• Les Aboyeurs

    Les Aboyeurs

    Les Aboyeurs

     

    Alertée, une pie s’était envolée du plus vieux des chênes de Brocéliande. La jacasse filait vers l’ouest à tire-d’aile, lorsqu’elle se refléta sous elle le vif éclat du « Miroir aux Fées ». Sa surface si calme, donnait l’illusion d’un morceau de ciel échoué au cœur de la forêt. La pie se laissa chuter et vont se poser sur la basse branche d’un hêtre doré. Il étendait son ombre tiède en bordure de l’étang paisible, un étang d’une grande pureté ...

    D’anciens récits affirmaient qu’un lit bordé de draps frais trempés dans cette eau claire, offrait au dormeur l’assurance de rêves aux vertus divinatoires.

    À quelques pas du hêtre était un pont de bois, en contrebas duquel l’eau vive d’un ruisseau caressait l’abord d’une longue pierre couchée sur le sol. On aurait pu penser qu’elle fut un lavoir naturel. C’est du moins ce qu’avaient considéré ces trois sœurs, trois commères, de celles qui ont la langue bien pendue, elles s’affairaient à battre le linge tandis qu’un jeune freluquet, cousin de celles-ci tendait une corde pour y faire sécher les draps propres.

    Tout à leur ouvrage, souillant l’onde pure de ce miroir d’eau, les commentaires allaient bon train, sur les uns, sur les autres des villages voisins. Et malgré la distance, plus d’une oreille devait siffler, siffler aussi fort que doit le faire le vent d’hiver lorsqu’il s’engouffre sous la porte. Et comme les premiers paniers étaient déposés auprès de l’étendoir, le jeune benêt remarqua la pie, perchée là-haut.

    D’un grand geste, il voulut la chasser... Mais la pie sautillait sur sa branche et l’observait de son œil rond. Alors, l’imbécile lui jeta le premier caillou venu. Un caillou insignifiant, un caillou rond et blanc.


     

    - Va donc au diable, « L’agasse » lance-le « sans cervelle », la fiente qui sort de ton derrière va bien finir par souiller ces draps tout frais !

    L’oiseau jacassa par trois fois avant de s’envoler, sous les aboiements répétés d’un chien, compagnon du garçon, jusqu’alors affairé à renifler le pied des arbres. Ainsi en est-il du destin d’un sac à puces.

    L’affaire aurait pu en rester là.

    Mais nous somme en terre de Brécilien.

     Juste le temps de compter dix heures, sonnées au clocher de Tréhorenteuc... Sur le chemin, là-bas, y’a une femme sans âge qui avançait, elle avançait d’un pas traînant, elle s’appuyait sur son pen-bas, un bâton de marche à tête ferrée. Arrivée au milieu du pont, elle s’arrêta, sembla reprendre son souffle, rajusta le capuchon de son épais manteau. On ne voyait rien de son visage. Mais tandis que l’on devinait son attention portée sur les lavandières et le badin qui les accompagnait, en bas ça gloussait et ça piaillait, ça ricanait de fadaises et autres niaiseries...

     

    - Ohé, mes bonnes gens ! interpella la bonne femme d’une voix nasillarde, z’auriez pas une piécette à me lancer ?... Un morceau de pain pour apaiser les gargouillis de mon ventre. Allons mes braves, un petit geste !... S’il vient du cœur, il peut être réparateur de quelques mauvaises pensées et autre malheureuse intention », ricanait-elle comme elle jetait un regard au grand dadais.

    - Tiens mon garçon, reprit-elle, je crois bien que ce caillou blanc et rond t’appartient, n’est-ce pas ? Et de jeter la pierre au pied du jeune homme interdit.

    - Passe donc ton chemin pouilleuse ! Tu as dû t’égarer. Nous n’avons rien ici pour toi, et quand bien même ! Nous le garderions pour notre chien !!! Rétorqua l’une des trois sœurs.

    - C’est ma foi vraie, lança une autre railleuse, va plutôt promener ton manteau de poussière au vent d’ouest ! Du balai, vieille chouette !

    Et tandis que le grand échalas renvoyait le caillou à la mendiante en poussant des « Hou-Hou » moqueurs, la dernière des lavandières encourageait le chien à chasser l’indésirable. Le cabot excité grognait, remontait le talus tout en aboyant. Il tournait autour de la femme restée impassible, et le chien de gueuler, de sauter sur place, encouragée par ses maîtres en contrebas.

