• Les Artisans

     

      Ces artisans les sont ceux qui travaillent les produits textiles. La Bretagne était réputée jadis pour ses toiles de lin et de chanvre que l’on fabriquait partout.

    Le chanvre était tissé à Locronan, Merdrignac, Dinan, Romillé  et dans la région de Noyal-sur-Vilaine - Vitré , Châteaugiron, le lin dans plusieurs dizaines de villes de Bretagne du sud et de l’est (Ancenis, Clisson, Nantes, Nort-sur-Erdre, Vannes, Lorient, La Guerche) mais surtout dans le Nord-Ouest où l’on produisait les « Crées » de Landerneau-Roscoff, les toiles de Guingamp-Lannion et les fameuses « Bretagne » de la manufacture de Quintin, Uzel et Loudéac.

     

    Au début du XXe siècle, l’évolution va très vite. Le lin est cultivé dans le Trégor, Léon et Goëlo (Saint-Brieuc). La terre soigneusement préparée est semée en mai, sarclée en juin et la récolte se fait en juillet.

    Des opérations multiples et longues se déroulent en automne pour donner le produit fini : égrenage, immersion dans des « routoirs », séchage, puis la fibre  vendue aux fileuses, doit subir le pilage, le pesselage (assouplissement) et le cardage qui consiste en un peignage dans une machine à dents de fer.

     

    Le lin peut être alors filé, au rouet où à la quenouille, ce qui est la tâche des femmes qui y consacrent tout l’hiver pour fabriquer les écheveaux ensuite achetés par  les tisserands des bourgs ou des villes. Le spectacle des fileuses est assez commun : on en trouve dans presque toutes les campagnes. Le XIXe siècle  a vu s’effondrer cette activité artisanale devant la mécanisation du nord de la France, la concurrence étrangère et la vogue sans cesse croissante du coton.

    En 1890, les derniers tisserands subsistent difficilement à Uzel ou Loudéac. La manufacture de Lin de Landerneau qui avait 2500 ouvriers en 1860, ferme en 1895 et licencie 1000 personnes.

    La production de chanvre pratiquée alors surtout dans le Vannetais, connaît la même transformation.

     

    Après égrenage puis rouissage d’une semaine ou deux dans un ruisseau (voire dans la Loire en pays nantais), la fibre est séchée, blanchie, taillée et peignée. De décembre à mars elle est filée dans les fermes puis confiée aux tisserands.

     

    (Métier à tisser)

    Dans les années 1900-1910, les fileuses et les tisserands se raréfient. Quelques ateliers de confection travaillent encore à Nantes ou Rennes mais les Bigoudens, les plus riches, nous raconte Per Jakez-Hélias  méprisent les toiles locales et lui préfèrent le drap de Montauban, au point d’être surnommés par les Quimpérois les « Montaubaned ».

    Même dans les autres régions, on voit disparaitre progressivement les vêtements de chanvre et de lin au profit du coton.


     

     

    Les Tailleurs

      Connus pour leur savoir-faire, les tailleurs ont une réputation pire que celle des meuniers, qui sont partout mal considérés.

    Ils sont méprisés par ce qu’ils ont les mains blanches et délicates, travaillant dit-on, sans fournir d’efforts physiques comme les cultivateurs. Pire ! Ils sont assis ! Il ne faut pas s’étonner que cela cache quelques défauts physiques. Ne sont-ils pas Bossus ? Cagneux ? Boiteux ?  Il est vrai que leur nom Breton : Kemener fait penser au mot « boiteux », « Kam ».

    Mais ils ont bien d’autres défauts : ils les collectionnent. Ils sont gourmands, menteurs, tricheurs, voleurs, médisants et un peu sorciers. Ils parlent un langage à part. Ils content fleurette aux jeunes filles et font la cour aux femmes... Ce sont des conteurs d’histoires et, comme ils circulent beaucoup, ils connaissent toutes les nouvelles, les secrets du pays, la vie privée des gens, ils colportent les cancans et les rumeurs.

    Cette science les rend tout de même indispensable car ils savent les contes et les légendes, ils chantent tant de ritournelles ! Ne fait-on pas appel à eux pour s’entremettre les mariages ?

    Leur compétence est proverbiale. On les retient huit jours à l’avance et, quand ils arrivent, ils s’assoient dans la grange ou sue pas de la porte, jaugeant d’un coup d’œil  le travail à faire et le réalisant avec habileté et rapidement du moins à l’époque où ils avaient encore du travail.


     

     

    Les Meuniers

      

    Les meuniers sont très influents puisqu’on doit passer par eux pour faire moudre les grains et obtenir la farine. Leur outil de travail parque le paysage. Les Moulins  à vent, à eau sont nombreux, on en comptait 837 dans le Morbihan en 1906, et presque chaque commune en possède sur ses rivières, ses coteaux ou ses étangs avant le développement des minoteries.

