• La légende dorée de Bretagne autrement dit l’histoire des saints qui, du Ve au VIIe siècle, l’ont évangélisée, a pris naissance au cœur de l’immense baie de Saint-Brieuc, au point même où les eaux de la Manche, s’enfoncent le plus profondément dans la presqu’île Armoricaine.

    C’est là, en effet, entre Langueux et Yffiniac, à l’embouchure d’un petit ruisseau, le Russé de Bréha, qu’aborda vers l’an 460, Fracan, cousin d’un roi de Grande-Bretagne. Il était accompagné de femme Alba, ou Gwen, de ses deux fils, Weithnoc et Jacut et d’une suite peu nombreuse. Il s’avança dans les terres, à une lieue et demie environ du point où il était débarqué et dresse ses tentes pour fonder le premier plou breton, le plou de Fracan, qui porte encore son nom : Ploufragan.

    Le « Plou » indique la colonie civile, tandis que le « Lann » signifie la colonie religieuse, ecclésiastique.

    Fracan, avec l’aide des siens, défricha la partie du territoire où il s’était fixé et obtint bientôt de belles récoltes.

    Il ne resta pas longtemps, seul dans ces parages. Une autre bande, plus nombreuse conduite par Righall (chef puissant en Breton), ne tarda pas à « atterrir », tout auprès de Fracan, l’embouchure même du Gouët. Dont la belle vallée se déroule alentour du plateau sur les pentes duquel s’étale la ville actuelle de Saint-brieuc.

    Righall s’établi au pied d’un énorme chêne de l’espèce appelée chêne-rouvre, qui ombrageait  de ses épais rameaux  tout l’emplacement maintenant occupé par la Cathédrale de Saint Brieuc. Sous ce même chêne il édifia son manoir, qu’il nomma : Cour du Champ de Rouvre. Les compagnons de Righall se répandirent sur tout le littoral de la côte, à l’est de l’embouchure du Gouët.

    Ploufragan et el Champ du Rouvre sont à une lieue l’un de l’autre. Des relations amicales s’établissent entre les deux chefs de plous. Tout deux font l’élevage du cheval et chacun vente les produits de son haras...

    Et en l’an 480, pour juger de la supériorité de leurs étalons, ils organisent une épreuve qu’Arthur de la Borderie n’hésite pas à considérer comme le premier « concours hippique » qui se soit tenu en Bretagne.

    La piste choisie est l’immense grève qui forme le fond de la baie de Saint-Brieuc, entre le promontoire de Cesson et la presqu’ile d’Hillion qui lui fait face et où se tiennent, d’ailleurs les courses de Saint Brieux. Les chevaux sont montés par les jeunes des deux « plous ». Mal tenus, ils partent un dans toutes les directions, sauf un qui va droit au but, le jeune Maglus, fils d’un gouverneur de Fracan. Mais, en approchant du « poteau » le cheval s’emballe et précipite son cavalier sur un rocher. On le croit mort. Heureusement le dernier fils de Fracan, n » depuis son arrivée sur la terre armoricaine, Gwennolé, qui a déjà un grand renom de vertu, de science et de charité, secourt le blessé et, par ses soins et ses prières lui rend la vie...

    Quelques années plus tard, vers l’an485, une grande barque contenant 185 moines originaires du Northumberland aborda encore à l’embouchure du Gouët. Elle était conduite par, un vénérable abbé, nommé Brioc (ou Brieuc). Les émigrants suivirent la rive droite du Gouët dans la direction du sud et prirent la  petite vallée du second ruisseau qu’ils rencontrèrent, que Righall avait déjà remontée et qu’il avait nommé la vallée double.

    Ils arrivèrent auprès d’une humble fontaine dont l’eau claire s’épandait parmi les herbes et les cressons. Comme ils se reposaient, un chasseur survint qui, devant ces inconnus, se fit menaçant.

    - D’où venez-vous ? que voulez-vous ? demanda-t-il impérieusement
    -
    Nous venons d’outre-mer, répondit Brioc, nous voulons servir et honorer le vrai Dieu.

    Le chasseur n’en demande pas davantage. Il va trouver Righall, son maître, et lui rend compte de sa rencontre. Righall est souffrant et de mauvaise humeur. Il donne l’ordre à quelques-uns de ses hommes d’expulser de la Vallée Double ces étrangers qui se sont établis chez lui sans son autorisation. Les hommes partent et voilà que Righall sent augmenter ses douleurs, qui deviennent atroces. Il regrette son mouvement de colère. Il expédie, un messager avec l’ordre, non pas d’expulser, mais de traiter avec convenance les émigrants et de les amener à la Cour du Champ du Rouvre.

    À l’arrivée du messager Brioc choisit douze de ses moines et se rend avec eux chez le chef du plou.

    Dès que celui-ci l’aperçoit :

    - Mais c’est mon cousin Brioc, s’écrie-t-il, le grand docteur chrétien et renommé chez les Bretons d’outre-mer ! Dieu l’envoie sans doute pour me guérir.

