• Le Défi

    L

     

    e coup partit. Le soldat Noël et le cheval de ce dernier roulèrent dans la poussière

    - Je l’ai tué ! J’ai tué mon fils Noël murmura le veneur avec accablement.

    - Bien visé, père Toussaint ! répondit l’’enfant qui se remit lestement sur ses pieds, sans vous, je n’aurais pas été loin sur la route de Quimper.

       Il essaya de relever son cheval, et, le trouvant gravement blessé aux genoux par les cailloux du chemin, il se tourna vers l’homme d’armes. Celui-ci avait reçu la balle de Toussaint au milieu du front. Il était mort.


     

       Cet homme d’armes n’était autre que le sergent de Guy de Plélan, chargé, par ce dernier de proclamer dans les bourgs et les villages la mise à prix de Marguerite de Guer et de son fils, ils s’acheminaient vers Saint-Vincent pour accomplir sa mission, au moment où la balle de Toussaint l’avait jeté mort à bas de son cheval, et portait encore suspendue à son cou par un fil de soie, la feuille de parchemin qui contenait la promesse de dix écus d’or à quiconque livrerait la dame et l’héritier de Malestroit.

       Noël arracha le fil de soie et lut. Dès les premières lignes, tout son sang reflua vers son cœur. Il froissa convulsivement le parchemin et sauta en selle sur le cheval du soldat, qui bien dressé, demeurait immobile à la place où était tombé son maître.

    - Je l’avais deviné ! pensa-t-il, on tentera Judas, et il faut que je me hâte, si ne veux arriver trop tard !

       Il fit un geste d’adieu et de reconnaissance à Toussaint qui se hâtait vers lui pour bien se rassurer qu’il n’était point blessé, et, faisant, sentir l’éperon au fort normand qu’il avait maintenant entre les jambes, il partit ventre à terre.

       Toussaint s’arrêta devant le cadavre du sergent, et tâta son cœur qui ne battait plus. Le bon veneur était tout pâle, la sueur découlait de son front.

    - Cet homme était un chrétien ! murmurait-il, et s’est moi  qui l’ai tué !

    Il se mit à genoux, fit une courte prière, et, par habitude, rechargea son arme avec soin.

    - J’y penserais longtemps ! reprit-il en secouant la tête. Quand il s’agirait de sauver ma propre vie, je ne recommencerais pas. Mais c’était pour mon fils Noël ...

       Au-delà des marais qui gardent son nom, l’Oust, grossie par de nombreux ruisseaux tributaires, coule, rapide et profonde entre deux rives escarpées. On a établi plusieurs ponts le long de son cours, mais à l’époque où se passe cette histoire, il ne se trouvait que le marais jusqu’à la Vilaine que quelques bacs, affermés féodalement et sujets à des droits de péage. La Vilaine elle-même n’avait de pont qu’à Redon, mais à Rieux les seigneurs de ce nom avaient établi un bas de passage, gratuit pour tous ceux qui portaient le harnais de guerre.

       Guy de Plélan, voulant profiter de ce bénéfice, suivait, au pas la rive de l’Oust, à la tête de ses quarante-six hommes d’armes. Le jour se montrait déjà. Plélan avait laissé à sa droite le clocher aigu de Questembert, et pressentait, à l’aspect plat et monotone du paysage, le voisinage de la Vilaine, pauvre fleuve, auquel la rude franchise Bretonne a infligé sans détours le nom qui lui convient.

    - Blaise, disait le capitaine à un vieux cavalier, qui, en l’absence du malheureux sergent dont nous avons vu la fin, devenait le personnage le plus important de la troupe, as-tu entendu parler quelques fois de cette damnée, que les gens des marias appellent la Femme Blanche ?