    À peine remarqua-t-on la mendiante dégager doucement un pan de son manteau. Se révéla une main diaphane et délicate, les doigts étaient fins. La paume ouverte s’offrit au chien. Comme s’il obéissait à un ordre silencieux, l’animal cessa ses aboiements. Il s’apaisa. Devenu docile, il vint adresser quelques coups de langue avant de se coucher, asservi aux pieds de la silhouette soudain grandie. D’un geste lent et mesuré, la blanche, cette si jolie main se leva à hauteur du visage, elle dégagea celui-ci du capuchon qui le maintenait dans l’ombre. L’instant d’un souffle... Magique. Le temps resta suspendu. Auprès du lavoir, les autres s’étaient tus, médusés de ce qu’ils découvraient. Une voix lumineuse rompit le silence. L’harmonie d’une langue merveilleuse épousa l’air frais du matin. Pourtant, si le ton était posé, il se fit impérieux :

    Is trua liom da chas,
    Nil acmhaim agam air
    As seo amach...

     

    Tels des pics aiguisés, chacun des mots transperçaient le cœur des pauvres bougres ; Sans qu’ils ne l’eurent jamais entendu parler auparavant, ils perçurent tout de l’étrange langage. Ils comprirent le sens de chaque mot porté à leurs oreilles, et le poids des reproches était à ce point lourd, que leurs pieds s’enfoncèrent dans le sol, ils s’enfoncèrent jusqu’aux chevilles, jusqu’aux mollets... Ils ne purent fuir, condamnés à écouter. Ils s’enfoncèrent jusqu’aux genoux.

    - ... Vous êtes ici en terre magique. Vous êtes dans cette partie du monde qu’affectionnent les fées, mes semblables. Vous devez payer vos égarements. Il semble que vos cœurs sont devenus plus durs, plus froids que la pierre sur laquelle vous étiez affairés. Vous souillez sans aucune attention le seuil de ma maison. Puisqu’il en est ainsi, à compter de ce jour...

     À compter  de ce jour..., m’entendez-vous, pour vous blâmer de tous ces outrages, vous blâmer du manque de respect à l’égard des habitants de cette forêt, auxquels vous jetez si facilement la pierre, pour vous châtier de cette indifférence faite à l’infortune, pour toutes les mauvaises paroles que vos bouches ont crachées aux quatre vents, pour vous punir enfin d’avoir lancé ce chien contre moi, vous serez condamnés.

    Vous serez condamné à aboyer vos peurs et vos tourments. Tel ce chien, à quatre pattes vous tournerez sur vous-mêmes, chaque fois que vous éprouverez le désir de vous asseoir. Vous reniflerez le derrière de quiconque croisera votre chemin, de qui conque viendra vous saluer le matin. Et pour laisser à réfléchir vos descendances respectives, vos rejetons hériteront d’un fardeau comparable dès lors qu’ils s’engageront sur une terre magique occupée par les être merveilleux. Néanmoins le sortilège sera rompu à la condition qu’au cours d’une même journée, l’un d’eux honore pas trois la « Grande Forêt » réparant ainsi chacun des affronts que vous avez commis aujourd’hui.

    Ce n’est pas tant que ces paroles étaient alambiquées, non ... Mais prisonniers de la tourbe à mi-cuisse, la peur avait rendu les quatre misérables, sourds à ce qui venait d’être dit. Ils n’avaient retenus que la sévérité du jugement les concernant, le reste s’était perdu au plus profond des bois.

     

    Il est dit des paroles envolées qu’elles ne peuvent se rattraper, pas même avec le plus fin des filets à papillons.

    Le manteau de la dame du lac tomba lourdement, comme s(il avait glissé des épaules de la fée. Mais... il n’y avait plus personne sur le pont de bois, juste un vêtement poussiéreux au sol, et... une pie à l’œil noir et rond ! La pie s’envola, décrivant un grand cercle au-dessus du « Miroir aux fées », puis elle disparut, loin par-delà les arbres.

