• Les travaux de la Terre

    Les Travaux de la Terre

    Au début du siècle, la Bretagne était massivement rurale puisque 70 à 85 % des gens vivaient dans les bourgs et les villages.
        Concrètement cela signifie que l’on comptait 4500 ruraux en Ille & Vilaine ou 560 00 dans le Finistère.
        Au total en 1911, 850 00 Bretons vivent en ville et 2 400 000 (74%) à la campagne.

    La majeur partie d’entre eux était des agriculteurs qui, dans la population active, atteignaient 55% en Loire-Inférieure en 1882 ou dans le Finistère en 1911, mais jusqu’à 75% dans les Cotes d’Armor. Le pays est d’ailleurs surpeuplé par rapport à ses capacités et l’exode rural s’intensifie à partir des années 1870.

    En 1911, 400 000 Bretons vivent hors de Bretagne, dont la moitié à Paris.

    Quand les trois quart des Bretons sont ruraux, la moyenne des Française n’est que de 46%. Dans cette population, la majorité est locataire des terres : le fermage représente 45% des exploitations et la moitié du sol cultivé en Loire-Inférieure à la fin du XIXe siècle.


    Les proportions sont supérieures dans le Morbihan. Il se trouve aussi des métayers, mais comme les fermiers, ils peuvent également posséder quelques terres. Le nombre de journaliers et de domestiques est extrêmement important : plus de 670 000 dans le Finistère(1892) et 57400 dans les Côtes-du-Nord à l’époque dont 50 % de servantes de fermes. Celles-ci gagnent 98 francs par an, le maître-valet, 200 francs.

    Le nombre des exploitations est très élevé : plus de 43 000 dans le Morbihan au milieu du XIXe siècle, 89 557 dans les Côtes d’Armor en 1892, mais elles sont pour la plupart très petites.

    A Louvignè-Du-Désert les trois quart on mins de 5 hectares et à la fin du XIXe, près de 70% des exploitations Finistèriennes ont mins de 10 hectares, 62% de celle de Loire Inférieure ont moins de 5 hectares.

         

     

    De grands progrès ont lieu dans les méthodes culturales et dans l’extension des activités agricoles. Si le fermage domine, les baux de type ancien (domaine congéable) sont moins importants, ce qui favorise les nouveaux usages.

    Le partage des communaux, le progrès des moyens de communication, l’essor des techniques et de l’instruction, les défrichements, enfin, contribuent partout à transformer et moderniser lentement l’agriculture dont la production et les rendements augment pour répondre à l’essor démographique.

    Les disettes disparaissent vers 1870. Les exportations se développent.

    Les défrichements concernent le sixième du sol dans la Finistère entre 1850 et 1914 et, dans toute la région, les étendues incultes de landes tombent de 785 000 à 422 000 hectares, au risque de faire disparaître les systèmes de pacages, litières et fourrages de certaines contrées comme les landes de Lanvaux. Les départements d’Ille & Vilaine et de Loire Inférieure sont particulièrement concernés puisque les landes n’y représentent plus que 4,7et 0,8% de la superficie en 1910.

    À l’automne commencent les grands labours : il faut préparer la terre pour les récoltes à venir et la retourner plusieurs fois à l’aide de la charrue quand elle a été en jachère. Les araires de bois ont disparus au profit des charrues modernes ou des Brabants double.

    On voit bien sur les photographies des années 1900, le contraste entre la vieille charrue à soc, timon et manchon tirée par les bœufs et celle à versoir tirée par les chevaux. La première nécessite beaucoup d’efforts et ne fait qu’égratigner le sol, la seconde le retourne en profondeur, ce qui contribue à le rendre plus aéré et permet un meilleur enfouissement des graines, donc plus de rendement. Le nombre de charrues perfectionnées n’étaient que de 1169 dans le Morbihan contre 59 5852 « charrues de pays » en 1872.

    Les terres étaient enrichies de diverses façons : maërl et goémon sur les côtes du Léon, du Trégor ou de Bretagne sud, sable calcaire et chaux transportés par le canal de Nantes à Brest par les chemins de fer à voie étroite qui innervent le pays.

    Partout on utilise le fumier des étables qui a été mélangé pendant des semaines  à la litière de paille, de genêt, de feuilles morte et de lande.

    Le transport sur les champs de ce purin  putride, devenu un riche compost, était une tâche particulièrement difficile. Les vidanges des déchets des villes étaient aussi répandues sur les cultures des légumes.

    L’avoine est semée en octobre ou au printemps, le seigle et le froment en novembre avant les gelées d’hiver. À chaque fois il faut tenir compte de la lune et, sur la côte, éviter de semer  à marée basse. Parfois on asperge le champ d’eau bénite ou on y jette des grains bénis auparavant.

    Pendant l’hiver de décembre à février, les paysans s’occupent à des travaux de coupe de bois de chauffage ou de défrichements. Les arbres sont taillés et émondés suivant un cycle de neuf ans. On fait des fagots, on entretient les talus. On répare les outils.

    En Mars ont lieu les hersages et les roulages de céréales plantées en hiver.

    Le printemps était consacré aux semailles du chanvre et du mail, plus tard aux différents légumes : pommes de terre, carottes, choux betteraves, oignons... aux différents légumes : pommes de terre, carottes, choux, betteraves, oignons...

    Le foin a mûri et sa fenaison se déroule au mois de juin. Les faucheurs par équipes de trois ou quatre homes, manient la faux avec dextérité et force sous la chaleur, dans une odeur caractéristique d’herbe coupée.