    Les deux cousins s’embrassent. Brioc fait boire à Righall de l’eau fraîche et bénite à son intention. Les douleurs cessent aussitôt et Righall, en reconnaissance, décide d’abandonner son domaine du Rouvre à Brioc et à ses moines. Pour lui, il ira vivre dans la partie de ses terres entre l’Urne et Gouessant et qui deviendra le plou d’Hélion (aujourd’hui Hillion).

    En possession du beau domaine qu’il doit à la générosité de Righall, Brioc se met au travail  avec ses moines. Il défriche la Vallée Double et près d’une autre source encore plus abondante que la première, il construit de ses mains, un petit oratoire, qui occupait la place où s’élève aujourd’hui la chapelle de Saint-Brieuc.

    Mais en même temps qu’ils défrichaient le pays, les moines de Brioc l’évangélisèrent. Et Brioc âgé de 90 ans, non seulement les encourageait, mais leur donnait l’exemple.

    Cependant les environs du champ du Rouvre étaient recouverts de forêts « dont une infinité de bêtes sauvages étaient les hôtes ». Un soir, Brioc revenait de chez Righall. Il était accompagné de quelques-uns de ses religieux qui entouraient son chariot traîné par des bœufs. Tout à coup, au plein cœur du bois, une bande loups se jeta sur le cortège et le dispersa ; Brioc, n’entendait plus les répons des moines aux psaumes qu’il chantait, leva les yeux et aperçut à son tour les fauves aux prunelles brillantes, à la gueule menaçante, prêts à se ruer sur les bœufs de l’attelage et sur leurs conducteurs.

    L’abbé leva les mains. Les loups s’arrêtèrent et formèrent un cercle en dehors duquel se tenaient les moines. Ils restèrent ainsi jusqu’au matin.

    À ce moment, parut  un breton insulaire, nommé Conan, qui venait, lui aussi de prendre, pied sur le sol Armoricain avec les débris d’une armée qu’avaient vaincue les Saxons. Ce Connan et les siens étaient païens. Il s’arrêta tout surpris devant le spectacle étrange qui s’offrait à sa vue : « Le vieillard à longue barbe blanche siégeant sur son chariot comme sur un trône, le cercle des fauves prosternés devant lui, mais repoussant les moines qui les entourent ». Comprenant qu’il avait affaire à un prêtre chrétien, il lui dit :

    - Nous ne voulons désormais d’autre Dieu que le tien, baptise-nous...

      Brioc alors adressa aux loups des paroles sévères, leur enjoignant de rentrer dans la forêt et de n’en plus sortir. Ils obéirent, après avoir fait à l’abbé une profonde révérence....

    Un certain jour de l’an 510,  un messager venu de Lis Hélion se présenta devant Brioc, pour lui annoncer que Righall était à point de mort et voulait revoir son cousin avant de fermer les yeux.

    Brioc, malgré son âge et sa faiblesse, monte sur son chariot et accompagné de ses moines quitte le Champ du Rouvre. Comme de coutume, du haut de son chariot, tout en admirant le magnifique paysage de la grande baie, il chante des psaumes auxquels les moines répondent. Tout à coup voici que des voix merveilleuses se mêlent à celles des moines. La réplique vient du ciel et ce sont les anges qui la donnent.

    Enfin Brioc, arrive chez Righall. Les deux cousins s’embrassent une dernière fois. Righall communie de la main Brioc et après lui avoir dit non pas adieu, mais au revoir, s’endort dans le Seigneur.

    Quelques mois plus tard Brioc rejoignit Righall dans la mort. Dom Lobineau rapporte que la  chambre où il expira s’emplit d’une odeur délicieuse et qu’au moment de son trépas l’un de ses disciples  le vit tout en songe, tout rayonnant de lumière, gravir une échelle qui atteignait les portes du ciel.

    © Le Vaillant Martial 

     


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  • Dans la paroisse de Lesneven, fondée par le comte de Léon, Even dit « La terreur des Normands », vivait au début du XIVe siècle, un pauvre « Innocent », appelé Salomon ou Salaûn, que les gens du pays avaient surnommé Ar foll coat, le fou du bois.

    Il n’était ni bruyant, ni agité. Ses propos n’étaient pas toujours incohérents. Il parlait peu d’ailleurs, mais en marchant d’un pas paisible et lent pas les chemins de son pays, il répétait sans cesse une invocation : Avé Maria !

    Après la mort de ses parents ne sachant aucun métier qui lui permet de gagner sa vie, il se fit mendiant. Le bâton à la main, la besace sur le dos, quand il se présentait à la porte des métairies, les chiens n’aboyaient pas et les fermiers lui faisaient un accueil sympathique. De tous temps, en Bretagne, les mendiants, surtout quand ils sont un peu « simple ‘esprit » ont été regardés comme les messagers de Dieu. Ils portent assurent-t-on, bonheur aux villages qui les ont vu naître, qu’ils fréquent ou habitent.

