• La Jeunesse

    Le Jeunesse

     

    (Dans les années 1880-1890, les manuels de catéchisme en breton ou en français sont obligatoires à l’école)

     

    Ce catéchisme est enseigné aux enfants par les frères, les religieuses ou par le clergé de la paroisse, soit dans les écoles, soit à l’église deux ou trois fois par semaine.

    Il faut apprendre par chœur les réponses aux questions officielles dont l’usage s’est uniformisé dans les années 1880-1890, époque où sont imprimés les manuels de catéchisme en français ou en breton.

    Un certificat d’instruction religieuse est créé en 1891 avec épreuves orales et écrites.

    La première communion fixée à l’origine à 12 ans est abaissée par Pie X à 7 ans, l’âge de raison.

     


    La communion solennelle et la confirmation s’établissent en cérémonies distinctes à partir de cette date. Elles donnent lieu à des processions très importantes où les jeunes, revêtus d’habits de fête, portent avec ferveur un immense cierge, qu’ils tiennent droit devant eux.

     

     

    Procession de communion à Pluméliau.

     

     

    La communion solennelle à Châteaulin 

     

    Jusqu’à leur communion solennelle, les enfants doivent être assidus à la grand-messe dominicale et aux vêpres.

     

    Ils sont souvent recrutés comme enfant de chœur pour servir la messe, accompagner le prêtre dans les processions, le précéder quand il va donner la communion aux malades : le viatique.

    Ils portent les cierges la croix, les lanternes de processions et s’occupent de l’encensoir, certains chantent dans les chorales avant de faire partie des premiers patronages qui apparaissent dans les années 1900 à Saint-Brieuc, Nantes, Rennes, Brest, Morlaix, Fougères, mais aussi dans les chefs-lieux  de canton.

    Les fillettes sont sollicitées pour air partie des « Enfants de Marie » ou de congrégations pieuses.

    Elles portent un ruban et une médaille, leur bannière ou posent pour la photo comme des religieuses avant leurs vœux.

     

    C’est vers 6-7 ans que les enfants doivent aller à l’école apprendre la lecture, l’écriture, le calcul et la morale mais, bien que la loi Guizot ait obligé en 1833 toutes les communes de plus de 500 habitants à avoir une école primaire, la Bretagne accuse un certain retard en 1860 par rapport à d’autres régions comme la Normandie.

    On a pu mesurer l’illettrisme dans les années 1860-1870 grâce à l’étude des archives de la circonscription ou des registres de baptême.

    En 1876, 45% des conjoints ne signent pas leur acte dans les Côtes-du-Nord. Dans le département du Finistère, le nombre des conscrits illettrés passe de 60% en 1859 à 5 % en 1913.

    La carte des conscrits analphabètes en 1899 fait apparaitre une succession d’auréoles concentriques. Le Finistère centre et le sud, le Morbihan de l’Ouest comportent de 40 à 50 d’illettrés et plus on se dirige vers Nantes et Rennes, plus ce taux diminues pour atteindre 12% à Brest, Ploërmel et l’est de la Bretagne.

    Ce contraste entre ces deux parties de la région s’explique par l’efficacité des écoles chrétiennes de Ploërmel, de Saint-Jean-Baptiste-de-la-salle ou des ou cinq congrégations de religieuses qui scolarisent par exemple dans le Morbihan, en 1880, 76% des filles (Sœurs de Saint-Jacut, Filles de la Sagesse, Filles de Jésus de Kermaria...). Jusqu’aux lois Jules Ferry, beaucoup d’écoles primaires communales sont, en effet, tenues par des « bonnes  sœurs » ou par des frères.

    Il n’empêche que la scolarité n’est pas encore obligatoire et les enfants ne vont pas tous à l’école parce qu’ils travaillent très tôt dans l’exploitation agricole ou en ville, soit à cause de l’éloignement des villages et des hameaux du bourg.

    Dans la région de Lannion, un tiers des enfants n’est pas scolarisé pour cette raison en 1877. Dans le Morbihan seul 50% des enfants étaient instruits vers 1850, trente ans plus tard 29% des 6-13 ans ne sont pas scolarisés en Loire-inférieure.

