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    M

     

    on nom est Cûchulainn, héros de l’Ulster. Bien triste héros à la vérité que celui qui chaque jour doit affronter seul de valeureux guerriers venus des quatre autre provinces de l’Irlande. Chaque jour, oui, chaque jour voir le sang couler sur mes mains sans que les guerriers de l’Ulster ne puissent s’engager à mes côtés dans leur propre combat ! 

    Il est encore tôt, le soleil vient tout juste d’étirer ses premiers rayons pour réchauffer la terre. Je suis au gué et je vois arriver mon prochain adversaire. Il s’agit du Loch.

    Nous avons à peine échangé les premiers coups que nous voilà contraints de nous arrêter. Un spectacle hallucinant s’offre à nous : cinquante génisses sont en train de nous encercler, avec à leur tête un animal d’une blancheur, une génisse extraordinaire aux oreilles rouges. Je comprends sur l’instant qu’il s’agit de la rouge Mórrigan – qui d’autre que la déesse guerrière pourrait arborer ainsi la couleur du sang jusque dans la moindre métamorphose ?  -, m’empare prestement de mon javelot et lance avec une telle dextérité que son œil explose littéralement ! Dans un cri déchirant la bête disparait alors dans le fleuve.

    J’attends... Je sais bien que ce coup n’a pas anéanti la Mórrigan, mais j’ai beau scruter les eaux troublées par le sang, je ne vois pas venir l’anguille borgne qui s’enroule autour de mes jambes me déséquilibre et me renverse. Je me débats, essaie d’agripper le poisson glissant mais je ne parviens pas à m’en défaire et l’air vient à me manquer. Malmené par l’anguille, je roule au fond de l’eau, impuissant. Je sens des pierres griffer mon corps de toutes parts, jusqu’à ce que l’une d’entre-elles, sans doute plus acérées que les autres, ne me provoque une douleur aigüe dans le bas du dos. Je m’en saisis et, dans un dernier élan, la plante dans le corps de l’animal qui lâche prise, enfin.

     

    À peine  ai-je eu le temps de reprendre mon souffle que c’est sous la forme d’une louve sanguinaire que la Mórrigan revient m’assaillir. Malgré l’acharnement de la bête cruelle et les blessures que Loch en profite pour m’infliger, je parviens à briser une patte de la louve, la repoussant ainsi définitivement.

     

    Alors que je la regarde s’éloigner sur le chemin, je sens monter la fureur en moi, mes poings se crispent sur mon javelot, et en un éclair, j’en transperce le cœur du Loch.
        Le temps a passé. Je savais bien que les blessures que j’avais infligées à la guerrière ne pouvaient être guéries que par moi, et pourtant je n’ai rien vu venir.

     Épuisé par tous ces combats livrés seul contre les armées de Mebd, assoiffé, je me suis dirigé sans méfiance vers une vieille femme souffrante qui était en train de traire une vache à trois pis. Bien volontiers, elle m’a offert le produit de cette traite.

     

    À aucun moment je n’ai soupçonné quoi que ce soit. Et c’est tout reconnaissant que par trois fois, je lui ai souhaité de recouvrer la santé !  La première fois, à l’abri d’un capuchon, l’œil crevé de la Mórrigan s’était regonflé de vie.

     

    La deuxième fois, l’entaille profonde provoquée par la pierre avait complétement disparue. La troisième fois la jambe de la guerrière s’était ressoudée.

     

    Je n’avais jusque-là pas reconnu mon ennemie que de longues étoffes rapiécées dissimulaient, mais alors que je m’éloignais, un rire profond me parvint ...

     

     

    © Le Vaillant Martial 


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    Fées & Déesses

     

     

     


     

     

     

     

     

     

     

     

    S

     

     

    ubitement, un brouillard épais vient inonder la plaine. Je vois les guerriers disparaître un à un, comme engloutis par une gigantesque vague... J’observe, complètement pétrifié, l’onde qui approche et s’enfle à mesure. Et déjà, la voilà sur moi. Saisi par un froid qui vient mordre mes entrailles mêmes, je discerne à peine mes mains devant moi, c’est le néant...

    Plus un bruit, là où, quelques instants auparavant, des milliers de combattants alignés faisant face à leurs adversaires s’étaient mis à croasser pour invoquer le Corbeau des batailles.

     

     

    Dès lors, c’est comme si le temps avait suspendu son cours : nous voilà absorbé par le vide. Ce silence semble durer une éternité.


    Au loin un hennissement... J’attends, les muscles tendus, tous les sens en alerte. Et c’est en vain que j’essaie de percer le mur de brume de mon regard. Subtilement une douce chaleur m’étreint, se diffuse en moi et enveloppe tout mon corps, gagnant mon âme même et m’inspirant un courage infini. C’est alors que le brouillard devant moi se déchire et me permet de distinguer la tête longue et fuselée d’un cheval aux naseaux fumants.

