• Brocéliande

    Contes & Légendes ayant trait à Brocéliande

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    ame ou demoiselle du Lac, Viviane, Niniane, Nimuë... Tant de noms, tant de versions... de visages ! Et pourtant je suis la somme de ces histoires – aussi divergentes puissent-elles être – car chaque époque a fait de moi sa messagère.

    Que l’on m’associe à Viviane, que l’on me prête des amours avec Merlin ou que l’on me connaisse un mari, je suis toujours celle qui éleva Lancelot dans son domaine merveilleux protégé par la semblance d’un lac, celle qui soutint le roi Arthur ainsi que ses chevaliers.

    Mais laissez-moi plutôt vous contez ceci...

     

    Dans le calme de mon domaine, divertie depuis l’aube par le bal des aigrettes, j’attendais mes visiteurs. J’avais vu en songe le roi Ban fuir son royaume de Bénoïc, aux marches de la petite Bretagne. Claudas de la Terre Déserte lui avait tout pris, le forçant à se retrancher dans son dernier château, qu’il encercla bien vite.

    Une nuit Ban s’échappa par une porte secrète et entama un voyage pénible avec sa femme et leur tout jeune fils. Je savais que Claudas n’était pas loin derrière, motivé par la mort du roi et de sa famille.

    Je sentais l’équipée se rapprocher et la vis enfin. Le roi fit descendre son épouse Élaine aux abords de mon domaine aquatique avant de se diriger vers les hauteurs, espérant apercevoir son royaume. Mais c’est un spectacle effroyable qui l’attendait : dans le lointain, un gigantesque brasier emportait sa dernière demeure, donnant des allures de coucher de soleil au ciel de midi. Ban en conçut une telle douleur qu’il en tomba inanimé et dans sa chute se rompit la nuque.

    Le cheval redescendit jusqu’au lac et quand Élaine le vit sans cavalier, elle déposa le bébé dans l’herbe puis courut jusqu’à son époux. Le sang s’était répandu tout autour du roi, lui offrant un dernier lit d’écarlate. À cette vue Élaine perdit la raison et se jeta à genoux près du corps qu’elle étreignit en pleurant.

    Le temps en semblait plus l’atteindre, mais lorsqu’enfin elle se ressaisit, elle fut paniquée) l’idée qu’elle avait abandonné son enfant dans cet environnement hostile, repaire des bêtes féroces. Elle regagna aussi vite qu’elle le put l’endroit où elle avait déposé le nourrisson.

     

    Un étrange brouillard s’était levé, l’empêchant d’avancer. Affolée, elle tournait en tous sens, appelant son tout petit. La voyant ainsi éperdue je fis tomber la brume autour de moi. Elle m’aperçut, elle entendit rire son fils dans mes bras et se rasséréna. Puis me voyant avancer avancer dans ce qui lui paraissait être un lac insondable, elle tenta de m’appeler. C’était une terrible épreuve, même pour moi, mais le temps pressait et c’était la seule manière de les sauver tous les deux. Elle hurlait, je me forçai à ne pas la regarder, et pour lui donner l’illusion d’une nymphe des eaux noyant son enfant, je joignis les pieds et disparu dans un plongeon..


     

    Persuadée que son fils était mort Élaine finit par ne plus rien éspérer et partit. Elle fut recueillie dans un couvent tout proche où elle prit le voile. Lorsque CLaudaas arriva sur les lieux, il trouva le corps dsans vie du roi Ban et quelques linges tâchés de sang au bord du lac. Satisfait, il fit demi-tour, ne se doutant pas que l’enfant bien vivant préparait sa vengeance pendant les dis-huit années qui allaient suivre.

     De mon côté, j’élevai le garçon comme s’il s’agissait de mon propre fils, le nommant justement « doux fils » ou « beauté trouvé, car si je connaissais le nom de ce petit être, il ne devait le gagner que bien plus tard. Dans mon royaume de l’Autre Monde, entourée de fées et d’un maître d’armes, il reçut une éducation digne d’un fils de roi.

     


    Dix-huit ans plus tard, je l’emmenai dans un somptueux cortège blanc à la cour du roi Arthur, afin qu’il soit fait chevalier. Ce fut une déchirure pour moi, mais je continuai de veiller sur lui à distance et il mit peu de temps à me remplir de fierté, lui qui devint Lancelot du lac, meilleur chevalier au monde.

     

     

    © Le Vaillant Martial 


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    Vous avez tous entendu parler de moi, vous pensez me connaître et pourtant...

    Pourtant la majorité d’entre vous ne veulent me voir que comme une fée séductrice aux sombres desseins. Une fée Que dis-je ? Tout au plus une enchanteresse qui ne doit son savoir qu’à l’enseignement de Merlin et qui n’a su en faire bon usage !

    A la vérité, en des temps très anciens, j’étais vénérée telle une déesse. Je régnais alors sur l’île fortunée que vous connaissez sous le nom d’Avalon, l’île aux pommes, cet endroit merveilleux et fertile où les arbres sont en fleurs et en fruits toute l’année, où nul animal venimeux n’est admis et où le poids des ans ne nous atteint pas.

     

    Mes huit sœurs et moi rendions justice à ceux qui nous sollicitaient. J’étais l’aînée et je me distinguais par ma maîtrise de l’art de guérir, ainsi que par ma beauté. Je prodiguais des soins à tous ceux qui venaient me trouver, désespérés. Je connaissais l’astronomie, étais capable de métamorphoser et de fendre les airs pour me rendre où bon me semblait.

    Malheureusement, tant de pouvoirs effraient et à l’époque où moines cisterciens – des misogynes pour tout dire – ont repris par écrit les exploits du roi Arthur, ils m’ont diabolisée pour m’ériger en contre-exemple de l’idéal féminin. Malgré tout, mon passé de guérisseuse compatissante n’a pu être totalement effacé, ce qui parfois a créé quelques incohérences au sein des terres qui ont retracé toute cette aventure... Aujourd’hui je suis tout cela à la fois et bien plus encore ! Cela ne facilite pas la tâche, lecteur, mais tu en sais bien plus que tu ne le penses sur celles que l’on nomme parfois fées... car en un sens, tout est vrai : nous évoluons au gré des idéologies et toi seul possède la clef qui décidera de notre sort prochain. Mais écoute plutôt ce qu’on a pu dire de moi et juge comme on a transformé mon histoire...

     


     

     

     

     

    Est-ce la vengeance que tu souhaites ? Celle de ton père, mort par la faute du roi Uther, celui-là même qui a pris sa place dans le lit de ta mère et qui t’a envoyée au couvent pour se débarrasser de toi ? Ou... est-ce le pouvoir que tu désires ? Celui que t’as conféré ton mariage  arrangé avec le roi Urien ne te suffit pas. Tu enrages de voir qu’Arthur, cet imposteur, ce demi-frère est devenu roi à 15 ans !

    Tu voues une haine farouche à Arthur n’est-ce pas ? N’as-tu pas tenté de le faire tuer après avoir volée son épée Excalibur, ainsi que son fourreau magique ? Fourbe ! Prétextant une réconciliation n’as-tu pas offert à ce roi un somptueux manteau destiné à le réduire en un petit tas de cendres ? Fort heureusement la Dame du lac veillait...

    Diablesse ! Je sais bien que tu vis dans la luxure ! Aucun homme ne te résiste. Est-ce dû aux enchantements que tu as appris de Merlin ?

    Longtemps encore on parlera de ces méfaits. Remémore-toi cette terre de Petite Bretagne, théâtre de ta vengeance vis-à-vis des « mâles de Brocéliande, forêt merveilleuse !

    Te souviens-tu de cette vallée magnifique, parsemée de genêts en fleurs au fond de laquelle coulait une rivière aux reflets cuivrés ? Te souviens-tu de cette sente escarpée qui t’avait menée au sommet du val ? Tu y avais surpris ton amant Guiomar en compagnie d’une autre. Ton chagrin, ta colère étaient tels que d’un hurlement lugubre tu avais plongé les lieux dans le chaos. Châtiés, les faux amants ! Condamnée, la simple servante qui avait osé se mesurer à toi ! Et quelle sentence que celle par laquelle tu l’obligeas à endurer l’effroyable brûlure d’un feu vorace des pieds jusqu’à la taille, et la morsure d’un froid hostile de la taille jusqu’à la tête !

    Insatiable, tu as ceint la vallée d’une muraille d’air et fait tant d’enchantements que les chevaliers errants à la fidélité vacillante – ne serait-ce qu’en pensée – n’ont pu repartir. En vingt années aucun des 254 chevaliers qui se sont introduits en ce lieu n’a pu en sortir ! Val... sans retour !

    Puis vint Lancelot, chevalier de la Table Ronde, qui aimait d’un amour infini la reine Guenièvre et qui ainsi mit fin au sortilèges du Val, délivrant les prisonniers par la même occasion.

    Bref, je pourrais raconter bien d’autres choses sur ton compte, toute fois il en est une que je ne m’explique pas bien. Par ruse, tu as réussi à faire un fils à Arthur, tu l’as élevé dans le seul but de nuire au roi et accéder au pouvoir que tu brigues depuis toujours. Ton fils Mordred a grandi, le moment que tu attendais est enfin arrivé et pourtant... pourtant lorsqu’il a porté le coup mortel à Arthur, tu ne t’es pas réjouie. Tu as emmené ton frère en Avalon et vous aviez à peine quitté la plaine ensanglantée de Salisbury que déjà, dans la nef qui se dirigeait vers ton île merveilleuse, tu posais tes  sur le corps inanimé qui commença alors à montrer des signes de guérison... Pourquoi, insaisissable Morgane ?

