• Korrigans : Ceux des Mines

     


    A la recherche de minerais d’étain, d’or ou d’argent, les hommes ont sondé depuis la nuit des temps les moindres anfractuosités de la Péninsule Armoricaine.

    Les relations les plus anciennes font état de leur rencontre dans la pénombre des galeries, avec des personnages hideux et terrifiants....

    Les esprits souterrains veillent jalousement sur leur royaume et n’apprécient guère les fâcheux qui entreprendraient d’arracher à la terre les trésors qui y sont amassés.

    « Ils les terrifient de telle façon, que les malheureux ont grade peine à travailler au fond. »

     


    À Pen ar Ru, près de Morlaix, résonnent certaines nuits, les sons caractéristiques d’une masse qui s’abat sur la pierre. C’est le casseur de pierres, que l’on dit « rejeté de sa tribu de frappeur des carrières, pour une faute inconnue ».

     

    Au fil des temps, les mineurs ont su se ménager les bonnes grâces du « Petit peuple d’en dessous ». On retrouve régulièrement dans tous les récits concernant les principales exploitations minières de Bretagne, la présence de lutins bienveillants, les Petits Mineurs.

    À Huelgoat, Poullaouen ou Pont-Péan, on se réjouit d’entendre résonner leurs pics dans les galeries profondes, car là où ils cognent les veines sont riches et le filon est bon.

    De petites tailles, comme il se doit, plutôt  joviaux et débonnaires, ils sont habillés en mineurs, armés de pics d’argent avec un manche fait d’une corne de cerf, les bougies qui les éclairent dégagent une lueur très vive.

    Bien qu’à l’occasion, ils puissent être espiègles, soufflant les lampes ou cachant les outils, les hommes leur offrent volontiers des présents. On les dit amateurs de crêpes et de cidre bouché.

    Comme son petit cousin d’Outre-Manche, le Knocker, le Petit Mineur jouit dans les profondeurs souterraines d’une solide réputation d’ange gardien.

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

    C’est lui qui détecte dans l’échafaudage, la poutre vermoulue menaçant de céder et, qui en avertit l’’équipe de sapeurs, en frappant frénétiquement les boisselages avec sa petite massette.

    © Le Vaillant Martial 


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  • Marais lugubre et désolé, où dit-on l’on voit parfois s’ouvrir les portes de l’enfer, Le Yeun Elez, accueille dans ses fétides étendues marécageuses les Poulpiquets.

    Engeance Korrigane, désespérément attachée aux lieux bas et aux eaux stagnantes, ils nichent dans des endroits humides où ils se terrent jusqu’au crépuscule.

    Parfois recouvert de peaux comme Lavous de Nuit ou le Droug-Speret, ils sont redoutés car particulièrement féroces à l’encontre des humains.

    Moitié loup-garou, moitié surmulot, ils attirent les femmes et les enfants dans les spongieux marécages, en faisant apparaître des bagues et des colliers ou de jolis petits miroirs brillants à la surface des eaux.

    Au moment où l’imprudente victime se baisse pour saisir les bijoux, un Droug-Speret, tapi dans un terrier la saisit et l’entraine pour la soumettre, au fond de son royaume immergé au tâches les plus harassantes.

    D’autrefois, ils font retentir une clochette pour tromper les jeunes bergers à la recherche d’une chèvre égarée...

    De lourdes gouttes de pluie martèlent la surface sombre de l’étang. Une chouette détrempée hulule, sans interrompre le coassement des crapauds.

    Soudain, au milieu de la nuit épaisse, halos bleuâtres et vacillants, surgissent les Tan-noz et autres Teleren. Esprits Feu Follet, s’ils aperçoivent les premiers un voyageurs attardé, ils lui feront perdre son chemin, le menant dans une fondrière où il sera noyé.

    Seul échappatoire pour le pauvre hère, planter au plus près de la Flamme son couteau ouvert, de façon à ce que la lame et le manche forment un angle aigu. Ainsi, le Follet, essayant de passer dans l’ouverture, abandonnera le voyageur.

    Dernière recommandation... Après avoir planté le couteau, surtout de pas omettre de remettre son bonnet à l’envers !

    Isolés au cœur de l’hiver, quand les vents de Noroît balaient la campagne, les habitants de l’île d’Ouessant sont calfeutrés derrière les murs épais derrière les murs épais de leurs habitations. Au travers des bourrasques, ils entendent des hurlements qui nouent les entrailles.

    « Eman lannig an ôd a ioual ! »
        « C’est lannig du rivage qui hurle ! »

    Lannig est un  Houpeur (Hopper-Noz), un esprit hurleur, familier des lieux humides et des bords de rivière. Sa caractéristique est de « iouler » lugubrement et inlassablement.

    On raconte à la veillée qu’il traine la nuit aux alentours des maisons, quémandant, implorant qu’on lui donne un tison. Mais si quiconque le lui donnait, même par-dessous la porte, l’âme généreuse serait happée par le bras et disparaîtrait à jamais. Il n’est pas bon de rendre service à un lannig...

    Le Houpeurs se manifestent dans de nombreux endroits de Bretagne. Il faut ester sur ses gardes et surtout ne jamais répondre à leurs Iou, Hou, Hou, plus de trois fois. L’issue peut-être fatale

    © Le Vaillant Martial 

     

     

     

     


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    Calembredaines, superstitions et poudre de fée

    « Anima, Animus, Animouille, bourre et bourre et ratatouille... »

    (Vieille formule magique dont on ne sait plus très bien à quoi elle pouvait servir, et que de ce fait, on n’ose plus l’invoquer pour le découvrir)

     

    orriganeries que  tout ceci, me direz-vous ?

