• Ceux des Landes ....

    Ceux des Landes ....


     

    I

     

    mmensité désertique et sauvage, la lande couverte de ronciers et d’ajoncs percée d’îlots schisteux, devient à la nuit tombée l’exclusif et inquiétant territoire de Korrils.

    « La nuit est affaire de Fées, Malheur au voyageur attardé... »

    Jaillissant de leur royaume souterrain, les Korrils déferlent en hordes innombrables pour se lancer tout au long de la nuit, en joyeuses débauches faites de danses frénétiques et de folles sarabandes.

    Furieux ripailleurs, ils festoient autour des pierres levées, en beuglant des chants interminables jusqu’au petit jour.

    Dotés d’une force peu commune, ils aiment à se lancer à la figure d’énormes rochers. On dit même qu’une de ces joutes épiques entre deux factions rivales aurait, à force d’amoncellement, formé la chaîne des Monts d’Arrée.

    Rares sont ceux qui les ont vus d’assez près pour pouvoir en parler sans effroi. Toutefois, Le Men affirme « qu’ils sont noirs et mal faits, avec une tête énorme et hideuse ».

    D’autres témoins, tout aussi digne de foi, assurent qu’ils ont les pieds palmés et ornés de corne de bouc, qu’ils sont pourvus d’une longue queue et, enfin, qu’ils sentent mauvais et ont une haleine fétide...


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    L

    Carnac Capitale Du Royaume.

    es visiteurs qui parcourent l’été la région de Carnac n’imaginent pas que sous leurs pieds s’étend la plus importante colonie de Korrigans de nos contrées.

    Ils grouillent, ils fourmillent, s’activent incessamment dans les vertigineuses profondeurs souterraines de leur royaume.

    Les Kérions, plus précisément, puisque c’est d’eux qu’il s’agit. Quelle extraordinaire forfanterie peut-être à l’origine d’un tel chambardement ?

    Q

    D’aucuns se plaisent à penser que l’irraison, l’œuvre insensée, n’a qu’un seul but évidemment : c’est que pour rêvent les enfants...

    uand Loïc Le Fur décide de rentrer chez lui, il est fort tard.

    Il  est ma foi d’humeur guillerette alors qu’il quitte le village de la Trinité : la journée, il est vrai, s’est écoulée de charmante manière, les mariés étaient rayonnants de bonheur, les parents reconnaissants et les invités de bons lurons, il faut vous dire que Loïc, sonneur de son état, à l’habitude d’être appelé pour mettre « joyeuse ambiance » dans les banquets qui suivent les mariages.

    L’affaire fut donc rondement menée, mais quand Loïc décida de regagner ses pénates, la lune a depuis longtemps pris possession du ciel.

    Le chemin du retour lui semble malheureusement très long, surtout quand la bière et quelques liqueurs aidant, il lui faut faire un pas en arrière quand il en fait deux en avant.

    Notre bonhomme, pour le coup, décide de couper par les terres pour rejoindre Ploërmel. 

    Après une longue marche hésitante, il aperçoit enfin, éclairée par la lune, les formes obscures des menhirs, dressant leur masse vers le ciel. Mais l’angoisse le gagne alors qu’il  s’enfonce parmi les alignements : il existe tant d’histoires qui courent sur ces champs de pierres, de ces « choses » qui s’y passeraient la nuit venue.

    Il  est maintenant au cœur ru royaume mégalithique, jetant à gauche et à droite, des regards craintifs, essayant de percer les ombres inquiétantes. À présent, il s’en veut amèrement d’avoir pris ce raccourci !

    Et, puis soudain, ils jaillissent, comme nés des ombres, hirsutes et grimaçants, ils environnent de toutes parts le malheureux sonneur, lui faisant mille misères.

    L’ivresse a disparu et, après nombre de croche-pieds, le pauvre Loïc, dans un effet désespéré s’échappe du cercle infernal et se met à courir droit devant lui.

    Ceux des Landes ....


     

    Les ornières du chemin ne l’arrêtent pas et c’est sous un concert tonitruant de rires et de cris qu’il disparaît, avalé par la nuit

    .Loïc le fur ne sut jamais si les « Bugale an Noz » lui voulaient réellement du mal, mais s’il dut, par la suite, couper par les alignements de pierre, jamais plus la nuit ne le surprit...

     

    S

    ans cesse repoussés vers les contrées les plus inhospitalières et les plus sauvages, les Korrils ne s’avouent pourtant jamais définitivement vaincus !

    Ils veillent... Promis à se réapproprier les lieux, jadis consacrés aux divinités antiques, et d’où ils ont été chassés.

    Ainsi, ces calvaires et ces chapelles de campagne élevées sur les hauteurs ou près des sources sacrées, qui, aujourd’hui, soumis à la désaffection des hommes et aux autres vicissitudes du temps, deviennent à la nuit tombée, le théâtre de cérémonials peu orthodoxes...

    Au siècle dernier, des Korrigans auraient été surpris, d’après la Villemarqué, « Au brun de nuit, commettant en rond et en se tenant par la main, avec mille éclats de rire diaboliques, certains actes moitié bouffons, moitié sérieux, mais toujours fort impies et cyniques... au pied des croix des carrefours. »

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    © Le Vaillant Martial 

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