     

    © Le Vaillant Martial 


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    Sa vie fut fascinante, mystérieuse et surnaturelle.
    Et cela commença dès sa conception.


    Sa mère, Adhan[1] avait une sœur possédée par le Diable – disait –on – et qui se prostituait. Pour ne pas sombrer à son tour dans la débauche, la jeune femme se protégeait en menant une vie pieuse et vertueuse.

    Mais un soir, elle omit d’effectuer le petit rituel conseillé par le père Blaise et le Diable en profita. L’on ignore s’il la posséda par la ruse ou par la force, quoi qu’il en soit, neuf mois plus tard, un étrange enfant venait au monde.

    Poilu comme un petit animal, il sut, dès, les premiers jours, parler et marcher.
        Parce qu’il était à moitié démon, il avait reçu le pouvoir de connaître toutes les choses passées, et parce que sa mère était pure et tournée vers Dieu, il avait reçu la faculté de voir l’avenir.
        Ainsi, Merlin possédait la maîtrise du temps dès sa naissance...

    Adhan était tout amour, et bien que quelque peu troublée par l’aspect et les aptitudes extraordinaires de son enfant, elle l’aima aussitôt. N’espérant qu’une seule chose... élever son enfant modestement, dans l’amour et la vertu.

    Mais en ces temps-là, les femmes qui ne pouvaient pas nommer le père de leur enfant devaient être brûlées.
       Merlin
    , du haut de ces quelques jours de vie, fit alors sa première prédiction en assurant à sa mère que personne ne lui ferait de mal.

    Et il en fut ainsi.

    Les sept premières années de sa vie furent paisibles et, au côté de sa mère, il put voire éclore de nouvelles capacités comme communiquer par la pensée ou se transformer en animal. Les oiseaux -corbeaux ou merles – et les cerfs avaient toutefois sa préférence. Par la suite, il apprit aussi à prendre la forme de vieillard, d’homme sauvage ou encore de villageois pour délivrer un message sans être reconnu...

    Doté d’une sagesse innée, nourrie par un profond lien d’amour pour la forêt et les animaux, le jeune garçon aimait la solitude et se réfugiait fréquemment auprès de grands arbres, auxquels, d’ailleurs, il se comparait aisément. On dit même qu’il leur parlait, surtout aux pommiers avec lesquels il eut tout au long de sa vie, un lien tout particulier... Peut-être cela avait-il à voir avec l’île d’Avalon ? L’Île des pommes et des fées...

    Plus tard adulte, il fera de sa forêt sa demeure, son espace de quiétude et s’y réfugiera souvent, notamment lors d’intenses périodes de folie, lorsque tout ce savoir se fera un trop lourd fardeau, même pour l’incroyable enchanteur qu’il deviendra.

    Il rendra aussi régulièrement visite au confident de sa mère, le père Blaise, qui s’était retiré du monde des hommes dans les terres lointaines du Nord, et qui deviendra son scribe et son confident.

    En grandissant un lien étrange s’instaura entre le jeune garçon apprenti druide et les dragons, créatures pourtant unanimement craintes et détestées. Alors même qu’il n’en avait encore jamais vus, un dialogue intérieur s’établit tout naturellement  entre Merlin et certains d’entre eux. Tout au long de sa vie, ce lien puissant se renforça et il préféra les apprivoiser plutôt que de les combattre comme le faisaient alors tout bons chevaliers. Il verra en eux des protecteurs plutôt que des destructeurs.

    D’ailleurs c’est pour cette raison qu’encore enfant, il sut que deux dragons s’étaient endormis sous la tour que le roi Vortigen construisait pour se protéger des deux prétendants légitimes au trône. Uther Pendragon et Moine. Lorsqu’ils furent réveillés, les deux dragons, l’un blanc, l’autre rouge, se jetèrent l’un sur l’autre et s’entretuèrent. Symbolisant par là-même, la lutte sans merci que Vortigen et Uther Pendragon se livreraient plus tard.

    Ainsi, bien avisé, le vainqueur de ce combat Uther, prendra l’enchanteur comme conseiller lorsque celui-ci sera adulte.
        Le temps passa et Merlin devint un druide puissant et respecté. Il apprit la magie et devint un maître en la matière, le plus grand magicien du monde.

    Pourtant, malgré ses connaissances immenses, sa quête de savoirs ne semblait pas avoir de limites. Ainsi, il s’intéressa à de nombreux domaines comme, par exemple l’astronomie et l’astrologie et devint tout naturellement un grand érudit dans ces domaines.

    De plus, son talent inné pour lire les pierres fit de lui un bâtisseur hors norme, notamment de mégalithes, comme le cercle magique et céleste de Stonehenge.
        Mais ce furent surtout  ces dons de prophète – lui offrant une vision claire des arcanes de l’avenir – qui le firent entrer dans la légende.
        Merlin
    voyait loin. Très loin même. Certainement au-delà de ce que nous pourrions imaginer....
        Il savait aussi qu’il devrait tricher avec les lois de la nature, favoriser certains au détriment d’autres.

    Il savait tout cela.
        Ce fut sa force.
        Ce fut sa douleur.
        Il fit face, seul, à des choix cornéliens qu’il n’aurait pas souhaités à son pire ennemi.

     

    Mais  il savait que pour accomplir ce qui semblait juste, il devrait s’arranger avec sa conscience et que garantir le destin du royaume de Bretagne en unifiant le peuple breton et initier la quête du Graal demanderait des sacrifices.



     

    Ainsi, grâce à l’un de ces sortilèges, Merlin permit à Uther Pendragon, roi de Bretagne, dont il était devenu l’ami et le confident de prendre l’apparence de Gorlois l’époux d’Ygerne, de se rendre en son château et satisfaire son désir.

    Ce que Uther n’avait pas prévu, c’est que cette nuit-là, Gorlois serait tué et qu’un enfant serait conçu : Arthur.
        Ce que n’avait pas non plus prévu Uther, c’est que l’enfant serait le prix à payer pour cette duperie.
        Ainsi, après quelques mois, Arthur fut enlevé à ses parents et confié à Antor, qui l’élèverait loin des intrigues et des luttes de pouvoirs.
        Dès lors, Merlin devint le secret protecteur du jeune garçon.

     

    A la mort d’Uther, le magicien organisa un défi qui offrait le trône de Bretagne à celui qui pourrait arracher la mystérieuse épée enchâssée dans son enclume, épée qu’il avait placée là lui-même la veille.
        Merlin
    en eut connaissait déjà l’issue puisqu’il savait depuis qui était l’élu.
         Comme prévu un jeune écuyer du nom d’Arthur, inconnu de tous, arracha l’épée, presque fortuitement.

     

    Ce ne fut pas simple ‘imposer le jeune hommes au clan des bretons et Arthur dut faire ses preuves. Ce fut Merlin qui conduisit le jeune roi auprès de Viviane, la Dame du lac, afin qu’elle lui remit Excalibur.
        Ce fut encore lui qui  œuvra pour réunir les meilleurs chevaliers de la table ronde, afin que fut initiée la quête du Graal.
        Pourtant malgré tout son pouvoir, il ne put empêcher la chute du royaume de Bretagne et la mort d’Arthur, car tout cela était écrit.
         Il s’employa cependant, à ce que le chemin qui menait à cette funeste conclusion fût le moins chaotique possible. Y parvint-il ?

    Quoi qu’il en soit, dans le chœur de tous, Merlin l’enchanteur demeura le plus grand magicien de tous les temps ...
        L’Amour qu’il portait à Viviane, tu le sais déjà, scella son destin à jamais.
        Un jour peut-être, sa puissante magie aura raison du sortilège qui l’emprisonne... Et nous aurons l’extrême privilège de voir ce vénérable vieillard fouler à nouveau la forêt de Brocéliande.

    - Merlin... Viviane ... Je commence à me souvenir.
    -
    C’est bien... Sais-tu où nous sommes ?
    -
    Avalon...
    -
    Comment allons-nous nous y rendre ?
    -
    Certains parlent d’une barque... Mais toi et moi n’avons rien d’autre que de notre volonté. Il nous suffit d’y penser et nous y serons. Es-tu prête ? Je pris une profonde inspiration.
    -
    Oui
    -
    Je fermai les yeux.

    Lorsque je les rouvris, j’étais seule, au beau milieu d’une clairière, au centre de laquelle un grand pommier trônait fièrement.
        Mon cœur battait la chamade.
        Il m’avait simplement suffit de vouloir me rendre sur cette île pour m’y trouver... Comment ?

    - Inwynn t’a bien dis que tu étais magicienne...

    Je cherchais mon interlocutrice....

    - Derrière toi.
         En me retournant, je sentis d’abord sa chaleur avant de la voir.

    Un être de feu, rouge flamboyant, flottait devant moi.
    Ni belle, ni laide, elle était... étrange et fascinante.

    - Je m’appelle Ysgarane. Je suis une salamandre, immatérielle, impalpable et je terrasse le faux et le corrompu. Ici s’achève ton chemin. Et c’est le feu qui scellera ton destin.

    Je reculai

    - Mes flammes ne vont pas te brûler... Pas comme tu le penses, en tout cas.
    -
    Vous me faites peur
    -
    Je sais. Mais c’est l’ultime porte. Tu as le choix. Si tu veux retrouver tous tes souvenirs, savoir pourquoi tu as traversé la frontière jadis, qui a scellé ton petit caillou, et surtout, savoir qui tu es, tu dois me laisser faire. Tu peux refuser mais tu te retrouveras à l’instant même à ton point de départ, de l’autre côté de la frontière... Du côté de ceux qui ne croient plus. Et tu auras tout oublié. Choisis !