    Comme il n’avait jamais fait de mal et encore moins de tort à qui que ce fût, Salaün était tout particulièrement aimé et respecté de ceux qui le connaissaient. Il demeurait dans un bois, à l’extrémité du village de Guic-Elleau,    tout auprès d’une claire fontaine. Il n’avait d’autre lit que le ta terre et d’autre abri que les arbres. Son corps perclus de souffrances était couvert de haillons. Il marchait toujours les pieds nus.

    Il quittait chaque matin son bois pour venir à la messe à Lesneven. Il répétait sans arrêt pendant toute la durée de l’office, les deux seuls monts de prière qu’il connût. De temps à autre, on l’entendait exprimer dans sa langue bretonne cette autre invocation : O itron gwerhès Maria (Oh ! Madame Vierge Marie !)

    Il lui arriva une fois de parler plus longuement. C’était pour confier à ceux qui consentirent à l’écouter, le secret d’une rencontre qu’il avait faite dans une de ses courses.

    Comme il traversait une clairière, une grande dame magnifiquement vêtue d’un robe de soie blanche constellée de perles fines et tenant, par la main, un petit enfant, était venue au-devant de lui. Sa beauté avait l’éclat du jour, et ses traits pleins de douceur témoignaient de sa beauté. Elle s’avançait en souriant. Sur ses pas naissaient des roses. Une lumière fluide et parfumée l’environnait de toutes parts, et, comme pour accompagner sa marche légère, les accords d’une musique entre toutes mélodieuse vibraient dans l’espace.

    Convaincu de se trouver en face de la reine des deux Bretagnes, Salaün, timidement essaya de se cacher derrière un gros arbre.

    La dame l’aperçut cependant.

    - Pourquoi te caches-tu ? lui demanda-t-elle. Il ne faut pas prendre crainte de moi. Je suis celle que tu appelles sans cesse. Parce que je sais ton grand amour pour moi, je viens te voir, pour te dire qu’il faudra, dès que tu le pourras, me faire construire une belle église auprès de la fontaine où tu te désaltère, après y avoir trempé le pain du que l’on t’a donné.

    En entendant ces paroles, Salaün, qui avait deviné l’identité de la « dame » était tombé à genoux, en répétant, les mains jointes : O Maria ! O Maria !

    Sous l’éblouissement de la lumière ses paupières s’étaient fermées et il avait senti les lèvres de la Vierge se poser sur son front.

    Quand il ouvrit les yeux, la vision avait disparu.

    Après cette belle rencontre, à laquelle personne ne voulut croire, Salaün continua de mener sa vie de misérable.

    Il ne pouvait pas travailler. Il errait, sans but apparent, à travers les bois, les champs. Parfois, au plein cœur de l’hiver, alors que la glace couvrait les ruisseaux, il se déshabillait et se baignait. Lorsqu’il avait repris ses haillons, il montait dans les branches d’un arbre et se balançait pour se réchauffer en répétant toujours sa prière : O Maria ! O Maria !

    La guerre civile à cette époque, désolait la Bretagne. Les troupes de Charles de Blois étaient aux prises avec les troupes de Jean de Montfort. Les soldats des deux partis, tant il est vrai qu’en temps de calamité l’homme devient un loup  pour l’homme, ravageaient les compagnes. Sans hésiter, ils mettaient à mort les paysans qu’ils rencontraient, quand ceux-ci refusaient de se déclarer, selon le cas pour l’un ou l’autre des prétendants à la couronne ducale. Un jour Salaün ar Foll fut surpris par l’une de ces troupes.

    - Qui vive lui cria-t-on.

    Sa réponse cette fois ne fut pas celle d’un fou :

    - Je ne suis ni Blois ni Monfort, dit-il, je suis Salaün, serviteur de Madame Marie.

    Les maraudeurs, tout d’abord, se prirent à rire. Mais les yeux du mendiant exprimaient une telle confiance que ses agresseurs, sans lui faire aucun mal, et n’ayant d’ailleurs rien trouvé  sur lui qui eût quelque valeur, le laissèrent poursuivre tranquillement son chemin.

    Salaün mena ainsi pendant quarante années son existence pieuse et nomade. A la fin d’un été, il tomba gravement malade. Le curé de Guic-Elleau vint le voir. Il le trouva dans un grand état de misère et voulut le faire transporter dans une maison voisine, Salaün repoussa ses offres, comme il repoussa celle des habitants compatissants de Lesneven, qui se présentaient pour le soigner. Il ne voulait pas abandonner sa retraite et c’est au seuil de celle-ci, au pied des arbres qui n’avaient pas encore perdu toutes leurs feuilles, qu’on le retrouva mort, le jour de la Toussaint de l’an 1358.

