• Korrigans

    Korrigans ....

  • Chipoteries, Duels et Mesquines querelles

     

    e Korrigan peut être d’une amabilité sans pareille, d’une bonhomie, d’une gentillesse, d’une serviabilité sans faille.

    C’est un éternel galant, déployant sans compter des trésors de bonnes manières. Malheureusement il faut bien convenir que la plupart du temps le korrigan a un véritable caractère de cochon.

    Mais là où d’autres exprimeront leur point de vue au cours d’une conversation animée, certes dont le ton resterait fort courtois, le korrigan quant à lui, préférera tout de suite en venir aux mains. Il faut dire que le sieur est chamailleur et d’une mauvaise foi abominable. Il fera donc tout son possible pour faire entendre sa vérité même s’il sait pertinemment qu’il a tort depuis le début ! Quand les mots ne suffisent plus, on applique une autre méthode !

    Et suivant l’importance du différend, on distinguera plusieurs degrés dans l’explication.... Il y a l’explication de base dite du Penn baz. Pour ladite explication qui n’est ni plus ni moins qu’un duel, il faut aller sur la lande, une clairière conviendra à la rigueur.

    Se munir de son plus beau Penn-Baz littéralement « bâton à casser la tête ».

    Les Korrigans ont la folie des bâtons, ils en ont de toutes les sortes et pour tous les usages : le bâton à marcher, celui à baluchon, pour se gratter etc...

    Il va sans dire que le Penn baz est la pièce maîtresse de leur collection, teinte au brou de noix et lustré à la cire d’abeille.

    L’impressionnant pommeau est souvent recouvert d’or ou d’argent et, dans certains cas, serti de pierres précieuses.

    Avant de débattre, on noue autour du bâton quelques rubans de couleur. Il n’y a là aucune signification, c‘est simplement pour faire joli.

    ieux vaut se faire accompagner de trois amis.

    Ils serviront de témoins et se porteront garant du bon déroulement de l’affaire. Sur le chemin, ses compagnons venteront ses mérites et l’encourageront à grands renfort de claques dans le dos.

    Cela pose problème, car, étant donné que l’explication se fait entre amis, les témoins de l’un sont aussi ceux de l’autre ! Ainsi il n’est pas rare de voir cheminer de concert une compagnie de cinq joyeux braillards, on se dit alors qu’ils vont à un débat d’opinions.

    Mais qu’à cela ne tienne, entre gens de bonne conditions on peut se faire confiance et de toute les manières, les deux compères sont trop pressés de se démontrer qu’ils ont chacun raison, pour s’arrêter à ce genre de détail ! Sans plus de cérémonie, la joute commence et se termine tout aussi rapidement, nos deux larrons assommés pour de bon !

    Ce n’est qu’une fois réveillé qu’ils réalisent avec soulagement qu’ils avaient tous les deux raison... ou bien tort, c’est selon.


    uoique n’étant que plaies et bosses. C’est ravi de la tournure qu’a prise l’explication qu’ils s’en vont, bras dessus, bras dessous, vers de bruyantes et joyeuses libations fêter leur toute nouvelle réconciliation et leur amitié revigorée.

    Il m’est dernièrement venu aux oreilles que mère nature, loué soit son nom, m’a faites fort grandes d’ailleurs, que des humains par une profonde amitié puisqu’ils se nomment entre eux compagnons avaient repris pour leur compte, et cela afin de résoudre des désaccords d’opinion, notre fameuse coutume de l’explication du Penn Baz. Comme quoi, quand il fait montre d’un rien de raison et d’un peu de bon sens, l’humain peut presque paraître civilisé !

     


    L’explication du gant 

     

       L’explication du gant est nettement plus sérieuse et s’applique dans les cas où la crudité des propos dépasse l’entendement ! Les deux débatteurs se lèvent alors 

    au grand dam de la tablée en prononçant la terrible phrase : « Souffrez que je vous soufflète » puis, le geste solennel, se présentent leur gant et, sans plus, commencent à s’envoyer un chapelet de claques sonores au visage ! Il arrive que l’un des protagonistes conserve la main dans le gant. Cela reste tout à fait convenable et donne, il faut le reconnaître plus de poids à l’explication.


      Il existe un cas extrême. Quand la divergence d’opinion a atteint des sommets dans l’abime. Quand le bâton ou le gant ne suffise plus, on opte avec beaucoup de réticence pour l’explication de la punaise.

