• Le passeur de Locmariaquer

    Le passeur de Locmariaquer ...


     

    De loin en loin la lueur tremblante des lanternes de rue s’estompait dans l’épais brouillard humide de soirée de Décembre. Outre un chat chétif miaulant sur le seul d’une porte close, les venelles restaient désertes jusqu’au matin suivant. On devinait les maisons encore éveillées grâce au faible rai de lumière filtrant au travers des volets de bois rabattus. L’odeur des feux de cheminée flottait dans l’air immobile.

    Nous habitions à l’époque l’une des dernières maisons du bourg. Un penty en retrait du chemin des douaniers, à où ce dernier redevenait un sentier côtier. Rocailleux, il serpentait ainsi le long de la côte jusqu’ à la « cale du Guilvin »[1] où la plate du père se trouvait à quai

    De là-bas, trois à quatre fois par jour, parfois plus selon le vent, le vieux faisait la navette entre Locmariaquer et le port Navalo ... Porzh Noalou qu’on disait à l’époque ...

    Ça évitait un long trajet par la terre d’une vingtaine de lieues. Les heures de passage étaient définies. C’était un peu approximatif certes, mais il tentait de s’y tenir. Il était sur l’eau aux premières heures du jour jusqu’à l’Angélus du soir, été comme hiver, puis il rentrait souper. Si jamais quelqu’un venait le solliciter au cours du repas, il terminait sa soupe d’un trait et filait, emportant dans sa besace une tranche de lard et de pain qu’il mangeait en chemin. Combien de fois n’a-t-il pas terminé son dîner avec nous ! Et combien de fois n’a-t-il pas été contraint à devoir se lever au cœur de la nuit pour honorer sa qualité de passeur, pour un médecin, un équipage, que sais-je encore !


     

     

    Ce fameux soir de Décembre, donc le brouillard étendait son linceul glacé sur le pays engourdi par les prémices de l’hiver. Il glissait en épaisse nappes de la mer sur la terre. Du coup le père était rentré plus tôt, assuré que de telles conditions n’inciteraient personne à vouloir faire la traversée.

    Paisible auprès de l’âtre, il tirait de petites bouffées de tabac sur sa longue pipe le regard perdu à écouter ronfler un feu réconfortant. La mère s’affairait à ses dentelles. Même le balancier de l’horloge semblait égrener le temps avec plus de lenteur. La pièce baignait dans cette douce torpeur quand soudainement, la mère demeura l’aiguille suspendue en l’air, son fil tendu, dans un geste interrompu ... Elle prêtait l’oreille au-dehors.

    - Quelqu’un est mort dans le pays, entendez-vous le glas ?

    En effet, par-delà le crépitement du feu et le « Tic–Tac » de l’horloge, on percevait à peine, au travers du silence de la nuit, le timbre lointain d’une cloche. Le vieux eut un haussement d’épaules grimaçant, une moue moqueuse ...

    - Penses-tu ?... C’est la cloche d’un bateau dans la brume ... Peut-être un signal de la terre pour mettre en garde d’éventuels navires. Par endroit la brume est devenue plus opaque qu’un mur.

    Pour ce qui était de la cloche d’un bateau, la réponse n’en était pas une. L’écho mystérieux continuait son chant sinistre sans qu’il soit modulé par l’effet d’un quelconque déplacement. Son éloignement restait le même. Le père dut faire la même analyse puisqu’il finit par conclure :

    - Ça vient du sémaphore de la pointe là-bas ; Ils sonnent les cloches de la mer à cause du brouillard, voilà tout.



     

    Après un échange de regard où subsistait le doute, chacun replonge dans le mutisme, la pensée perturbée par cet appel funèbre lancé dans la nuit. S’installaient peu à peu un étrange malaise, une angoisse grandissante liée à un fort mauvais pressentiment.

    Comme pour rompre cette atmosphère si pesante, la mère posa son ouvrage et décida que l’heure était venue de se coucher.

    - Da gousket[2] ! lança-t-elle, feignant d’être sereine.