    Très peu de semaines après son décès, on raconte dans la région qui s’étend de Lesneven à Saint-Pol de Léon, que des événements qui tenaient du prodige, se produisaient aux alentours et même à l’intérieur de la tombe de Salaün. Notamment, on avait, à plusieurs reprises, vu trembler la terre qui recouvrait son corps. Des bruits insolites, qui tantôt paraissaient des cris d’appel, tantôt des grondements de colère ou des sanglots, jetaient l’effroi dans l’âme des passants.

    À la suite de ces propos, les uns déclarèrent que Salaün était, de son vivant, possédé du démon, les autres, au contraire, affirmèrent que sa vie se pouvait se donner en exemple et que, conséquence de sa piété, sa  mort avait été celle d’un saint.

    L’opinion publique ne tarda pas à se diviser au sujet de l’innocent, à tel point que la discorde entra dans quelques familles.

    Afin de mettre la paix dans son troupeau, le curé de Guic-Elleau, résolut de se rendre sur la tombe de Salaün. En présence des habitants assemblés, il prononça, les paroles rituelles des exorcismes et, en faisant plusieurs signes de croix adjura Salaün, d’en sortir à l’instant.

    A la troisième sommation la terre se gonfla et s’affaissa plusieurs fois, comme une poitrine qui respire. Des bruits étranges se firent entendre. Sourds et imprécis au début, ils se muèrent peu à peu en une  sorte de chant. Qu’accompagnaient des violes et des hautbois.

    L’anxiété étreignait les assistants. Le prêtre renouvela ses prières. L’agitation du sol grandissait toujours. Une atmosphère d’angoisse planait sur les esprits. Chacun se rendait compte qu’un événement capital et mystérieux allait survenir. Si Satan obéissait à l’adjuration, peut-être, parmi les flammes jaillies de toutes, verrait-on apparaître un effrayant dragon et un visqueux crapaud.

    A la dernière oraison la terre se souleva plus fortement encore. Les chants et les accords mélodieux s’amplifièrent. De suaves et délicats arômes emplirent l’espace. Tout le monde se mit à genoux et, d’une même voix, entonna la salutation angélique.

    Un lys magnifique au calice immense et d’une blancheur immaculée venait de s’élancer du sol. Sa haute tige montait droite et verte, parallèlement à la croix de bois placée au chevet de la tombe. À l’intérieur de la corolle liliale, les pistils étaient disposés de telle sorte qu’ils brodaient en lettres d’or l’invocation si souvent répétée durant sa vie par Salaün : O Maria !

    Cette fleur miraculeuse demeura pendant six semaines dans une éclatante et fraîche beauté. Elle résista aux ardeurs du soleil, aux souffles du vent, aux lances de la pluie, car le récit du prodige s’était, de bouche en bouche, rapidement colporté dans toute la Bretagne.

    Cependant les incrédules se trouvaient parmi les visiteurs. D’autres se demandaient encore si ce n’était pas là une nouvelle ruse du Malin.

    Les ecclésiastiques, les nobles et les officiers de Jean de Monfort décidèrent d’un commun accord, de creuser la terre avec précaution, autour de la tige du lys merveilleux. Quand le travail fut terminé, croyants et incrédules constatèrent que cette tige sortait de la bouche du mort.

    Jean de Monfort ne tarda pas à apprendre cette surprenante nouvelle. On lui rapporta en même temps le récit de l’entrevue de Salaün avec la « dame » de ses pensées et de ses prières. Il fit le vœu, s’il triomphait de Charles de Blois de bâtir une chapelle à la vierge du Fou du bois.

    Au lendemain de la bataille d’Auray (29 septembre 1364) qui, par la mort de son rival, le faisait seul duc de Bretagne, Jean IV posa solennellement la première pierre de l’église, au lieu-même où le lys avait poussé.

    Le gouvernement de son duché, les luttes qu’il dut soutenir encore, tant contre le roi de France que contre certains de ses vassaux, demeurés fidèles à Jeanne la Boiteuse , veuve de Charles de Blois, l’obligèrent d’abandonner la construction qu’il avait projetée, alors que les fondations étaient à peine hors du sol.

    Ce fut Jean V qui acheva l’œuvre commencée par son père, avec le concours de Notre Dame du Folgoët, où se tient les 7 et 8 Septembre, un pardon célèbre, est regardée à juste titre comme l’une des merveilles architecturales de la Bretagne.

     

    © Le Vaillant Martial


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  • Le revenant du miz-du [1]

       Dans la maison de Jean Le Bihan, tenancier du château de Kermabo  , il y avait une grande animation ce soir-là, soir de novembre. On avait eu une rude journée de labeur, car le brave paysan terminait ses charrois et les voisins lui prêtaient main-forte.