    Chacun part de son côté quérir un beau spécimen de punaise dans un roncier des alentours. Par punaise, il faut bien sûr comprendre l’insecte, celui qui a la très désagréable manie de libérer des effluves nauséabonds sitôt qu’il se sent menacé. Une fois ce choix effectué, tous deux s’en reviennent avec leur spécimen sous le bras pour s’enfermer dans un terrier bien clos. Faute d’avoir un observateur dans la place on ne sait pas bien ce qui s’y passe.

    Tout ce que l’on peut dire de l’affaire, c’est qu’au bout d’un temps plus ou moins long l’assemblée de curieux, l’oreille collée à la porte du terrier entend soudain, provenant de l’intérieur, monter des cris ignobles, des râles effrayants et des gargouillis infâmes ! Un silence et pesant s’installe.

    Puis, dans une plainte lugubre, la porte s’entrouvre et l’assistance pétrifiée voit émerger dans un nuage de puanteur indescriptible, le pas incertain et titubant, deux êtres au faciès verdâtre aux yeux rougis d’avoir trop pleuré, une bave blanchâtre aux coins des lèvres !

    En les voyant s’éloigner ainsi, sans un mot et se soutenant l’un l’autre, personne n’ose poser de questions car cela supposerait trop d’explications et on sait pour le Korrigan, ce que cela veut dire !

     

     

    © Le Vaillant Martial 


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  • De l’origine du nain dans la littérature

     

    On ne le sait toujours pas, mais le Korrigan, comme tout à chacun a un logis, assez rustique mais malgré tout confortable.

    Cependant son antre, doit absolument demeurer secret aux yeux des hommes... Aussi ne peut-il pas laisser échapper la fumée de son feu ou les âcres émanations de sa bouffarde qui révéleraient à coup sûr sa présence.

     

    C’est seulement au soleil couchant, lorsqu’il émerge à l’air libre, que la fumée enfin libérée s’échappe en un épais nuage pour se mêler à la brume du soir.

           Ainsi un jour, il  y a de ça fort longtemps, le curé de Plounéour-Menez qui regagnait ses pénates à la brume après avoir donné les derniers sacrements à un pauvre bougre à l’agonie, eut la très mauvaise idée, pour épargner ses vieilles jambes de couper par la lande.

    Ce qui devait arriver, bien évidemment arriva. Notre brave curé tomba  nez à nez avec un korrigan qui surgissait de terre. !

     

    Le bonhomme crut sa dernière heure venue en s’imaginant voir le diable ou l’un de ses suppôts jaillir du cœur des enfers tout environné de fumée et empestant le souffre à plein nez.

    Sans demander son reste et retroussant sa grosse soutane, il prit ses jambes à son cou et courait en arrivant au presbytère du village.

     

    Le dimanche suivant à la messe, et devant la dévote assemblée, il fit un tel sermon à glacer le sang qu’on se persuada dans à travers le pays que la porte des enfers était bien là, sur la lande, et que les diables noirauds et hirsutes attendaient les égarés pour les entraîner à coups de fourches vers les brûlants abîmes infernaux.

     

     

    À la fin de l’office, sur les marches de l’église, les langues se démenèrent. Et ainsi de village en hameau, de val en coteau, le récit qui bien sûr, tout au long du chemin, prenait une ampleur dantesque arriva aux oreilles d’un certain Hersart de la Villemarqué qui, en gomme de lettres, décida quant à lui de prendre sa plus belle plume...

    Le Korrigan, bien malgré lui, entra ainsi dans la littérature des hommes...

    ... et dans la légende...

     

    Malheureusement, et c’est bien dommage, comme toutes les belles histoires, celle-ci doit trouver sa fin...

     

     


    ... Pourquoi alors ne pas laisser nos paupières se fermer et retourner bien vite vers le merveilleux qui vogue à jamais sur les ailes du rêve....

    ... Imaginer surprendre encore, l’orée d’un songe, un Korrigan en galante compagnie...

     

    Et s’en aller heureux sur la pointe des pieds.

     

     

    © Le Vaillant Martial 


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    es Korrigans attendent avec une impatience fébrile la pousse des Ronds De Fées pour entamer la fameuse Danse dite « de la ronde ». Le pas de danse est assez simple et consiste un pointé, jeté, puis un rond de jambe avant de sauter dur le champignon suivant. Et ainsi de suite, tout cela bien sûr peut se faire en se tenant ou non la main.


