• Le sac de Belzig

    Le sac de Belzig 

    Le sac de Belzig


     

     

         Il y avait une fois un petit garçon du nom de Belzig. Il avait une belle-mère qui le rendait très malheureux. Elle l’envoyait garder les moutons dans les landes, du matin au soir, sans autre nourriture qu’un morceau de pain noir tout sec. Lorsqu’il ramenait son troupeau, elle trouvait toujours un prétexte pour le gourmander, pour l’injurier et même pour le battre. Et elle le faisait coucher dans l’étable.

         Un soir qu’il venait de ramasser une croûte de pain qu’elle lui avait jetée comme à un chien, trois étrangers se présentèrent devant lui. Ils lui demandèrent l’hospitalité pour la nuit et un morceau de pain.

    - Oui, répondit l’enfant. Prenez place sur ma paille et partageons cette croûte de pain.

    Or, ces trois étrangers, c’était Jésus, saint Pierre et saint Jean. Le lendemain matin, Jésus dit au jeune pâtre :

    - Tu nous accueillis avec bienveillance. En récompense, tu peux former un vœu : il sera accompli.
    -
     Oh dit Belzig, pour si peu : vous ne me devez rien du tout.

    L’étranger, Belzig, ne savait pas que c’était jésus, insista, et le jeune pâtre était fort indécis.

    - Demande le paradis, lui souffla le second personnage.
    -
    Non, dit Belzig, celui qui le gagnera l’aura. Donnez-moi plutôt un biniou qui fasse tout le monde à ma volonté.

     

         Immédiatement, il tint l’instrument dans ses mains. Le troisième étranger s’approcha et lui fit la même proposition. Le second lui souffla encore :

    - Demande le paradis
    -
    Oh non ! dit Belzig. Je n’ai l’ai pas encore gagné. J’aimerais mieux un fusil qui tuerait de lui-même tout le gibier qu’il rencontrerait.

         Le vieux fusil lui fut donné. Vint le tour du second personnage, celui qui lui soufflait à l’oreille de demander le paradis.

    - Je puis t’ouvrir le paradis, dit-il, le veux-tu ?
    -
    Mais non, mais non, nous verrons plus tard, dit Belzig. Pour le moment, donne-moi un sac dans lequel je pourrai enfermer tous ceux qui me déplairont.

         Saint-Pierre, car c’était lui, qui conseillait de demander « Ar Paradoz », soupira tristement mais il lui donna le sac.

         Le lendemain, le petit garçon abandonna ses moutons et s’en alla chasser. Le soir quand le troupeau revint seul à l’étable, ma belle-mère frémit de colère, mais quand elle eut aperçu Belzig chargé d’un lièvre, d’un lapin, de six perdrix et de deux cailles, sa surprise fut immense, et elle se calma après que le jeune pâtre les lui eut donnés. Elle eut aussitôt l’idée de préparer un grand dîner en l’honneur de son frère le prêtre, et d’y convier ses amis et connaissances. 

      

    Le sac de Belzig

    Le sac de Belzig

     
     

         Belzig crut naturellement qu’il allait enfin se régaler une fois dans sa vie, mais au moment du repas, on lui jeta, comme d’habitude une veilles croûte de pain dans l’étable.

         Belzig ne fut guère satisfait et il décida de se venger. Il se blottit dans un arbre en face de la salle à manger, et lorsqu’il vit par la fenêtre que le succulent dîner était servi, et que les bouteilles de vin étaient débouchées, il prit son biniou et se mit à jouer tout doucement.

         La belle-mère fut très surprise ; elle soupçonna quelque maléfice et se leva de table. Elle perçut le petit fripon dans son arbre et se dirigea vers lui. Alors il souffla plus fort. Elle se mit à esquisser des pas de danse. Son frère, le prêtre, scandalisé, se préparait à lui faire des remontrances, mais il ne put s’avancer qu’en cadence et en mesureJ. Cela fit bien rire toute l’assemblée. Belzig joua de plus en plus fort, tant et si bien, que tous les invités pris de vertige, s’assemblèrent dans une ronde folle qui renversa la table, piétina les plats, brisa les bouteilles et prit un bain de pied dans le bon vin. Tout le monde criait grâce, et l’enfant s’enfuit. Restés seuls, le frère et la sœur conclurent que Belzig était possédé par le Diable et qu’il fallait le lui livrer.

    Le soir suivant, quand Belzig revint à table, le diable l’y attendait.

    - Tu m’appartiens, dit le diable, viens avec moi.
    -
    Eh ! mon sac ! dit Belzig 

         Aussitôt le diable fut enfermé dans le sac. Belzig le porta à l’église et le mit dans le bénitier. Le diable hurla et fit un raffut terrible. Puis il demanda grâce et jura qu’il allait rentrer dans son enfer d’où il ne sortirait plus. Alors Belzig le laissa partir.

         Quant à Belzig, il s’en alla par le monde, avec son fusil qui tuait tout le gibier qu’il rencontrait, son biniou qui obligeait les gens à danser et son sac dans lequel il mettait les gens qu’il voulait. Il commit maintes prouesses et maintes sottises. Il commit beau de pêchés sans s’occuper de ce qui lui arriverait. Puis, un jour il mourut. Alors il se rappela qu’il avait refusé le paradis, et il fut bien ennuyé. Sûrement que Saint-Pierre ne le laisserait pas enter maintenant.

         Il s’en alla vers l’Enfer. Mais dès qu’il l’aperçut, le diable, fit fermer les portes à double tour et se cacha lui-même au fond de son antre, tellement il avait peur de Belzig. Belzig, tout déconcerté, se décida à retenter sa chance vers le paradis.

    - Ah ! te voilà ! dit saint-Pierre. Que veux-tu ?
    -
    Entrer au paradis, mon bon saint-Pierre.
    -
    Comment dit saint-Pierre. Tu oses me demander cela alors qu’autrefois tu as préféré un sac pour y fourrer tous ceux que tu voudrais y mettre ! C’est un peu fort ! Tu n’as qu’à aller ailleurs.
    -
    Mais personne ne veut de moi. Je ne sais pas où aller.
    -
    Tu n’as qu’à te mettre dans ton sac, dit saint-Pierre.
    -
    C’est juste dit Belzig, mais auparavant, j’aimerais jeter un coup d’œil sur ce qui se passe dans  paradis.
    -
    C’est vite dit. Pour que tu puisses jeter un coup d’œil, il faudrait que je t’ouvre la porte.
    -
    Oh, mon bon Saint-Pierre, seulement l’entrouvrir. Je veux simplement jeter un petit coup d’œil.
    -
    Bon, dit, saint-Pierre, mais juste un petit coup d’œil....

    Il entrouvrit la porte du paradis. Belzig qui tenait son sac à la main, le lança brusquement à travers l’entrebâillement de la porte. Et il dit :

    - Sac, reçois-moi !

         Immédiatement, Belzig se retrouva dans son sac,  à l’intérieur du paradis. Saint-Pierre était un peu penaud et avait le sentiment d’avoir été joué.

    - Je ne suis pas dans ton paradis, mais dans mon sac.

    ... et il y est encore.

    Hennebont (Morbihan)

    Il s’agit ici d’une variante du conte recueilli par Émile Souvestre et publié sous le titre « Le bonnet de  Moustache ». En fait, on y retrouve le thème des objets merveilleux venus de l’Autre-Monde et qui permettent au héros de surmonter toutes les difficultés. Ce thème est entièrement païen à l’origine et il est ici christianisé avec discrétion. 

     

    © Le Vaillant Martial

     

     

     

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