• Er huitellour-noz (Le Siffleur de nuit)

       Le siffleur de nuit s’entend surtout dans les bois et les buissons bordant les chemins creux. Il siffle de temps en temps, et l’écho de son sifflet fait trembler tout le voisinage. Malheur à ceux qui lui adresseraient la parole ou qui siffleraient la nuit.

       Le passage à gué de la vieille route de Carnac au H’oah, aujourd’hui pont de la route de Carnac à la plage, était autrefois fréquenté par le siffleur de nuit.

       Un soir, des gens du bourg allaient à la pêche, ils entendirent un premier coup de sifflet en quittant le bourg près de la fontaine à la Vierge, quelques-uns d’entre eux n’osèrent pas aller plus loin, les plus courageux continuèrent leur route. En arrivant au H’oah (ruisseau), ils entendirent un deuxième coup de sifflet qui leur fit dresser les cheveux.

       Un sabotier qui était du nombre et qui avait bu quelques petits coups dans la journée, dit alors :

       « Labour ha pou arhoah paotr aveit keregin ho huitel a gaugh. » (Tu auras du travail demain, garçon, pour remplir ton sifflet de m ...) Il n’avait pas terminé sa phrase qu’un poids lourd tomba sur ses épaules comme si un homme s’y était posé, il était tellement lourd qu’à peine, il pouvait le porter, et ils entendirent tous une voix, qui semblait sortir d’une tombe et qui leur glaça le cœur, leur dire :

      « Kerhet get hou gent (allez votre chemin). »

       Ils prirent le sentier de la caserne de Brêno, la route de la plage n’existant pas encore) en marchant le uns après les autres, sans dire un mot.

       Ils firent leur pêche de même sans oser ouvrir la bouche, le sabotier portait toujours on homme.

       Au retour, à la même place, le poids disparut, mais le sabotier jura que jamais, il ne parlerait plus au huitellour-noz.

       Un matin de 25 décembre, des jeunes gens de Kerlann rentraient de la messe de minuit. En passant près de la vieille croix du village, l’un d’entre eux se mit à siffler, aussitôt, un coup de sifflet sec et strident se fit entendre tout auprès d’eux, quoiqu’ils ne vissent personne.

       Quelques pas plus loin, le jeune homme recommença de nouveau un coup de sifflet, mais bien plus fort, se fit entendre à ses oreilles. Ses camarades lui défendirent de recommencer, mais en rentrant chez lui, il se mit à nouveau à siffler. Au même instant, le sifflet du huitellour-noz se fit entendre près de lui. Heureusement qu’il put fermer sa porte, mais son chien qui n’avait pas eu le temps de franchir le seuil fut projeté dans les airs et ne fit jamais retrouvé.

     

    Zacharie Le Rouzic,
                                                                                                           Carnac, légendes, traditions
                                                                                                           Imprimerie bretonne, 1909.

     

    © Le Vaillant Martial

     

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