• La bête à sept têtes

    Il y avait un petit berger (certains affirment qu’il était bossu) qui allait tous les jours garder ses moutons sur une montagne. Une fois, il vit, sortir d’un souterrain un géant qui vint à lui et qui lui dit :

    « Ver de terre, poussière de mes mains, ombre de ma moustache, je vais te croquer tout à l’heure. Mais viens d’abord auprès du ruisseau, tu boiras un coup. » Le petit berger prit de l’eau dans le creux de sa main et la porta à sa bouche.

    « Ce n’est pas comme ça qu’il faut faire dut le géant.

    - Je ne sais faire autrement.
    -
    Eh bien, je vais te montrer ! » Et le géant se coucha sur le sol pour avaler l’eau directement avec sa bouche. Mais le berger, qui avait toujours sur lui un grand couteau pour se défendre des loups, profita de ce moment pour trancher la tête à son ennemi. Puis il jeta le corps dans la rivière.

    Le lendemain, il vit sortir du même souterrain un deuxième géant qui vint à lui et lui dit :

    « Ver de terre, poussière de mes mains, qu’as-tu fait de mon frère ?

    - Monsieur, je ne l’ai pas vu.
    -
    Cela m’est égal, je vais t’étouffer. Je veux d’abord que tu boives un coup. » Le petit berger prit de l’eau dans le creux de sa main et la porta à sa bouche.

    « Ce n’est pas comme ça qu’il faut faire dit le géant

    - Je ne sais faire autrement.
    -
    Eh bien, je vais te montrer ! » Et le géant s’allongea à terre, et son ennemi lui coupa le cou.

    Le troisième jour, apparut un troisième géant.

    « Ver de terre, cria-t-il au berger, je vais te hacher menu comme chair à pâté. Mais avant, il faut que tu boives. »

    Les choses se passèrent alors comme la première et la seconde fois, et le gardeur  de moutons fut débarrassé de ses gênants voisins.

    « Je crois bien les avoir tous tué, pensa-t-il, je vais descendre dans le souterrain pour en être plus sur. »

    Il y descendit, ne trouva personne, mais il découvrit un coffre qui était rempli d’or et de diamants. Tout à côté piaffaient trois beaux chevaux, l’un s’appelait Lune, l’autre Soleil, l’autre Diamant.

    « Maintenant se dit le jeune homme, je suis trop riche pour garder les brebis. » C’est pourquoi il les reconduisit chez son maître et lui dit :

    « Patron, je vous quitte.

    - Pourquoi.
    -
    Parce que je ne veux pas rester. »

    Il  alla dans une grande ville, y acheta un habit magnifique et entendit le rambour de ville publier que celui qui tuerait la bête à sept têtes obtiendrait la fille du roi en mariage. « Voilà mon affaire », songea-t-il. Il se présenta donc chez le roi et lui dit :

    « Sire, je m’en charge.

    - Vous êtes trop jeune, mon ami.
    -
    Oh ! que nenni ! » Et le roi organisa une grande fête pour le jour de cette terrible chasse, il convoqua beaucoup de musiciens, pensant que la musique encouragerait le lutteur pendant sa rude besogne.

    Le héros arriva monté sur le cheval qui s’appelait Lune. Il fondit sur le monstre qui, de toutes ses gueules ouverts lançait des flammes comme un feu d’artifice. D’un coup d’épée, il abattit deux têtes. Mais sa monture, épuisée tomba et mourut. Tambours et clairons célébrèrent la victoire.

    Le lendemain, on recommença la bataille et la fête. Le héros était monté sur le cheval qui s’appelait Soleil. Il abattit deux têtes, et tout se passa comme la veille.

    Le troisième jour, il se servit du cheval nommé Diamant et coupa les trois dernières têtes du monstre. Le roi dit au vainqueur :

    - Je te donne ma fille. Et maintenant, dis-le-moi, qui es-tu ?
    -
    Sire, je suis ce que je suis, mais je suis plus riche que vous.
    -
    Tu l’es donc beaucoup. » Les noces furent incomparables. Et les nouveaux mariés furent heureux jusqu’à la fin de leurs jours.

                                                              H. DE Kerbeuzeux,
                                                                                                                                                                               Veillées Malouines,
                                                                                                                                                                               Revue l’Hermine, 1901.

    © Le Vaillant Martial

     

     

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  • Commentaires

    1
    Lundi 28 Novembre 2016 à 08:15

    Un conte sanglant, bon les enfants aiment se faire peur çà tombe bien ! lol

    Bisous et bonne semaine

    MITOU

    2
    Lundi 28 Novembre 2016 à 08:29

    Bisous aux grands et aux petits, Bonne semaine ... ♪♪♪ !!!

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