    J’avais toujours eu peur du feu... Pourtant, je devais savoir. J’avais vécu trop de choses pénibles pour reculer maintenant.

    - Allez-y. Faites de moi ce que vous voulez.
    -
    Pose ton sac.

    J’obtempérai.
        Elle ouvrit les bras...
        Je serrai les mâchoires, bloquai ma respiration et fermai les yeux.

     

    - Que les flammes brûlent le voile de l’oubli et que trépasse l’ancien proclama-t-elle.
      -
    Et elle m’enserra dans une étreinte brûlante.

    Je pensais souffrir le martyre et ce fut l’inverse...
        En un instant, le poids des ans s’envola. Je me sentis purifiée de l’intérieur.
        Incrédule, je me défis de son étreinte et le fixai sans comprendre.

    - Tu étais vraiment bien enfermée dans ta carcasse de vieille femme... Sourde et aveugle à tout... Ma sœur.
    -
    Ma sœur ? Ma sœur... Oui je me souviens à présent... Je me souviens ! Oui. Ma Sœur ! Je suis moi aussi une dame d’Avalon... Bien sûr : Je ne sais pas encore pourquoi je me suis égarée, mais je sais que je vivais ici. Parmi vous. Où sont les autres ?

    - Tu en as déjà rencontré cinq si tu me comptes.
    -
    ...
    -
    Oui...
    -
    Bien sûr Ymirée, Aylinen, Ezelwen, Inwynn et vous, Ysgarane, êtes des dames d’Avalon ?
    -
    Assurément.
    -
    Il faut que je m’asseye.

     


     

     

    © Le Vaillant Martial 



    [1] Selon une vieille version des Prose Brut chronicles 


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  • La Dame à La Licorne

     

    Elles étaient là... Devant moi : Une merveilleuse Licorne accompagnée d’une ravissante jeune femme...

     


     

     

    Me revinrent alors en mémoire les six tapisseries du XVe siècle que j’avais tant admirées.

    Les cinq premières représentaient les cinq sens, tandis que la sixième nommée « À mon seul désir » aurait été une synthèse des premières. À moins qu’elle ne fût un plaidoyer au renoncement car dans cette dernière, plus épurée, la jeune femme déposait ses bijoux dans un coffre. Elles étaient d’un artiste inconnu, et je me souviens que les interprétations en étaient multiples.

    Je m’en voulais de penser à cela maintenant. Qu’avais-je à faire de cette culture qui, ici, n’avait aucun sens....
       Peut-être était-ce parce que la jeune femme qui se tenait devant moi ressemblait beaucoup à sa représentation. C’’était troublant. L’artiste avait-il passé la frontière comme-moi et l’avait-il rencontrée ?

    Je me gardai de poser la question. D’ailleurs je me taisais car, devant tant de beauté, il n’y avait rien à redire.
       Inwynn
    voletait autour de moi tandis que je ne pouvais détacher mon regard de la licorne.

    - Ni l’une ni l’autre ne parle, finit par murmure la petite fée.
          Vois simplement l’amour qui les unit et la grande pureté qui émane d’elles.

       C’est un cadeau merveilleux qu’elles te font, alors nourris-toi de leur lumière.

      Jusqu’alors centrées l’une sur l’autre, dans un seul mouvement la dame et la licorne se tournèrent vers moi et me sourirent.

      Mon cœur fit un bond dans ma poitrine. J’eus l’impression que l’univers me regardait. Dans toute sa mansuétude, sa compassion et sa bienveillance.

      Moi aussi dans toute sa grandeur, sa force et sa puissance.

      Puis, elles échangèrent un regard avec Inwynn, nous saluèrent et s’en allèrent.

      La petite fée se posa sur mon épaule et soupira.

      Je l’imitai. Pas de parole. Tout était dit.

    - Merci... Merci infiniment Inwynn.
    -
    Jadis, c’est toi qui me fis ce cadeau. Ce n’est que juste retour...

    Devant ma stupéfaction, elle poursuivit.

    - Bien que ty n’y croies pas vraiment, il t’a été révélé que tu étais une prêtresse. Mais tu étais bien plus encore. Elle se tut.

    J’attendais la suite... en vain.

    - J’imagine que vous n’allez pas m’en dire plus, fis-je, totalement résignée à ne rien comprendre.

    En guise de réponse, elle me sourit.


     

    - Je reçois beaucoup de sourires depuis le début de cette aventure. Et peu de réponses à mes questions.

    Elle haussa les épaules, mutine.

    Tout à ma conversation avec Inwynn, je ne vis pas que nous étions à nouveau entourées de fées.

    Tantôt pensives, tantôt espiègles, toutes proches mais pourtant, parfois, étrangement absentes.

    - Elles ne vivent pas dans le même temps que toi. Les Fées sont des êtres joueurs, comme tu l’as constaté à ton arrivée, mais elles peuvent être profondément songeuses... 

    Par moments, leurs esprits s’échappe quand elles en reviendront. Peu importe d’ailleurs, puisqu’elles sont éternelles.
    -
    Éternelles... méditais-je. Comme les larmes d’Ondine.
    -
    Viens... Si tu restes trop longtemps en leur compagnie, le temps s’arrêtera pour toi aussi et jamais plus tu ne quitteras ce lieu.

    Une torpeur éternelle... Cela me fit froid dans le dos.
    -
    Où va-t-on hasardai-je.
    -
    J’aime faire les surprises....

    Sur ce, elle déposa un baiser sur mon front.

    Et, en moins de temps qu’il n’en faut pour le dire, nous étions dans un tout autre endroit.

    Sur la rive d’un lac.

    - Allez-y doucement avec moi petite Fée... Je suis une vieille femme. Trop d’émotions vont me tuer.
    -
    Il en faut plus pour te vaincre, crois-moi !
    -
    Si vous le dites... murmurai-je. Où sommes-nous.
    -
    Là où tout a commencé et là où tout finit...

    Mais pour le moment, laisse-moi évoquer un autre lieu....

    Légendaire lui aussi. Un peu semblable à celui-ci.

    Où jadis, la Fée Viviane offrit l’épée Excalibur au roi Arthur... Rien moins que cela.

    - Parlez-moi de cette Fée, Inwynn.

    © Le Vaillant Martial 


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  • Le Val sans retour...

    L

     

    e nom augure une errance mystérieuse, un voyage incertain dont on ne reviendrait pas. Et qui bien même le pourrait... On laisse toujours une part de soi au fond du « Val Périlleux ». S’y rendre, c’est marcher au-devant de sa folie.

    Pour ma part, j’ai bien cru y perdre la raison. J’étais alors jeune garde forestier, je n’ignorais rien de la région. Brocéliande avait nourri la plupart des rêves de mon enfance. Bien des fois j’avais écouté les récits de ces passeurs d’histoire, ces vagabonds errants, lesquels avaient pour coutume de payer avec quelques légendes fabuleuses, le bol de soupe quémandé. Combien de fois ai-je entendu conter les mystères du Val sans retour. Combien de nuits ai-je passé dans l’obscurité de ma chambre, cherchant en vain le sommeil, hanté que j’étais par l’image de la fée Morgane. Je savais tout d’elle.

    Je la savais demi-sœur du roi Arthur et enchanteresse. Je connaissais sa maîtrise des arts de la magie, le pouvoir qu’elle avait de voler à l’aide de simples plumes, son don pour les métamorphoses, cette faculté de changer de visage à volonté... Tout cela lui avait été enseigné par Merlin... « L’Enchanteur ».

    J’avais toujours préféré Morgane, cette Dame sombre et mystérieuse, reine des fées à la lumineuse Guenièvre, reine de Bretagne dont Morgane s’éprit du cousin, le chevalier Guyomard. La légende rapporte que de ce dépit amoureux est né « le val des faux amants».

    L’endroit est à la fois étrange et merveilleux. S’y engager, c’est prendre le risque de s’égarer. Le paysage est accidenté, fourbe et enchanteur au point de perdre tout sens d’orientation. Il faut y voir les restes de puissants sortilèges dressés par Morgane. Elle a su transformer ce vallon  charmant en un lieu de châtiment éternel. Maintes fois, durant mes rondes, je n’étais imaginé ces chevaliers perdu, que l’infidélité avait condamné à une errance définitive...


     

    C’était une soirée au début de l’été, je me souviens, l’air était tiède et la lune montait doucement, sa pâleur diffuse rayonnait sur la campagne endormie. Je pensais les conditions favorables à une tournée nocturne dans l’espoir de surprendre les méfaits des braconniers tenaces. J’avais emprunté le val depuis le Miroir aux Fées, longeant le Gué de Mony jusqu’au ruisseau de Mouille Croûte. J’allais le pas tranquille, l’oreille aux aguets ; Hormis le concert incessant des grenouilles mêlé aux crissements des grillons, tout était paisible, je ne relevais pas de présence suspecte. Au bénéfice de la lune, je m’engageais sur la pente d’un étroit raidillon, il permettait d’atteindre les hauteurs d’un versant abrupt entre ajoncs et genêts.

    J’atteignis la crête rocheuse et profitais un temps du paysage nocturne. Un moment je restais à reprendre mon souffle, contemplatif au milieu des bruyères. Bientôt les grenouilles se firent plus discrètes, laissant seuls les grillons habiller le silence de la nuit.