    En ce temps, on ne gagnait pas son lit, sans avoir dit une simple prière. Ce soir-là, au terme de la nôtre, ma mère nous commanda de prier aussi pour tous les noyés et leurs âmes errantes au fond des mers, en quête d’une terre où ils pourraient enfin reposer en paix. Cette initiative inattendue eut pour effet de faire grandir notre inquiétude. De vieilles histoires évoquaient ces marins, les trépassés, cherchant en vain à regagner la côte. C ‘est eux, dont on entendait parfois la plainte lascive juste sus la surface, Les Hopper-noz, les crieurs de nuit.

    Une fois la chandelle soufflée, ma jeune sœur vint se glisser dans mon lit.

    - J’ai peur chuchota-t-elle ... Il se passe des choses dans la brume, là-bas au large. J’suis sûre !
    -
    T’es qu’une idiote que j’lui répondis ... mais j’étais bien content qu’elle vienne à côté de moi, parce que je n’en menais pas large non plus

     



     

    Au loin le son volé de la cloche continuait de ponctuer le silence ... et puis d’un coup, elle cessa. Je tendis l’oreille, on entendait plus rien ... plus rien du tout. Juste le feu dans l’âtre parce que l’horloge ... Le « tic-tac » rassurant de l’horloge s’était arrêté lui aussi ... en même temps que la cloche !

    Le silence était plus pesant que jamais. Les vieux eux-mêmes ne bronchaient plus. Ils avaient remarqué comme nous. Ils ne disaient plus rien, mais je savais qu’ils avaient remarqué ! Mes yeux  étaient grands ouverts dans la pénombre de la pièce. Je sentais battre mon cœur et ma poitrine.

    - Pourquoi qu’elle s’est arrêtée elle aussi l’horloge, hein ?... Dis ?... Pourquoi ?

    - Tu ne peux pas dormir que j’ai soufflé à ma sœur, j’en sais rien moi, pourquoi !

    - C’est une nuit bizarre. Je n’aime pas le brouillard, on dit qu’il y a des bêtes cachée dedans.

    À cet instant, quelque part, le long hurlement d’un chien a déchiré le silence. On a sursauté, ma sœur et moi.

    - Dormez donc les enfants, qu’elle a lancé la mère en allant remonter l’horloge.

    Alors quelqu’un a semblé gratter à la porte. Je me suis redressé sur les coudes en même temps que le père a retiré sa pipe de la bouche.

    -  Qui ça peut bien être à cette heure ?

    Il s’est levé pour aller ouvrir. Notre mère restait en arrière plus pâle qu’un linceul, les bras repliés sur la poitrine comme frigorifiée, terrifiée qu’elle était par sa crainte de l’invisible. Nous n’étions pas plus fiers qu’elle. La porte s’est entrouverte sur le brouillard sans que celui-ci ne révèle de visiteur nocturne. On ne voyait plus rien du jardin. Nous avons senti le froid humide se glisser dans la maison. Mon père est resté sur le seuil.

    - Holà, quelqu’un ? A-t-il questionné.

    Il s’est avancé de quelques pas. Sa silhouette s’est estompée, comme mangée par cette brume inquiétante. Les nappes glissaient avec lenteur, je les devinais se transformer doucement, vivantes.

    - Allume donc ma lanterne de bord, on n’y voit rien à trois pas, lança-t-il à notre mère du dehors.


     - ... Et bien ? Que fais-tu ici, toi ?... Un chien, c’est un chien. Il sera venu gratter à la porte !

     

    Nous vîmes l’ombre d’un grand chien, il allait et venait autour du père, lequel tendait la main vers lui la main vers lui. L’animal paraissait, disparaissait au fil des allées et venues. D’où nous étions, nous l’entendions haleter, gémir ...

    - Je veux voir le chien réclama ma sœur d’une voix impatiente, en vain.

    - Dame gast ! Qu’est-ce qu’il me veut, ce satané bestiau à tirer sur ma veste ? On dirait qu’il m’invite à le suivre. Et d’où sors-tu ? Tu es trempé jusqu’aux os ? Regardez-le, il ruisselle. Seras-tu tombé à l’eau ?

    Du fond de la nuit, nous perçûmes un appel lointain. Une triste plainte venue du Guilvin à laquelle le chien répondit, hurlant à la manière des loups. Nous fûmes saisis d’effroi. Le père revint sur le seuil. Il chaussa ses bottes et attrapa son ciré.