     


     

    Les misérables eurent bien du mal à se libérer de la tourbe profonde. Et c’est à quatre pattes qu’ils se carapatèrent de ces rives étranges, suivi du chien, courant derrière eux. Tous aboyaient. Ils braillaient comme s’ils avaient mille diables à leurs trousses. Après qu’ils eurent franchi cette frontière imperceptible, laissant à « rebrousse chemin », le monde magique, les trois femmes et l’homme sentirent en eux renaître le sens de l’équilibre. Le désir de se tenir debout. Cependant, ils continuaient de courir, le regard épouvanté. Ils recouvrirent aussi la parole, mais ces paroles étaient chargées de détresse. Surtout, leur frayeur se renforçait  lorsqu’ils voyaient l’un deux courir droit vers un arbre pour, soudain à quatre pattes en faire le tour et lever la jambe, laissant une tache brune auréolée, qui son jupon, qui son pantalon.

     

    Mais... Le pire était à  venir 

     

    Au village, on vit arriver quatre déments filer droit à l’église. Ils avaient en tête de trouver le recteur. Si la grand-rue était presque déserte, il y avait bien quelques passants affairés. Et le sortilège de se manifester de plus belle, chacun des ensorcelés détournant son chemin pour s’empresser de renifler le derrière des uns, celui des autres. Le tumulte qui s’en suivit fit sortir les curieux sur le seuil des maisons. « Dame ! Pour une fois qu’il se passait quelque chose !!! ». Tous ces curieux, c’étaient autant de nouveaux postérieurs, de sabots, de souliers à flairer.

    Une pissette par ci... Une reniflette par-là. On vociférait, on s’emportait... On se fâchait tout rouge. On ne vient aux mains. Le recteur, un petit homme rond, attiré par les éclats de voix, parut à la fenêtre du presbytère. Il lui fallut de la détermination pour s’interposer, apaiser les esprits. Fallut bien qu’il prit sur lui, le recteur, à s’étonner de ce que ces quatre enragés, malgré sa soutane, lui réservassent le même sort qu’aux autres, lui l’homme d’église.

    Assisté de solides gaillards, parmi ceux  les plus redoutés aux jeux  de luttes bretonnes, on emporta avec vigueur, les fauteurs de trouble jusqu’à une porte dérobée de la sacristie.

    Quelques coups de goupillon trempé d’eau bénite ne pourrait être que salutaire. Même si désormais isolés de la cohue extérieure, les forcenés semblaient avoir retrouvé une attitude plus raisonnable. Certes, il y eut encore un bref instant d’égarement après qu’ils fussent invités à s’asseoir. Chacun fit plusieurs fois le tour de sa chaise avant d’y prendre place, à la manière que font les chiens au moment  du coucher...

    Le calme revenu, ils furent interrogés sur les raisons de cet insolite comportement. En homme avisé, le recteur imaginait bien à l’origine quelques diableries. S’ensuivit la confusion d’un récit entrecoupé de plaintes animales. Les trois sœurs se lamentaient de tant d’infortune. Au terme d’une histoire qu’il jugeait sacrilège, le bon prêtre commença par rejeter avec véhémence, toute existence de fées et autres Dames du Lac. Il sermonna avec sévérité ces ouailles égarées pour tant de crédulité, frénétique, il les signa, par trois fois, y compris lui-même et les costauds demeurés présents, il joua en abondance du goupillon comme s’il voulait exorciser la terre et le ciel. Se ressaisissant enfin, il suggéra une vision plus « chrétienne «  des événements passés. Il faut savoir que cette interprétation est à l’origine de quelques contes populaires, contes fantaisistes à dormir debout : comment ces ignorants n’avaient-ils pas reconnus la Vierge-Marie dans toute sa splendeur, venue réprimander ces mauvaises âmes pour leurs trop nombreux péchés !!!

     


     

    Ainsi fut conservée dans les mémoires, la « Malaventure » de celles qui furent appelées depuis les « Aboyeuses », évinçant avec discrétion toute implication de la gente masculine, irréprochable. Toujours est-il que pour ces quatre-là, la cruelle réalité avait scellé leur destin. Quoi que l’on put faire, le sortilège persista, si bien qu’ils se terrèrent dans leurs chaumières. Si l’on passait au large de celles-ci, des aboiements que percevait le passant, il était bien difficile de savoir s’ils appartenaient aux chiens ou à leur maître.

