• Foires & Marchés

    Foires et Marchés

     

    Si les Bretons sont au trois quarts des ruraux en 1900 et vivent donc en majorité à la campagne, ils se déplacent pour aller au marché dans les chefs-lieux de canton ou les petites villes du voisinage où se tiennent les foires et les fêtes locales. Ils sont aussi assidus aux pardons et aux assemblées et certains commencent à emprunter le chemin de fer puisque les grandes lignes sont construites dès 1851 (Nantes), 1857 (Rennes) pour atteindre Quimper en 19864 et Brest l’année suivante. Les réseaux départementaux  s’épanouissent ensuite.

    Il existe donc plus de 800 000 urbains dont la moitié, il est vrai, habite quatre villes : Nantes (200 000), Brest (200 000), Rennes (80 000) et Lorient (45 000).

    À côté de ces grandes villes, quelques cités à dominante administrative, militaire, ouvrière ou commerçante encadrent le territoire breton et sont parfois des relais temporaires entre un exode rurale proche et un autre lointain, vers Paris : les cinq préfectures ou la vingtaine de sous-préfectures comme Quimper, Saint-Brieuc Vannes, Châteaulin, Guingamp, Lannion, Redon, Châteaubriant, Ancenis, Vitré, Ploërmel... des villes ouvrières : Saint-Nazaire, Fougères, Morlaix, des villes de garnison ou d’arsenaux : Pontivy, Dinan, des ports de pêches ou les premières grandes stations balnéaires : Dinard, Concarneau... Ce réseau urbain est souvent l’héritage d’un riche patrimoine monumental.

     

    Certaines halles s’ouvrent sur la place du marché : Le Faouët, huile d’Henri Barnouin. Le marché du Faouët.


     

    Dans une situation moins connue ou moins nette, des dizaines de petites villes, petits bourgs, chefs-lieux de canton ou anciennes villes historiques, rassemblent des populations agglomérées de 1000 à 5 000 personnes qui ne correspondent peut-être pas à la définition statistique de la ville (2 000 habitants) mais en ont toutes les caractéristiques sur le plan des espaces bâtis, des fonctions commerciales ou des catégories sociales.

    C’est souvent là que se tiennent les fêtes et les marchés qui se multiplient au XIXe siècle après l’abrogation des prérogatives seigneuriales, (voire religieuses) qui les caractérisaient sous l’Ancien Régime.

    À ce type appartiennent par exemple La Rocher-Bernard, Baud, Muzillac, La Faouët en Morbihan, Lamballe, Moncontour ou Quintin dans les Côtes d’Armor, Blain, Clisson, Savenay en Loire-inférieure, Montfort-sur-Meu, Plélan, la Guerche-de-Bretagne ou Tinténiac en Ille-et-Vilaine, les communes finistériennes de Rosporden, Carhaix, Lesneven, Scaër, etc.

     

    Dinan, Marché aux cochons

    Les habitants de ces agglomérations dont il est impossible d’énumérer tous les noms, vivent souvent comme  des gens de la ville et sont souvent artisans employés ou commerçants population à laquelle ont affaire les ruraux quand ils viennent « en ville ».

    Se sent-on rural quand on habite Tréguier, Dol ou Guémené-sur-Scorff.

    Les calendriers du début du siècle égrènent du début du siècle nous égrènent les dates des principales foires.

     

     

    Dans la troisième semaine d’avril, il y en a plus d’une trentaine dans le Morbihan, et une dizaine dans les arrondissements limitrophes : une importante foire à Redon (comme tous les deux lundis du mois), deux autres à Guichen et à Lohéac, deux à Rostrenen et Belle-Ile-en-Terre, deux dans la région de Quimperlé où se tient un marché aux veaux tous les dimanches matin...

    Les grandes et moyennes villes sont ravitaillées par des marchés réguliers bi ou trihebdomadaires : Rennes (place des  lices), Tréguier (place du Martray), Auray, Questembert, Le Faouët (halles ou cohues)... On y trouve du beurre, lait, œufs, volailles, légumes.

    Les foires aux bestiaux font la célébrité de plusieurs régions. Certaines villes construisent des foirails, d’autres sont des rendez-vous réguliers pour l’acquisition des taureaux, génisses ou veaux. Lesneven  Locminé a son foirail.

    Au Huelgoat, le photographe a saisi la pesée du veau : de nombreux étalages occupent la place et les curieux s’agglutinent autour de la balance où l’on maintient un petit veau dont certains tâtent la croupe en connaisseurs.

     


    Chapeau ou bérets .., blouse des négociants, coiffes et paniers sous le bras, la foule est vivante et bigarrée

     

    Le comportement des marchands de bestiaux est traditionnel : ils observent les animaux, les examinent de près, tirent sur la queue, palpent la peau des côtes, vérifient le réflexe des jarrets, étudient les dents, les tétines, la croupe... ensuite ils proposent un prix. Refus, discussion, marchandage, départ du client qui revient sur ses pas ou attend quelque temps pour impressionner le vendeur. Le manège peut durer longtemps mais s’achève par une solennelle tape sur la paume et une tournée au débit de boisson.

     


     

    À Ancenis, les porcs sont parqués dans des enclos de bois, à Vitré, Pontrieux, Saint-Brieuc ou Lannion, ils vaquent ou ils sont tenus en laisse à la main des femmes en coiffe qui les mettent en vente. L’humour, le mépris ou la dérision les affublent de surnom en rapport avec le contexte politique ou local.

       

     

    Les marchés au porc sont également très nombreux et très suivis : ils se tiennent dans la plupart des villes, grandes ou petites, car c’est la principale alimentation en viande du début du siècle.

    Dans chaque famille élever et tuer un cochon permet d’avoir au saloir de quoi subsister, la tuerie du cochon est d’ailleurs une grande fête qui donne lieu à des réjouissances et à festins, les uns consommant les boudins, les autres confectionnant saucisses, andouilles, pâtés et autres « cochonnailles » qui durent toute l’année  comme on le voit à l’étalage de la boutique de la marchande de salaisons de Morlaix, garni de saucissons, quartiers de lards et jattes de pâtés ou de tripes.

     

     

     


    On trouve même des marchandes de crêpes qui installent leur foyer sur le bord des routes,

     

    Des cabarets qui débitent des boissons sous des tentes ou en plein air, des marchandes ambulantes vendent des images pieuses ou des allumettes et aussi « des marchandes de rien » qui sous leur parapluie, à Quintin vendant des parts de gâteaux, des parts de viande

     

     Un peu comme cette vieille femme sous son ombrelle que Paul Sérusier a lithographiée en 1894, au Huelgoat.

     

    Sévère sous sa coiffe de deuil, elle ne vend que bonbons et dans l’arrière plans d’autres veuves proposent des tissus pour gagner quelques francs ou quelques sous.

    Pour certaines personnes âgées, vendre ces petits riens, des fruits ou des légumes de leur jardin, des gâteaux, des œufs, des galettes ou des rubans était la seule façon de subsister et ne pas tomber dans la mendicité.

    © Le Vaillant Martial 

    « Korrigans Ceux de la MaisonLe Nain et le Géant »

  • Commentaires

    Aucun commentaire pour le moment

    Suivre le flux RSS des commentaires


    Ajouter un commentaire

    Nom / Pseudo :

    E-mail (facultatif) :

    Site Web (facultatif) :

    Commentaire :


================================== 1- jssants.js (external javascript jsfile) ================================== ================================== 2- jssaints.js (external javascript jsfile) ================================== ================================== -3 sants.html (html file) ================================== JavaScript code/Saint's Day
Breton calendar - Saint's Day : 
...Calendrier français :