• La Mórrigan

     

     

    Fées & Déesses

     

     

     


     

     

     

     

     

     

     

     

    S

     

     

    ubitement, un brouillard épais vient inonder la plaine. Je vois les guerriers disparaître un à un, comme engloutis par une gigantesque vague... J’observe, complètement pétrifié, l’onde qui approche et s’enfle à mesure. Et déjà, la voilà sur moi. Saisi par un froid qui vient mordre mes entrailles mêmes, je discerne à peine mes mains devant moi, c’est le néant...

    Plus un bruit, là où, quelques instants auparavant, des milliers de combattants alignés faisant face à leurs adversaires s’étaient mis à croasser pour invoquer le Corbeau des batailles.

     

     

    Dès lors, c’est comme si le temps avait suspendu son cours : nous voilà absorbé par le vide. Ce silence semble durer une éternité.


    Au loin un hennissement... J’attends, les muscles tendus, tous les sens en alerte. Et c’est en vain que j’essaie de percer le mur de brume de mon regard. Subtilement une douce chaleur m’étreint, se diffuse en moi et enveloppe tout mon corps, gagnant mon âme même et m’inspirant un courage infini. C’est alors que le brouillard devant moi se déchire et me permet de distinguer la tête longue et fuselée d’un cheval aux naseaux fumants.

     

    La brume glisse, et à mesure, elle dévoile une riche crinière ondulée, un dos fort, des reins larges, des membres robustes et musclés. L’animal à la robe noire et luisante, est paré d’un chanfrein en or dont la forme évoque le bec d’une corneille.

    Je remarque alors que le puissant cheval est attelé à un char. La brume s’attarde et ne me laisse qu’entrevoir le bois du véhicule, un bois rougi par le sang...

     

    Brusquement, le cheval se cabre et avance de quelques pas, exposant ainsi le char dans son entier : me voici nez à nez avec le Corbeau des batailles, la rouge Mórrigan.

    Je la contemple : elle a le port d’une reine et l’aplomb d’une guerrière. Des reflets rouge sang parcourent sa longue chevelure noire laissée libre. Son corps, recouvert de peinture, est à peine dissimulé par quelques étoffes vermeilles posées sur ses hanches.

    La Mórrigan toise la plaine comme si elle pouvait voir à travers le brouillard portant opaque. Et tout à coup, la brume se dissipe entièrement. Il ne reste aucune trace de ce moment passé dans le néant, si ce n’est une indescriptible bravoure qui s’est insinué dans le cœur de beaucoup d’hommes. Et pour  cause ! La déesse est venue exciter les deux camps, favoriser certains guerriers en leur inspirant le courage et insuffler la peur chez les autres.

     

    Nous sommes des milliers de combattants tournés vers elle, silencieux, scrutant le moindre de ses mouvements. Nos adversaires sont hypnotisés. Et la voilà qui se lance en poussant un cri perçant, dont l’écho vient résonner dans toutes les montagnes environnantes. En un éclair, elle se jette dans la bataille, emportant avec elle une marée humaine. Les épées ne tardent pas à s’entre choquer, des milliers de guerriers rugissent dans la plaine qui se couvre de leur sang.

    © Le Vaillant Martial 

     

     

     

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