• Daou vab ar pesketaer

    Les deux fils du pêcheur

    Une fois il y avait, une fois il y aura,
    Pour donner carrière à tous les contes [i]

    Il y avait une fois un vieux Pêcheur dont la femme était enceinte. Un soir il revint à la maison, n’ayant rien pris. Mais sa femme avait envie de manger du poisson, et il lui fallut retourner tout de suite au rivage. Il jeta ses filets et amena un très-beau poisson. Il en était tout heureux :

    - À présent, du moins, se disait-il, ma femme me donnera un peu de paix. Mais voilà qu’au moment où il voulut prendre le poisson, celui-ci se mit à parler, et lui dit :

    - Quand je serai mort, donnez ma chair à manger à votre femme ; mon cœur, avec l’eau où j’aurai été lavé, à votre jument ; et mes entrailles et mes poumons, à votre chienne.

    Le vieux Pêcheur fut bien étonné d’entendre parler un poisson, comme un homme. Jamais il n’avait vu pareille chose. Il répondit :

    - Je le ferai. Puis, il s’en revint à la maison.

    En arrivant, il dit à sa femme :

    - C’est moi qui ai pris un beau poisson !  Voyez, femme, comme il est beau et grand !
      - Oui vraiment ; il faut le faire cuire.
      - Si vous saviez ce qu’il m’a dit !
      - Qui ? Le poisson ?
      - Oui, le poisson.-

     Et que vous a-t-il donc dit ?

    - Qu’il faut vous donner sa chair à manger, son cœur, avec l’eau qui aura servi à le laver, à notre jument, et ses entrailles et ses poumons, à notre chienne.-

    - Alors il faudra faire comme il a dit.

    On fit cuire le poisson, et la femme du pêcheur mangea sa chair, la jument mangea son cœur et la chienne, ses entrailles.

    Tôt après, la femme du pêcheur accoucha et elle donna le jour à deux jumeaux, deux enfants superbes. Ils se ressemblaient si bien, qu’il fallut mettre un ruban au bras de l’un d’eux, pour les distinguer l’un de l’autre. La jument aussi eut, le même jour, deux petits poulains, qui se ressemblaient parfaitement, et la chienne mit bas également deux petits chiens qu’il était impossible de distinguer l’un de l’autre.

    - À merveille ! dit le pêcheur ; un poulain et un chien pour chacun de nos enfants.

    Les deux enfants venaient bien. Quand ils furent arrivés à l’âge de quinze ou seize ans, l’un d’eux dit à ses parents qu’il s’ennuyait à la maison et qu’il voulait voyager. Son père, sa mère et son frère firent de vains efforts pour le retenir ; il fallut le laisser partir. Mais avant de se séparer, il recommanda à son frère d’aller tous les matins, en se levant, donner un coup de couteau dans le tronc d’un laurier qui se trouvait dans le jardin ; quand il en sortirait du sang, alors il serait mort ; mais jusqu’alors, il n’aurait pas à être inquiet sur son sort.

    Il partit, emmenant son cheval et son chien. Il marcha tant et tant qu’il arriva, un jour, dans une longue avenue de vieux chênes. Il suivit cette avenue et, à l’extrémité, il se trouva devant un beau château. Il frappa à la porte : on lui ouvrit, et il demanda au portier si l’on n'avait pas besoin d'un domestique dans le château. On le prit comme valet d’écurie. Comme il était laborieux, adroit, et un beau garçon aussi, il plut, vite, au seigneur ; et son cheval et son chien lui plaisaient aussi. Mais s’il plaisait au seigneur, il plaisait davantage encore à sa fille, une jeune demoiselle d’une grande beauté. Enfin, il lui plut si bien, qu’ils se marièrent ensemble, au bout d’un an.

    Les deux jeunes époux vivaient heureux, se promenant tous les jours dans les jardins et les bois qui entouraient le château. Un jour, le fils du pêcheur remarqua que les fenêtres et les portes d’un côté du château étaient toujours fermées. Il en demanda la raison à sa femme.

    - C’est que, répondit-elle, il y a de ce côté du château une cour qui est remplie de bêtes venimeuses, couleuvres, crapauds, salamandres et autres reptiles.