    Il faut ensuite « faner » : étendre le foin, le tourner et le retourner à la fourche de bois à deux dents ou au râteau pour qu’il soit bien sec : hommes et femmes sont de la partie.


     

    On charge ensuite les charrettes d’un vigoureux coup de fourche en entassant le plus possible de foin pour remplir les greniers ou les fenils.

     

    La grande affaire, celle qui mobilise le plus les agriculteurs c’est la moisson. Pendant plusieurs semaines, couper les céréales, les battre, les vanner, occupe une main d’œuvre masculine et féminine à plein temps, depuis l’aube jusqu’ à la tombée de la nuit car il faut faire vite à cause du temps qui est précieux, et du ciel, qui peut être menaçant. Les voisins et les journaliers sont appelés à la rescousse.


     


     


     

    Le blé s’est longtemps coupé à la faucille avant l’introduction des moissonneuses-lieuses et des moissonneuses-batteuses. Il faut donc beaucoup de monde, chacun travaillant sous l’autorité du fermier, sillon par sillon, en suivant la cadence.

    Les brassées d’épis sont coupées en gerbes, liées à la main, assemblées en meules puis transportées sur l’aire à battre, espace élevé de la cour de ferme, au sol bien préparé et disposé de telle sorte que les eaux de pluie puissent rapidement s’écouler en cas d’averse.


     

    Le battage sui immédiatement la moisson et se fait au fléau. Les gerbes sont étendues et dispersées sur l’aire et les batteurs placés face à face par rangs de quatre ou six au plus. Quand ceux d’un côté lèvent leur fléau, ceux d’en face l’ont abattu pour frapper les épis et cet exercice se répète en cadence ainsi pendant plusieurs heures.

    En une journée sept ou huit « airées » ont été faites et, à chaque fois il a fallu retourner les couches d’épis pour que tout soit battu.

    On a calculé qu’on levait le fléau trente-sept fois par minute et qu’à raison de dix heures par jour, cela faisait plus de 22 000 coups dans la journée, ce qui donne un aperçu de la fatigue des « batteurs ».

    A la fin battage, on ratisse et on balaie soigneusement l’aire pour ne rien perdre. L’usage du fléau a été surpassé par la mécanisation.

    Des manèges à quatre chevaux permettent de faire tourner les tambours dans lesquels les gerbes  sont broyées pour produire le grain. Cette batteuse va si vite qu’il faut désormais tenir le rythme : délier les gerbes, les enfourner dans la machine après avoir secoué les épis en les faisant défiler entre une haie d’hommes ou de femmes.

    Plus tard la batteuse à vapeur simplifiera encore plus le travail, réduira la peine et la main d’œuvre pour transformer  les gerbes en sac de grains tout prêts.


     

    La batteuse à vapeur simplifie la tâche mais est peu répandue au début du XXe siècle

    En 1892, il y a 7 880 manèges à chevaux et 204 batteuses à vapeur (à peine 3%) dans les Côtes du Nord, en Loire-Inférieure, 3 489 manèges et 215 machines à vapeur. Le Finistère totalisait à la même époque 15 000 manèges.

     

    Une autre opération à séparer la balle du grain et les poussières : c’est le vannage. Il est fait d’abord à la main en utilisant un tamis que l’on incline et secoue doucement face au vent pour faire tomber la balle et garder le grain.


     

    Les femmes sont occupées au vannage pour séparer la balle du grain

    Plus tard on utilise le tarare ou van mécanique : en tournant la manivelle, on actionne des cribles qui font voler automatiquement. Récupérée elle remplit les paillasses et les oreillers.

    La fin du battage donne lieu à un grand et copieux festin appelé « Koèn er frailleu » (souper des fléaux) en pays Vannetais ou « Décolailles » en Haute-Bretagne pour la fête du blé noir.

    Dans le pays bigouden ce « peurzorn » permet de payer les ouvriers du battage en fonction du travail qu’ils ont fourni.

    En général, les céréales occupent 60% des terres labourables.

    Dans les départements Finistère et Côtes du Nord à la fin du XIXe siècle, le blé vient en tête avec plus de 30 % des surfaces, l’avoine(27%), le sarrasin ou le blé noir (18 à 22%), puis le seigle (15 à 17%) qui recule devant l’orge.

    Le blé est de plus en plus produit en Ille & Vilaine mais les rendements n’atteignent que 14 quintaux  à l ‘Hectare.


     

    Les cultures légumières connaissent un grand essor, surtout la pomme de terre (108 quintaux à l’hectare) qui nourrit les hommes et, de plus en plus les porcs : sa production double. Les raves, les choux, les fourrages sont de plus en plus cultivés, permettant à la Bretagne de devenir une grande région d’élevage. En 1914, la Bretagne produit 10% des porcs et 14% des bovins. Et 12 % des chevaux du pays. Elle exporte cidre, lait viande et légumes (artichauts, choux fleurs, carottes oignons, fraises, haricots, petit-pois...)

    Certaines régions sont connues pour leurs spécialités légumières : Roscoff, Saint-Pol-de Léon, Plougastel, Erdeven, Pontivy... Les côtes portent ainsi le surnom de « ceinture dorée », à cause de la richesse de leurs cultures.

    En pays Nantais, la viticulture occupe les coteaux de la basse Loire et du pays de Clisson.


     


     


     

     

    Source : Bertrand Frelaut  Il y a un siècle... la Bretagne.

    © Le Vaillant Martial 

     

     

     

     

     

     

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  • Commentaires

    1
    Samedi 11 Mars à 18:30

    Merci , c'est un article très interessant ..

    Bonne continuation à toi Martial

     

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