       Les hommes avaient renouvelés à la hâte la litière de l’écurie, les femmes avaient repris quenouilles et fuseaux, et tout le monde se pressait autour de l’âtre, les pieds dans la cendre. Le dîner avait été copieux, pour régaler ses auxiliaires, la ménagère Louison avait préparé une bassinée de fine fleur de blé noir et passé à la poêle des crêpes croustillantes assaisonnées de beurre frais. Le cidre nouveau qu’on buvait à même le pressoir avait éveillé les imaginations et délié les langues.

       Naturellement en cette saison des morts, les sujets lugubres sollicitaient de préférence, la verve des conteurs. Ils faisaient large part aux revenants. Chacun écoutait attentif, les vaillants valets de charrue et les belles filles de ferme, qui dissimulaient mal, sous un sourire sceptique, les craintes de leur cœur, Perrine, la petite bergère, qui tremblait de tous ses membres, jusqu’au chat Mataù, qui le nez contre les bûches du foyer, ne dormait que d’un œil, et au chien Fridu, qui gravement assis contre le banc, aspirait l’air de temps en temps avec inquiétude, comme il avait entendu entre les âmes. Majestueuse dans sa boîte de chêne, l’horloge marquait les heures de son tic-tac monotone et régulier.

       « Or ça s’écria Jean Le Bihan, en s’adressant aux esprits forts, aux jeunes gens qui trouvaient à redire aux histoires merveilleuses, il est évident qu’il s’agit là de contes de bonnes femmes. Aussi je suis convaincu que nul d’entre vous ne refusera la proposition que je vais vous soumettre. Voici un double écu que je dépose sur la table. Eh bien il est à celui d’entre vous qui aura le courage de passer la nuit dans l’ossuaire de la paroisse ! »

       La foudre tombant aux pieds des gouailleurs n’aurait pas produit un effet plus terrifiant. D’instinct les corps se redressèrent sur leurs sièges, les mains saisirent les chapeaux et les yeux se tournèrent vers la porte, comme pour chercher une issue pour s’enfuir. Les plus braves avaient perdu la parole et auraient voulu éloigner l’ossuaire à cent kilomètres du village.

     

      « Décidément, observa Jean Le Bihan, l’air de plus en plus malicieux, l’enjeu n’est sans doute pas jugé suffisant. Je double la mise.

    - Vous avez vraiment beau mérite à nous adresser en ce moment semblable proposition, répondit à la fin le principal rieur. Vous oubliez qu’après une telle journée de fatigue, nous n’avons qu’une envie : regagner nos lits !

    - Si personne n’y va, moi j’irai bien, maître, dit une voix douce dans un coin de la salle, la somme me permettra de faire célébrer la messe à l’intention de l’âme la plus abandonnée du purgatoire, et le bon Dieu sera content. »

        C’était Perrine la bergère, qui maintenant ne tremblait plus, et qui pleine d’assurance n’attendait qu’un mot de Jean Le Bihan.

        Aux premiers sons de sa voix, les auditeurs demeurèrent interdits : était-ce possible ? Puis tous se levèrent, le chat Mataù, le chien Fridu, les grandes servantes et le valet de charrue, pour témoigner leur admiration à l’héroïque enfant.

       « Va ma Perrine, s’écria Louison la fermière, tu es la plus courageuse, Dieu te protègera ! »

       Le cimetière de la paroisse, dans lequel les vieux ancêtres dormaient de leur dernier somme était un enclos solitaire, d’aspect lugubre, où nul n’aurait osé pénétrer, une fois la nuit tombée. À contempler ses crois de bois et ses monuments de pierres derrière lesquels les rayons de la lune projetaient des ombres, on aurait dit une armée de fantômes pressés contre l’église ainsi qu’un troupeau de moutons contre la cabane du berger pendant le durée de l’orage.

       Dans un coin, dissimulé parmi les ronces, les orties et les herbes folles, l’ossuaire se dressait, montrant ses murs moussus, son treillage vermoulu et son toit croulant. L’entrée en était bien gardée. Le long du rebord extérieur, une rangée de crânes s’alignait dans leurs petits édicules de bois, et l’aspect était si horrible, avec leurs bouches édentées et leurs orbites vides, qu’on ne pouvait les considérer  sans frémir. Au fond, on distinguait un amas d’ossements informes que la mort impitoyable avait confondus et sur lesquels l’usure de la tombe n’avait pas laissé subsister un lambeau de chair.

       Pourtant, Perrine ne trembla pas. Elle avait conscience qu’elle accomplissait une action méritoire, et son âme n’éprouvait pas la moindre inquiétude. Il lui semblait qu’elle entrait chez des amis et que ces débris d’âtres humains lui adressaient de douces paroles.

       Bien qu’elle fût très jeune, il y avait là tant de gens qu’elle avait connu jadis, Noluen, la bergerette, qui gardait les vaches avec elle dans les landes de Kério, Joson le fils du meunier de Kermabo, qui suivait en même temps qu’elle les leçons du catéchisme, Lehann Robeau, le gai charpentier qui venait raboter les planches au village et dont la voix matinale réveillait les dormeurs dans les fermes, Matelin  Trafikour, le tailleur, qui assis sur des gerbes de paille, confectionnait des robes aux filles et raccommodait les chupens[2] de ses gars, en chantant des chansons amusantes  ou en contant aux enfants des histoires terribles.