    À partir de ce moment, il ne faisait que songer à cette cour, et il avait une grande envie d’aller voir si ce qu’on lui en avait dit était vrai. Un jour, qu’il se promenait de ce côté du château, avec son cheval et son chien (sa femme ne l’accompagnait pas ce jour-là),  en passant devant la porte, il se dit :

    - Il faut absolument que je voie ce qu’il y a là !

    Il frappa à la porte ; elle lui fut ouverte par une vieille petite femme qui lui parla de la sorte :

    - Bonjour, mon fils ; tu viens donc me voir, enfin ?
    - Bonjour, grand-mère.
    - Entre, vite, et viens que je te fasse voir les belles choses que j’ai ici. Tiens, voilà deux chaînes, pour attacher ton cheval et ton chien.

     Et elle s’arracha deux cheveux de la tête et les lui présenta. Et aussitôt les deux cheveux se changèrent en deux chaînes, avec lesquelles il attacha son cheval et son chien à deux poteaux de pierre qui étaient là, un de chaque côté de la porte. Le cheval et le chien, en voyant cela, se mirent à se démener, pour s’en défendre, à hennir et à hurler ; mais ce fut en vain, ils furent attachés et il leur fallut rester là.

    - Suis-moi, à présent, mon fils, que je te fasse voir mon château, reprit la vieille femme ; viens voir toutes les belles choses que j’ai ici ; jamais tu n’as rien vu de pareil. Allons d’abord voir le moulin de rasoirs.

    Quand ils furent devant la grande roue, toute garnie de rasoirs :

    - Vois, mon fils, quelle merveille ! Mais baisse toi un peu, penche-toi par ici, tu verras mieux.

    Et comme il se penchait sur l’abîme, sans songer à mal, la vieille diablesse le poussa, et il tomba sur la roue et fut haché menu et moulu, comme de la sciure de bois !

    Son frère, qui était resté à la maison, allait chaque matin, en se levant, donner un coup de couteau dans le tronc du laurier du jardin, et, comme il n’amenait pas de sang, il ne s’inquiétait de rien et il se disait :

    - Dieu soit loué ! Il est toujours en vie, mon frère chéri ?
    - Mais hélas ! Ce matin-là, dès qu’il eut donné son coup de couteau, comme à l’ordinaire, le sang jaillit du tronc du laurier.
    - O malheur ! Mon pauvre frère est mort ! s’écria-t-il aussitôt.

     Et le voilà d’aller trouver son père, les larmes aux yeux, et de lui dire :

    - Hélas ! Mon père, mon pauvre frère est mort !
    - Comment peux-tu savoir cela ?
    - Il m’avait recommandé, avant de partir, d’aller tous les matins, en me levant, donner un coup de couteau dans le tronc du laurier de notre jardin, me disant que lorsque j’amènerais du sang, il serait mort. Hélas ! Ce matin, le sang a jailli du tronc du laurier : mon pauvre frère est mort ! Mais je veux aller à sa recherche, et je ne cesserai de marcher, ni la nuit ni le jour, que quand je l’aurai retrouvé.

    Son père et sa mère eurent beau le supplier, en pleurant, de ne pas les abandonner dans leur vieillesse, il ne les écoutait, et il partit, emmenant aussi son cheval et son chien, comme son frère. À force de marcher, nuit et jour, sans jamais s’arrêter, il arriva dans la même avenue de chênes que son frère. Il frappa aussi à la porte du château, et on lui ouvrit aussitôt. La femme de son frère, en le voyant entrer dans la cour, le prit pour son mari, et, descendant l'escalier au plus vite, elle vint se jeter dans ses bras, en criant :

    Te voilà donc, mon pauvre époux ! Dieu, que tu m’as causé du chagrin ! Je craignais que tu ne fusses allé dans la cour de derrière du château, car de là personne ne revient ! —

    Celui-ci vit bien qu’on le prenait pour son frère, et il dit :

    - Je m’étais égaré dans le bois, je ne sais comment ; mais je n’ai pas éprouvé de mal.

    Et la joie de renaître dans le château, au milieu de la plus grande affliction ! —

    Quand l’heure du repas fût venue ils mangèrent à la même table, puis, ils montèrent ensemble à leur chambre à coucher. Avant de se mettre au lit, le jeune homme plaça son épée nue entre la femme de son frère et lui.

    - Pourquoi donc fait-il cela ? se disait en elle-même la jeune femme, étonnée.

