• Morgane

     



    Vous avez tous entendu parler de moi, vous pensez me connaître et pourtant...

    Pourtant la majorité d’entre vous ne veulent me voir que comme une fée séductrice aux sombres desseins. Une fée Que dis-je ? Tout au plus une enchanteresse qui ne doit son savoir qu’à l’enseignement de Merlin et qui n’a su en faire bon usage !

    A la vérité, en des temps très anciens, j’étais vénérée telle une déesse. Je régnais alors sur l’île fortunée que vous connaissez sous le nom d’Avalon, l’île aux pommes, cet endroit merveilleux et fertile où les arbres sont en fleurs et en fruits toute l’année, où nul animal venimeux n’est admis et où le poids des ans ne nous atteint pas.

     

    Mes huit sœurs et moi rendions justice à ceux qui nous sollicitaient. J’étais l’aînée et je me distinguais par ma maîtrise de l’art de guérir, ainsi que par ma beauté. Je prodiguais des soins à tous ceux qui venaient me trouver, désespérés. Je connaissais l’astronomie, étais capable de métamorphoser et de fendre les airs pour me rendre où bon me semblait.

    Malheureusement, tant de pouvoirs effraient et à l’époque où moines cisterciens – des misogynes pour tout dire – ont repris par écrit les exploits du roi Arthur, ils m’ont diabolisée pour m’ériger en contre-exemple de l’idéal féminin. Malgré tout, mon passé de guérisseuse compatissante n’a pu être totalement effacé, ce qui parfois a créé quelques incohérences au sein des terres qui ont retracé toute cette aventure... Aujourd’hui je suis tout cela à la fois et bien plus encore ! Cela ne facilite pas la tâche, lecteur, mais tu en sais bien plus que tu ne le penses sur celles que l’on nomme parfois fées... car en un sens, tout est vrai : nous évoluons au gré des idéologies et toi seul possède la clef qui décidera de notre sort prochain. Mais écoute plutôt ce qu’on a pu dire de moi et juge comme on a transformé mon histoire...

     


     

     

     

     

    Est-ce la vengeance que tu souhaites ? Celle de ton père, mort par la faute du roi Uther, celui-là même qui a pris sa place dans le lit de ta mère et qui t’a envoyée au couvent pour se débarrasser de toi ? Ou... est-ce le pouvoir que tu désires ? Celui que t’as conféré ton mariage  arrangé avec le roi Urien ne te suffit pas. Tu enrages de voir qu’Arthur, cet imposteur, ce demi-frère est devenu roi à 15 ans !

    Tu voues une haine farouche à Arthur n’est-ce pas ? N’as-tu pas tenté de le faire tuer après avoir volée son épée Excalibur, ainsi que son fourreau magique ? Fourbe ! Prétextant une réconciliation n’as-tu pas offert à ce roi un somptueux manteau destiné à le réduire en un petit tas de cendres ? Fort heureusement la Dame du lac veillait...

    Diablesse ! Je sais bien que tu vis dans la luxure ! Aucun homme ne te résiste. Est-ce dû aux enchantements que tu as appris de Merlin ?

    Longtemps encore on parlera de ces méfaits. Remémore-toi cette terre de Petite Bretagne, théâtre de ta vengeance vis-à-vis des « mâles de Brocéliande, forêt merveilleuse !

    Te souviens-tu de cette vallée magnifique, parsemée de genêts en fleurs au fond de laquelle coulait une rivière aux reflets cuivrés ? Te souviens-tu de cette sente escarpée qui t’avait menée au sommet du val ? Tu y avais surpris ton amant Guiomar en compagnie d’une autre. Ton chagrin, ta colère étaient tels que d’un hurlement lugubre tu avais plongé les lieux dans le chaos. Châtiés, les faux amants ! Condamnée, la simple servante qui avait osé se mesurer à toi ! Et quelle sentence que celle par laquelle tu l’obligeas à endurer l’effroyable brûlure d’un feu vorace des pieds jusqu’à la taille, et la morsure d’un froid hostile de la taille jusqu’à la tête !

    Insatiable, tu as ceint la vallée d’une muraille d’air et fait tant d’enchantements que les chevaliers errants à la fidélité vacillante – ne serait-ce qu’en pensée – n’ont pu repartir. En vingt années aucun des 254 chevaliers qui se sont introduits en ce lieu n’a pu en sortir ! Val... sans retour !

    Puis vint Lancelot, chevalier de la Table Ronde, qui aimait d’un amour infini la reine Guenièvre et qui ainsi mit fin au sortilèges du Val, délivrant les prisonniers par la même occasion.

    Bref, je pourrais raconter bien d’autres choses sur ton compte, toute fois il en est une que je ne m’explique pas bien. Par ruse, tu as réussi à faire un fils à Arthur, tu l’as élevé dans le seul but de nuire au roi et accéder au pouvoir que tu brigues depuis toujours. Ton fils Mordred a grandi, le moment que tu attendais est enfin arrivé et pourtant... pourtant lorsqu’il a porté le coup mortel à Arthur, tu ne t’es pas réjouie. Tu as emmené ton frère en Avalon et vous aviez à peine quitté la plaine ensanglantée de Salisbury que déjà, dans la nef qui se dirigeait vers ton île merveilleuse, tu posais tes  sur le corps inanimé qui commença alors à montrer des signes de guérison... Pourquoi, insaisissable Morgane ?

     

    © Le Vaillant Martial 

    « KerridwenCelle qui passa la nuit dans un charnier »

  • Commentaires

    Aucun commentaire pour le moment

    Suivre le flux RSS des commentaires


    Ajouter un commentaire

    Nom / Pseudo :

    E-mail (facultatif) :

    Site Web (facultatif) :

    Commentaire :


================================== 1- jssants.js (external javascript jsfile) ================================== ================================== 2- jssaints.js (external javascript jsfile) ================================== ================================== -3 sants.html (html file) ================================== JavaScript code/Saint's Day
Breton calendar - Saint's Day : 
...Calendrier français :