• La Sorcière du Loc'h ...

    La sorcière du Loc’h...

    La Sorcière du Loc'h ...


     

    À la tombée du jour, entre Locmariaquer et le carrefour du Chat Noir, il n’y a pas si longtemps, il arrivait de croiser le chemin d’une grande bonne femme, aussi droite et sèche que le piquet de bois d’une clôture. Pareils à du chanvre, ses longs cheveux blancs retombaient de chaque côté de son visage émacié. Fi de son âge... La vieille marchait sur le bord des chaussées, d’une façon mécanique, à grandes enjambées, parfois sur des chemins sans lumière. Elle surgissait alors dans les phares d’une automobiliste, apparition soudaine, mystérieuse dame blanche au cœur de la nuit noire. Les bras ballants le long du corps, elle marchait dans le vent, elle marchait sous la pluie, on ne la voyait nulle part ailleurs qu’à marcher sur les routes, près de Scarpoche, sur la digue déserte du moulin à marée de Coët Courzot.

    Jakez, il disait de cette vieille qu’elle voyageait dans la mémoire des hommes. Jakez, il disait aussi et là, il baissait la voix, il murmurait que la vieille, elle n’existait pas. C’était juste l’image d’un souvenir. Le souvenir qu’avaient les anciens d’une sorcière, une groac’h, ayant vécu quelque part, dans les vasières de la rivière du Loc’h. Aussi tant que ce souvenir trouverait de quoi se nourrir dans l’esprit de ceux qui en avaient écouté les histoires, l’image de cette vieille femme hanterait le bord des routes, elle hanterait les chemins creux et autres sentiers douaniers.

     

    La Sorcière du Loc'h ...


     

    La sorcière du Loc’h vivait quelque part entre vasières et marais bordant la rivière d’Auray. Jamais en un même lieu. Elle se serrait dans les recoins d’une horrible cabane faite de planches de cercueil auxquelles s’ajoutaient des morceaux d’étraves de navires échoués. Et si la nuit on croyait entendre rugir le vent dans la frondaison des arbres, on se trompait.

    Les anciens disaient de l’immonde masure branlante qu’elle se déplaçait dans les airs à la manière des vents mauvais. Elle craquait de toute sa structure branlante comme autant d’arbres morts, escortée par le vol lugubre de corneilles criardes... C’est le tapage macabre de ce sinistre cortège qui tirait les honnêtes gens d’un sommeil paisible.

    Ainsi la sorcière du Loc’h se rendait-elle au sabbat, donner la folle mesure à des gigues endiablées jusqu’à ce que meurt la nuit. Farandoles de Korrigans et feux follets serpentaient à travers la lande ou les marais. Bien souvent aux pieds cornus, se mêlant souliers de cuir et sabots de bois. Qui n’avait pour désir de perdre sa bosse, faire fortune facile... glisser un œil derrière la porte entrouverte sur les temps à venir.

    Entrer dans la danse nécessitait de délester sa bourse au profit d’un petit chaudron dont il est dit que la sorcière du Loc’h allait ensuite le cacher quelque part à la croisée des chemins...  C’est à la croisée des chemins que se forment les fourches ! Et si fourche il y a, le diable, cet élégant homme, n’est jamais bien loin. Quoi de mieux pour protéger son bien. Cependant deux gardiens valent mieux qu’un. Au bord du trou creusé, en guise de cachette, la sorcière se fit porter, à dos de Korrigans, une lourde pierre. Dessus désormais veillerait un chat noir à la moustache frémissante, et gare à qui s’approcherait avec l’espoir de dérober ne serait-ce qu’une pièce de ce trésor convoité. Dans les chaumières on a longtemps susurré que de tous les larrons ayant risqué leur chance, il ne reste que des êtres pétrifiés, dont on peut voir comment ils ont fini alignés dans la campagne voisine en autant de menhirs qu’il y eut de vaines entreprises.

    Si rien n’est dit de ce qu’il advint du magot, la croisée des chemins demeure, il s’agit du carrefour du Chat noir. Il n’y a pas si longtemps, c’était une vaste esplanade au milieu de laquelle se trouvait une pierre surmontée d’un chat de couleur de jais assis sur son derrière, gardien immobile pétrifié lui-même. Peut-être avait-il cédé à la tentation de flairer l’intérieur du chaudron ! C’était insolite... Chaque nuit, le chat changeait de couleur. Au matin, on le découvrait rayé à la manière du chat du Cheshire. Un autre  jour, il était à damier. Le lendemain orné de plumes. Jamais personne ne sut qui venait moquer le grippeminaud. Peut-être se perpétuait une volonté de conjurer le mauvais sort.

    Un jour, quelques hommes qui ne croient en rien ont décidé d’adapter l’endroit au siècle qui lui correspondait. Aujourd’hui le « carrefour du Chat Noir » n’en a plus que le nom. C’est devenu u vaste rond-point paysagé certes, mais le Chat Noir a disparu. Ainsi meurent les légendes, par la volonté d’hommes tristes dépourvus d’imagination.

    La Sorcière du Loc'h ...


     

    Il reste encore à être saisi quant à l’apparition soudaine d’une vieille femme marchant dans la nuit. Elle semble venir de nulle part, assurément, elle y retourne. Gare de ne pas vous laisser emporter.

    © Le Vaillant Martial 

     

     

    « Ceux des Landes ....Le Meneur de Loups »

  • Commentaires

    1
    Jeudi 22 Décembre 2016 à 17:47

    Ici Meloddy Cats de Google

    Contente de te voir ici

    Je n'y suis pas souvent seulement de temps en temps

    Belle soirée

     

    2
    Jeudi 22 Décembre 2016 à 17:52

    Novezh vat ivez. Ar chetañ tro.

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