    Le fils du pécheur, qui tremblait d’être reconnu, dit qu’il était accablé de fatigue et qu’il voulait dormir. Mais la jeune femme ne cessait de l'interroger, lui demandant comment il avait passé son temps, depuis son absence, et beaucoup d’autres choses.  Il était bien embarrassé, vous le pensez bien, et ne savait que répondre, le plus souvent. Il demanda aussi pourquoi toutes les portes et les fenêtres étaient closes dans tout un côté du château.

    - Mais je te l’ai déjà dit ; tu ne te le rappelles donc pas ?
    -  Non sûrement ; je l’ai oublié.
    - Eh ! bien, je vais te le dire à nouveau : de ce côté du château il y a une cour toute pleine de reptiles venimeux, et de bêtes plus méchantes encore, et celui qui s'aventurerait là, n'en reviendrait jamais.

     Il pensa aussitôt que son frère était allé là. Le lendemain malin, après déjeuner, il alla se promener de ce côté du château, avec son cheval et son chien. Mon frère doit être là, se disait-il en lui-même, et, arrive que pourra, il faut que j'aille voir.

    Et il frappa à la porte. La vieille vint lui ouvrir. II entra, et reconnut aussitôt le cheval et le chien de son frère, bien qu'ils fussent si maigres qu'ils paraissaient prêts de mourir de faim.

    - Bonjour, mon fils, lui dit la vieille femme ; tu es donc aussi venu me voir ? Entre, vite, que je te fasse voir toutes les belles choses que j'ai ici. Mais prends d'abord ces deux chaines, pour attacher ton cheval et ton chien, là, auprès de la porte, jusqu’à ton retour.

    Et elle s’arracha deux cheveux de la tête et les lui présenta. Mais lui souffla dessus, et ils tombèrent à terre et se changèrent aussitôt en deux vipères.

    -  Eh ! reprit la vieille, en voyant cela, si tu ne veux pas attacher ton cheval et ton chien, laisse-les là en liberté, dans la cour, et viens toujours avec moi, pour visiter mon château.

    Et il la suivit. Quand ils furent arrivés au moulin de rasoirs :

    Regarde, mon fils, mets la tête à ce trou-là, et tu verras quelque chose de merveilleux.

    - Montrez-moi comment je dois faire, grand-mère.
    - Tiens, comme ceci, mon fils.

     Et elle passa sa tête par le trou. Aussitôt le fils du pêcheur la prît par les pieds et la précipita sur la roue garnie de rasoirs et, en un moment elle tomba en bas moulue et hachée en morceaux menus comme de la sciure de bois.

    - Alors, il se promena partout par le château, pour voir s’il ne retrouverait pas son frère. Il rencontra un renard femelle, qui lui dit :

    - Comment avez-vous pu venir ici ?
    - Vous parlez donc aussi, vous ? lui répondit-il, tout étonné.
    - Comme vous le voyez.
    - Oh ! J’ai su venir à bout de la vielle femme, moi !
    - Comment cela ?
    - Comment ? Je l'ai précipitée, la tête la première, sur sa roue garnie de rasoirs, et elle a été hachée en morceaux menus comme de la sciure de bois.
    - Oh ! Que je voudrais que ce fût vrai !
    - Rien n’est plus vrai, vous pouvez m’en croire.
    - Alors vous m’avez délivrée !

        Et aussitôt le renard femelle se changea en une princesse, d’une beauté merveilleuse !

    - Voilà cinq cents ans, dit-elle, que j’étais retenue ici sous un charme par cette sorcière maudite !
    - Et mon pauvre frère, ne pouvez-vous me dire ce qu’il est devenu !
    - Votre frère a été précipité par elle sur la roue garnie de rasoirs, et il a été réduit en morceaux menus comme de la sciure de bois. Mais rassurez-vous, j’ai tout ramassé, sa chair, ses os, son sang, et avec de l’eau de vie dont nous trouverons une fiole dans la chambre de la vieille sorcière nous le rappellerons à la vie.

    Chair, os, sang, on mit le tout dans un tas, on répandit dessus une fiole de l'eau de vie, et aussitôt le corps se reconstitua et le fils du pécheur se releva, bien vivant et bien portant, et dit :

    - que j’ai bien dormi !
     - Oui, mon pauvre frère, et sans moi et celle belle princesse, tu ne te serais pas réveillé de sitôt !