    C’est dire combien la législation de la troisième République qui rend l’école primaire obligatoire laïque et gratuite (1880-1887), qui laïcise le personnel des écoles puis expulse les congrégations, a provoqué des transformations en Bretagne.

    Elle a accélérée la création des écoles primaires et provoqué la naissance et l’essor d’un réseau parallèle qui scolarise parfois la majorité des enfants : 52% dans le Morbihan en 1914. Le Finistère quant à lui, comble vite son retard. Les costumes des classes de fillettes ou d’enfants encadrés par les religieuses ou les vicaires-instituteurs correspondent donc bien à la réalité de l’époque, comme celle des écoliers autour de leur « hussard noir ».


     La classe de la Bouëxière (à l’est de Rennes) en 1897 avec ses vingt-neuf garçons et ses deux instituteurs fait contraste à côté de celle des fillettes en coiffe autour de leur bonne sœur.

     

     

     

    Très tôt, jeunes gens et jeunes filles, en dehors de l’école (ou s’ils n’y vont plus) sont occupés à des tâches plus ou moins rémunérées.

    Dans le pire des cas, on n’a que sa nourriture, à 9 ou 10 ans, quand on est embauché pour garder les troupeaux : chèvres, moutons, vaches.

    Garder les vaches suscite les railleries de ceux qui pensent que c’est un métier d’innocent-incapable.

    Le « bugul » a 15 francs par an, avec sabots, pantalon, blouse et chemise. On peut aider à la moisson, lier les gerbes, battre au fléau, arracher les pommes de terre, faire les vendanges ou cueillir  les fruits.

    L’apprentissage commence très tôt, le travail en usine à partir de de 13 ans. À la conserverie Henaff, en 1907, les jeunes du pays bigouden peuvent gagner beaucoup d’argent à l’époque des haricots. A la brosserie Bullier, à Saint-Brieuc un enfant gagne 90 centimes par jour en 1889.

    Les filles cherchent des places de servantes dans les fermes voisines, les commerces les bourgs. Elles vont parfois travailler comme des domestiques chez les messieurs de la ville, quelques-unes gagnent même Paris pour être « bonnes » ou cuisinières.

    A la campagne, les garçons les plus forts et les plus expérimentés sont très recherchés par les exploitants agricoles. Ils trouvent facilement de l’embauche comme valet de ferme, voire grand valet et sont « réservés »  d’une année sur l’autre.

    Les autres vont se louer à la foire au gage, marché de la main d’œuvre rurale qui se tient  régulièrement dans certaines localités le 1er janvier à Quimper, le premier lundi de mars à Pontivy, le lendemain de la Trinité à Vigneux ou à Rennes.

    Les engagements se font souvent à la Saint-Jean, le 24 juin, pour l’année ou pour la moisson. À Lamballe, on y embauche les domestiques qui reçoivent 5 francs d’acompte.

    Depuis 1889, le service militaire de cinq ans par tirage au sort a été remplacé par un service de trois ans obligatoire pour tous.

    En 1905, il est limité à deux ans, jusqu’en 1914, où il revient à trois ans ; Tous les jeunes hommes de 21 ans sont donc obligés de passer le conseil de révision au chef-lieu de canton. Ce déplacement est un jour de fête pour ceux de la même classe qui, après pesage devant le jury chargé de vérifier leurs aptitudes au service militaire, défilent dans les rues en chantant, font la tournée des cafés, achètent cocardes et rubans pour célébrer  ce « rite de passage » à l’âge d’homme.

     

     

    On prend souvent une photo souvenir, puis les conscrits partent ensuite vers leur garnison, plus ou moins proches, et, dans ces villes, ils découvrent l’instruction militaire, la langue et la patrie françaises, un autre mode de vie, très différent de celui des ruraux.

     La photo avec les camardes en uniforme permet de donner des nouvelles à la famille ou à quelque promise, peut-être un peu inquiète de cet exil dont les prêtres dénoncent les dangers pour la foi et les mœurs.

     

    Cette initiation militaire et civique, ravivée par les périodes et les manœuvres, a été un puissant moyen d’uniformisation  et d’éducation pour les jeunes des diverses provinces françaises.

    Source : Bertrand Frelaut  Il y a un siècle... la Bretagne.

     

    © Le Vaillant Martial 

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