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    Colportage et troc de breloques


     

    l’est de ces personnages dont on ignore parfois l’existence et qui pourtant son indispensable à tout un chacun.


    C’est le cas du colporteur. Le bonhomme, personnage fort sympathique au demeurant, porte un énorme chapeau en cloche, tient toujours un bâton à marcher en forme de croche, et sous sa grande houppelande sont cousues moult et moult poches, sans parler des multiples bourses et sacoches qu’il trimbale sur dos et à sa taille ! Tous ces plis et replis qu’il possède dans sa vêture lui sont fort utiles pour entreposer ses trouvailles !

    Il y  un dicton de par chez nous qui dit « Quand s’en vient le colporteur cache ton beurre ! » C’est lui prêter grande méchanceté que de dire cela, mais il est vrai que tout bon colporteur qui se respecte emprunte, récupère, glane ou chaparde tout ce qui peut lui plaire ! Ce qui fait, vous imaginez bien, beaucoup de choses qui, bien souvent ont déjà trouvé propriétaire !

    Bon gré mal gré, notre colporteur s’en accommode tant il reçoit bon accueil à toutes les portes de terrier où il va frapper. Il faut dire que le colporteur a toujours la petite chose qui manque à la maisonnée et qui devient bien vite essentielle quand on tombe sous le charme de son boniment ! Le colporteur, en bon professionnel, a sa propre déontologie : on peut vendre, échanger ou troquer n’importe quoi avec n’importe qui, du moment que le client est satisfait !

    Notre bonhomme met un véritable point d’honneur à contenter quiconque et l’on peut être sûr qu’il se mettra en quatre pour trouver l’introuvable. Si une taupe désire une paire de besicles, elle l’a dans l’heure ! Une truie a perdu ses porcelets : il les trouve pour elle ! Et un pot de cette délicieuse gelée royale de la ruche du vieux chêne ! Et un dé à coudre de farine de cette bonne farine de chez l’humain Kerbrat !  Et une poignée d’asticots pour le dernier-né de la famille crapaud ! Et trois longueurs d’orvets de ce brocart vermeil pour la fête d’automne du roi des saules ! Aux yeux de tous, en somme, le colporteur est providentiel.

    Tout à ses recherches, notre téméraire va souvent en des lieux inconnus, voire très dangereux ! Ainsi, au mépris de la sécurité, il a pris l’habitude de s’aventurer  dans les demeures  humaines pour grappiller les mille et un petits trésors qui s’offrent à sa convoitise. Remerciant sa bonne fortune, il fait alors main basse sur un sac de farine ou un pot de confiture. Tout est bon, cela peut aller du vieux bouton de nacre trouvé sous un lit-clos aux dix bonnes longueurs de fil coton prélevées sur un pantalon de toile, et c’est tant pis pour le pauvre bougre d’humain qui ira au jour venu,  ses affaires à l’air  !

     

    O ! Combien de souris, combien de musaraignes ont subi, le courroux sans pareils de l’humain alors qu’elles n’y’étaient pour rien ! Combien ont disparu, tristes et pauvres victimes, pour servir de pâture à quelconque canine ! Pardonnez-moi ce lyrisme malséant mais je vous laisse imaginer le désordre indestructible dans lequel le colporteur peut laisser une maison après son passage et la colère de celui qui découvre le spectacle !

    Il  peut aussi arriver qu’un colporteur fasse du troc avec un teuz rencontré dans une maison ou une ferme. Celui que l’humain appelle lutin du logis ou génie du foyer voit en effet d’un sale œil qu’un importun vienne mettre la pagaille là où il vit. S’ensuivra alors, après un interminable marchandage une transaction acceptable pour les deux compères qui se sépareront à grand rendort de tapes dans le dos.

     

     

    Parfois, un colporteur plus audacieux que les autres et grand voyageur par nature décide de mettre le cap par-delà les marches levantines ou vers les vastes étendues marines qui s’étendent à l’ouest. Faisant fi des oiseaux de mauvais augure qui lui promettent d’un danger, lui rêve déjà à toutes les denrées délicieusement inconnues et à toutes les merveilleux objets qu’il va pouvoir rapporter dans ses bagages ! D’ordinaire pour entreprendre ce genre d’expédition, notre courageux fouineur s’adjoint les services d’un ou plusieurs partenaires. On devrait plutôt en l’occurrence, parler de moyen de transport !