     Les deux frères se jetèrent alors dans les bras l’un de l’autre et pleurèrent de joie de s’être retrouvés. Puis, accompagnés de la belle princesse qu’ils avaient délivrée, ils revinrent dans la partie opposée du château, et la jeune femme fut bien étonnée de se voir deux maris, au lieu d’un, et elle ne pouvait distinguer lequel était le véritable, tant ils se ressemblaient ! — Ils lui racontèrent tout, et alors elle comprit pourquoi le second avait placé son épée nue entre elle et lui, pendant la nuit qu’il avait passée avec elle.

    Alors celui des deux frères qui n’était pas marié, se maria avec la belle princesse qu’il avait délivrée et qui était sous la forme d’un renard femelle.

    On envoya un beau carrosse pour prendre le vieux pêcheur et sa femme, et, pendant un mois entier, il y eut des jeux, des danses et des festins comme vous n’en avez jamais vu.

    La grand’mère de ma trisaïeule était un peu parente du vieux pêcheur, et elle fut aussi invitée à la noce ; et c’est ainsi qu’on eut des nouvelles de cette fameuse noce dans le pays.

    © Le Vaillant Martial

     


     Daou vab ar pesketaer.

    Ur wez a oa, ur wez a vo,
    Ewit rei roll d’ann holl gaozo.

    Ur wez a oa ur Pesketaër koz, hag a oa dougeres he vroeg. Un abardez ec’h arruas er gèr ha n’hen defoa tapet netra. He vroeg a c’hoantaas debri pesked, hag a renkas retorn d’oc’htu d’ann aod. Teurel a ra he roejo, hag a tigass gant-hanur pesk ar c’haera. Ma oa stad en-han :

    - Brema bepred, a lare d’ehan he-unan, am bo peuc’h digant ma groeg.
     - Met setu pa oa kregi er pesk, heman a em laka da brezeg, hag a làr d’ehan :

    - Pa vin marw, ro ma c’hig da debri d’as groeg ; ma c’halon hag ann dour en pehini a vin bet gwalc’het, d’as kazek, ha ma bouellou ha ma skevend d’as kiez.

     Ma oe souezet braz ar Pesketaër o klewet ur pesk o prezeg evel un den ; biskoaz n’hen defoa gwelet kement-all. Laret a reaz : Ober a rinn. Hag a teuas neuze d’ar gèr.

    Pa arruas, a laras d’he vroeg :

    - Me ’vad am euz tapet eur pesk kaer ! sellit, groeg, pebeuz da besk !
     - Ia ’vad ; rèd eo lakaad anehan da boazad.
     - Ma ouvefac’h peira hen euz laret d’in ?
     - Piou ? ar pesk ?
     - Ia, ar pesk.
     - Petra hen euz làret eta ?
     - Rei he gig d’ac’h da debri, he galon hag ann dour a vo bet o walc’hi anehan, d’ar gazek, hag he vauellou hag he skevend, d’ar giez.
    - Rèd a vô ober evel ma hen eûz làret.

     Setu poazet ar pesk eta, debret he gig gant groeg ar Peskelaër, he galon, gant ar gazek, hag he vouellou, gant ar giez.

    Prestig goude a willioudas ar vroeg, hag a c’hanas daou vugel, daou baotr ar c’haera, ha ken henvel ann eil euz egile, ma oa rèd staga ur ruban euz brec’h unan anhè, ewit anavezout ann eil euz egile. Ar gazek a âlas iwe, ar memeuz de, hag a defoe daou ebeul-bihan, ha na oant ket dishenvel, en nep-feson ; hag ar giez a defoe iwe daou gi-bihan, ha na oant ket dishenvel iwe.

    -  Hag a zo mad ! a laras ar Pesketaeër ; pep a ebeul ha pep a gi da bep-hini ma bugale.

    Ann daou baotr a deue mad. Pa oent digwet gant ann oad a bemzek pe a c’houezek vioaz, a laras unan an-he a oa skuiz er gèr, hag a renkje mont da vale-brô. Kaer ho defoa hen pedi da choum er gèr, he dad, he vamm hag he vreur, na dalvee ket, rèd a oa hen lezel da vont. Met a-rok a laras d’he vreur mont bepbeure, kerkent ha ma savje, da skei un tol kontell en troad ul loreenn a oa er jardinn, ha pa deuje gwad gant-han, neuze a vije marw ; met bete neuze n’hen dije ket ezomm da gaout morc’hed gant-han.

