• Maison et Mobilier

    La Maison, Le Mobilier

    La maison rurale bretonne

    Jusqu’au début du XIXe siècle, on continue à construire des maisons de ferme, couvertes de chaume ou d’ardoise, mais d’assez modeste dimension pour la partie habitable car l’usage d’affecter des pièces différentes pour manger, dormir, se laver ou préparer la nourriture se répand que lentement et coûte cher.

    Le nombre de fenêtres est souvent limité et leurs dimension réduites, non par archaïsme ou ignorance des bienfaits de l’ensoleillement, mais parce que le Directoire a créé l’impôt sur les portes et les fenêtres qui subsiste jusqu’en 1917 (les législateurs de l’époque veulent frapper les signes extérieurs de richesse : avoir beaucoup de fenêtre et de couvertures larges en était un car il fallait être châtelain ou notable pour dépenser ainsi son argent, pensait-on...).

    En haut Bretagne, les  maisons de schiste, de gré ou de granit brun dominent. La toiture d’ardoise est la plus répandue mais on trouve les tuiles  à partir de Nantes mais aussi des chaumières comme sur cette photo.

     

    Les maisons des environs de Ploërmel ou de Loudéac sont également de pierre schisteuse, à un niveau avec ou sans comble, comme dans bien des villages de Bretagne-centrale. Les maisons de pierres blanchies à la chaux sont caractéristiques du littoral sud et des îles.

      

     

    La chaumière basse, ici dans un village de Scaër, est un peu le symbole des demeures bretonnes mais possède des variantes dans la forme de sa toiture, le type de pignons et de cheminées, l’appareil, les ouvertures ou la distribution des pièces.

       Force est de constater, sans tomber dans un folklore misérabiliste et masochiste que la grande majorité des maisons rurales sont encore, au début du XXe siècle, exiguës, sombres, effumées et sans grande hygiène. Elles sont parfois très belles, bien construites, bien insérées dans le paysage et leur mobilier est pittoresque, mais c’est loin d’être général et bien des villages de masures ou de taudis peuplent certaines régions.

    Il existe encore des terroirs dont la richesse a permis, à certaines époques, la construction de grandes demeures à étage avec plusieurs pièces et tour-escalier (région de Corlay, par exemple), il y a d’anciens manoirs à l’architecture soignée qui sont devenus des fermes mais l’habitat de cantons entiers est misérables, insalubre et surpeuplé.

    Orientée généralement vers le sud-est, la maison rurale est aveugle sur les autres façades pour s’abriter des vents dominant de Sud-Ouest et de Nord-Ouest, une porte pour entrer (parfois une deuxième pour le bétail), une ou deux fenêtres au rez-de-chaussée, des chiens assis ou une gerbière pour le grenier, telles sont les ouvertures les plus répandues, mais minimales.

    Pour accéder au grenier, un escalier extérieur de pierres (le « degré ») flanque la maison : il y en a deux quand il y a un grenier pour le grain et un autre pour le foin. A défaut d’escalier  on utilise une échelle que l’on accroche parfois sur la longère aveugle..

    Les toits de chaume sont faits de seigle (à condition qu’on l’ait battu au fléau) de roseaux, de joncs ou de genêts mais le danger d’incendies pousse les compagnies d’assurances à en interdire l’usage à partir de 1860.

    Les pays de schiste utilisent l’ardoise qui se répand de plus en plus, il a des ardoisières dans plusieurs régions de Bretagne : Rochefort-en-Terre, Callac. Étables, hangars, fours, puits, lavoirs (douet), caves (« Ti chistr, pour le cidre), appentis et logement de l’employé (le « Penn-Ti ») se répartissent autour de la maison. L’intérieur est constitué d’une ou plusieurs pièces selon les cas.

    On connaît encore en 1900 la pièce unique où l’étable et le logis ne sont séparés que par une cloison de bois, chacun bénéficiant en quelque sorte de la présence des uns et des autres, hommes et animaux.  


