• Les Îles Mythiques

     

     

    Les Îles Mythiques

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    u large de Quiberon, se trouvait parfois, sur un îlot rocheux, l’antique cité d’Aïse, séparée du rivage par un minuscule bras de mer qui, en grandissant, engloutit la ville, les habitants, les Birvideaux, continuent malgré tout de vivre sous les flots en se nourrissant de moules. Tous les ans, au Pardon de Saint-Colomban, les Birvideaux revêtent leurs capes tressées de flammes rouges vif. Au son de leur cornemuse, ils remontent la grève pour se mêler, invisibles, aux hommes. Signe de chance, les apercevoir malgré ce sortilège n’est pas donné à tous. En leur honneur, les gens de la côte allument des brasiers où chaque Birvideau jette son manteau de feu avant de s’engloutir pour une nouvelle année.

    ... « Qui voit Sein, voit sa fin » ...

    Ce rocher, à fleur  d’eau, avec ses habitants baignés par les tempêtes, fut autrefois le siège de cultes druidiques puissant. Neuf prêtresses résidaient en ces lieux. Guérisseuses, elles étaient expertes dans l’art d’attiser les tempêtes et maniaient les sortilèges de  métamorphose animale. Les marins venaient les consulter dans le seul but d’apprendre l’avenir ou d’acquérir les nœuds qui retiennent prisonnier les vents.

    Afin de s’assurer une descendance, ces femmes regagnaient le continent, chaque année, pour prendre amant. Les rejetons mâles qui naissaient de ces unions étaient inexorablement sacrifiés...

    Sein, « L’île des veuves ». La mer a soif de son tribu d’hommes. Si le cimetière est de taille modeste, c’est qu’un autre plus vaste se dresse sur les brisants. Les femmes sous leur coiffe enténébrée de deuil, montrent du menton le vaste espace du Ras-de-Sein où repose la véritable tombe de leurs époux.

     

     

     

     

     

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    ans la solitude de leur vieillesse, certaines veuves aigries murmurent des imprécations. La « Voueuse » vient à vous sur le chemin. Elle voit déjà votre rancœur et le nom de celui ou de celle que vous voulez perdre. Au lieu-dit « An iliz », entre le village et le phare, à la nuit tombée, elle fixe le délai de repenti de votre ennemi, suivant vos finances et la faute : mot prompte, sortilège plus onéreux !

    Passé ce temps, le « vouage » sera irrémédiable. Fournissez rois objets appartenant à votre victime. La voilà déjà  qui se presse pour le sabbat de la mer où l’attend le Démon des eaux qui perdra la « voué ». Elle s’accroupit fond de son panier à goémon, se saisit de son bâton à varech comme d’un aviron, de son tablier comme d’une voile. Et l’étrange embarcation, le « Bag Sorseurez », « La barque des sorcières » glisse sur les flots sans qu’aucun vent ne l’escorte.

     

     

     

    Durant trois de ces voyages, elle accomplira son rite au moyen des objets fournis et du nom du voué. Une de ces « Vieilles de Sabbat », Calouche, maudissant quiconque voulait se vanter d’avoir croisé sa barque sur la mer : elle confiait à l’équipage de son bateau rencontré un secret si terrible que celui qui l’évoquait pourrissait sur place en un instant !

    Nul n’échappe aux voueuses de l’île de Sein. Le Braz rapporte l’histoire de femmes mariées à des marins, frères ennemis. L’une d’entre elles, un matin, sur le port, alors que les navires de pêche étaient au large, lança à l’autre : »Va donc voir si la coiffe de veuve est prête ». Son époux ne revint jamais de la mer. Il avait été « voué »

     

     

    À Molène, à Ouessant, quand le corps des marins noyés en mer ne revient pas à la côte, le plus ancien de la parenté du mort fait le tour de la famille lointaine et proche, parvenant à la nuit tombée à la maison du disparu. À chaque pas de porte, il avertit de la tragédie par cette simple phrase : « Ce soir, il y a Broëlla ».

    La Broëlla consiste à apaiser l’âme encore errante du noyé en l’enterrant à terre. On substitue au corps absent une petite croix de cire posée sur la coiffe de son épouse, le tout sur un cercueil. La croix de cire rejoindra toutes les précédentes dans un reliquaire, ouvert au bout de dix années pour compter le nombre exact de disparus en mer.

    ... « Qui voit Ouessant, voit son sang. » ...

    © Le Vaillant Martial 

     

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