    Mont a ra en hent, gant he varc’h hag he gi. Bale a ra kement ha ker-bihan, ma tigwez iwe en ur vali gwez-dero braz, ur vali hirr-hirr. Mont a ra beteg ar penn, hag a wel ur c’hastell kaer. Skei a ra war ann or. Digoret eo d’ehan. Goulenn a ra ha na euz ezomm a vewel a-bed. Kommerret eo da baotr marchosi. Dre ma oa ur paotr stummet mad, akuit en he labour, hag ur paotr koant iwe, a plije kaer d’ann Otro ; hag he varc’h hag he gi a blije d’ehan iwe. Met mui a plije c’hoaz da verc’h ann Otro, un dimezell iaouank ar c’hoanta. Kement a reaz o plijout d’ehi, ma oent dimét hag eureujet a-benn ur bloaz.

    Ann daou bried iaouank a vewe evuruz, o vale bemde dre ar jardino hag ar c’hoajo, en-dro d’ar c’hastell. Un dez a tolas-ewez mab ar Pesketaër penoz en un tu ar c’hastell ann orojo hag ar prennestro a vije serret bepred, hag a c’houlennas digant he e vroeg petra a oa kiriek da-ze.

    -  Ato, emezhi, euz ann tu-se ar c’hastell a zo ur porz leûn a loened benimuz, aered, sourded, touseged hag a bep-seurt amprefaned.

    Setu diwar neuze na ree nemet sonja er porz-se, hag hen defoa ur c’hoant vraz da vont da welet he-vran ha gwir a oa laret d’ehan. Un de pa oa o vale en tu-se ar c’hastell, gant e varc’h hag he gi, (he vroeg na oa ket gant-han ann dro-se), o tremen abiou ann or, a laras :

    -  Rèd eo d’in gweled petra a aze.

    Skei a ra war ann or. Digorret eo kerkent gant ur vroac’hig koz, pini a lar d’ehan :

    - De-mad d’id, ma mabig ; deut oud d’am gwelet eta ?
    - De-mad d’ac’h, mammig koz.
    - Hast buhan dont ebars, ma tiskouezinn d’id ann treo kaer a zo ama. Sell aze diou chadenn da staga da varc’h ha da gi.

     Hag a tennas diou vlewenn euz he fenn, hag a roas anhe d’ehan. Ha kerkent a oent troet en diou chadenn, hag a stagas gant-he he varc’h hag he gi euz daou beul-men a oa eno en daou du d’ann or. Ar marc’h hag ar c’hi, pa weljont, a em lakaas da lampad, da c’hourignal, da iudal ; met na dalvee ket, stag mad a oant, rèd a oa chomm.

    - Deuss ganen brema, mabig, ma tiskouezinn d’id ma c’hastell ; deuss da welet ann holl dreo-kaer am euz me ; biskoaz na t’euz gwelet kement-all. Eomp da genta da welet ar vilinn-aotenno.

    Pa oent e kichenn ar rod vraz, goloët holl a aotenno :

    - Sell, mabig, kaera da dra ! Laka da benn dre aze, em bleg un tammig, ewit gwelet gwelloc’h.Pa oa sellet en toull, hep sonja en drouk, ann Diaoules koz a voutas anehan war ar rod, hag a koueas d’ann traon draillet ha malet evel brenn-heskenn !

    He vreur, a oa chommet er gèr, ac’h ee bemde da gontella troad al loreenn, hag evel na deue ket a wad gant-han, a lâre bep-tro :

    Doue ra vo meulet, beo eo c’hoaz ma breurig !

    Met allas ! ar beure-se, kerkent hag hen doe roët he dol-kontell, a tilampas ur bouill gwad Marw eo ma breur kez, siouas ! a laras kerkent. Hag hen raktal da gavoud he dad, o oela, ha da laret d’ehan :

    - Allas ! ma zad, marw eo ma breur paour !
    - Ha penoz a ouzoud te se ?
    - Laret hen defoa d’in, a-rok mont kuit, mont bep-beure da skei un tol-kontell en troad al lorenn a zo er jardinn, ha pa deuje gwad ganen, neuze a vije marw. Allas ! ar beure-ma, kerkent hag am euz skoët al loreenn, a zo dilampet ur bouill-gwad ! Ma breurig paour a zo marw ! Rèd eo d’in mont brema d’hen klask, ha na baouezinn a vale, nag en noz nag en de, ken am bô kavet anehan !