    Il ne faut pas se méprendre, le colporteur fait ses affaires tout seul. Mais comme il ne peut pas tout transporter au fond de ses larges poches de sa défroque  ou sur son dos, il demande alors l’aide d’un grand volatile. Car la voie des airs, juge-t-il et en cela il n’a pas tort, est nettement moins semée d’embuches ! Il se trouve toujours une grande corneille noire ou deux ou trois pies (on suppose que c’est pour avoir trop observé les colporteurs que les pies sont devenues voleuses et des chapardeuses invétérées !) J Toutes prêtes à chevaucher vers de lointains horizons, moyennant bien sûr une récompense à la mesure de leurs efforts.

    Si son choix se porte vers l’ouest, au-dessus des mers incertaines, il va aller sur les falaises  là où nichent les grands oiseaux marins pour humblement demander l’aide d’un goéland sauvage. Ceux-ci ont la maîtrise des cieux marins depuis toujours et savent aussi bien profiter des vents portants que des grands voiliers dans la mâture desquels, durant la traversée, ils peuvent se reposer sans que, du pont du navire, on puisse discerner quoi que ce soit d’insolite juché sur leurs dos. Mais ils n’accordent que très rarement audience, et ce n’est qu’au terme de palabres infinis que l’un d’eux va accepter de le porter sur le dos.

     

    Les goélands pratiquent des prix de transports exorbitants qui peuvent aller jusqu’à cent fois leurs poids en poissons, très frais cela va sans dire et seulement les espèces qu’ils préfèrent !

    Il faut avouer que notre colporteur aime ses aises et, s’il a l’aventure chevillée au corps, il n’est pas prêt à sacrifier son confort à cette vie d’errance, du moins ce qu’il considère comme le minimum acceptable ! En bon Korrigan qui se respecte, notre petit curieux ne se sépare jamais de son chez-soi. Cela peut aller de la simple tente en branches et feuilles cousues, entre elles à une véritable demeure, avec murs, plancher et toiture à l’avenant !

     

    On comprend alors mieux les réticences du goéland à lui porter assistance...

    D’ordinaire, quand il est à terre, un vaste choix d’animaux de bât, s’offrent à lui. Cela peut aller du scarabée, qui est très placide, pour en pas dire lent, mais qui se conduit fort bien, à la belette qui est rapide et peur se faufiler partout mais qui devient incontrôlable sitôt que lui vient aux narines une odeur de sang frais !

     

    © Le Vaillant Martial 


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  • Korrigans : Ceux des Mines

     


    A la recherche de minerais d’étain, d’or ou d’argent, les hommes ont sondé depuis la nuit des temps les moindres anfractuosités de la Péninsule Armoricaine.

    Les relations les plus anciennes font état de leur rencontre dans la pénombre des galeries, avec des personnages hideux et terrifiants....

    Les esprits souterrains veillent jalousement sur leur royaume et n’apprécient guère les fâcheux qui entreprendraient d’arracher à la terre les trésors qui y sont amassés.

    « Ils les terrifient de telle façon, que les malheureux ont grade peine à travailler au fond. »

     


    À Pen ar Ru, près de Morlaix, résonnent certaines nuits, les sons caractéristiques d’une masse qui s’abat sur la pierre. C’est le casseur de pierres, que l’on dit « rejeté de sa tribu de frappeur des carrières, pour une faute inconnue ».

     

    Au fil des temps, les mineurs ont su se ménager les bonnes grâces du « Petit peuple d’en dessous ». On retrouve régulièrement dans tous les récits concernant les principales exploitations minières de Bretagne, la présence de lutins bienveillants, les Petits Mineurs.

    À Huelgoat, Poullaouen ou Pont-Péan, on se réjouit d’entendre résonner leurs pics dans les galeries profondes, car là où ils cognent les veines sont riches et le filon est bon.