       Eh oui, y en avait-il là des amis qu’elle avait fréquentés, bonnes figures de vieillards qui avaient conservé, à travers les épreuves de l’existence, le calme des consciences paisibles, gracieux visages de jeunes filles, qui la veille encore, revêtus des charmes de la beauté, s’étaient fanés soudain sous le souffle de la mort ! Pourquoi aurait-elle éprouvé quelque crainte en leur société ? Ils ne lui avaient fait que des joies de leur vivant, pouvaient-ils lui causer quelque peine après leur mort ?

       Elle s’arrangea pour dormir dans un coin et dormit en effet jusqu’à l’aube en rêvant qu’elle était dans son lit clos. La cloche appelant les chrétiens à la messe la réveilla le lendemain. Aussitôt, elle quitta son refuge. Monsieur le recteur entrait dans le cimetière.

       « Si cela ne vous déplaît pas, lui dit-elle, vous célèbrerez ce matin la messe à mes intentions. »

    Le pasteur s’arrêta, surpris :

    « Tes intentions ? Et quelles sont-elles, mon enfant ?

    - C’est pour l’âme la plus abandonnée du purgatoire. »

        Le prêtre se conforma au désir de la fillette. Pieusement, celle-ci assista au saint-sacrifice, puis quand le prêtre l’eut fini, elle lui remit son offrande et s’esquiva sans plus d’explications. Elle suivait joyeuse la route jusqu’à Kermabo, lorsque dans un détour, elle vit s’avancer vers elle un vieillard de mine distinguée revêtu d’habits somptueux, semblables aux riches bourgeois de la ville.

       « Puisque tu rentres à Kermabo, mon enfant, fit-il, tu ne refuseras pas d’ajouter une action méritoire à celle que tu as accomplie cette nuit. Prends cette lettre. Tu la remettras au propriétaire du château. Dieu se chargera de té récompenser. » Et après lui avoir souri d’un sourire si doux qu’elle en le cœur pénétré, le mystérieux personnage disparut, sans qu’elle s’expliquât de quelle façon.

       « Un revenant, pensa-t-elle, je n’aurais jamais cru qu’un revenant fût si gracieux. Sûrement celui-là devait être dans l’ossuaire avec les autres, puisqu’il sait d’où je viens. »

        D’une traite elle courut jusqu’au château : »Messire, déclara-t-elle au maître, j’ai une lettre pour vous, si je ne me trompe, elle vous arrive en droite ligne de l’autre monde. » Le seigneur la considéra, surpris, ouvrit la missive et pâlit.

       « Voyons, mon enfant, répondit-il, serais-tu capable de reconnaître l’homme qui t’a chargée de cette commission, si tu le rencontrais ? »

    - Oui vraiment, dussé-je vivre cent ans, je distinguerais entre mille. Je ne perdrai jamais le souvenir de son beau visage et de son sourire radieux.

    - Regarde alors, reprit le gentilhomme, en montrant une galerie de portraits dans laquelle une foule de personnages s’alignaient dans des costumes d’apparat, sous leurs robes de pourpre et leurs armures brillantes.

    - Le voilà, s’écria Perrine en montrant un vieillard aux cheveux blancs, à la figure douce, mais aux traits empreints d’une grande fermeté.

    - Il n’y a donc pas erreur, hélas ! murmura le gentilhomme, il faut que j’obéisse à la volonté de mon père ! » C’était vrai en effet. La lettre qu’il avait reçue émanait de son père, le vieillard au bon visage, mort depuis vingt ans, dont l’âme, la plus abandonnée du purgatoire, avait été délivrée grâce à la messe de Perrine. Cette lettre, après lui avoir reproché l’oubli où il l’avait laissé, lui intimait l’ordre formel de quitter son château et ses biens et de les laisser à l’humble pastourelles qui en était instituée l’héritière.

       L’ordre était sans réplique, il fallait obéir. Le noble homme dut résigner  sa fortune. Perrine, élevée à la dignité de châtelaine, prit sa place. Elle employa son avoir à un noble usage et devint la bienfaitrice du pays. Grâce à elle, l’ossuaire de la paroisse fut restauré, les pauvres soulagés, et une messe fondée à perpétuité  pour les âmes les plus abandonnées du purgatoire.

        Elle est morte aujourd’hui. Dieu la mette en son saint paradis.

    François Cadic, contes et légendes de Bretagne, éditions Spes Paris, 1929.