     Kaer ho defoe he dad hag he vamm goela hag hen pedi da chomm er ger gant-he, en ho c’hozni, na dalvee ket ; mont a ra en hent, gant he varc’h hag he gi, evel egile. Bale a ra, bale a ra, kement ha ken buhan ma tigwez iwe er memeuz bali gwez-dero evel he vreur. Skei a ra war dor ar c’hastell, ha kerkent ez eo digorret d’ehan. Pa hen gwell o tont er porz groeg he vreur, a tiskenn buhan-ha-buhan euz he c’hambr, hag a teu da lampad en he gerc’henn, o laret :

    -  Arru ’oud eta, ma fried kez ! Jezuz ! vel am euz bet nec’hamant ganid ! Aoun am boa a vijes êt er porz a-dre ar c’hastell, rag a-c’hane na retorn den.

    Heman a welas prest a oa kommerret wit he vreur, hag a laras :

       Em gollet a oann er c’hoad, na ouzon penoz ; met n’am euz bet droug a-bed. Setu joa vraz er c’hastell, a greiz ma oa glac’haret ann holl. Pa oa deut ar c’houlz , a koanjont asambles, ha goude a pignjont ho daou da ho c’hambr, ewit mont da gousket. Met a-rok mont er gwele, heman a lakaas he gleze noaz etre-z-he ho daou.

    - Daoust petra a zo kaoz d’ehan da ober se ? a lare en-hi ic’h-unan ar vroeg, souezet.

      Mab ar pesketaër hen defoa aoun braz da vea anaveet hag a laras a oa skuiz hag hen defoa c’hoant kousket. Met ar vroeg na baouez ket a brezeg, ha da c’houlenn digant-han he doare a-boe ma oa êt euz ar gèr, ha kalz a dreo-all. Heman oa nec’het braz, ha na wie petra laret. Ma c’houlennas iwe, perag ma oa serret kloz holl orojo ha preunestro un tu ar c’hastell.

    - Perag ? met laret am euz d’id c’hoaz ; na t’euz ket a sonj eta ?
    - Nann sur ; ankouet am euz.
    - Ma ! me a laro did c’hoaz :

    - En tu-se ar c’hastell a zo ur porz leun a aered, sourded, touseged, holl amprefaned benimuz, ha loened-all falloc’h c’hoaz hag ann hini a afe eno, na zistrofe bikenn.

       Ma sonjas kerkent penoz a oa êt he vreur eno.

       Ann dewarlerc’h ar beure, goude dijuni, ec’h a da vale en tu-se ar c’hastell, gant he varc’h hag he gi :

    - Aze,  a lare en-han he-unan, a renk bea ma breur, ha na euz forz petra a c’hoarveo, red eo d’in mont da welet. Skei a ra war ann or. Dont a ra ar vroac’h koz da digorri : Anaveout a ra kerkent marc’h ha ki he vreur, ewit-he da vea treut ka prest da verwel gant ann naoun.
    - Demad d’id, mabig ! a lar d’ehan ar vroac’h, deut out iwe d’am gwelet ? deuss ebars buhan, ma tiskouezinn d’id ann holl dreo-kaer am euz ama. Kommer ann diou chadenn-se, da staga da varc’h ha da gi aze en toul ann or, ken a zistroï.

    Hag a tennas diou vlewen euz he fenn, hag a astennas he dorn wit ho rei d’ehan. Met heman a c’houezas war-n-he, hag a kouezjont d’ann douar, troët en diou aer-wiber.

    - Ma? mar na fell ket d’id staga da varc’h ha da gi, ho losk aze, ha deuss ganen bepred da welet ma c’hastell.

    Mont a ra gant-hi. Arru e-kichenn ar vilinn aotenno :

    - Sell, mabig, bout da benn en toull-se, hag a weli ur burzud ar c’haera
    - Diskouezit d’in penoz ober, mamm-goz, ewit gwelet.
    - Sell, evelhenn, mabig.