    En dessous de moi la fraîcheur prisonnière du vallon générait un filet de brume dont je savais qu’il épousait en secret le cours du ruisseau et couvrait, plus loin là-bas, l’étang ténébreux du Miroir aux Fées. J’observais la lente évolution du voile éthéré lorsque je remarquai un phénomène étrange. Le filet de brume, en un endroit précis s’élargissait, il commençait à s’étendre comme s’il couvrait la surface d’une étendue d’eau invisible, un étang dont je savais qu’il n’existait pas à cet endroit.

    Pourtant la couche de brouillard gagnait en épaisseur, elle réverbérait la douceur opaline de l’astre mort donnant l’illusion d’un étang fantomatique. Et là, retenant mon souffle, je vis une ombre glisser, venue de nulle part... Les contours se révélaient peu à peu sous la clarté lunaire...

    Une nef noire voguait sur l’onde diaphane. À son bord  était une silhouette dont je ne distinguais rien. Elle se tenait debout, immobile, l’esquif progressait avec une lenteur surnaturelle sans que personne le dirigeât.


     

     

    Je secouai vivement la tête pour sortir de ce songe éveillé, de mes mains, frottai vigoureusement mon visage... La nef se trouvait maintenant au centre de ce que je devais accepter être le fantôme de l’un des étangs ayant disparu, jadis, du Val périlleux !!! J’en étais à douter de ma raison quand j’aperçus un cavalier. Au pas silencieux de son cheval couleur de jais, il sortait de ce même néant d’où était apparue la nef mystérieuse.

    Le cavalier guidait sa monture vers la rive irréelle, et sous la pleine lune, malgré la distance, je devinais à de furtifs éclats qu’il portait heaume et armure. Je sentais la fièvre me gagner. Mon cœur s’emballait au creux de ma poitrine... J’étais partagé entre frayeur et émerveillement. En bas les deux silhouettes allaient se rejoindre en un rendez-vous mystérieux dont j’étais le seul témoin. Témoin de ma folie.

    La nef accosta, tandis que le « cavalier » mettait pied-à-terre. Il vint alors offrir son bras. Je fus pris de vertige à l’idée d’assister à l’illusion d’une rencontre galante entre deux fantômes ? Était-ce possible ? Je me sentais vaciller, comme envoûté par le chant des sirènes nocturnes, indivisibles et lascives dans l’ombre du flot noir.

    Malgré moi, je décidai de m’approcher, attiré que j’étais par cette fantasmagorie. Et plus je descendais, plus le voile de brume semblait se muer en une eau calme et sous la surface de cette eau, je percevais de diffus reflets dorés, souligné par les rayons d’une lune complice. Je devinais... Je ne pouvais en croire mes yeux ! Au fond  de cet étang fantastique, je percevais le mirage troublé d’une pile couverte de pommiers d’or. Leurs cimes affleuraient sous la surface. Je ne savais plus que croire. Je pensais à Avalon la mystérieuse. L’île d’immortalité ou reposait Arthur et tant de vaillants chevaliers.


    Avalon, l’île enchanteresse, refuge de la fée Morgane... Morgane ! La nef noire... Cette silhouette blanche si élancée, là-bas. Elle portait au front une couronne tressée de rameaux de pommiers en fleurs... Les deux apparitions se tenaient debout de part et d’autre d’une roche disposée tel un autel naturel. Tous deux paraissaient se livrer à un étrange rituel...


     

    Je n’éprouvais plus aucune crainte et ma curiosité était si grande « Celui qui marche dans ses rêves’ avais-je entendu dire un soir. Je sentais que je n’avais rien à craindre. Je me laissais glisser entre de gros rochers pour m’approcher plus encore. La pente m’invitait à de petits pas, courts et rapides, je me retrouvais sur les fesses, me relevais, m’écorchais les mains, restais dans l’effort la bouche ronde ouverte pour taire au mieux le souffle rapide de ma course insensée. Je dévalais en silence, mon pied butait sur une pierre et je partis en avant heurtant violemment la tête contre le sol ...

    Le chant clair du merle est parmi les premiers à célébrer l’approche d’une nouvelle journée.

    Je retrouvais mes sens aux premières lueurs de l’aube, le crâne endolori, orné d’une bosse grosse comme un œuf. La fraîcheur de la nuit m’avait pénétré. J’avais froid. Le souvenir de l’apparition me transperça d’un coup ! Je regardais autour de moi... Dans le demi-jour naissant, le val avait son apparence de toujours, mystérieuse. Des landes de brumes léchaient ses pentes ravinées, laissant par endroit la tête des arbres comme surgie d’une vallée de nuages. Bien sûr, il n’y avait aucun étang, aune nef. J’étais tout seul. J’avais du rêver tout cela. Ma chute s’était produite avant mon délire. S’en était suivies ces folles pensées, issues d’un imaginaire nourri par un fort attachement à la mémoire de ces terres fertiles en légendes merveilleuses.

    Je me redressai titubant, le pas incertain. Doucement, je regagnai le chemin en contrebas. Il serpentait au creux du val  accompagné par le gazouillement joyeux du ruisseau pressé par l’étroitesse de son lit. La tête me tournait un peu. Après quelques efforts et glissades incertaines, j’atteignis enfin un terrain plus favorable, l’allais m’engager sur le chemin du retour lorsque je remarquai, un peu plus loin devant moi...

    Lui par contre, je ne l’avais pas rêvé !

     

    Il reposait, sur un parterre d’herbe rase, détrempé de rosée. Le rocher en forme d’autel. J’étais troublé. Je m’avançai, m’écartai du sentier pour m’en approcher. C’est là que je remarquai.... Il y avait quelque chose sur le dessus de la pierre, des cailloux ? De petites pièces de bois... J’en découvris une dans l’herbe humide, je me baissai pour la ramasser. C’était une pièce d’échec. Une pièce très ancienne, rongée par le temps. Un cavalier de bois brun. Je voulu le prendre dans mes doigts, il se décomposa en petits morceaux, comme s’il avait été bouffé à ver. Sur la roche je découvris le reste du jeu. À l’exception d’une seule, je ne vis que des pièces identiques, renversées. Toutes figuraient des cavaliers de bois brun. Certains brisés, d’autres déjà en poussière. Juste des cavaliers de bois et cet autre pièce restée debout, cette pièce unique, cette pièce distincte des autres....

    « Morrigane » ... En gaëlique, cela signifie « Grande Reine ».


    Je restai interdit, profondément ému. Je n’osais la saisir, j’approchai pourtant une main tremblante... Il y eut un murmure aérien, un souffle léger. Je le sentis caresser mon visage, effleurer ma main, mes doigts... Je ne tremblais plus... Puis doucement, le souffle tiède éroda les pièces de bois, comme le vent érode les montagnes. Impuissant. Je regardais les vestiges de mon songe se désagréger, s’effacer, j’avais le sentiment de voir disparaître toute la magie du monde... Et je ne pouvais rien y faire. Je sentais juste les larmes rouler sur mes joues. Lorsqu’il n’y eut plus rien, le souffle s’évanouit. Je restais seul.

    Juste à mes pieds était déposée une couronne tressée faite de rameaux de pommiers en fleurs.

     


     

     

     

    © Le Vaillant Martial 


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  • orsque la reine Élaine donna un fils Ban de Bénoïc, il fut le père le plus heureux du monde. Qui ne l’aurait pas été devant un si bel enfant ?
        Il en était certain, son fils, Galaad, serait un grand Chevalier.
        Mais sa joie fur de courte durée...
        Ban avait résisté tant que possible... Mais, Claudas, voisin et ennemi de toujours, était sur le point d’envahir son royaume.

    C’était inéluctable.
        Et Claudas de la Terre Déserte était impitoyable.
        En quelques jours, la puissante armée était aux portes de son château, pourtant réputé imprenable, et quelques heures plus tard tout était en feu.

    Le roi Ban et les siens réussirent tout de même à s’enfuir et trouvèrent refuge près d’un lac. Mais, complétement anéanti par la perte de ses terres et de son château, le roi Ban se laissa mourir de chagrin.

    La toute jeune veuve resta ainsi seule avec son enfant,
        Seule avec son désarroi, seule avec sa douleur.
        Caché entre deux eaux, quelqu’un les observait.
        Une fée
        Elle attendait.

     Car ce tout petit enfant d’à peine quelques semaines était le dernier
        Elle  l’avait tout de suite su.
        Le dernier d’une longue lignée prestigieuse...
        Celle de Joseph d’Arimathie.

     Ainsi, ses pouvoirs lui avaient fait entrevoir le possible destin du petit d’homme... Sa grandeur d’âme, sa droiture et sa loyauté  ferait de lui un être exceptionnel.

     S’il survivait...
        Alors
    Viviane la fée attendait.
        Et quand elle vit le signe, pourtant imperceptible qu’Élaine – reine – devenue si fragile – perdait pied et se noyait en océan de peine, elle intervint.
         En un instant c’était fini
      

    Viviane, la Dame du Lac, venait de s’emparer du nourrisson et de disparaître aussitôt dans les eaux profondes et silencieuses.
         La fée l’emporta dans son royaume dissimulé par le lac, en son château merveilleux et nul humain ne le revit avant ses dix-huit ans.
         Elle le surnomma Lancelot du Lac et l’éleva comme une mère ; Elle fit grandir en lui le courage et la sagesse ainsi que la noblesse et la courtoisie qu’il possédait déjà et qui ne demandaient qu’à  s’épanouir. Des qualités qui feront bientôt de lui le plus parfait des chevaliers. Mais, elle lui enseigna l’art du combat, mais aussi la chasse, les arts comme la littérature et la musique.