    De petites tailles, comme il se doit, plutôt  joviaux et débonnaires, ils sont habillés en mineurs, armés de pics d’argent avec un manche fait d’une corne de cerf, les bougies qui les éclairent dégagent une lueur très vive.

    Bien qu’à l’occasion, ils puissent être espiègles, soufflant les lampes ou cachant les outils, les hommes leur offrent volontiers des présents. On les dit amateurs de crêpes et de cidre bouché.

    Comme son petit cousin d’Outre-Manche, le Knocker, le Petit Mineur jouit dans les profondeurs souterraines d’une solide réputation d’ange gardien.

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

    C’est lui qui détecte dans l’échafaudage, la poutre vermoulue menaçant de céder et, qui en avertit l’’équipe de sapeurs, en frappant frénétiquement les boisselages avec sa petite massette.

    © Le Vaillant Martial 


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  • Marais lugubre et désolé, où dit-on l’on voit parfois s’ouvrir les portes de l’enfer, Le Yeun Elez, accueille dans ses fétides étendues marécageuses les Poulpiquets.

    Engeance Korrigane, désespérément attachée aux lieux bas et aux eaux stagnantes, ils nichent dans des endroits humides où ils se terrent jusqu’au crépuscule.

    Parfois recouvert de peaux comme Lavous de Nuit ou le Droug-Speret, ils sont redoutés car particulièrement féroces à l’encontre des humains.

    Moitié loup-garou, moitié surmulot, ils attirent les femmes et les enfants dans les spongieux marécages, en faisant apparaître des bagues et des colliers ou de jolis petits miroirs brillants à la surface des eaux.

    Au moment où l’imprudente victime se baisse pour saisir les bijoux, un Droug-Speret, tapi dans un terrier la saisit et l’entraine pour la soumettre, au fond de son royaume immergé au tâches les plus harassantes.

    D’autrefois, ils font retentir une clochette pour tromper les jeunes bergers à la recherche d’une chèvre égarée...

    De lourdes gouttes de pluie martèlent la surface sombre de l’étang. Une chouette détrempée hulule, sans interrompre le coassement des crapauds.

    Soudain, au milieu de la nuit épaisse, halos bleuâtres et vacillants, surgissent les Tan-noz et autres Teleren. Esprits Feu Follet, s’ils aperçoivent les premiers un voyageurs attardé, ils lui feront perdre son chemin, le menant dans une fondrière où il sera noyé.

    Seul échappatoire pour le pauvre hère, planter au plus près de la Flamme son couteau ouvert, de façon à ce que la lame et le manche forment un angle aigu. Ainsi, le Follet, essayant de passer dans l’ouverture, abandonnera le voyageur.

    Dernière recommandation... Après avoir planté le couteau, surtout de pas omettre de remettre son bonnet à l’envers !

    Isolés au cœur de l’hiver, quand les vents de Noroît balaient la campagne, les habitants de l’île d’Ouessant sont calfeutrés derrière les murs épais derrière les murs épais de leurs habitations. Au travers des bourrasques, ils entendent des hurlements qui nouent les entrailles.

    « Eman lannig an ôd a ioual ! »
        « C’est lannig du rivage qui hurle ! »

    Lannig est un  Houpeur (Hopper-Noz), un esprit hurleur, familier des lieux humides et des bords de rivière. Sa caractéristique est de « iouler » lugubrement et inlassablement.

    On raconte à la veillée qu’il traine la nuit aux alentours des maisons, quémandant, implorant qu’on lui donne un tison. Mais si quiconque le lui donnait, même par-dessous la porte, l’âme généreuse serait happée par le bras et disparaîtrait à jamais. Il n’est pas bon de rendre service à un lannig...

    Le Houpeurs se manifestent dans de nombreux endroits de Bretagne. Il faut ester sur ses gardes et surtout ne jamais répondre à leurs Iou, Hou, Hou, plus de trois fois. L’issue peut-être fatale

    © Le Vaillant Martial 

     

     

     

     


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    Calembredaines, superstitions et poudre de fée

    « Anima, Animus, Animouille, bourre et bourre et ratatouille... »

    (Vieille formule magique dont on ne sait plus très bien à quoi elle pouvait servir, et que de ce fait, on n’ose plus l’invoquer pour le découvrir)

     

    orriganeries que  tout ceci, me direz-vous ?