    Y’en a qui disent que pour chacun de ces malheureux, lorsque le dernier grain de sable fut passé dans le sablier. Karrig An Ankou, l’ouvrier de la mort vint les chercher selon l’usage. Mais à chaque fois pour ces quatre-là, on entendit hurler, hurler à mort, et ce, jusqu’à l’autre bout du pays, et bien au-delà, par-delà le « Miroir aux Fées ». Mais ces hurlements, ce n’étaient pas ceux des chiens, non !... Ce n’était pas ceux des chiens.

     

    Et le temps a passé...

    ... Le temps a passé, la prophétie s’est accomplie.

     

     

    Les Aboyeurs

     

    De génération en génération, les enfants, les petits enfants de leurs enfants subirent la malédiction héritée de ces ancêtres malveillants. Pour ces infortunés héritiers, le terrible fléau s’abattait sur une existence jusqu’alors paisible, dès lors qu’ils passaient la frontière invisible d’une « Terre Magique ». Qu’ils s’en éloignent, le charme était rompu, pour un temps seulement ! Il faut savoir... Il n’est pas de « Terres Magiques » qu’en forêt de Brocéliande. Ils sont nombreux dans les campagnes ces cercles de pierre et autres allées couvertes, hantés par de facétieux lutins nocturnes. Ces croisées de chemins veillées par de sulfureux démons cornus, jusqu’aux abords de modestes chapelles bâties sur d’anciens lieux de cultes oubliés. Une source discrète entourée de narcisses, une lande isolée un menhir couché sur la rive d’un étang, lavoir surnaturel fréquenté par de funèbres lavander noz (les lavandières de nuit).

     

    Autant de lieux à l’approche desquels certains ont appris à leurs dépens l’origine maudite de leur lignée familiale ! De-ci de-là, les bavards et les commères ragotaient à plaisir, qui sur ce malheureux désireux d’étancher sa soif à l’eau claire d’une fontaine... Celle-ci, engagée sur les chemins creux du « Tro Breizh » et d’autre encore, tous emportés de soudaines convulsions, s’ébattre, et aboyer comme de vulgaires chiens. !


     

     

    Un matin de printemps, une jeune fille aux cheveux de feu, errait sur un petit chemin bucolique, de ceux qui vous entraînent à l’orée des bois, bordés de haies, refuge d’oiseaux turbulents et de papillons épars. L’air frais du matin portait des parfums d’ajonc et d’aubépines en fleurs. Des odeurs étranges de terriers obscurs au fond desquels se cachaient des mondes merveilleux régentés par des reines coupeuses de têtes. La jeune fille insouciante, n’avait d’autres pensées que ses adorables préoccupations, le bel âge de croire encore au prince charmant, l’âge de croire aux fées. Si pour le premier, la pauvre naïve déchantait bien vite, le fait de croire aux secondes était, pour elle, de bon augure.

    Sur le chemin de campagne, l’herbe fraîche lui montait au-dessus des mollets. Le bas de sa robe alourdie par la rosée matinale. Le hasard voulu que ses pas la mène à franchir la lisière de Brocéliande. A la fraîcheur du matin, s’ajouta celle de la Grande Forêt. Et comme elle s’aventurait plus en avant, charmée par le chant du coucou, son esprit rêveur fut interpellé par un bruissement répété là au creux d’un bosquet.

     

    Cette manie qu’ont les enfants de se mêler, de ce qui ne les regarde pas ! La jeune fille, un temps immobile, s’approcha à la manière d’une espiègle qu’elle était. Le bruissement avait cessé... Pour reprendre, plus vigoureux. Elle s’accroupit, d’une main prudente, écarta le feuillage... Alors, alors elle tomba nez à nez avec un lapin, la patte prisonnière d’un collet. D’une voix  aussi douce que pouvait l’être ses gestes délicats, elle libéra le pauvre animal. Un instant elle garda la boule de poils tremblante au creux de ses bras, lui proposa un peu de pain qu’elle gardait dans sa poche avant de relâcher la bestiole trop heureuse de se carapater par petits bonds, sous d’épaisses fougères.

    L’affaire aurait pu en rester là... Mais nous sommes en terre de Brécilien.