    - Peut-être s’est-il passé quelque chose, je vais aller voir jusqu’à la cale. Barrez la porte et ne soyez pas inquiets. Je serais de retour avant peu.

    - Es-tu inconscient de partir seul en plein brouillard derrière ce chien dont on ne sait s’il  ne vient pas  des limbes ! Tu vas nous faire attraper du malheur, rien d’autre !


     

    Mais déjà, le feu de sa lanterne s’enveloppait de brume et de ténèbres, ne laissant plus venir à nous que le crissement de son d’un pas régulier s’éloignant peu à peu sur le sentier  de douanier, noyé ... par le silence. Et tandis que le vieux semblait disparaître de notre monde, la course du temps restait suspendue à l’incertitude de son retour.

      Le père marchait à bonne allure dans le halot diffusé par le balancement de la lampe. Le peu qu’il devinait du paysage nocturne se couvrait d’un voile de fines gouttelettes argentées déposées par l’humidité du brouillard.

    Tout restait figé, le père avait tellement arpenté ce sentier, il aurait pu l’emprunter les yeux bandés. Il connaissait chaque pierre du chemin, chaque lacet, la moindre anfractuosité. Devant  lui il entendait le grand chien noir. De temps à autre l’animal marquait un arrêt, s’assurant d’âtre suivi par l’homme. Sa silhouette fantomatique se devinait, furtive, à la faveur de la lanterne, puis voyant que le vieux arrivait à sa hauteur, il repartait en avant. Au loin, étouffée par la nuit, la demie de la onzième heure sonna au clocher de Locmariaquer.

    Bientôt, la pâle lueur du fanal glissa de murs en façades sur les premières maisons endormies du Guilvin. Mon père héla d’une voix forte vers les eaux invisibles du golfe. Sur bâbord, du bout de la cale, un appel langoureux fit écho au sien. Il s’engagea vers le quai. Comme il avançait scrutant l’obscurité, il distingua ... trois ombres immobiles. Elles se tenaient droites figées au bord du quai, juste au-dessus de la plate du vieux. On devinait le chien assis à leur côté. Les nappes de brumes défilaient avec lenteur.

     

    - C’est vous qu’avez appelé ?
    -
    C’est toi le passeur,  répondit une voix empreinte d’une grande lassitude ?
    -
    Tu seras bien payé pour cette course, passeur.

    Et  sans attendre de réponse, les ombres embarquèrent les unes après les autres, silencieuses, le chien au milieu d’eaux. Juste la clapot mélancolique de l’eau noire contre la coque du bateau.

     Et sans attendre de réponse, les ombres embarquèrent les unes après les autres, silencieuses, le chien au milieu d’eux. Juste le clapot mélancolique de l’eau noire contre la coque du bateau.

    - Sachez les gars ! Je ne le fais pas tant pour que ce vous voudrez bien me payer. Je le fais pour honorer ma fonction de passeur grommela le père d’un ton bourru.

    Alors il descendit les échelons de fer pour embarquer à son tour. Pour la première fois, la flamme vacillant de son fanal éclairait doucement les trois passagers. Était-ce l’effet de la lanterne posée à leurs pieds ?... Les jeux d’ombres dessinaient des visages creusés par une fatigue extrême. Les yeux étaient presque éteints, presque vides au fond des orbites. À vrai dire ... ce fut comme si leurs regards n’existaient plus. Et leurs vareuses ... Leurs vareuses comme leurs cheveux et leurs barbes ruisselaient d’une eau se répandant doucement sur le pont sec du bateau. Le père s’étonna de cet état.

    - Ma doué beniguet ! Z’êtes tombés à la baille ? Vous voilà aussi trempés que si aviez fait le voyage inverse à la nage, ironisa le père en dénouant le bout d’amarrage.

    Les autres ... ne répondirent rien. Ils demeuraient droits et immobiles.

    D’un geste appuyé, le passeur se dégagea du quai ... Alors au rythme régulier des avirons bordés, le bateau glissa lentement s’enfonçant dans la nuit. L’étrave fendait la brume épaisse puis doucement le navire disparut au cœur des ténèbres pour un voyage ... irréel. Un voyage vers le néant.