     

     

     

      Pour que la danse soit effectuée de jolie façons, il faut au moins être trois. Le sourire et la bonne humeur sont fortement conseillés !


     

      Et la chanson me direz-vous ? De celle qui accompagne joliment toute mélodie, la gouailleuse ou la charmante ? La légère et la désuète ?

    Celle qu’on lance à la ronde pour ponctuer une marche, pour aider à la tâche, pour s’échauffer la glotte ?

    Est-ce le fait d’avoir vécu trop longtemps sous terre au cœur de la pierre, toujours est-il que notre organe est si rouilleux que nous serions malgré la meilleure volonté du monde, bien en peine d‘y planter le moindre soupçon de justesse !

    Plutôt  que de faire fuir autour de nous, nous préférons écouter ou accompagner de nos instruments le chant des fées ou, sur les grèves venteuses les chants mélancoliques des Mari-Morganes....

     

    © Le Vaillant Martial 


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  • Si un jour que vous vous promenez en forêt, vous recevez une noisette sur la tête ramassez-la vite ! Ce n’est peut-être rien elle a pu tout bonnement, se décrocher de son arbre une fois mûre. Mais ce peut être tout autre chose...


     

    Pour vous en assurez, visez bien et relancez-là bien haut au-dessus de votre tête !

    Si la noisette ne retombe pas, vous saurez alors avoir épargné bien des efforts inutiles à un lutin, qui, sans doute aurait dû venir la chercher au sol.

    Vous ne le savez sans doute pas, mais en automne les korriganed prennent plaisir à aider les écureuils à faire provision de noisettes pour l’hiver. Il peut alors arriver qu’en se lançant la précieuse denrée de branche en branche, une passe maladroite fasse chuter la « petite ronde rondelette » jusqu’à terre.

     


     

     

    Votre bonne action accomplie, continuez donc votre chemin. N’attendez pas trop de merci : Les Korriganed ont la gratitude plutôt discrète. Mais si quelque temps plus tard sous les « grands verts » vous ressentez une paix et un bien-être infinis, ne soyez pas surpris :

    C’est la magie de la forêt qui aura touché votre cœur

     

    © Le Vaillant Martial 

     

     


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  • La fête du jour du crapaud

    uand s’en reviennent la saison des feuilles jaunes, particulier vient troubler la tranquille harmonie du petit monde korrigan.

    Au jour dit, de tous les coins des landes, des bois, des grèves ou des sombres marais accourent les grandes familles, les clans et les tribus pour participer à la fête du crapaud ou jour de la fête du Roi Crapaud.  En fait si cette journée revêt une importance aussi grande aux yeux du korrigan, c’est qu’au terme des festivités est décerné le titre de plus crapaud de l’année !

    Le crapaud à l’instar de la salamandre est l’animal bien-aimé du Korrigan. Ainsi il est d’usage quand un lutin s’installe dans un endroit, cela peut être un bois, un talus, une futaie ou même un jardin, de lui offrir une salamandre ou un crapaud qu’il aura grand soin de dorloter, et cela en signe de bienvenue.


     

    Chacun n’arrive pas avec son crapaud sous le bras, cela ca sans dire, mais le bel animal choisi entre tous devra apporter joie, santé et chance sur la nouvelle demeure.

    ette tradition remonte  à la nuit des temps et l’on n’en connaît plus vraiment la raison. Toujours est-il que cet usage se perpétue encore de nos jours. On pourrait croire qu’offrir une grosse boîte de friandises susciterait beaucoup plus de plaisir, ce serait grave méprise ! Votre nouveau voisin pourrait fort bien ne pas apprécier du tout l’amicale intention et se mettre dans une rage indescriptible ! On a vu pour moins que cela des disputes éclater, s’envenimer et aboutir à une guerre de tribus.

    Critères pour accéder au titre 

    l ne faut pas s’y fier, tout cela est fait dans le plus grand sérieux et dans une totale exubérance, c’est tout de même une fête, rappelons-le !

    Le plus glouton 

    Le postulant idéal, doit au terme de la journée, avoir englouti au moins son poids en nourriture de toutes sortes, vers de terre, limaces et moucherons en tout genre !

    Le korrigan apprécie le bon mangeur et s’irrite de voir un appétit de moineau à sa table.

    « Il faut vivre pour manger !», telle est sa devise.

