• Le Tombeau des Géants

    Le Tombeau des Géants...

     

     

       On l’appelle aussi la « Roche à la Vieille ». Non pas qu’une vieille sorcière est amené ces lourdes pierres en ce lieu pour leur faire voir du pays. Dame non, ça, c’est une autre histoire ! La « Roche à la Vieille » parce qu’il fut une époque, pas si éloignée, cette sépulture était visitée par une vieille femme, assez grande, malgré qu’elle fut aussi voûtée que ridée. De longs cheveux jaunis lui tombaient aux pieds de part et d’autre d’un visage creusé.

    Elle apparaissait à la fin de l’hiver, avec un petit bouquet de jonquilles cueillies çà et là, éparses dans les bois environnants.

    La vieille avait le pas fatigué, comme si elle marchait, depuis si longtemps. Elle semblait venir du fond des âges. Au pays elle nourrissait les ragots les plus invraisemblables. Certains anciens affirmaient l’avoir vu tout aussi vieille, du temps de leur propre jeunesse. Et les anciens des anciens rapportaient le même récit.... Et d’autres plus vieux encore avaient transmis le souvenir de cette femme mystérieuse, dont on murmurait à la veillée, qu’elle fréquentait le Tombeau des Géants depuis ...

    Depuis le temps où la terre de Bretagne portait son nom....

    Le royaume de Logres. Le croiriez-vous. Elle était vieille, la vieille.

    Le royaume de Logres « qui fut jadis la terre aux ogres ». Ainsi, désignait-on le royaume du roi Arthur. Ces contrées étaient habitées autrefois par des géants sauvages. S’ils écumaient surtout le territoire de Bretagne. Cinq ou six enjambées leur suffisaient à franchir la mer et à gagner l’Armorique. Ils y semaient alors le trouble, écumaient villes et villages. On raconte que de puissants coups de massues sont à l’origine des Monts d’Arrée. Au terme de leur colère, ils  s’en allaient ravager d’autres contrées, laissant traîner derrière eux leur gourdin tout hérissé de menhirs. Les traces profondes de l’arme redoutable marquaient le sol telle la herse d’une charrue. Ces sillons ont creusé le lit des rivières qui arrosent aujourd’hui nos campagnes. Il fallut donc s’employer à chasser ces créatures.

    Parmi les combats épiques, il est celui du roi Arthur. Lui-même dut affronter l’un de ces colosses. Le terrible Dinabuc avait enlevé la fille du roi Hoël. La belle étouffait sous l’étreint e de son ravisseur lorsqu’ Arthur les rejoignit au sommet du Mont Saint-Michel. Peut-être d’un saut, le géant espérait-il rejoindre l’île de Bretagne, trouver un refuge dans les landes isolées, tout au nord du pays !... Il n’en eut pas le temps. D’un premier coup d’épée Arthur lui coupa sa grande barbe hirsute, puis d’un second trancha l’énorme tête de son adversaire, elle partit rouler pour se perdre dans la mer.

    Ainsi Arthur libéra-t-il le pays du joug d’un oppresseur redoutable.

    Et cet autre roi des Isles du Nord, charpenté comme un bœuf. Cette force de la nature avait mené ses troupes à l’assaut du roi de Carmélide, animé du vigoureux désir de lui ravir sa fille, Guenièvre ...

    On chanta longtemps le combat de Tristan, qui défia et transperça Morholt, lequel exigeait un tribut annuel de six cent jeunes parmi ceux de la cour du roi Marc’h.

    Combien de vaillants héros ont affronté ces géants féroces lesquels ont fini par être vaincus tel Harpin de la montagne, couvert d’une peau d’ours ou Esclados le Roux, tous deux défait par Yvain le chevalier au lion. Est-ce lui, Esclados le Roux, redouté gardien de la fontaine de Barenton qui repose ainsi sous le tombeau des géants.

    Longtemps demeura la légende d’une sépulture où reposait un pareil colosse tant ces dimensions étaient imposantes.

    Jusqu’au jour où des hommes eurent le désir de percer le mystère de ces pierres si anciennes couchées là, sur le sol. Y’en a comme ça, il faut qu’ils sachent. C’est une obsession. Ils ont besoin d’éclaircir tous les mystères du monde. Les hommes grattèrent à proximité des premières pierres, ils fouillèrent, sondèrent, mesurèrent... Ils voulaient ne rien ignorer de ce monument autour duquel régnait une activité à réveiller un mort !

    Rien ne fut trouvé, rien de plus que des petits bouts de morceaux de cela... Silex et poteries brisées. Toutefois quelque chose avait dû être étrange, dans l’harmonie de ce lieu d’éternel repos, quelque chose d’important ! Parce qu’au terme de l’hiver qui suivit les recherches des « hommes qui veulent savoir », la vieille ne vint pas ! Et l’année suivante non plus. L’esprit de la vieille avait disparu.

    À la tombée de la nuit, pour qui a l’oreille attentive, il arrive parfois qu’outre les histoires, le vent draine la plainte des amants perdus. À moins qu’il s’agisse du soupir douloureux de la Dame Blanche dont l’esprit hante toujours l’alentour des étangs de Trécesson.

    Y’en a qui disent.. Ce qu’il faut entendre, c’est la plainte secrète de celui dont on trouble le sommeil, il y  peu, au tréfonds du tombeau des géants.

    © Le Vaillant Martial

     

     

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