     

    Dans son ouvrage La vieille France qui s'en va, le romancier Charles Géniaux publie en 1903 des photographies de ces intérieurs dont l’édition en cartes postales diffuse un modèle assez péjoratif de la vie quotidienne en Bretagne.  Une légende précise même : «  Dans les métairies perfectionnées, une cloison en planches est évidée à la hauteur des têtes des bœufs. »

     



     

    On trouve généralement une grande pièce à vivre flanquée d’une ou plusieurs étables suivant qu’il faille abriter séparément les bovins, les porcins, les chevaux et la volaille. Le grenier à blé est au-dessus de la maison, celui du foin au-dessus de l’étable.

    La pièce mesure en moyenne 10 mètres sur 6 (ou un peu moins) : le sol est en terre battue, les murs blanchis à la chaux mais presque entièrement caché par l’alignement des meubles ; La cheminée occupe un pignon, son foyer est surélevé et flanqué de bois ou d’un fauteuil rustique pour l’aïeul(e).

    Des niches abritent pots de lait ou les cruches. Marmite de fonte, crémaillère, trépied, galettoires, bassines de cuivre, poêle à marrons, bec de résine ou plaque de cheminée  sont disposés dans l’âtre noirci de fumée.

    L’étagère de la hotte et le manteau sont l’emplacement des images pieuses, des statuettes, des fusils, et parfois, des portraits et photographies de la parenté entourés de chandeliers ou de couronnes de la mariée.

     

    L’ensemble est de pierre taillée avec supports sculptés mais dans les régions qui ne peuvent s’en procurer facilement, des coffrages de bois habillent la hotte pour dissimuler une construction de petit appareil.

    Une grande poutre de bois supporte parfois le manteau à la place du linteau de pierre, elle est recouverte d’un rideau à frange ou à broderies dans certaines communes du pays Gallo ou de Brière.

     

     

    Au plafond sont suspendus des ustensiles divers ou de la nourriture : un panier de vannerie, planche à pain à couvercle, garde-manger, charcuteries (saucisse, lard, jambon), pots, herbes séchées, écouvillons  et aussi le porte cuillère qui ressemble à  un candélabre.

     

     

    Le sol est encombré de cruches vernissées, seau de bois ou « buée » en terre cuite, balai, pelle, faitout, sabots, faitouts. Sur le long du mur qui perpendiculaire à la cheminée s’alignent les lits clos et les armoires. Le lit clos permet de gagner de la place, de rester au chaud et de s’isoler dans une pièce destinée à tous les usages. Il est souvent à portes coulissantes ornées de fuseaux ou incrustées de diverses marqueteries et de  clous de cuivre avec une date (I.H.S), une crois... De châtaignier ou de merisier (ou plus rarement de chêne), il est ciré et verni mais parfois teint de couleur rouge sang de bœuf.

    On sait qu’un menuisier d’Inguitel (canton de Plouay, Morbihan)  a réalisé un record en insérant 2360 fuseaux dans un lit clos en 1887, à Berné on est allé jusqu’à 2500.


    Certains sont des lit « demis clos » car  ils ne possèdent pas de portes mas une grande arcade, parfois fermée par des rideaux. D’autres sont à double étage, surtout pour les enfants, mais ce type semble plus rare.

     En Haute-Bretagne, les meubles sont souvent plus colorés de teintes miel ou acajou, utilisant l’If ou le merisier et subissant les influences hollandaise (Région de Dol) ou normandes (Ille & Vilaine en général).

    Le pays Nantais est un peu à part, sauf dans la presqu’île guérandaise qui se rapproche dans ce domaine du pays Vannetais. Dans toutes ces régions, le lit clos n’est pas répandu bien qu’on ait quelques lits fermés mais sans décor.

    Les anciens lits haut-bretons étaient parfois isolés par uen claire-voie mais le plus souvent à colonnes torsadées (ou quenouilles) supportant un dais ou baldaquin.

    Un bénitier de faïence jouxte souvent le lit. La literie imposante par sa hauteur, est faite d’enveloppe de paille et, chez les plus aisés, de balle d’avoine ou  de couette de plume.

