépare des dragées pour les gamins. A défaut de piécettes, elles seront lancées à la volée.

    Le bébé est porté par la marraine (ou par l’accoucheuse) dans un châle blanc et pendant huit ou neuf jours, il est coiffé d’un bonnet brodé.

    La demi-douzaine ou la dizaine de personnes fait alors la tournée des cafés pour arroser l’événement et, dans certaines régions, un repas plus important que de coutume est servi au cabaret ou à la maison ; Il comporte les aliments habituels mais la boisson est plus diversifiée et plus abondante.

    La mère reprend ses activités rapidement, parfois quelques heures après la naissance.

    Quelques jours plus tard, elle doit se  présenter à l’église pour être » purifiée » : c’est la cérémonie des « relevailles ». La jeune maman est accueillie au porche, on lui donne un cierge, elle entre et reçoit une bénédiction particulière. Il s’agit à la fois d’une action de grâce en remerciement de l’heureuse naissance et d’une autorisation de retourner à ses activités ordinaires, comme si l’accouchement avait constitué une rupture.

    Une consécration à la Vierge-Marie termine la cérémonie.

    Dans les Côtes-du-Nord, les relevailles sont plus solennelles : quinze jours après la naissance, les parents, le parrain, marraine, la matrone, le bedeau et un mendiant participent à un repas de relevailles : « La relevée du pignon ». En Morbihan c’est l’occasion de donner un cadeau au recteur.

    Sitôt le poupon né, il est empaqueté comme une momie dans les langes et les bandelettes qui lui serrent le corps et les reins, car on pense ainsi on pense ainsi lui fortifier ses jambes, éviter qu’il ne boite ou n’ait mal au ventre.

    Il demeure dans son berceau plusieurs mois (dix à douze), allaité et changé par sa mère qui n’hésite pas à le transporter avec elle quand elle dans ses déplacements de travail, quitte à le mettre dans un panier quand elle va aux champs ou à le suspendre à un arbre. En filant sa quenouille, elle peut surveiller le nourrisson, lui chanter des comptines ou des « berceuses » pour l’endormir.


     

    Toute mère se fait une fierté d’avoir du lait : des prières et des dévotions diverses auprès de tel saint ou telle sainte sont fréquemment utilisées.

    Certaines mères allaitent d‘autres enfants gratuitement quand il s’agit de voisin et de parents mais on peut être nourrice appointée pour les bébés de la ville, au risque de négliger sa propre progéniture quand l’appât du gain est trop fort. Certaines femmes peuvent ainsi s’absenter deux ou trois mois ce qui peut entrainer un regain de mortalité chez leurs propres enfants.

    Un bureau de placement est créé à Moncontour, puis s’installe à Saint-Carreuc au début du siècle.

    Là où il n’y a pas d’allaitement, on recourt à des biberons de verre ou de terre munis d’une tétine primitive. On signale même le cas de triplés nourris du lait d’une bouteille à laquelle était fixé un tuyau à trois sorties, à Saint-Guinoux  au sud de Saint-Malo.

    En plus du lait, les bébés commencent à manger d’autres aliments dès les premières semaines, des bouillies notamment. Il existe des cas où ils goûtent aussi très tôt au cidre ou l’eau de vie !

    L’enfant fait ses premiers pas dès qu’il est démailloté et l’on utilise parfois d’ingénieux chariots à glissières, sortes de parcs ou  trotte-bébés, qui se déplient et s’agrandissent au fur et à mesure que la mobilité et la station debout sont acquises.


     

    Quand ils commencent à marcher, les petits, qu’ils soient filles ou garçons, portent la robe brodée ou a plis et franges que l’on se contente d’abattre quand ils deviennent plus grands. Un tablier, des collerettes ou des bavoirs et un bonnet à quartier complètent le costume de tous les jours.

    Le dimanche la robe est plus colorée, elle est brodée comme le bonnet qui est orné de perles de verre et de cabochons. Celui des garçons se termine par un gland de fils et de verroteries sur l’arrière

     

     

     

     

    Source : Bertrand Frelaut  Il y a un siècle... la Bretagne.

     

    « Galerie de portraits... »

     

        

     

    © Le Vaillant Martial 

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