     

    Minuit sonnait au clocher. Le père était parti depuis bientôt une heure. La cale du Guilvin n’était guère à plus de dix minutes de marche. L’oreille tendue, nous guettions le moindre signe de son retour. Passaient les heures. Des heures d’anxiété. Derrière le carreau embué, nous devinions la présence du brouillard, il continuait d’étendre son suaire sur cette nuit sans fin, à douter de l’émergence d’un nouveau jour. Vaincu par la fatigue, je m’abandonnais à un sommeil tourmenté de rêves effrayants.

    Je me souviens, c’est l’odeur du café bouillu qui m’a réveillé.

    J’ai ouvert les yeux. Dans la pénombre de la pièce, à mon grand soulagement, j’ai vu le père assis à la table en train de boire un grand bol de café fumant. Il était en compagnie de ma mère toute ouïe. Je lui trouvais les traits tirés, au vieux, sous sa barbe hirsute. Il racontait comment il avait passé sa nuit sur le golfe. Une traversée « au jugé », la voile hissée en vain dans la brume. Devoir souquer sur les avirons d’un côté à l’autre de la passe. Compter avec la « montante ».

    - Tu évoques ta traversée, mais les passagers ? Qui donc peut bien désirer passer à pareille heure, questionna la mère ?

    - ... Dame ! Trois gars, voilà tout, fit mon père évasif.
    -
    Trois jeunes gars et le chien noir.

    Il resta songeur un instant. Je lui trouvais un air grave au vieux. Puis devant l’instance de ma mère, il reprit.

    - ... Il n’y a pas grand-chose à savoir !... ils étaient trempés jusqu’aux os. Ils dégoulinaient encore en arrivant de l’autre côté ! J’ai bien proposé une couverture ... je me serais adressé à leur chien, j’aurais eu plus de succès. Non je ne peux pas dire qu’ils étaient causants. Ils ont gardé le silence d’un bout à l’autre. Ils m’ont juste lâché un « Dieu te le rendra », ajoutant chacun un sou tiré de sa poche pour payer le passage. Puis sans autre amabilité, ils ont débarqué. Le temps que je m’affairais sur un bout ... je redressais la tête ... ils avaient disparu ... comme des fantômes.

    - Tu me donnes le frisson avec ton histoire, qu’elle coupa ma mère. Elle est bien étrange ton affaire.

    Le père prit une gorgée de café.

    - Penses-tu !

    Tic-tac ... Tic-tac ...

    - Sers moi donc encore une rasade de ton café bouillu. J’ai besoin de me réchauffer.

    En effet je lui trouvais le teint livide au père.

      Plus tard, dans la matinée, ma mère se rendit au bourg, comme elle avait coutume de faire. À son retour, elle paraissait décomposée, aussi pâle qu’une morte. Mon père qui venait de finir de se reposer s’inquiéta de son état. C’est sur le port qu’elle avait appris la nouvelle. Ça s’était passé la veille, dans la soirée, bien avant minuit. Une barge avait fait naufrage dans la brume, sur les rochers de Kerpenhir . Les trois hommes à son bord étaient des gars de Porzh Noalou[2]. Tous trois s’étaient noyés, engloutis par les courants. Il n’y avait plus aucun mystère à savoir qui étaient les passagers du père la nuit précédente.

     

    Ar paeron, le parrain leva le coude portant son verre à ses lèvres. Les habitués du comptoir demeuraient sans rien dire à le regarder, ébranlés par ce récit glaçant. C’est le claquement sec du verre sur le formica qui les a sortis de leur songerie. À l’unisson, ils imitèrent le vieux et burent à leur tour.

    - Nos terres sont hantées par de bien curieuses histoires.

    Le regard perdu dans ses souvenirs, le parrain ajouta :

    - Le père est mort centenaire. C’était pas chose commune pour ceux de son époque ! C’est au soir de sa vie qu’il m’a confié  le fin mot de l’histoire... Ce qu’il n’avait jamais osé raconter à personne ...

     

      Au terme de cette éprouvante nuit, il regagnait la cale du Guilvin, seul rompu sur ses avirons. L’aube grise se levait sur un matin voilé. Des nuées effilées stagnaient encore et toujours au-dessus des eaux noires.