     

    Le plus gros 

    Bien évidemment, le roi des crapauds devra en imposer aux autres, donc plus gros on est, meilleur c’est ! Lors de concours précédents, on a surpris des prétendants au titre, se croyant plus malins que d’autres sans doute, se gonfler jusqu’à doubler de volume.

    On observe cette attitude de la part d’un crapaud lorsqu’il se sent menacé par un quelconque rival ou par un animal plus gros que lui. Il va de soi, dans ces cas-là, que le ou les tricheurs sont immédiatement disqualifiés ! C’est de là que vient l’expression :  se gonfler d’importance. Un détail qu’on ne doit pas oublier, c’est qu’il faut être une force de la nature pour supporter une année durant le poids considérable que peut représenter cette couronne en or !


    Il est très difficile pour un korrigan d’avoir un escargot pour monture, car le crapaud de la maisonnée pase son temps à chasser le limaçon...


    ien entendu, sa couleur devra s’harmoniser avec celle de la nature, avec une préférence toutefois pour les marrons et les verts. Les pustules joliment disposées, doivent couvrir le bas du dos jusque entre les yeux et être agréables à caresse. L’œil sera d’un beau jaune d’or avec, à la rigueur une légère point d’orange.

    Le croassement

    Pendant toute la durée de l’épreuve chque concurrent, placé face à son juge, doit lancer vers l’azur son plus beau croassement, et cela le plus de fois possible. Une voix grave, profonde, voire caverneuse a toutes les chances de faire l’unanimité.

    Le saut 

    Le vainqueur de l’épreuve de saut sera bien sûr celui qui aura réussi la plus belle envolée et parcouru la plus grande distance. On mesure réellement l’importance de cette fête du crapaud en constatant que le système de mesure Korrigan possède une unité de distance équivalent à un saut de crapaud ! Ainsi il n’est pas rare d’entendre dans les conversations : « Je connais quelqu’un qui habite à une poignée de sauts de crapaud » ou bien « Oh ! c’est très loin, à au moins cent saut de crapaud ! »

     Cela ne va pas sans quelques problèmes car, d’une année sur l’autre, le vainqueur saute de plus en plus loin, ce qui fausse toutes les mesures établies ! Bon an mal an, depuis le temps, les Korrigans s’y sont fais et n’y prêtent plus guère d’importance.

    Après tout un saut de crapaud reste un saut de crapaud, à quelques longueurs de mille-pattes près ! Ainsi au terme d’une journée riche en rebondissements de toutes sortes, le vainqueur est porté en triomphe par la foule en liesse, fêté en grande pompe et coiffé de la magnifique et monumentale  couronne !


    La famille victorieuse s’en retourne comblée d’honneurs, le cœur rempli de fierté et la panse pleine vers sa  demeure, mais que le pauvre batracien, porté par deux costauds sur une espèce de palanquin fait de branches et de mousse, dodeline du chef sous le poids de sa toute nouvelle et encombrante royauté.


    éritable petite fête de village en somme, me direz-vous, bonasse à souhait ? Certes, quoique drôle, ça l’est certainement moins pour la crapaud qui se voit affublé pendant toute une année de la plus encombrante des couronnes ! Cet accoutrement, il faut bien en convenir, est loin d’être commode quand il s’agit de sauter ou d’être le plus discret possible à l’affut d’une sauterelle ou d’un ver de terre. Mais, que voulez-vous, la royauté ne va pas sans quelques revers et notre roi crapaud n’y coupe pas.

     


     

    Il m’est venu aux oreilles, lors d’un de mes voyages, qu’un de ces grands benêts d’humain, il  y a fort longtemps de cela, est tombé, un jour nez à nez avec un roi crapaud. Imaginez quelle ne fut pas sa surprise, les bons  amis ! Vous ne voudrez pas me croire, mais ce grand nigaud s’en est allé être ne présence d’un quelconque prince tombé sous les  maléfices d’une sorcière et transformé sans façon en notre bel animal

    A force de conter son histoire à la ronde, il a fini par coucher cette mésaventure sur le papier pour la destiner aux enfants. A partir de ce jour bien d’autres histoire naquirent sous sa plume fertile et il devint conteur de grand renom. Drôle d’histoire n’est-il pas ?

     

      tant par nature, comme chacun le sait de charmantes petites personnes volages, frivoles et fondamentalement égoïstes, simplement préoccupées de leur seul bien-être, les fée observent souvent avec un amusement non dissimulé qui confine à la moquerie tout ce cérémonial autour de la fête du crapaud...


    © Le Vaillant Martial 


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