    - Je l’ai vue, répondit Blaise.
    -
    Tu l’as vue ?...
    -
    De trop près. Ce n’est d’aujourd’hui que les gens de Rohan font la guerre  à Malestroit. Une nuit que nous étions une soixantaine de garçons dans les marais pour surprendre le manoir de Gourlâ, j’entendis tout à coup son mugissement infernal. Je regardais ... Sur  mon honneur, messire, je vis son bras blanc et long comme le grand mat d’une caravelle s’étendre vers nous et ouvrir sa griffe pour saisir notre bateau.
    -
    Que fis-tu, Blaise ? demanda le capitaine avec une curiosité mêlée de terreur.
    -
    Je fermai les yeux, capitaine.
    -
    Et qu’advint-il ?

       Notre percheur connaissait les marais, il chanta je ne sais quel charme magique, et la main de la Femme Blanche, en se reformant, ne saisit qu’une poignée de l’écume de notre sillage.

    - Ce fut heureux, Blaise, dit Guy de Plélan d’un ton rêveur ... Penses-tu qu’une bonne décharge d’arquebuses ne le ferait point rentrer dans son trou pour toujours cette vieille-là ?

    Blaise leva vers lui un regard ébahi.

    - Des arquebuses ? murmura-t-il, vertubleu ! qui donc serait assez hardi pour secouer la mèche sa mèche à portée de la Femme Blanche ?...

       Et puis, sauf meilleur avis, messire, on ne tue point facilement les fantômes, parce qu’ils sont mort une fois déjà.

    - Ignorant ! grommela le capitaine en haussant les épaules. Or ça, continua-t-il en s’adressant à la troupe entière, reconnaîtriez-vous bien ce jeune drôle qui nous proposa hier de remettre en os mains madame Marguerite ?

       Les soldats répondirent affirmativement.

    - Et vous souvenez-vous, reprit le capitaine, de la récompense généreuse qui lui avait été promise ?
    -
    Plein son bonnet de Nantais ! s’écria Blaise, c’est plus qu’en demanderait un honnête soldat pour la potence !
    -
    Eh bien ! mes fils reprit encore Plélan, retenez ceci et faites-en profit si vous pouvez ! Celui qui me rapportera la tête et le bonnet de Chantepie recevra, en échange de la tête, plein le bonnet de Nantais.

       Au moment où Plélan prononçait le nom de Chantepie, une voix fraîche et grêle, que nos lecteurs eussent sans doute reconnue, se prit à chanter sur l’autre bord. Les quarante-six hommes d’armes et leur chef tournèrent à la fois la tête, mais ils ne virent rien : un taillis épais s’étendait en face d’eux à perte de vue.

       Guy de Plélan arrêta son cheval, et, abaissant sa main sur ses yeux en façon de visière, il tacha de percer la verdure qui s’interposait entre lui et l’objet de sa curiosité. Ce fut en vain. De guerre lasse, le détachement reprit sa route.

       Mais Plélan ne perdait pas de vue l’autre rive et guettait un accident de terrain qui lui permit d’apercevoir le chanteur.

    - Si c’est lui, comme je le crois, murmurait-il en fronçant ses sourcils touffus, je vais le forcer à courre comme un blaireau ... Mort de ma rate ! s’écria-t-il tout à coup, il est à cheval, bandez vos arbalètes et tenez-vous prêts.

       Les soldats de Plélan étaient armés pour une surprise. Au lieu de l’arquebuse, ils portaient de courtes arbalètes et n’avaient pour armes à feu que leurs pistolets.

       À peine Plélan avait-il prononcé le commandement que toutes les arbalètes bandées furent misent en arrêt. Au même instant, un enfant, monté sur un fort cheval de guerre, sortit, toujours chantant du taillis, et traversa au trot une petite clairière. Plélan fit un signe : quarante-six carreaux franchirent en sifflant la rivière.

       Chantepie – c’était lui – tressaillit, et fit prendre le galop à sa monture, mais il n’interrompit point sa chanson.

       Tirez encore, tirer ! criait Guy de Plélan furieux. Les soldats firent une seconde décharge, qui par trop de précipitation, resta encore sans résultat.

    -    Mort de moi-même ! hurla le capitaine, ce démon nous échappera-t-il toujours ?

       Comme s’ils ont voulu porter au comble la rage de ses agresseurs, Chantepie, avant de rentrer dans le taillis, ôta son bonnet et fit, de loin, une longue salutation.