     Et puis vint le jour où la formation de Lancelot fut achevée et où, comme toutes les mères, Viviane dut le laisser partir pour qu’il accomplisse sa destinée.
        Ce fut donc un très beau jeune homme, d’une grande prestance, qui se présenta aux portes de Camelot, un beau jour de printemps.
        

     Il se passa deux choses ce jour-là. Et en quelques regards, tout fut scellé.
         Il rencontra
    le roi Arthur et lui fit tout de suite si forte impression qu’une indéfectible amitié naquit immédiatement en eux.
         Et puis... Il vit la reine
    Guenièvre.

         Et il en tomba aussitôt éperdument amoureux

         Tel était son destin
         Et tel serait son éternel dilemme.
         Fidélité au roi ou à la reine...

     Quoi qu’il en soit, il prouva aisément sa grande valeur au combat et fut tout naturellement très rapidement adoubé.
         Et en peu de temps, il devint le champion de Camelot.

     Parmi ses glorieux exploits, le jeune chevalier revint victorieux de son combat contre les statues de cuivre animées tel des automates, qui gardait le château de douloureuse Garde. Elle fut d’ailleurs renommé La joyeuse garde à cette occasion.

    C’est ainsi qu’il gagna le titre tant convoité de meilleur chevalier du monde.

     Il partit combattre la menace du Géant Galehaut, seigneur des îles lointaines, et après moult aventures et revirement de situation, ce dernier devint son plus fidèle ami.

     Pendant ce temps, l’amour qui embrasait les cœurs de Lancelot et de la reine Guenièvre était si intense qu’un beau jour ils finirent par devenir amants.
         Au prix d’une vigilance de tous les instants, qu’ils parvinrent toutefois à garder secret sur cette coupable passion.

    Un jour de l’Ascension, Méléagant, fils du roi de Baudemagu, se présenta à la cour du roi. Il déclara qu’il libèrerait tous les habitants de Logres – retenus en otage dans l’inquiétant royaume de Gorre – si l’un des chevaliers de la cour le battait. S’il en sortait victorieux, il emmènerait la reine Guenièvre avec lui.

     Keu, le frère de lait du roi Arthur, releva le défi mais Méléagant eut très vite le dessus et s’enfuit aussitôt, en enlevant la reine.
        Bien sûr Lancelot se lança à sa poursuite, son cheval fut tué, mais il finit par atteindre le château enchanté ou Méléagant retenait Guenièvre prisonnière.

         Là, l’attendait trois épreuves plus dures les unes que les autres...

     Il dut, en premier lieu, traverser un pont en forme d’épée qui le blessa et l’affaibli grandement. Se dressèrent alors devant lui deux féroces lions enchantés qui disparurent, étonnamment, dès lors qu’il surmonta sa peur. Pour fini il affronta Méléagant lui-même dans un combat acharné, dont il sortit victorieux.

     Enfin seulement, il put libérer sa bien-aimée.

     Entre autre actes de bravoure, il dénoua également les enchantements du Val sans retour de la Fée Morgane, délivrant ainsi, tous les amants infidèles fait prisonniers par la fée.
        Malgré tous ces exploits, Lancelot, qui n’était décidément pas un chevalier ordinaire, demeura très solitaire et il fut d’ailleurs surnommé le chevalier errant.

     Lors de ses errances, justement, il fit halte au château du roi Pellès à Corbenic et pendant le repas, il fut témoin d’une étrange procession... celle du Graal.
        Cependant la coupe sacrée demeura inaccessible à Lancelot, tout parfait chevalier qu’il était, sa relation avec la reine Guenièvre le rendant trop impur pour mener cette quête à bien.
         Cette nuit-là, son hôte fit appel à la magie et sa fille Élaine, sous les traits de Guenièvre, usa de ses charmes et un enfant, Galaad fut conçu.

     De retour à Camelot, Lancelot reprit les tournois, les guerres... Et ses amours secrètes avec la reine Guenièvre.
         Par une indiscrétion de sa demi-sœur Morgane, le roi Arthur finit par découvrir la double infidélité de son meilleur ami et de sa femme.
         Et sa réaction fut à la hauteur de la trahison : il chassa Lancelot et comme la loi l’exigeait, il condamna Guenièvre au bûcher.

     La reine ne dut son salut qu’à son amant qui, de toute évidence, serait allé en enfer pour elle.

    Mais, lors des combats que Lancelot mena pour la délivrance de Guenièvre, il fut obligé de tuer nombre vaillants chevalier. Notamment son plus grand rival – Gauvain le valeureux – mais néanmoins ami – Gauvain le valeureux, qui s’était illustré dans bon nombre d’aventures et qui l’un des meilleurs chevaliers du royaume. Malgré le pardon de son ami dans un dernier soupir, Lancelot ne s’en remit jamais.

     Lancelot, chassé par Arthur et lassé de toutes ces guerres, morts, trahisons et déchirements, finit par se réfugier en Gaule, son pays natal.
         Là-bas, il tenta de tout oublier... Et chercha la rédemption en se faisant prêtre.
         Lancelot mourut années après celle de son roi, Arthur. Et, fut enterré non loin de son fidèle ami Galehaut.

     Son fils, Galaad, devenu lui aussi chevalier, devint à son tour le meilleur chevalier du monde. Ainsi, dernier représentant de la lignée de Joseph d’Arimathie, il se montra digne de son héritage et accomplit la quête du Graal.

     Le plus grand chevalier du monde...
        Je restai pensive un moment.
        -Arthur... Lancelot... Guenièvre... Ces noms me sont étrangement familiers.
        Tout le long du récit de la Dryade, je n’avais pu empêcher  mes doigts d’effleurer mon petit caillou.

    - Leur histoire a peut être dépassé nos frontières ?
    -
    C’est possible, mais je crois qu’il s’agit d’autre chose.

    Au-delà d’être de belles et tragiques histoires, dignes des légendes, c’est vrai, elles éveillent en moi d’étranges sentiments... Forts et contradictoires.
        Mais, vous avez sans doute raison... Elles m’ont probablement été racontées lorsque j’étais petite... Et cela me revient peut-être un peu trop brusquement.
        Je chassai ces troublantes émotions d’un geste et reportait mon attention sur Ezelwen.

        Celle-ci me fixait, me scrutait.
        Elle sourit
        Tu es prête

    D’un bond, elle saisit un grand bâton – que le n’avais absolument pas remarqué jusqu’alors -, en frappa le sol et, aussitôt, deux racines émergèrent brusquement de la terre. Elles grandirent à si vive allure qu’en un clin d’œil, se dressaient devant nous deux splendides et immenses arbres.

    Il me sembla reconnaître un chêne et un bouleau.

    Puis, dans un fracas assourdissant, leurs troncs se divisèrent, se tordirent et s’entrelacèrent tant et si bien que, l’instant d’après, se dressait devant moi une éblouissante sculpture végétale faites de savants et merveilleux entrelacs. Mouvante, changeante, elle semblait battre comme un cœur.

    C’était prodigieux.
        J’en restais bouche bée.
       Ces entrelacs avaient-ils une signification ? Je m’apprêtais à questionner la Dryade quand, aussi soudainement qu’ils étaient sortis de terre, ils s’immobilisèrent.
         Ils semblaient m’observer.
        Je retenais mon souffle.
        Bien que je ne puisse détacher mon regard de ses immobiles géants, du coin de l’œil je vis Ezelwen me considérer, sans détour.
        Elle n’était plus la fragile Dryade que je venais de rencontrer. Elle semblait plus grande, plus mature.

    - Les arbres sont venus te parler, Ada... le puissant chêne et le délicat bouleau. L’arbre-père et l’arbre-mère, fit-elle, d’une voix bien plus assurée. Ils sont le pont entre les profondeurs et les cieux. Entre l’ombre et la lumière. Aussitôt, les deux arbres se mirent à onduler  légèrement, faisant craquer leur bois.

    Leurs branches s’allongèrent
    Encore et encore
    Je les touchais presque.

     - Laisse-les dénouer et démêler les écheveaux de tes mémoires et de tes émotions secrètes.
    Les branches m’effleuraient déjà
    Caressantes, elles m’observaient, me considérèrent, me parcoururent.

    Tendres, elles s’enroulèrent et m’enlacèrent.
    Merveilleuse étreinte.
    Si douce, si délicate.

    Je fermai les yeux
    Et me laissais aller...
    Je me sentis soulevée, emportée vers la cime des arbres.

     J’avais le sentiment que la Terre entière me prenait dans ses bras.
    Un flot de larmes remonta du plus profond de mon être, ouvrant les portes de mon cœur.

    - Vois s’échapper de toi toute cette noirceur, cette colère qui enserrait toute cette noirceur. Paralysé, broyé, il ne pouvait plus  battre à la mesure de ton âme.
    -
    Sens en toi la fleur aux mille pétales qui fut, jadis, radieuse et épanouie mais qui, il y a bien longtemps s’est altérée, flétrie.

    Car ton cœur a saigné.
    Beaucoup.
    La fleur s’est alors éteinte, endormie.
    Pour se protéger.
    Pourtant, elle a sombré dans les eaux profondes de tes douleurs, sans jamais réapparaître.

        L’ombre l’a rongée et tant de mauvaises herbes l’ont envahie. Elles ont noué, scellé toutes ces émotions douloureuses, discordantes en autant de nœuds, de chaines qui, à présent, t’asservissent.