     

    Les Aboyeurs


     

    Enchantée de cette nouvelle rencontre, la jeune fille enhardie s’aventura plus profondément sur le chemin forestier, elle sautillait, l’humeur légère et le chemin devint sentier, le sentier finit en une étroite sente bordée d’herbes folles... Tout au bout, là-bas, d’entre les arbres, perce la lumière éblouissante d’une vaste clairière. D’étranges reflets irisaient les troncs. Ils glissaient sur l’écorce, remontaient dans la frondaison, jouer avec les feuilles complices... La jeune fille comprit les chatoiements du soleil sur le miroir scintillant d’un étang, un étang caché dans son écrin de verdure. Elle s’approcha à la façon de celle qui ne souhaite pas réveiller celui qui dort, presque sur la pointe des pieds... Surprendre une biche au bord de l’eau, peut-être une fée ! Il y en avait par ici. Elle s’engagea, la main posée sur la rambarde mousse. Ses pas firent craquer le petit pont de bois. Des yeux, elle suivit le vol léger d’une libellule aux couleurs diaprées...

    Alors elle sursauta !  

    Avec peine elle remonta un petit Sur une pierre couchée, léchée par l’onde paisible de l’étang, une vielle femme se tenait debout, courbée sous le poids des années, le menton an appui sur son bâton. Telle une apparition elle restait là, immobile, enchâssée dans son long manteau sombre. Elle paraissait enracinée dans le granit. Son regard fixait celui de la jeune fille.

    - Bonjour, ma mignonne, souffla la vieille. Ne sois pas effrayée, je longeais la rive de ce bel étang en quête de quelques baies pour apaiser ma faim. Je pensais que le nom du lieu me serait favorable, fit-elle en ricanant. La vieille marque un silence. Se retournant de la jeune fille, elle promena son regard sur le plan de l’eau paisible.

    - Connais-tu cet endroit, mon enfant ? Connais-tu son nom ?... « Le Miroir aux fées » !... De vieux récits laissent entendre que six d’entre elles vivent dans un palais, situé là, juste sous la surface. Qui pourrait croire !... Mais toi, fait la vieille transperçant de nouveau le regard innocent, toi, tu crois encore aux fées, n’est-ce pas ?... Je le vois dans tes yeux. C’est bien tu as raison.. Il ne faut pas cesser d’y croire. C’est important pour leurs survies. Sais-tu qu’à chaque fois qu’une personne dit ne plus croire à ces êtres merveilleux, l’une d’entre elles meurt, quelque part dans le monde. Il faut garder un peu de féerie au fond de ton cœur. Allons, fait la vieille, je te laisse à ta rêverie, j’irai bien trouver à grappiller quelques baies un plus loin, conclut-elle en claudiquant.

    Avec peine, elle remonta un petit talus. Hésitante, la jeune fille l’interpella :

    - Si vous souhaitez, je... j’ai au fond de ma poche un morceau de pain, du pain au levain. J’en gardais pour grignoter dans les bois, peut-être distribuer des miettes aux oiseaux... Ce n’est pas grand-chose, mais... prenez si la faim vous tourmente !!!

    La vieille se retourna

    - Je ne veux pas te priver, es-tu certaine ?

    - Assurément, il me reste les miettes pour les oiseaux, répondit-elle souriante, joignant le geste à la parole.

    La jeune fille prononça à peine ces derniers mots que la voici prise d’’une soudaine et violente toux... Comme si elle venait, d’avaler un moucheron ! La vieille se précipita vers elle, et violemment, lui tapa par trois fois dans le dos. Alors la gamine cracha... Elle cracha un mauvais lutin cornu ! Puis un deuxième... La vieille continua de frapper avec force vigueur un troisième semblable aux deux premiers roula sur le sol !!! Tous trois jurèrent comme les pires des charrons avant de s’enfuir dans les profondeurs méconnues de la forêt.

    Ce jour-là prit fin l’enchantement des aboyeurs de la forêt. Les trois fautes étaient effacées par l’attitude d’une jeune fille ignorante de la malédiction issue de ses pitoyables ancêtres.

    Elle ressentait un profond respect de la forêt, sa fantaisie lui faisait croire encore aux fées et surtout, elle était habitée par le souci de l’autre. Ainsi les trois vices exprimés par sa lointaine ascendante, n’avaient plus aucune place en elle.

    © Le Vaillant Martial

     

     


      

     

     

     

     

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