       Plélan, dans sa rage impuissante montra le poing et se donna au Diable, par habitude, mais Satan ne tint pas compte du cadeau, parce qu’il regardait depuis longtemps le capitaine comme sa propriété légitime.

       Il faisait nuit noire dehors. Les hommes d’armes de Rohan étaient arrivés depuis une demi-heure au bac de Rieux et s’enrouaient à maudire le batelier du passage qui, endormi sans doute, ou  faisant la sourde oreille, n’avait point encore répondu à leurs clameurs.

    - Rohan ! Rohan ! criait le capitaine, à ton devoir, misérable vassal !

       Nulle voix ne répondit à ce dernier appel, mais on entendit sur l’autre rive un bruit de chaînes annonçant que le bac allait enfin traverser la rivière.

    - Tel maître, tels vassaux, grommela Plélan. Les gens de M. de Rieux n’aimaient pas plus Rohan que Calvin, et ça va m’être une satisfaction véritable de frotter les oreilles à ce dormeur qui vient, là-bas.

    - Sauf respect et meilleur avis, dit Blaise à voix basse, je crois qu’il serait prudent d’attendre pour frotter les oreilles au batelier qu’il nous ait mis sur l’autre bord.

    Guy de Plélan sentit la justesse de ce conseil et garda le silence.

    - Combien êtes-vous, mes maîtres ? dit à ce moment le batelier.
    -
    Quarante-sept, répondit Blaise avec douceur.
    -
    À pied ou à cheval ?
    -
    A cheval
    -
    En ce cas, ce sera six voyages : le bac ne peut pas porter plus de neuf cavaliers.

    Les neuf premiers homme d’armes entrèrent dans le bac et passèrent.

    - Blaise, dit le capitaine, je crois que le malin esprit est dans mes oreilles. La pensée de ce lutin maudit qui nous a échappé encore, il y a deux heures, me poursuit à un tel point, que la voix du batelier m’a semblé être la sienne.
    -
    La voix du batelier, répondit Blaise est plus grosse et plus enrouée.
    -
    On peut déguiser sa voix ....
    -
    Neuf autres cavaliers ! dit en ce moment le passeur en touchant la rive.
    Plélan fit un soubresaut sur son cheval.
    -
    Blaise, murmura-t-il c’est lui ou c’est le Diable.

       Le vieil homme d’armes ne crut point devoir contredire son chef.

    - C’est un grand malheur ! pensa-t-il seulement : voici messire Guy devenu fou !
    -
    Neuf autres cavaliers ! répéta le batelier, de retour de sa deuxième traversée.

       Il fit ce voyage, puis deux encore après. La sixième fois, il ne restait plus sur la rive droite que Plélan et Blaise. Quarante-cinq cavaliers les attendaient sur l’autre bord.

       Le capitaine et son confident mirent pied à terre à leur tour. Blaise entra le premier, Guy de Plélan, tenant son cheval par la bride, mit ensuite le pied sur le bac. Le batelier était à l’avant immobile et appuyé sur sa perche. En passant près de lui, Plélan lui jeta un regard oblique, mais la nuit était sombre, et tout ce qu’il put voir, c’est que le batelier était de petite taille et bien frêle apparence pour exercer un si rude métier.

    - Une fois de l’autre côté, pensa-t-il en tirant la bride de son cheval, je saurai à quoi m’en tenir.

       Guy de Plélan se trompait, il ne devait point rester si longtemps dans l’incertitude.

       Avant que son beau cheval eût quitté le bord, le batelier leva sa perche et, déchargeant un violent coup sur la bride, il fit lâcher prise au capitaine, qui se sentit en même temps frapper au visage. Ensuite plus prompt que l’éclair, le batelier sauta sur la rive et repoussa du pied le bac.
    -
    Guy de Plélan, dit-il sans déguiser sa voix davantage, au nom d’Amaury de Malestroit, mon seigneur, j’ai mis ma main sur ta joue qui est celle d’un chevalier discourtois et déloyal. Au nom de mon dit seigneur, je t’insulte et te provoque, lâche oppresseur de femmes ! Dieu seul peut dire quels seront le jour et le lieu du combat, mais si Malestroit ne peut ou ne daigne retirer son gage sur moi, Noël Torrec, je te tuerai, Guy de Plélan !... En attendant, souviens-toi que madame Marguerite est sous la garde de la Femme Blanche et que ni vilain, ni gentilhomme ne l’attaquera sans péril  A ces derniers mots, Chantepie lança un petit paquet, dans le bateau qui s’éloignait, et, montant le cheval du capitaine, il partit au trot.