     

    Oui-da, je vous le concède, mais sans tomber dans l’excès, ce qui malgré tout est le lot quotidien de tout Korrigan respectable, je crois pouvoir affirmer, dans une commune mesure, ne sont pas enclins à la superstition... J’entends par superstition le genre de billevesées comme jeter du sel par-dessus l’épaule ou s’épouvanter en croisant un greffier noir comme suie ou encore contourner prudemment une échelle en évitant de passer dessous ! Tout cela reste des fariboles humaines, et est bien loin de cette sagesse acquise au fil des siècles qui nous caractérise si bien.

    Par contre, et là le propos est  on ne peut plus sérieux car il révèle tout le bon sens des Korrigans, vous ne verrez jamais :

    - Un Korrigan cracher deux fois dans la même direction.

    - Croiser un chêne par la gauche.

    - Un Korrigan sans une patte de grillon sur soi : à la rigueur un grillon vivant fera l’affaire.

    - Sauter par-dessus trois branches de noisetier entremêlées.

    - Oublier son jeu de runes, ce serait de bien mauvais augure !

    - Sortir de chez soi le chapeau à la main.

    - Voler de l’or ou de l’argent deux fois offert...

    Vous conviendrez donc bien avec moi qu’il s’agit ni plus ni moins de ce bon sens commun et raisonnable qui nous anime et non pas de cette vulgaire superstition dont souffrent ces pauvres humains !


     

    ... Bonne soirée, Novezh vat ...

    © Le Vaillant Martial 


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    Les Korrigans

     

     

     

    « La nuit est affaire de Fées, malheur au voyageur attardés ! »

    Les immensités sauvages et désertiques couvertes de ronciers deviennent à la nuit tombée le territoire des korrigans.

    Jaillissant de leur royaume souterrain, ils déferlent en hordes innombrables pour se lancer tout au long de la nuit en de joyeuses débauches faites de danses frénétiques et de folles sarabandes.

    Dotés d’une force peu commune, ils aiment à se lancer à la figure d’énormes rochers. On raconte qu’une de ces joutes épique, à force d’amoncellement, forme la chaîne des Monts d’Arrée.

    Rare sont les passants qui les ont vus d’assez près pour pouvoir en parler sans effroi. Toutefois Le Men affirme « qu’ils noirs et mal faits, avec une tête énorme et hideuse »

    D’autres témoins, tout aussi dignes de foi, affirment qu’ils sont pourvus d’une longue queue et enfin qu’ils sentent mauvais et qu’ils ont l’haleine fétide ...

    Les visiteurs qui parcourent l’été la région de Carnac n’imaginent même pas que sous leurs pieds s’étend la plus importante colonie de korrigans de Bretagne.

    Ils grouillent, ils fourmillent, s’activent incessamment dans les vertigineuses profondeurs de leur royaume.

     

     

    « Furieux ripailleurs, ils festoient la nuit»

     

    Les Kérions, plus précisément puisque c’est d’eux qu’il s’agit auraient remué toutes les pierres et formé les célèbres alignements.
        Quelle extraordinaire forfanterie peut-être peut être à l’origine d’un tel chambardement ?
        D’aucun se plaisent à penser que l’irraison, l’œuvre insensée n’aurait eu qu’un seul but évidemment : faire rêver les enfants.

     

    Au siècle dernier, Des Korrigans auraient été surpris d’après La Villemarqué, « au brin de nuit, commettant en rond et se tenant la main, avec mille éclats de rire diaboliques, certains actes moitié sérieux, moitié bouffons, mais toujours fort impies et cyniques ... au pied des croix et des calvaires.

    La danse est une des occupations favorites des Korrigans. Les nuits de pleine lune on entend dans les campagnes, le martèlement convulsif de leurs pieds cornus mêlés à leurs éclats de rire.

     

     

    Seule trace au petit matin des « rondes velues », le cercle d’herbe brûlée  qui marque sur le pré l’endroit où les Korrigans ont dansé. En Bretagne on ne laisse pas les vaches pâturer dans les près où les « Korils ont viré ».

    © Le Vaillant Martial 

     


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