     © Le Vaillant Martial



     

    [1] Miz Du est le nom que l’on donne en Bretagne au mois de Novembre : Mois noir

    [2] Vestes 

     




     

     


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  • Il y avait une fois un jeune garçon, nommé Pipi Menou, qui gardait tous les jours ses moutons, sur une colline, au bas de laquelle s’étendait un bel étang. Il avait remarqué que, souvent, quand le temps était beau, de grands oiseaux blancs s’abattaient près de cet étang. Mais, dès qu’ils touchaient la terre, chaque peau emplumée se fendait, s’entr’ouvrait, et il en sortait une belle jeune fille, toute nue. Puis, elles entraient dans l’étang, et s’y baignaient et folâtraient au soleil. Un peu avant le coucher du soleil, elles sortaient de l’eau, rentraient dans leurs peaux emplumées, et s’élevaient dans l'air, bien haut, avec de grands bruits d’ailes.

    Le jeune berger regardait tout cela, de loin, du haut de la colline, et il en était fort étonné et n’osait pas s’approcher de l’étang. Cependant, cela lui paraissait si extraordinaire, qu’il en parla, un soir, à la maison.

    Sa grand’mère, qui tournait son fuseau entre ses doigts, assise sur un galet rond (eur vilienn), au coin du foyer, lui parla de la sorte :

    - Ce sont des femmes-cygnes, mon enfant, filles d’un puissant magicien, et qui habitent un beau palais, tout resplendissant d’or et de pierres précieuses, et retenu par quatre chaînes d’or, au-dessus de la mer, bien haut, bien haut.

    - N’y aurait-il donc pas moyen d’aller voir ce beau château, grand’mère ? demanda le jeune garçon.

    - Cela n’est pas facile, mon enfant ; cependant, on peut y aller, car du temps que j’étais jeune, on parlait d’un garçon de ton âge, à peu près, nommé Roll Dagorn, qui y avait été, et en était même revenu, et c’est par lui qu’on a eu des nouvelles de là-haut.

    - Et comment faut-il donc s’y prendre pour y aller, grand ’-mère ?

    - Ah ! pour cela, il faut n’être pas peureux, d’abord ; ensuite, il faudrait se cacher dans les buissons qui bordent l’étang, s’y tenir bien tranquille et bien silencieux, puis, quand les princesses (car ce sont des princesses) auraient quitté leurs peaux de plumes, enlever une de ces peaux et ne la rendre, ni pour prières ni pour menaces, qu’à la condition être transporté jusqu’au château aérien, d’être aidé et protégé par celle dont ou tient le vêtement, et de l’épouser ensuite. Il n’y a pas d’autre moyen.

    Pipi écouta attentivement les paroles de sa grand’mère et ne fit que rêver, toute la nuit, des femmes-cygnes et de leur palais.

    Le lendemain matin, il partit avec ses moutons, comme à l’ordinaire, mais, bien décidé à tenter l’aventure. Il alla se cacher parmi les saules et les aunes qui bordaient l’étang, et, à l’heure accoutumée, le ciel s’obscurcit et il vit trois grands oiseaux blancs, aux ailes énormes, qui planaient au-dessus de l’étang. Ils s’abattent sur le rivage, leurs peaux s’entr’ouvrent, et il en sort trois jeunes filles, d’une beauté merveilleuse, qui se jettent aussitôt à l’eau et se mettent à nager, à se poursuivre et à folâtrer. Pipi était à son affaire ; sans s’attarder à regarder les belles baigneuses, il s’empara de la peau emplumée de l’une d’elles. C’était celle de la plus jeune et la plus jolie des trois. Elles l’ont aperçu et, sortant aussitôt de l’eau, elles se précipitent sur leurs vêtements de plume. Les deux aînées trouvent bien les leurs, mais l’autre, voyant le sien entre les mains de Pipi, court à lui en criant :

    - Rends-moi mon vêtement.
    - Oui, si vous voulez me porter jusqu’au palais de votre père.
    - Nous ne pouvons pas faire cela, - dirent les trois sœurs ensemble, - il nous battrait, et toi-même tu serais mangé par lui ; rends vite le vêtement de plume de notre sœur.
    - Je ne vous le rendrai que si vous me promettez de me porter jusqu’au palais de votre père.

    Les deux aînées, déjà dans leurs peaux emplumées, vinrent au secours de leur sœur.

    - Rends son vêtement de plumes à notre sœur, ou nous allons te mettre en pièces ! crièrent-elles.
    - Bast ! Je n’ai pas peur de vous, répondit Pipi, bien qu’il ne fût pas très rassuré.

    Voyant que ni prières ni menaces ne pouvaient le fléchir, elles dirent à leur cadette :

    -Il faut faire ce qu’il te demande, car sans tes plumes, tu ne peux retourner à la maison, et si notre père nous voyait revenir sans toi, il nous punirait sévèrement.

