• La Fée des Houles

    Les Fées des Houles

     

    La Fée des Houles

    Quand le coq des fées chantait sous la terre, c’était le réveil annonçant une active journée de labeur pour toutes les familles unies des houles. Les Dames de la Mer habitaient dans des grottes marines si vastes que  le temps s’y écoulait plus lentement qu’ailleurs. Au bout d’un tunnel de pierre gardé par une sorcière aux habits de varech, existait tout un monde souterrain avec son propre ciel et son soleil toujours radieux.

     La vie des fées des houles était rythmée par des travaux de lessive et de boulange. Elles barattaient le beurre salé dont elles raffolent et filaient la laine. Certaines d’entre elles cultivaient des plantes médicinales et concoctaient les précieuses pommades magiques destinées à les changer en « jeunes humaines du pays de leur choix »

     Pendant ce temps, leurs époux, les féetauds, pêchaient au large à bord d’embarcations magiques possédant la faculté de grandir ou de rétrécir à volonté.

    Les Bonnes Dames profitaient des après-midi pour étendre leur linge sur les prairies avoisinantes, avant d’aller batifoler avec les sirènes dans les trous de rochers emplis comme des bassins. Au crépuscule, leurs lutins palefreniers, les Jetins[i], menaient les troupeaux de bœufs paître le gazon ras des falaises.

     D’humeur jalouse mais d’un caractère secourable, les Fées des Houles sauvaient parfois les marins naufragés qu’elles ramenaient sur le rivage au matin, avec des vêtements secs dans une barque nouvellement calfatée. En échange de ces actes, les jeunes hommes reconnaissant déposaient des fleurs devant la houle le jour de leurs fiançailles...

     De plus en plus discrètes jusqu’à être oubliées du monde des hommes, les familles des Bonnes Dames ont finalement déserté le territoire des Houles. L’insensé qui s’aventurait à minuit sur les falaises dominant leurs grottes marines y serait entraîné et dévoré par des sorcières enchaînées, véritables molosses laissés là en cas d’un éventuel retour.

    La Fée des Houles
     



     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

    La Fée des Houles

     

    Comme à son habitude, Simon était sorti très tôt. Galopant, tel un jeune poulain par les chemins de lande, par-delà les grèves, jusqu’aux chaos rocheux, il arriva enfin au fond du « gouffre aux vents ». C’était son lieu de pêche favori. Il espérait bien rapporter quelques ormeaux et pourquoi pas, oh suprême convoitise ! Un homard, resté prisonniers par la marée basse dans un trou d’eau.

    Tout entier occupé à sa besogne, Simon était sorti très tôt ; Galopant, tel un jeune poulain par les chemins de lande, par-delà les grèves, jusqu’au chaos rocheux, il arriva enfin au fond du « gouffre au vent ». C’était son lieu de pêche favori. Il espérait bien rapporter quelques ormeaux et pourquoi pas, ô suprême convoitise ! Un homard, resté prisonnier resté prisonnier par la marée basse dans un trou d’eau.

     Tout entier occupé à sa besogne, Simon sentit soudain une présence. Comme une douce chaleur venant le chatouiller en dedans. Vaguement surpris, il releva la tête, jetant alentour, des coups d’œil inquisiteurs.

     Il la vit alors, comme surgis de son humeur rêveuse. Elle était là, altière, toute de lumière drapée – Blanche telle l’écume mouvante sur le sable, elle se tenait immobile, souriante face à Simon. Belle à l’instar de ces princesses, dans les histoires que racontait le curé à la fin du catéchisme quand l’assemblée était sagement tenue.

     Les derniers lambeaux de brume lui faisaient comme une traîne et le soleil levant accrochait un diadème de feu à ses blonds cheveux. La brise légère jouait dans sa robe comme une main aimante.

     - Jésus-Marie Joseph !... Une « Bonne Dame » ! pensa Simon peureusement.

    Elle s’avança, et, devant, son merveilleux sourire, les craintes de l’enfant s’envolèrent.

    - Tu es le fils de Jean Le Cam, dit-elle d’une voix douce comme le miel. Son premier né, n’est-ce pas ? Simon timidement opina du chef tout en se demandant bien comment elle pouvait savoir cela !

    - Écoute bien à présent... Je suis venue à toi  pour te prévenir : le malheur à étendu ses ténèbres sur ta maison. Fais en sorte que ton père ne prenne pas la mer ce jour ! Préviens ceux du village, essaie de les convaincre mais, si tu aimes ton père, garde le bien près de toi.