    Les moulins à eaux, tributaires du débit des rivières et fleuves, transforment plutôt les grains d’avoine, sarrasin et seigle pour la nourriture des animaux, mais les retenues d’eau leur assurent un travail plus régulier.

    Les moulins à marée ne fonctionnent qu’au moment de flux et de reflux à moins d’avoir stocké l’eau des marées hautes par un système de retenues à vannes.

    Dans les moulins à vent qui sont parfois d’une construction soignée (moulin du Diable) à Guérande, de Kervoyal à Damgan, de Belle-Île...), le meunier est assisté d’un mouleur (malour)  et d’un porteur de sacs (portéour).

    On le soupçonne d’être paresseux car il fait travailler les autres en écoutant le tic-tac de son moulin.

    C’est un joyeux conteur plein de malice mais un peu filou et car on lui apporte beaucoup et en échange on reçoit peu ...

    La coutume veut qu’il prélève pour prix de son travail douze livres sur cent livres de grain.

    On l’accuse d’avoir la main lourde mais aussi de s’intéresser d’un peu trop près aux jeunes filles qui viennent apporter les sacs.

     « Ha pe doste’er bled d’er sah, Toste er milener d’er plah ! »

    « Et quand la farine approchait du sac, Le meunier s’approchait de la fille ! » dit un proverbe Breton.

    Devant la concurrence des minoteries, le meunier fait sa tournée en charrette ou à cheval pour aller chercher les grains à domicile.

     

     

    Les métiers du bois

       Par leurs bois, les forêts font vivre les bûcherons, sabotiers, menuisiers, charpentiers ou tonneliers.

     


     

     

     

    Les charbonniers travaillent à l’écart, dans une chaleur et une fumée permanente, ils placent les rondins en cercle et les couvrent de terre pour que le bois s’y carbonise lentement.

        

     

     

    Les sabotiers sont des nomades car ils exploitent les coupes de hêtres en voyageant d’un coin de la forêt à l’autre ; Ils se construisent des huttes de terre sèche couverte de genêts, appelées des « loges » Un mobilier rustique entoure l’armoire et le foyer central.   

     

     

    Après avoir débité le tronc à la scie, les sabotiers à coup d’herminettes, parois et tarières, fabriquent des paires de sabots qui seront teint en rouge, en noir ou en jaune en utilisant le tanin de chêne, le noir de fumée ou les décoctions de bouleau. Un feu permanent permet de les faire sécher. Dans les forêts de Fougères, le Gâvre, Camors ou Huelgoat, cette population, qui vit de façon tribale – hommes, femmes et enfants travaillent ensemble – e mêle peu aux agriculteurs sédentaires sauf sur les marchés où elle vend sa production. Les artisans de la forêt ont donc une vie à part et sont souvent considérés comme des populations sauvages.


    Villages et campagnes de Bretagne abritent encore beaucoup de de petits métiers. Certains étaient consacrés à la maison et à son mobilier : maçons, couvreurs d’ardoises (ou de chaume jusqu’à ce que les incendies trop fréquents en interdisent l’usage), tailleurs de pierre, fabricants de meubles ou d’ustensiles comme les cuillères en bois ...

    Les chiffonniers qui autrefois achetaient les cheveux de femme arpent les routes avec leur carriole. Ce sont les « Pillaouer » ou les marchands de paillots en haute-Bretagne.

    Les menuisiers vont et viennent à domicile et se logent dans les fermes pour construire les meubles.

    Les potiers sont établis près de la matière première l’argile. Ils étaient particulièrement célèbres dans la région de Redon (Saint Jean la Poterie), à Quimper, à Chartres de Bretagne en Brière (Landieul et Kerbilé)

    Dans chaque commune ou canton se trouvent des barbiers ou perruquiers des cordiers (réputés pour être des descendants de lépreux et tenus à distance) des rémouleurs et aussi des bourreliers, selliers, charrons, forgerons et maréchaux-ferrants qui sont repérables au feu de leur forge et au bruit de leur marteau frappant l’enclume. Ils sont indispensables pour la réparation des outils, le ferrage et l’équipement des chevaux, si nombreux à l’époque. Ils sont réputés et enviés pour leur force et leur compétence.

    La recherche de combustible incombe aux déterreurs de turbe ou aux piocheurs de morta en Grande Brière.

    Dans les îles ou dans certains villages de la côte, l’absence de bois conduit à faire sécher les bouses de vaches pour s’en servir comme combustible.

    Source : Bertrand Frelaut  Il y a un siècle... la Bretagne.

     

    © Le Vaillant Martial 

     

     

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