     Hag a votas he fenn en toull. Met kerkent mab ar Pesketaer a grogas en he zreid, hag hi zanfoeltras war ar rod goloët holl a aoeteno.

    Hag a koueas d’ann traon, draillet munud evel brenn-heskenn.

    Neuze ec’h a da vale dre ar c’hastell, da welet ha na gavo ket he vreur. Ma tigwez gant-han ul Louarnes, pehini a lar d’ehan :

    - Penoz oc’h euz c’hui gallet dont ama ?
    - Petra, c’hui a gomz iwe ? a c’houlennas, souezet braz.
    - Evel ma welet.
    - Oh ? me am euz gouveet ann tu da dont a-benn euz ar vroac’h koz.
    - Penoz se eta ?
    - Penoz ? tolet am euz anehi war he fenn bars ar vilinn aotenno, hag ez eo bet draillet munud evel brenn-heskenn.
    - Oh ! me ’gare a ve gwir a larfac’h ?
    - Na euz netra a wiroc’h, kredit anoun, pa larann d’ac’h.
    - Neuze oc’h euz ma delivret !

     

    Ha kerkent a oe troët al louarnes en ur brinses ar gaera.

    - Pemp-kant vloaz a oa, emehi, a oan-me dalc’het aman indan gazel-gae gant ar zorseres milliget se !
    - Ha ma breur paour, na ouzoc’h doare anehan ?
    - Ho preur a zo bet tolet gant-hi er vilinn-aotenno, hag ec’h eo bet draillet munud evel brenn-heskenn.

       Met na euz ket a forz ; me am euz dastummet holl, he gig, he wad hag he eskern, ha gant ur vuredad dour a vuhez a zo en kambr ar vroac’h-koz a rentfomp d’ehan c’hoaz ar vuhe.

       Laket a oe ann holl dammo en ur bern, kig, gwad hag eskern, tolet war-n-he ur vuredad dour a vuhez, ha kerkent a weljont o sevel ac’hane mab all ar Pesketaer, beo ha iac’h evel biskoaz, hag a laras :

    - me a-vad am euz kousket !

    - Ia, ma breur paour, ha penamet-on hag ar Brinses-kaer ma, na vijes ket dishunet c’hoaz !

     Ma em doljont ann eil en kerc’henn egile, hag a oeljont gant ar joa da em gavoud. Neuze a tristrojont ho zri en tu-all d’ar c’hastell, hag ar vroeg iaouank a oe souezet o welet daou bried dehi el-lec’h unan, ha na wie ket pehini a oa ann hini gwir, kement ha ma oant henvel ann eil euz egile. Ma oe kontet holl d’ehi. Neuze ec’h anaveas perag ann eil hen defoa laket ur c’hleze noaz er gwele, epad ann noz hen defoa tremenet gant-hi.

    Neuze an hini an-he na oa ket dimêt, a dimêzas d’ar brinses hen defoa delivret hag a oa en stum ul louarnes.

    Laket a oe kerc’had ar pesketaer koz hag he vroeg, en ur c’harronz kaer, hag a oe eno neuze, epad ur miz penn-da-benn, festo, danso ha c’hoario evel n’och euz gwelet biskoaz.

    Mamm-goz ma mammio-goz a oa un tammig kar d’ar pesketaër koz, hag a oe iwe pedet, hag evel-se a teuas kezlo bars ar vro euz ann eured-se.

     

    Kontet gant Marc'harit Fulup, a baroz Plunet

    © Le Vaillant Martial

     


     

    Conté par Marguerite Philippe, de la commune de Pluzunet, (Côtes- d’Armor).

    C’est une des nombreuses formules usitées pour entrer en matière : Chaque conteur a ordinairement la sienne, et souvent plusieurs, suivant la nature des récits.



    [i] Tous mes contes ont été recueillis en breton, comme celui-ci, et traduits fidèlement sur ces textes authentiques. Si je n’ai donné que des traductions dans ce qui précède, c’est afin de ne pas faire un livre de cette brochure qui n’est, en quelque sorte, qu’un prospectus du recueil plus considérable que je prépare, et qui est déjà entièrement rédigé. — Ce texte et ceux de : — Jésus-Christ en Basse-Bretagne et le Meunier et son seigneur suffiront pour faire juger de ma méthode

     

     

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