    La « Bonne Dame », sur un geste léger de la main, fit alors demi-tour et, dérangeant à peine la brume, s’en alla.

    Simon, la main encore levée, sortit peu à peu de son hébétude. Oubliant là son croc et le sac de jute où s’amassait déjà nombre d’ormeaux, il prit précipitamment le chemin de sa maison.

    Apprenant avec horreur de la bouche de sa mère, que son père était sûrement au port et certainement prêt à prendre la mer, Simon la laissant là vaguement inquiète, fila comme le vent vers le port. Il entendait déjà les hoquets hésitants des moteurs quand il déboucha dans la rue menant à la jetée.

    La Fée des Houles

     

    - Oh non, gémit-il en voyant la « Belle Lucile » la barque de son père, s’éloigner du quai. Dans un ultime effort, il s’élança en criant à plein poumons après son père. Celui-ci, tournant la tête, vit son petit homme de fils, dévaler la jetée glissante, comme un démon gesticulant. Sans avoir même pensé à ralentir l’allure, le pauvre Simon réalisa d’un coup qu’il partait la tête la première dans l’eau noire du port. Le « Plat » magistral qu’il fit atteignant l’eau fut couvert par le bruit du moteur de la « Belle Lucile » qui, demi-tour fait, revenait à toute vitesse vers la jetée.

    - Mais qu’est-ce qui te prends Guinoëc, tu veux te noyer ? Hurla son père en l’attrapant par la peau du dos pour le hisser à bord. Simon toussant, crachant, ruisselant d’eau de mer faisait peine à voir. Il entendit son père crier à ses collègues de continuer sans lui. Le pauvre Simon voulut protester, expliquer, mais...

    - Toi, je te ramène à la maison. Tu vas voir ce que ta mère va dire !! Le houspilla  son père.

     

    Plus tard devant un bol de bouillon, Simon à peu près sec regardait pensivement ses vêtements fumer doucement accrochés au fil devant la cheminée. Entre deux pensées confuses, il entendait son père râler après la « marée fichue ».

    La journée s’étira mollement, Simon, remis de ses émotions, traînant dans les jambes de sa mère, n’osant pas sortir pour affronter la mauvaise humeur de son père qui, faute de mieux, réparait des casiers abimés. Tout à coup, des appels catastrophés lui firent dresser l’oreille. Suivant sa mère à la porte, il vit trois des amis de son père, en grande conversation avec celui-ci. À leur mine Simon devina qu’ils apportaient de sombres nouvelles. Son aventure du matin lui revint comme une gifle à la mémoire.

    On était en Septembre 42, et, Simon, du haut de ses dix ans, découvrit, ce qu’était la guerre. La flottille avait traversé un champ de mines flottantes, sans doute mises à l’eau dans la nuit par un cuirassé allemand. Sept hommes avaient péri, les deux bateaux rescapés avaient réussi à repêcher trois survivants, estropiés à vie.  Comme un coup de griffe, la mort avait laissé à jamais une marque de sang sur le paisible petit port de pêche. Sous le poids du chagrin, Jean Le Cam regarda Simon, il le prit sur ses genoux  et, tout, en caressant de sa grosse main calleuse la tête de son fils, lui demanda :

    - C’était ça ce matin ... Ce que tu voulais me dire ? « On » t’a prévenu ?

    Et Simon des grosses larmes roulant sur ses joues, fit le récit de sa rencontre.

    © Le Vaillant Martial 

     

     



    [i] Les Jetins malicieux pastoureaux ont la détestable habitude de ciseler les cornes des vaches.

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  • Commentaires

    1
    Laurent
    Samedi 26 Novembre 2016 à 03:49

    J'ai lu trois fois le début, de [Quand le coq] à [éventuel retour]. Je n'ai pour ainsi dire rien compris. C'est peut-être de l'écriture expérimentale. Mais qu'est-ce qui se passe, où, quand, je l'ignore. J'abandonne la lecture.

      • Samedi 26 Novembre 2016 à 08:58

        C'est un conte ... tout ce qu'il a de plus simple ..., peut être pas à vôtre goût .... Devezh mat,  ar chetañ tro ..... Marteze ! ..... ♪♪♪  ....

    2
    Samedi 26 Novembre 2016 à 07:49

     

    Aujourd'hui c'est avec Emie 12 ans que je partage ce joli conte

    elle a beaucoup aimé et moi aussi !

    Bisous et bon week end

    MITOU

    3
    Samedi 26 Novembre 2016 à 09:00

    Bonjour Mitou, et Bonjour Demoiselle Emie, passez un bon Week-End ....

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