    Les arbres me portèrent au-delà de leur frondaison, au-delà du temps.
    Leur amour infini m’éleva dans un ailleurs sans nom.
    Je dors dans le brouillard...
    Au fil des paroles d’Ezelwen, je sentais mon cœur s’alléger, s’élever.

     - Goûte le suc de la fleur aux mille pétales, le lotus si longtemps amer et qui, à présent, s’adoucit et retrouve la lumière, solaire et lunaire.
    -
    Touche ses pétales fanés qui se regorgent de vie et qui se purifient.

    Je sentis mon cœur s’ouvrir.
    Vraiment littéralement.
    Un torrent de lumière me traversa de part en part.
    Lumière divine céleste.

     - Écoute leur chant silencieux, qui te berce, comme l’enfant que tu as jadis été. Écoute leur chant de rédemption et d’amour. Écoute les voix mêlées de la lune et du soleil qui te révèlent ta nature profonde...
    Ta nature de prêtresse.
    Prêtresse... Moi ?
    J’ouvris les yeux

    Plus d’arbres géants
    Plus de fleurs
    Plus de Dryade.

    J’étais étendue seule dans l’herbe. Seule.
        Avais-je-rêvé ?    

    Ou définitivement sombré dans la folie ?
        J’avais un nœud dans le ventre entre colère et tristesse.
        Entre tristesse et colère
        tristesse de la brusque disparition d' Elzelwen, qui semblait en savoir tant sur moi.
        En colère de tous ces départs précipités et de ces adieux que ne ferais-je jamais.

     

    Ses derniers mots tournaient encore dans ma tête.
        Prêtresse...

     Mes interrogations et mes états d’âme cessèrent-là, à cet instant précis.
         Car un cri strident explosa mon crâne.

     Décidément, cette contrée ne me laissait aucun répit.

     

     Je jetai un coup d’œil autour de moi :
         Une escouade de rongeurs m’encerclait.
         Gulliver cerné par les Lilliputiens.
          Et l’un deux venait de hurler à mon oreille droite.

     


     

     

    Je retenais mon souffle.

     Ils semblent vraiment inoffensifs... Mignons à croquer même. Mais l’idée de ces dizaines de petites incisives pouvant se jeter sur moi comme un seul homme me fit frissonner.

     Le petit délinquant qui m’avait presque rendue sourde sauta sur ma poitrine.

     Il entama ce qui me sembla être un discours – à moins que ce ne fût une sévère réprimande – mais auquel, de toute façon, je ne compris rien, ne parlant pas couramment le hamster.

     Ne souhaitant pas le froisser, j’attendis qu’il ait finit pour m’asseoir.

    Son devoir accompli, le petit leader rejoignit les siens pour ce qu’il me sembla être un casse-graine général.


     

    Ainsi, lui et ses comparses s’avérèrent tout ce qu’il y a de plus pacifiques et je passai le reste de la journée à les regarder gloutonner, s’amuser, puis somnoler mollement.

     Une petite touche de légèreté et de bonne humeur sur cette route tumultueuse... Quel bonheur !
         Je me réveillai au petit matin, avec une bande de hamsters, campagnols et gerboises blottis contre moi.
         Pour me tenir chaud ou avoir moins peur ?
         Qui sait...

     Je souris.

     Petits instants magiques, uniques et merveilleux, à ne jamais oublier.
         Et puis, aux premiers chants des oiseaux, ils s’égaillèrent
         Peu à peu dans toutes les directions.
         Le petit gaillard hurleur fut le dernier à partir.

    Il me tournait déjà le dos quand il se ravisa, fit demi-tour
        Et vint poser dans ma main une minuscule graine.
        Après un dernier petit cri bref, il rejoignit ses compagnons.
         Je souris à nouveau.

     Une brise chaude vint caresser mon vieux visage.
         Conne une invitation à reprendre mon chemin.
         Je déposai délicatement le cadeau du petit rongeur dans la boîte de nacre que m’avait offerte l’Ondine. Estimant que le cadeau d’un hamster bavard valait bien celui d’une Ondine...
        Un jour, peut-être, je saurais quoi en faire.

     

    Machinalement, je sortis mon petit caillou de ma poche...
        Un nouveau glyphe était apparu... Un autre triangle, tête en bas.
          Je soupirais et repris la route.

    Toujours sans savoir où j’allais. Vers mon destin, c’était certain.
         Je ne fus pas seule longtemps.
         Le sentier s’était élargi. Et bientôt, de part et d’autre, les arbres firent place à de grands champs composés de hautes herbes et de fleurs multicolores.

     J’entrai dans le royaume de la couleur... Et des papillons ; Il y en avait tant – de toutes les formes et de toutes les tailles.

    - Que le ciel me faisait l’effet d’une palette de peintre fou.

        Puis, il me sembla que certains d’entre-eux avaient une drôle d’allure.
        Et, à bien y regarder, je pouvais même distinguer de jolis petits visage souriants et de graciles corps miniatures...

     - Ah mais oui !
    Des Fées !

    À peine plus grandes que des papillons, elles voletaient gaiement de fleurs en fleurs, seules ou par nuées.
        Certaines m’ignoraient totalement tandis que d’autres m’avaient déclarée terrain de jeux.

     Elles me tirèrent les cheveux, tentèrent de me soulever – sans succès bien sûr -, me lancèrent toutes sortes de végétaux – fleurs, brins herbe, noyaux de cerise – et finirent par me faire éternuer en frottant leurs ailes sur mon nez.

         Il faisait beau et chaud.
         Joie et bonne humeur m’entouraient.
         Je retrouvais mes vingt ans. Insouciante et heureuse.
         Et puis l’une d’elles vint se placer devant moi et me fixa avec insistance.

    Je me penchai et plissai les yeux pour mieux distinguer ses traits.

     

     

    Aussitôt elle se mit à grandit, grandir, pour bientôt atteindre la respectable taille d’un empan.

    - C’est mieux comme cela ?
    -
    Euh... Oui. Enchantée, belle-fée, fis-je tout naturellement, ne m’étonnant plus de rien.

    Elle était tout en longueur et presque. De microscopiques papillons dansaient autour d’elle.

    - Je suis Inwynn, souveraine de ces près. Je suis le vent et l’insouciance.

    Dans un souffle, je murmure les secrets, mais jamais ne les révèle au monde.
        Puis je m’envole pour mieux les oublier. Car tout est léger car rien ne pèse...
        Bienvenue dans mon royaume !
        Je lis en toi comme dans un livre ouvert et je vois la vie en tout et à respecter le petit comme le grand.

    Tu as appris à écouter ton cœur, à sécher tes larmes et pardonner aux autres et, surtout, à toi-même.
        Tu es morte pour mieux renaitre et les eaux de l’Ondine t’ont lavée d’une partie de ta noirceur.
        Puis, le chant de la rédemption a résonné à tes oreilles...

    Pour qu’enfin, ton cœur se dénoue totalement et que s’ouvre la fleur aux mille pétales, porte vers la lumière et la pureté.
        Car sais-tu qu’il n’y a qu’une seule voie possible ?
        Le sais-tu ?

    - ...
    -
    J’ai un secret à te révéler...

    Tu t’es transformée... À n’en pas douter. Et c’est bien.
        Mais voudrais-tu que les autres en fassent autant ? Souhaiterais-tu façonner les tiens à ton image ?

    Tu t’es transformée, c’est ton choix mais tu dois vouloir la perfection en tout.

    Car même ce qui est sombre t’apprend... Par opposition, il te montre le chemin de la lumière.
        Tu étais parfaite avant de commencer cette quête et tu l’es toujours aujourd’hui. Tu es simplement différente.
        Ton petit caillou t’a aidée à revenir dans cette contrée car il a exaucé un vœu cher à ton cœur et à ton âme. Rien n’arrive que tu n’aies profondément souhaité.

    C’est souvent inconscient, bien sûr, et là, est toute la difficulté.
       Mais surtout retient ceci
       Vois la perfection en tout.
      

    Même en ce qui te déplaît.
       Et alors ton cœur deviendra pur.
        Car il verra la beauté en tout.

    Je vais te faire un cadeau.
        Le-veux-tu ?
        Je vous fais confiance, Inwynn.

     - Alors, suis-moi à l’orée de ce bois...
    -
    Je vais te présenter deux amies.

    Là d’où tu viens, elles ont été  moult fois représentées...

    Voilà nous y sommes.
    Ferme les paupières.
    Respire...
    Attends...

     Tu peux rouvrir les yeux

       

    © Le Vaillant Martial


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    iviane la  Fée, appelée aussi la Dame du Lac, joua un rôle discret mais tout de même majeur dans la geste des chevaliers de la table Ronde.

    Certains la disent fille du seigneur Dymas, bâtisseur du Château de Comper sur les rives du lac du même nom. Mais n’en croyez rien, car sa naissance est bien plus mystérieuse que cela.

    Car Viviane fut bel et bien une fée.

    Née de l’invisible, elle n’était à l’origine pas très puissante mais rêvait d’accomplir de grandes choses. Les fées n’ont pas ces ambitions-là d’ordinaire et c’est ce qui fit d’elle un être à part.

    Oui ce fut une de ces fées qui rêvent du monde des hommes et de leurs merveilleuses âmes immortelles.

    Ce fut une des rares fées, sortie de la cohorte des esprits de la nature et leur rôle protecteur, qui souhaita ne plus être simple spectatrice du théâtre des hommes, mais écrire quelques pages de leurs livres, sinon d’histoires, au moins de légendes.