     

    Oui-da, je vous le concède, mais sans tomber dans l’excès, ce qui malgré tout est le lot quotidien de tout Korrigan respectable, je crois pouvoir affirmer, dans une commune mesure, ne sont pas enclins à la superstition... J’entends par superstition le genre de billevesées comme jeter du sel par-dessus l’épaule ou s’épouvanter en croisant un greffier noir comme suie ou encore contourner prudemment une échelle en évitant de passer dessous ! Tout cela reste des fariboles humaines, et est bien loin de cette sagesse acquise au fil des siècles qui nous caractérise si bien.

    Par contre, et là le propos est  on ne peut plus sérieux car il révèle tout le bon sens des Korrigans, vous ne verrez jamais :

    - Un Korrigan cracher deux fois dans la même direction.

    - Croiser un chêne par la gauche.

    - Un Korrigan sans une patte de grillon sur soi : à la rigueur un grillon vivant fera l’affaire.

    - Sauter par-dessus trois branches de noisetier entremêlées.

    - Oublier son jeu de runes, ce serait de bien mauvais augure !

    - Sortir de chez soi le chapeau à la main.

    - Voler de l’or ou de l’argent deux fois offert...

    Vous conviendrez donc bien avec moi qu’il s’agit ni plus ni moins de ce bon sens commun et raisonnable qui nous anime et non pas de cette vulgaire superstition dont souffrent ces pauvres humains !


     

    ... Bonne soirée, Novezh vat ...

    © Le Vaillant Martial 


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    Les Korrigans

     

     

     

    « La nuit est affaire de Fées, malheur au voyageur attardés ! »

    Les immensités sauvages et désertiques couvertes de ronciers deviennent à la nuit tombée le territoire des korrigans.

    Jaillissant de leur royaume souterrain, ils déferlent en hordes innombrables pour se lancer tout au long de la nuit en de joyeuses débauches faites de danses frénétiques et de folles sarabandes.

    Dotés d’une force peu commune, ils aiment à se lancer à la figure d’énormes rochers. On raconte qu’une de ces joutes épique, à force d’amoncellement, forme la chaîne des Monts d’Arrée.

    Rare sont les passants qui les ont vus d’assez près pour pouvoir en parler sans effroi. Toutefois Le Men affirme « qu’ils noirs et mal faits, avec une tête énorme et hideuse »

    D’autres témoins, tout aussi dignes de foi, affirment qu’ils sont pourvus d’une longue queue et enfin qu’ils sentent mauvais et qu’ils ont l’haleine fétide ...

    Les visiteurs qui parcourent l’été la région de Carnac n’imaginent même pas que sous leurs pieds s’étend la plus importante colonie de korrigans de Bretagne.

    Ils grouillent, ils fourmillent, s’activent incessamment dans les vertigineuses profondeurs de leur royaume.

     

     

    « Furieux ripailleurs, ils festoient la nuit»

     

    Les Kérions, plus précisément puisque c’est d’eux qu’il s’agit auraient remué toutes les pierres et formé les célèbres alignements.
        Quelle extraordinaire forfanterie peut-être peut être à l’origine d’un tel chambardement ?
        D’aucun se plaisent à penser que l’irraison, l’œuvre insensée n’aurait eu qu’un seul but évidemment : faire rêver les enfants.

     

    Au siècle dernier, Des Korrigans auraient été surpris d’après La Villemarqué, « au brin de nuit, commettant en rond et se tenant la main, avec mille éclats de rire diaboliques, certains actes moitié sérieux, moitié bouffons, mais toujours fort impies et cyniques ... au pied des croix et des calvaires.

    La danse est une des occupations favorites des Korrigans. Les nuits de pleine lune on entend dans les campagnes, le martèlement convulsif de leurs pieds cornus mêlés à leurs éclats de rire.

     

     

    Seule trace au petit matin des « rondes velues », le cercle d’herbe brûlée  qui marque sur le pré l’endroit où les Korrigans ont dansé. En Bretagne on ne laisse pas les vaches pâturer dans les près où les « Korils ont viré ».

    © Le Vaillant Martial 

     


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  • Anna les et Les Korrigans


     

    Durant les mois noirs de la guerre, dans la région de l’Argoat, une journalière dont le père était prisonnier en Allemagne, s’en alla au plus profond de la forêt, où, pensait-elle, les chênes sont les plus majestueux, en quête des glands qui, une fois grillés, deviendraient un misérable succédané du précieux café, denrées quasi introuvable en ces temps de privations.

    Tout à son ouvrage, l’après-midi s’étira mollement vers le soir quand d’après ses dires, elle entendit de petits rires semblant provenir la belle ramure du vénérable feuillu.

    Une petite voix dominant les rires, se mit alors à chantonner :

    - Elle prend nos glands, sans demander bien poliment, elle veut nos glands, elle en aura... ! »

    Un déluge de glands se mit à pleuvoir sur la tête de la pauvre Anna, qui prise d’une folle panique et laissant son panier, releva ses jupes et s’enfuit sans demander son reste.

    Quand de retour à la maison, rouge de honte et essoufflée, elle osa raconter, toute penaude, sa mésaventure s’attendant à subir les moqueries de sa mère : celle-ci la regarda sans sourire et lui dit simplement :

    « Dorénavant, tu ramasseras les glands sous les chênes du talus qui entourent la pâture, tu n’iras plus là-bas... C’est un autre lieu qui ne nous appartient pas. »

    Elles n’en parlèrent plus jamais entre elles et si d’aventure, Anna pensa bien y retourner quelques fois, le souvenir de ces petites voix semblant surgir de nulle part, l’en empêcha et c’est sans doute très bien ainsi.

    © Le Vaillant Martial 

     


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