       Guy de Plélan était resté comme pétrifié. L’étonnement, la fureur l’épouvante se partageaient son âme et paralysaient sa volonté. Son intelligence, violemment ébranlée, confondait dans ce premier la sorcière Ermengarde et Noël Torrec, pour en faire un ennemi seul et même fantastique, insaisissable, invincible, toujours prêt à le poursuivre, toujours capable de l’atteindre.

       Au bout de quelques secondes, il porta sa main à sa joue, que brûlait encore l’outrage qu’il avait reçu.

    - Mort de ma barbe ! dit-il d’un ton indolent, penses-tu, Blaise qu’un soufflet du Diable puisse déshonorer  un gentilhomme ?
    -
    Si c’est le Diable, répondit Blaise, il n’est point si méchant qu’on le fait, car il aurait pu nous noyer tous les deux ... Tenez, messire capitaine, voici quelque chose que, Diable ou non, il a jeté dans le bateau.

       Guy de Plélan prit l’objet qu’on lui présentait et l’approcha de ses narines pour voir s’il n’exhalait point une odeur de soufre.

    - C’est un gant, dit-il, et quelque chose avec ... Pousse le bac, Blaise, où le courant nous emportera.

       Blaise obéit, et bientôt les deux retardataires eurent rejoint les quarante-cinq hommes d’armes qui s’impatientaient sur l’autre bord. Peu à peu Guy de Plélan reprenait son assiette ordinaire, et sentait revenir tout à la fois on insolence et on intrépidité accoutumées.

    - Ça, mes fils, dit-il en touchant le sol, le passeur de Rieux est un mécréant de papiste, il vient de nous jouer un tour pendable ... Que pensez-vous qu’il faille lui donner en récompense ?

    - La corde ! répondirent les huguenots.

    - Fi, s’écria Plélan, nous avons déjà eu ce matin une pendaison. Si bon que soit un mets, on s’en fatigue. Blaise, mon ami, enfonce la porte vermoulue du batelier passeur de Rieux. Une lampe brillait à l’intérieur où deux femmes, à genoux près du lit d’un mourant pleuraient.

    - Où est le passeur ? cria-t-il


     

    Les deux femmes, d’un geste muet montrèrent le moribond.

    - Quel est donc reprit Blaise, l’homme qui nous est venu chercher sur l’autre bord ?
    -
    Je l’ignore, répondit une des femmes. Il est venu demander passage et comme il nous a trouvées dans les larmes, il a pris la clef du bac.
    -
    Tout cela est fort naturel, pensa Blaise, et le diable n’y est pour rien.

       Et afin de laisser mourir en paix le pauvre passeur, il jeta dans la Vilaine, une grosse pierre, pour figurer le bruit que fait en tombant le corps d’un homme.
    -
    Est-ce fait ? demanda de loin Plélan, qui montait maintenant le cheval d’un de ses hommes.
    -
    C’est répliqua Blaise.

    Le détachement se remit en marche et entra dans le bourg de Rieux.

       Quand Guy de Plélan se fut installé, auprès d’un bon feu, dans la meilleure maison de l’endroit, il tira de son sein le gant et l’autre objet lancé par Chantepie.

    - Ventrebleu ! s’écria Blaise, c’est le parchemin ! j’avais bien reconnaitre là-bas, dans le taillis, le cheval de notre sergent, mais maintenant plus de doute !
    -
    Penses-tu qu’on ait osé tuer un sergent de Rohan ? demanda la capitaine.
    Je ne sais, mais la main d’un sergent de Rohan ne s’ouvre pour livrer le dépôt qui lui est confié que quand son cœur ne bat plus.
    -
    C’est vrai ! murmura Guy de Plélan qui mit sa tête entre ses mains.