      Tout ceci aurait pu rester rêverie de fée et s’évanouir avec elle dans les songes d’une nuit d’été[1].
        Mais Viviane aimait se baigner...
        Car cette sublime créature n’était autre qu’une Ondine, une fée de l’eau.
        Elle passait donc le plus clair de son temps près des sources de sa forêt natale, Brocéliande.

      Et c’est près de l’une d’elles, celle qui avait sa préférence - La fontaine de Barenton – qu’elle fit un jour une étrange rencontre.
         Il faisait beau et Viviane rêvassait tout en caressant d’une main paresseuse l’eau claire quand il pénétra dans la clairière.

    C’était un homme d’un certain âge et, tout à ses pensées, il ne la vit pas tout de suite. Attiré par la perspective d’une grande gorgée d’eau rafraîchissante, il se dirigea tout droit vers la fontaine, presque malgré lui.

    Il connaissait cette forêt, c’est certain.
        Viviane eut, ainsi, tout le loisir de l’observer.
       

    Vêtu d’un grand manteau fané comme les fleurs d’automne, il avançait d’un pas bien plus alerte que sa longue chevelure poivre et sel le laissait entendre. Il devait faire partie de ces hommes qui, tout jeunes, paraissaient déjà vieux.
      

    Elle le reconnut immédiatement bien sûr. Comment pouvait-il en être autrement ? Non pas qu’elle l’ait déjà rencontré, mais sa réputation l’avait précédé.

    Car, comment ne pas reconnaître cet homme sans âge ?
        Comment ne pas reconnaître
    Merlin ?
        Et puis les êtres mi-homme mi- démon ne couraient pas les bois, même en forêt de Brocéliande...
        Il émanait de lui ce singulier charisme que seuls les sorciers possèdent, ce charme de la magie humaine, si différente de celle, naturelle des fées.

    L’ensorcelante beauté du pouvoir.
        Elle fut toute de suite séduite. Envoutée même.
        Quelques grands pas plus tard, il était près d’elle.
         Lorsqu’il leva les yeux, il la vit son cœur explosa.
         C’était elle.
         Celle qui était destinée.
         Celle qu’il aimerait éternellement.

     Les destins de l’enchanteur et de la fée étaient désormais scellés.
         Et l’histoire pouvait être écrite.

    Il faisait beau et Viviane rêvassait tout en caressant d’une main paresseuse l’eau claire quand il pénétra dans la clairière.

     C’était un homme d’un certain âge et, tout à ses pensées, il ne la vit pas tout de suite. Attiré par la perspective d’une grande gorgée d’eau rafraîchissante, il se dirigea tout droit vers la fontaine, presque malgré lui.

    Il connaissait cette forêt, c’était certain.
        Viviane eut ainsi tout le loisir de l’observer.

    Vêtu d’un grand manteau fané comme les fleurs d’automne, il avançait d’un pas bien plus alerte que sa longue chevelure poivre et sel le laissait entendre. Il devait faire partie de ces hommes qui, tout jeunes, paraissaient déjà vieux.

    Elle le reconnut immédiatement bien sûr. Comment pouvait-il en être autrement ? Non pas qu’elle l’ait déjà rencontré, mais sa réputation l’avait précédé.

    Car, comment ne pas reconnaître cet homme sans âge ?
        Comment ne pas reconnaître Merlin ?
       

    Et puis, les êtres mi-homme mi- démon ne couraient pas les bois, même en forêt de Brocéliande...

    Il émanait de lui ce singulier charisme que seuls les sorciers possèdent, ce charme de la magie humaine, si différente de celle de la magie des fées.

    L’ensorcelante beauté du pouvoir.
        Elle fut tout de suite séduite. Envoutée même.
         Quelques grands pas plus tard, il était près d’elle.

     Lorsqu’il leva les yeux, il la vit et son cœur explosa.
         C’était elle.
        C’était elle qui lui était destinée.
        Celle qu’il aimerait éternellement.

     Les destins de l’enchanteur et de la fée Viviane étaient désormais scellés.
         Et l’histoire pouvait être écrite.

     Tout ce que Viviane fit par la suite fut par lui ou pour lui. Merlin, amoureux qu’il était, chercha par tous les moyens à prouver à cette merveilleuse créature la sincérité de son amour.

     

     Dans un premier temps, le sorcier certain de son pouvoir de séduction, chercha à éblouir Viviane par de simples enchantements.
         Mais cette fée-là n’était pas comme les autres.
         À vrai dire, il semblait bien que peu de choses l’impressionnaient.
         Et même lorsqu’il eut lancé son plus beau sortilège, la belle ne lui accorda qu’un léger levé de sourcils appréciateur.

    Pour elle, il devait se surpasser, c’était certain.

     Une nuit, lors d’une de ses innombrables insomnies, le magicien trouva enfin comment toucher le cœur de sa bien-aimée.

     Ainsi, le lendemain, il créa de toute pièce un extraordinaire et stupéfiant palais de cristal  au fond d’un vallon qu’il dissimula aux yeux de tous par un lac plus vrai que nature.

     

    On dit même que ce fut l’un des passages qui menait à l’île d’Avalon.
        Viviane fut finalement émerveillée et consentit à un premier baiser...

     Mais l’Ondine désormais appelée la Dame du Lac, en voulait toujours plus et les cadeaux, fussent-ils sublimes, ne suffisaient pas la combler.
         Car ce qu’elle voulait, c’était bien autre chose.
         Ce qu’elle voulait c’était la magie de Merlin.
         Ce qu’elle voulait, finalement c’était le pouvoir sur lui.

     Ainsi, des années durant le sorcier lui enseigna tout ce qu’il savait et à chaque étape de son apprentissage, elle lui accordait une faveur supplémentaire.

     L’amour d’une fée qui rêvait d’une âme et d’un demi-démon qui chercha toute sa vie à rattacher ses origines, demeura éternellement mystérieux aux yeux du commun des mortels.

    Et c’est peut-être cela qui en fit un amour légendaire.

     Grâce à Merlin, Viviane en apprit davantage sur le monde des hommes en particulier sur les chevaliers de la table ronde et leurs dames. Elle comprit aussi, même si cela la dépassait quelque peu, l’importance qu’ils avaient aux yeux du magicien.

     Ainsi, lorsqu’elle aperçut ce nourrisson, descendant d’une lignée, à l’avenir chevaleresque si prometteur et délaissé par sa toute jeune mère, tout juste veuve du roi Ban, elle saisit l’occasion d’impressionner l’enchanteur.

    Elle éleva l’enfant et l’emmena dans son palais de cristal.

    Elle éleva Lancelot, tel était le nom qu’elle lui donna, dans les plus pures valeurs chevaleresques afin qu’il devint le plus grand chevalier du monde et jouât un rôle majeur dans la quête du Graal, si chère à son bien-aimé.

    Cependant, elle n’avait pas prévu qu’elle s’attacherait au petit bout d’homme et que très vite, elle l’aimerait comme son fils...

     Ce fut un déchirement pour Viviane lorsque le jour de ses dix-huit ans elle mena Lancelot aux portes de Camelot pour qu’il accomplît son destin.

    Mais ceci est une autre histoire...

    Merlin avait toujours pressenti que Viviane avait un grand secret, bien protégé par une magie féerique qu’aucun de ces sortilèges ne pourrait démasquer.

    Il devait faire preuve de patience et attendre que la fée lui fit enfin confiance. La supplier, lui forcer la main ou encore tenter de la duper, n’aurait servi à rien car les secrets de fées sont les mieux gardés...

    Un jour ordinaire, pourtant, alors qu’ils se promenaient près du lac de la belle Dame, elle prit un air qu’il ne lui connaissait pas.
        Après un long silence qu’il crut ne jamais pouvoir respecter, elle lui confia enfin son secret.

     

    Viviane était une gardienne...
        La gardienne de l’épée des Dieux.
        L’épée oubliée de tous, l’épée de lumière, l’épée des rois...
        Celle que nul autre que l’élu ne pouvait toucher sans périr, celle que nul ne pouvait briser.
       

    Excalibur.

     

    Merlin n’en crut pas ses oreilles. Il l’avait cherché de longues années, sans y parvenir.
        Le magicien avait même douté de la réalité d’une telle épée, craignant que ce fût une légende, tant il avait cherché en vain.
        Il comprenait pourquoi désormais.
        Il pressa sa bien-aimée de mille questions, bien sûr...

    Trop curieux et trop assoiffé de connaissance pour ne pas tenter d’avoir quelques réponses.

     

    Mais la Dame du Lac fut des plus évasives, comme le sont toutes les fées lorsqu’elles parlent des choses de leur monde.

    Il sur simplement que les fées l’avaient préservé depuis le temps des Dieux et les gardiennes avaient été désignées afin d’en prendre soin jusqu’à ce qu’un roi digne de ce nom, l’élu, en ait besoin et s’en montrât digne.

    Et Viviane savait que ce temps viendrait bientôt et que ce serait Merlin qui mènerait le roi à elle.
        Et il en fut ainsi.
        La Dame du Lac remit Excalibur au roi Arthur, et exigea simplement en retour qu’il la lui rendit.

    Grâce à cette légendaire épée, Arthur devint celui qui fédéra le Bretagne, celui qui réunit les chevaliers autour de la Table Ronde, et sous le règne duquel la quête du Graal fut commencée et achevée.

    Merlin, infiniment redevable et tellement amoureux, redoubla d’effort pour enseigner à sa belle toute la magie qu’elle souhaitait si ardemment connaître...