    La jeune princesse pleura, mais promit. Pipi lui rendit alors sa peau de plume. Elle s’y introduisit et lui dit ensuite de monter sur son dos ; - ce qu’il fit. Alors, les trois sœurs s’enlevèrent en l’air, si haut, que le jeune garçon ne vit plus ni la terre ni l’eau. Mais, il aperçut bientôt le château du magicien, retenu au-dessus des nuages par quatre chaînes d’or.

    Les princesses n’osaient rentrer avec le jeune pâtre. Elles le déposèrent dans le jardin, qui était sous le château, et le recommandèrent au jardinier. Elles rentrèrent, un peu plus tard que d’ordinaire, et leur père les gronda et leur défendit de retourner, pendant quelques jours, à l’étang, si bien qu’elles s’ennuyaient fort, dans leurs chambres. Elles ne faisaient que rêver de Pipi, qui était joli garçon, et celui-ci, de son côté, était aussi tout préoccupé d’elles, surtout de celle qui l’avait porté sur son dos, si bien que, des deux côtés, ils songeaient aux moyens de se rejoindre. Tous les soirs, la mère des princesses descendait, au bout d’une corde, un grand panier, dans le jardin, et le jardinier le remplissait de légumes et de fruits, pour la provision du lendemain, puis la vieille le remontait. Un soir. Pipi se plaça dans le panier, sous les choux, les carottes et autres légumes. *

    Quand la vieille tira à elle :

    - « Comme c’est lourd ! Qu’avez-vous donc mis dans le panier ? » Demanda-t-elle au jardinier, qui ne répondit pas, car il avait, pour cette fois, confié à Pipi le soin de la provision journalière.

    Mais, la jeune princesse était à sa fenêtre, et elle avait reconnu Pipi, dans le panier. Elle s’empressa d’aller porter aide à sa mère et lui dit :

    « - Laissez-moi faire, ma mère, et ne vous donnez pas tant de mal, à votre âge ; je monterai désormais le panier, tous les soirs ; ne vous en inquiétez pas davantage. »

    La vieille s’en alla, satisfaite des attentions de sa fille pour elle. Pipi fut alors hissé en haut et caché dans la chambre de la princesse, où il passa la nuit. Et chaque soir, il montait ainsi, par le même chemin, et descendait le matin, de bonne heure. Mais, les deux aînées, ayant découvert la fraude, furent jalouses de leur cadette, et menacèrent de tout dévoiler, si Pipi ne leur rendait aussi visite. Alors, Pipi et la jeune princesse résolurent de quitter ensemble le château, et de descendre sur la terre. Ils remplirent leurs poches d’or et de pierres précieuses, puis, quand tout le monde dormait, la jeune magicienne revêtit sa peau de plume. Pipi lui monta sur le dos, et ils partirent. Le lendemain matin, le vieux magicien et sa femme se mirent à leur poursuite ; mais, c’était trop tard, et ils ne purent les atteindre.

    La princesse se fit baptiser, car elle n’était pas chrétienne, puis Pipi l’épousa, et ils vécurent heureux ensemble, et eurent plusieurs enfants. Mais, on dit que ces enfants leur furent tous enlevés par les Morgans.

    Conté par Marie Tual, dans l’ile d’,Ouessant mars 1873.

    © Le Vaillant Martial

     

     


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  • Sur la côte nord d’Islay vivait jadis un fermier, possesseur d’un grand troupeau. Un jour, il naquit un veau et une vielle femme qui vivait dans le pays, dès qu’elle vit le veau, ordonna qu’il fût mené chez elle. Elle le garda sept ans et le nourrit avec le lait de trois vaches.

    Longtemps après, une servante faisant paître les bêtes au bord d’un lac, s’était assise près de la rive. Elle était là, depuis peu, quand elle vit venir un homme qui la pria de démêler sa chevelure. Elle consentit à lui rendre ce service, alors il plaça sa tête sur les genoux de la vachère, et elle commença à le peigner.

    Mais bientôt, elle eut une grande frayeur, car elle découvrit parmi ses cheveux quantité de varechs. La vachère savait bien que si elle poussait un cri, c’en était fait de sa vie, elle garda donc sa terreur pour elle, et continua à peigner l’homme jusqu’à ce qu’il s’endormait, la tête sur ses genoux.

    Aussitôt, elle détacha son tablier et le posa à terre avec son fardeau, puis elle courut de toutes ses forces vers sa cabane.

    Quand elle fut près du village, elle jeta les yeux derrière elle, et elle aperçut son amoureux qui la poursuivait sous la forme d’un cheval. Il était sur le pont de l’atteindre quand la vieille, le voyant venir, ouvrit la porte au taureau sauvage qui s’élança dehors.

    Dès qu’il aperçut le cheval, il se rua contre lui, en luttant, ils tombèrent ensemble dans la mer sans que personne pût dire quel était le vainqueur. Le lendemain le corps du taureau fut retrouvé  sur le rivage, déchiré et dépouillé. Quant au cheval nul ne le revit jamais.

    Campbell, West Higlands popular Tales.

    © Le Vaillant Martial 

     


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