    Le bateau glissait parmi les nappes éthérées voilant parfois l’envol  d’une mouette solitaire. Enfin sur son dos se profilait la silhouette sombre d’arbres aux branches dénudées, quelques toitures disséminées dans la grisaille ... la cale et son fanal, tout à l’extrémité de l’embarcadère. Il avait le sens de la direction, le vieux à s’orienter ainsi dans le brouillard. A l’approche, il fit soudain plus froid. Un froid pénétrant ... L’humidité de la terre.

     

    Sur le quai, là-bas, un homme chapeauté se tenait immobile, une ombre.

    Le vieux pesta en lui-même à l’idée qu’il s’agisse d’un éventuel passager. Il était épuisé et l’heure était bien trop matinale pour envisager un nouveau départ.

    Le bateau vint mourir le long du môle ... Le bruit mat et raclant de l’accostage.

    Le corps engourdi, il se hissa sur l’embarcadère, et comme il levait la tête ... Son cœur se serra dans sa poitrine. Le père comprit qui était l’autre sur le quai, et pourquoi il était là.

    Devant lui, ce n’était pas tant un homme qu’une ombre, immuable. Couvert d’un feutre noir au large rebord, le col d’une longue pèlerine surannée était relevé de part et d’autre d’un visage inexistant. Il n’y avait rien, pas même le pâle éclair d’un regard. Rien qu’une nuit insondable d’où semblait sourdre les râles lointains des trépassés à venir ! En retrait, sur le chemin, se tenait un attelage surgi du passé. Karrig an Ankou, la charrette du passeur attelée à deux chevaux gris maintenus à l’arrêt par un homme, plus mort que vivant dont le rôle était d’ouvrir la barrière des chemins emprunté par ce sinistre équipage. Hent ar maro, le chemin des morts.

    Dans un souffle glacé, an Ankou le passeur fit savoir à mon père combien il avait été généreux pour ces trois jeune gens perdus en mer, leur permettant de gagner la terre d’Arzon, là-bas, de l’autre côté de la passe. Cette terre où ils pourraient reposer en paix plutôt que d’errer sans fin dans les Abymes de Mor-Bras, la grande mer.

    - Pour chacun de ces trois trépassés, toi et tes deux enfants vivrez plus vieux de dix années. Dix années, passeur, pas un jour de plus. Je ne sais pas si c’est vraiment une bonne chose que ce sursis. Libre à vous maintenant de mettre ce temps à profit. Néanmoins me concernant, je puis t’informer qu’il te faudra mettre tes affaires en ordre une fois atteint ton centième anniversaire.

    Le parrain interrompit son récit un court instant avant de reprendre.

    - Le vieux, vous le savez-peut-être, il est mort une semaine après qu’il ait eu cent ans. Pour ma part, j’ignore tout du jour de ma dernière heure, cependant je suis bien avancé en âge et je peux vous dire ... je profite de tout ce que m’apporte une aube nouvelle.

    Ar paeron vida son verre puis ajustant sa casquette et le col de son caban, il sortit du café du bout, là-bas, au Guilvin cédant sa place au passeur lequel venait de franchir le seuil. Dehors, un goéland attendait sur le muret du môle. Les types du comptoir ont regardé le vieux enfourcher son vélo. Puis précédé de l’oiseau de mer, Ar paeron est parti doucement, laissant courir derrière lui les couinements modulés de sa vieille bicyclette.

    D’après un conte d’Anatole Le Braz.

     

     © Le Vaillant Martial



    [1] Port Navalo 

     [2] Bistrot sur les quais




     


     

    « Ar paeronRencontre sur la Lande »

  • Commentaires

    Aucun commentaire pour le moment

    Suivre le flux RSS des commentaires


    Ajouter un commentaire

    Nom / Pseudo :

    E-mail (facultatif) :

    Site Web (facultatif) :

    Commentaire :


================================== 1- jssants.js (external javascript jsfile) ================================== ================================== 2- jssaints.js (external javascript jsfile) ================================== ================================== -3 sants.html (html file) ================================== JavaScript code/Saint's Day
Breton calendar - Saint's Day : 
...Calendrier français :