       Puis il répéta en se parlant à lui-même, les dernières paroles de Noël Torrec :

    La Femme Blanche !... Ni vilain ni gentilhomme n’attaquera Marguerite sans péril de mort !

       Noël Torrec, après avoir échappé aux gens de Rohan sur la rive de l’Oust, avait poussé son cheval afin de gagner de vitesse et d’arriver avant eux au bac de Rieux.

       Nous disons les bacs, parce qu’il y en avait deux, l’un au-dessus, l’autre au-dessous du confluent de l’Oust et de la Vilaine, de sorte que, pour traverser cette première rivière, il fallait pour ainsi dire faire le tour de son embouchure et passer deux fois la vilaine.

       L’enfant n’avait nullement prémédité l’acte audacieux que nous venons de le voir accomplir, mais l’occasion, l’envie de punir l’odieuse proclamation de Plélan et le désir de se procurer un meilleur cheval pour hâter sa course et diminuer le danger de madame Marguerite, l’avaient déterminé. IL avait entendu, de la rive gauche ; les appels répétés des soldats de Rohan, et il s »tait mis  à la place du passeur agonisant.

       Toute cette nuit, il courut à franc étrier sur la route de Vannes, comptant gagner de là Hennebont, puis Concarneau, puis Quimper, suivant l’itinéraire que lui avait tracé Toussaint le veneur. Mais, pour être intelligent et intrépide, Noël n’en était pas moins un enfant, dans son imprévoyante impatience, il força le cheval, et arriva à Vannes à pied, soutenu par un bâton de houx qu’il avait coupé sur la route.

       À Vannes, il fit la rencontre d’un brave homme auquel il confia qu’il avait besoin d’une monture et qu’il possédait du reste ce qu’il fallait pour l’acheter.

    Le brave homme auquel il parlait ainsi se souvint subitement qu’il avait à faire un pieux pèlerinage à Saint-Anne d’Auray, qui se trouve à mi-chemin entre Vannes et Hennebont, ce qui permettrait d’accompagner son jeune maître une partie du voyage.

       Chantepie était bavard et aimait fort la compagnie, il accepta. Le brave homme se procura deux chevaux, attacha à son côté une longue rapière, de peur des voleurs, et tous deux partirent pour Auray.

       A deux lieux de Vannes, le brave homme se mit en travers du chemin et tira sa longue rapière, de peur des voleurs, et tous deux partirent pour Auray.

       A deux lieues de Vannes, la brave homme se mit en travers du chemin, et tira sa longue rapière.

    - Que faites-vous ? demanda Chantepie.
    -
    Papiste maudit ! répondit son camarade, tout moyen est bon pour dépouiller les damnés tels que toi. J’ai feint un pèlerinage, parce que ces pauvretés inspirent  la confiance à tes pareils, mais je suis de la vache à Colas !... Ta bourse !

       Chantepie n’avait qu’un petit poignard, et regretta fort les longs pistolets qui pendaient aux deux côtés de la selle du capitaine. Il tira sa bourse et la jeta au milieu du chemin.

    - Ne bouge pas encore, dit le huguenot, qui descendit de cheval et saisit, par précaution la bride de celui de Noël. Donne-moi maintenant cette petite croix d’or qui pend à ton cou.
    -
    Elle vient de ma mère, murmura Chantepie les larmes aux yeux, de ma mère qui est morte !
    -
    C’est touchant mon jeune maître ! donne toujours.

       Noël ôta le cordon qui suspendait à son cou la petite croix et la remit au bandit.

    À présent, reprit celui-ci, je ne te demande plus qu’une chose : cet anneau qui brille à ton doigt.

    C’était l’anneau de la dame de Malestroit.

    - Jamais ! s’écria-t-il avec énergie, plutôt mourir mille fois.

    Et, tirant son poignard, il prit résolument une attitude défense.

    © Le Vaillant Martial

     

     

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