     

    La brume glisse, et à mesure, elle dévoile une riche crinière ondulée, un dos fort, des reins larges, des membres robustes et musclés. L’animal à la robe noire et luisante, est paré d’un chanfrein en or dont la forme évoque le bec d’une corneille.

    Je remarque alors que le puissant cheval est attelé à un char. La brume s’attarde et ne me laisse qu’entrevoir le bois du véhicule, un bois rougi par le sang...

     

    Brusquement, le cheval se cabre et avance de quelques pas, exposant ainsi le char dans son entier : me voici nez à nez avec le Corbeau des batailles, la rouge Mórrigan.

    Je la contemple : elle a le port d’une reine et l’aplomb d’une guerrière. Des reflets rouge sang parcourent sa longue chevelure noire laissée libre. Son corps, recouvert de peinture, est à peine dissimulé par quelques étoffes vermeilles posées sur ses hanches.

    La Mórrigan toise la plaine comme si elle pouvait voir à travers le brouillard portant opaque. Et tout à coup, la brume se dissipe entièrement. Il ne reste aucune trace de ce moment passé dans le néant, si ce n’est une indescriptible bravoure qui s’est insinué dans le cœur de beaucoup d’hommes. Et pour  cause ! La déesse est venue exciter les deux camps, favoriser certains guerriers en leur inspirant le courage et insuffler la peur chez les autres.

     

    Nous sommes des milliers de combattants tournés vers elle, silencieux, scrutant le moindre de ses mouvements. Nos adversaires sont hypnotisés. Et la voilà qui se lance en poussant un cri perçant, dont l’écho vient résonner dans toutes les montagnes environnantes. En un éclair, elle se jette dans la bataille, emportant avec elle une marée humaine. Les épées ne tardent pas à s’entre choquer, des milliers de guerriers rugissent dans la plaine qui se couvre de leur sang.

    © Le Vaillant Martial 

     

     

     


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    e suis Brigitt, Dôn, Boand ou DANA...

    Je suis la Terre, Je suis force créatrice, fertilité, principe de toute vie. Femme, épouse, mère, sœur, souveraine, guerrière, je suis multiple. Je suis la Déesse mère, celle que l’on nommait avec révérence Déesse du Destin ou Grande Déesse !

    D

     

    ana ... Mon nom résonne dans celui des gens de ma tribu... Des héros ! Aussi doués en art qu’en science, poésie ou magie... Des héros qui ont quittés les îles merveilleuses du Nord du monde porteurs de pouvoirs et talismans, grâce auxquels ils sont parvenus à écraser les Fomorii, ces horribles dieux venus des mers. C’était lors de la deuxième bataille de Mag turied et nous ignorions alors que ceux qui avaient pris le nom de Thuatha Dé Danann seraient la dernière génération de dieux à régner sur l’ile d’émeraude...

    Quelque temps plus tard en effet, des hommes, Les Gaëls ont envahi l’Irlande. Leur ruse a eu raison de la puissance de Thuatha Dé Danann, mes enfants ont dû quitter leur royaume et sont partis vivre sous les terres vers les terres verdoyantes, dans l’Autre Monde Celtique, le Sidh. 

    Le temps a passé jusqu’au jour où un homme est arrivé prêcheur d’une nouvelle religion. Nous avons souffert de la conversion de notre île, mais bien heureusement le nouveau dieu ne nous a pas entièrement supplantés. Nous étions si vénérés qu’il aurait été impossible de nous faire disparaître su brusquement à l’arrivée du christianisme ! Nos fêtes ont été transformées en des fêtes chrétiennes et progressivement l’Église a remanié nos histoires afin qu’elles correspondent à ses dogmes. Nos pouvoirs ont été amoindris, notre apparence diminuée : les déesses parfaites, aux connaissances infinies et innées sont devenues des fées spécialisées, à la beauté dangereuse. Bien vite, on en a fait des enchanteresses – simples mortelles ne détenant leur savoir qu’après un long enseignement... Mais réfléchis bien : ne retrouves-tu pas une parcelle de moi cachée en Saint-Anne ?

    Si aujourd’hui me voilà sur le point de te donner le secret de mes origines, c’est qu’il m’apparaît que nous sommes en grand péril. J’espère te donner envie d’en savoir un peu plus sur nous afin de nous réhabiliter dans nos spécificités, nous les « fées » que nous soyons divinités celtiques, fées médiévales, fées du folklore ou esprits de la nature... Car tu t’en rendras vite compte, il est moins question de dégénérescence  que d’imprégnation, d’héritage et de croisement de cultures.

     

    © Le Vaillant Martial 


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