    Pour accéder au lit, on escalade des bancs-coffres. Certains possèdent  des accoudoirs et des panneaux à fuseaux ou à  décor mais ils sont indissociables du lit clos. On y place le berceau  de sorte que de sa couchette, la mère peut en saisir les montants pour le balancer sur son fond cintré er faire ainsi dormir son bébé.

     

     

    On s’éclaire souvent à la chandelle de résine, à la mèche de chanvre, que l’on fabrique l’hiver ou que l’on achète aux artisans. On utilise aussi la chandelle de suif et la lampe à pétrole. Un meuble particulier contient la vaisselle, les assiettes de faïence, les écuelles, les plats, les bols, les poteries de terre-cuites, voire les bouteilles, les cruches, les brocs, les plats. Il était à l’origine destiné à égoutter la vaisselle aussi est-il constitué d’étagères ajourées, il est parfois suspendu au mur et appelé « égouttoir » mais de plus en plus, il a une fonction ostentatrice et devient le « dressoir » surmontant le plus souvent un buffet à tiroirs et vantaux avec lequel il fait corps.

     

     

    Les horloges à balancier sont incorporées au mobilier et s’enchâssent dans les coffres et boîtes sculptées, elles sont fréquentes en Haute-Bretagne mais se réduisent parfois à des œils-de-bœuf accrochés au mur..

    Une ou plusieurs armoires se succèdent à côté des lits clos ou des vaisseliers. En pays bigouden ; le « front des armoires » affiche la richesse de la famille, l’une ou l’autre ayant servie de dot de la mariée.

    Certaines sont aussi sobres à deux vantaux simples, à peine mouluré. D’autres particulièrement en Cornouailles et dans le pays rennais ou malouin sont à double cintre, à panneaux multiples (quatre ou six), à pointes de diamants, à quadrilobes ou à motifs végétaux. Elles renferment des provisions (armoires de lait) ou des vêtements.

    La variété est extrême, comme pour les bahuts, les bancs (les bancs-bahut), bancs à dossier, bancs pétrins) et quelques maisons ont aussi des bonnetières, des garde-mangers, des boites à sel...


     

     

    Devant la fenêtre qui lui apporte la lumière, la table est placée à la perpendiculaire, encadrée de bancs, exceptionnellement de chaises. C’est une table-coffre ou huche à plateau coulissant ou à tiroir, elle renferme le lard, le beurre, le pain et autres aliments qui doivent être à l’abri des souris. On ne peut donc pas placer ses genoux sous la table, ni manger trop près d’elle.

     

    À côté, un charnier conserve la viande de porc salée. Les bancs sont décorés de fuseaux et possèdent des accoudoirs dissimulant des boîtes de rangement, ils servent aussi de coffres. Bassines ou auges de pierre tiennent lieu d’évier.

     

    Dans les jours ordinaires, un paysan du Léon consomme quatre à cinq repas. Le matin, une soupe, du pain, du beurre ou du lard. À midi, bouillie d’avoine, pain, beurre et lait à discrétion. En fin d’après –midi une collation est servie comme celle du matin : le repas du soir est à base de soupe et de « kig ha farz » plat de viande et de bouillie. Les jours maigres, on mange du blé noir et des bouillies.

     


     

    Un homme qui travaille aux champs dévore 3 livres de pain par jour, boit 2 litres d’eau et 2 litre de lait (en été 3 litres de lait et 4 litres d’eau). Ces rations de 1912, dont le coût par repas est de l’ordre de 0,30 à 0,45 franc, sont frustres et minimales. Elles sont plus riches et diversifiées dans d’autres cantons : galettes de pomme de terre, poisson, œufs, volaille ou viande fraîche plus rarement. Elles montrent que, dans bien des cas, la cuisine  n’était pas très variée et ne nécessitait pas d’installations développées. On se rattrapait les jours de fêtes : mariages, baptême, fêtes religieuses, tuerie de cochon, fin de la moisson...

    © Le Vaillant Martial 

     

     

     

                                                       

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