     Ainsi Viviane la fée devint une grande et redoutable magicienne.
       Les fées sont vraiment étranges...
       Elles sont possessives aussi.

    Probablement lasse de voir son bien-aimé s’absenter si souvent pour interférer dans toutes ces affaires chevaleresques, et ainsi, le partager avec qu’elle ne comprit, finalement vraiment jamais, elle prit un jour une décision lourde de conséquence.

    Un soir Viviane traça neuf cercles magiques autour du magicien endormi, un sortilège qu’il lui avait enseigné peu de temps auparavant et qui permettait d’enfermer un homme à jamais.

    Ce qu’elle ne pouvait prévoir, ce fut que cette prison invisible l’empêcherait de rendre visite à son bien-aimé et de profiter de son amour.

    Merlin demeurait inaccessible aux hommes et à Viviane pour l’éternité...

    Scellant, par la même le destin du roi Arthur puisque l’enchanteur ne put venir en aide à son ami et roi lors de la bataille de Camlann.

    Viviane la fée, Dame du Lac, ne s’en remit jamais et disparut elle aussi, à jamais après avoir emporté Excalibur à la suite de la mort du roi Arthur.

    Tel dut le destin de la fée Viviane, Dame du Lac et gardienne de l’épée des Dieux...

     - Dites-m’ en plus sur Merlin, s’il vous plaît...
    -
    Ah Merlin...

    Il fût tout simplement, le plus grand magicien du monde. Voilà tout...

    - Mais encore....

     

     

    © Le Vaillant Martial 

     

     

     

     



    [1] Titre d’une pièce de Théâtre de William Shakespeare.


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    Arthur Pendragon, roi des Bretons, était un guerrier hors pair mais aussi un homme impulsif, sans pitié, à qui rien de devait résister.

    Or il tomba follement amoureux d’Ygerne, femme de Gorlois, le duc de Cornouailles.

    Et puisqu’elle refusait ses avances et que son époux l’avait mise en sécurité derrière les hautes murailles de Tintagel, Uther déclara la guerre à Gorlois.

    Mais, guerroyer  ne calma pas ses ardeurs et sa grande frustration...

    Fou de rage, l’idée folle d’avoir recours à la magie finit par germer dans son esprit obsédé.

    Il fit donc appel à son conseiller Merlin l’enchanteur qui l’avait déjà aidé par le passé. Le magicien mit alors au point un stratagème...

    Ainsi grâce à un puissant sortilège, le roi Uther Pendragon usurpait l’identité de Gorlois, et le temps d’un soir, pourrait se rendre à Tintagel et assouvir, enfin son violent désir pour Ygerne.

    Cette nuit-là, le duc tomba dans une embuscade et mourut à des lieux de Tintagel.

    De cette mystification, naîtra Arthur Pendragon...

    Merlin vit en lui, le seul capable d’unifier les peuples, et exigea qu’on lui remit l’enfant en paiement de sa magie.

    L’enchanteur confia Arthur à un homme de confiance, Antor, simple et loyal, afin qu’il l’élevât et lui enseignât l’art de la chevalerie.

    Ainsi, Arthur et Keu, le fils aîné d’Antor, grandirent comme des frères, loin des complots et de des menaces de Tintagel.

    Et puis, le roi Uther Pendragon mourut et la Bretagne resta sans souverain.

    Arthur, devenu un beau jeune homme, poursuivait alors sa formation de chevalier en tant qu’écuyer auprès de son frère de lait, récemment adoubé.

    Et lorsqu’on annonça la tenue d’un grand tournoi pour désigner le nouveau roi, Keu voulut y participer, bien sûr.

    La veille, une mystérieuse épée était apparue plantée dans une enclume et le bruit courut que quiconque l’en extrairait deviendrait roi.


     

     

    Le royaume entier – ou presque – s’y essaya...

    Sans succès.

     Pendant ce temps, le tournoi battait son plein et bientôt, ce fut le tour de Keu de prouver sa valeur. Mais son épée demeurait introuvable, vol ou  oubli, peu importe, quoi qu’il en fut, Arthur, en bon écuyer, devrai trouver une solution. Ainsi, il improvisa et, le plus simplement du monde, se saisit de cette étrange épée plantée dans cette non moins curieuse enclume.

    Il ignorait qu’il s’agissait d’une épée particulière.

    Une épée plantée là, par Merlin

     Ainsi, malgré lui, le jeune Arthur démontra qu’il était bien l’élu qu’attendait l’enchanteur et devint de ca fait dans l’instant, le roi des Bretons...

    Le moment était venu pour Merlin de réapparaître dans la vie de son protégé et de révéler ses origines royales.

    Arthur dut tout de même répéter son exploit plusieurs fois avant d’être adoubé et, finalement accéder au trône.

    Malgré l’allégeance immédiate de la majorité des seigneurs, ce ne fut pas chose aisée car nombres de clans bretons, ceux du Nord en particulier, ne voyaient pas d’un bon œil le fait d’être gouvernés par un si jeune chevalier sorti de nulle part.

    Installé dans le magnifique et somptueux château de Camelot, devenu son fief, le jeune roi eut très vite l’occasion de faire ses preuves.

    En effet, un géant du nom de Pellimore, roi des îles, terrifiait la population et défiait quiconque passait à sa portée. Après qu’un jeune chevalier, tout fraîchement adoubé, fût revenu gravement blessé, le roi décida de régler le problème lui-même.

    Mais lors d’affrontement, son épée, vola en éclats sous les puissants coups du géant et Arthur ne dut sa survie qu’à la Magie de Merlin.

    Après quelques jours de convalescence, le magicien conduisit son protégé en une contrée insolite et mystérieuse. Ils traversèrent alors une inquiétante brume et arrivèrent sur les berges d’un grand lac où dansaient d’étranges reflets.

    Le moment était venu pour Merlin... De mener Arthur en Avalon.

    Les eaux frémirent alors et une épée fendit la surface lisse du lac.

    La main qui la tenait était gracieuse et blanche comme le lait et lorsque la Dame fut toute entière sortie de l’eau, Arthur resta coi devant son extraordinaire beauté. Merlin la fixait de son intense regard.

    Toute d’or vêtue, elle s’avança vers un Arthur médusé.

    Sans un mot, Viviane, la Dame du lac, remit Excalibur au jeune roi tout tremblant.

    - Elle n’est pas de ton monde, alors, avant de mourir, tu devras la rendre aux eaux sacrées d’un lac et je serais là pour la reprendre....

    Après qu’Arthur ait juré, elle regagna les profondeurs – insondables – de sa demeure – et disparut.

    Désormais armé d’une épée forgée par les fées, le légendaire règne du roi Arthur pouvait commencer.

    Parti aider Léodagant le roi de Carmélide,  à lutter contre les Saxons, Arthur tomba follement amoureux de sa fille Guenièvre.

    Le mariage fut célébré à Camelot et ce fut le plus fastueux et le plus beau mariage que la Bretagne ait jamais connu.

    S’ensuivit une période de douze années de paix et de prospérité, tandis que le roi Arthur s’entourait peu à peu des plus grands chevaliers du royaume et que naissait la confrérie des chevaliers de la Table Ronde.

    Un jour, un jeune chevalier, comme tant d’autres, se présenta à la cour. Il se nommait Lancelot du Lac, fils du roi Ban de Bénoïc, et ses grandes qualités chevaleresques firent aussitôt grande impression sur le roi Arthur et une grande amitié naquit immédiatement entre les deux hommes. Après moult actes de bravoure, il fut d’ailleurs déclaré le plus grand chevalier du monde.

    Tout serait allé pour le mieux, dans le meilleur des mondes, si Lancelot n’était pas aussitôt tombé amoureux de la reine Guenièvre et si cette dernière ne lui avait pas rendu la pareille. Leur amour adultère resta discret quelques temps, mais ce genre de secret finit toujours par être percé à jour.

    Lancelot réussit à se racheter aux yeux de son ami le roi en sauvant à plusieurs reprises Guenièvre de la convoitise de scélérats, notamment du perfide Méléagant, qui l’’avaient enlevée.

    Ainsi le Calme revint à Camelot.

    Mais Morgane, la demi-sœur d’Arthur, nourrissait une haine farouche envers celui qui lui avait ravi l’amour de sa mère Ygerne.

    Devenue une grande magicienne, elle se présenta un jour à la cour de Camelot sous les traits d’une jeune fille pure et innocente.

    Les amours adultères de Lancelot et Guenièvre n’ayant pas cessé, Arthur se laissa réconforter et aimer par la douce pucelle.

    Cet amour ne dura qu’une unique nuit, mais le mal était fait et cette rencontre naquit Mordred.

    Un jour, l’un des chevaliers de la Table Ronde assista à une surprenante scène dans le château de Pellès, le roi pêcheur, et cela bouleversa la destinée de Camelot.

    Il y  vit passer devant lui une procession silencieuse de jeunes gens porter une coupe, une épée blanche nue et une lance ensanglantée.

    Venait de naître de la quête du Graal.

    Ainsi, les chevaliers les plus purs, Gauvain, le neveu d’Arthur, Perceval et Galaad entrèrent dans la légende.

    Arthur et Lancelot, aux âmes entachées de trop péchés, restèrent quant à eux, spectateurs de cette belle  épopée...

    De son côté Guenièvre fut accusée de mille perfidies et trahisons mais Lancelot réussit l’exploit de toujours la sauver. Lassé par ses infidélités répétées et désormais connus de tous, Arthur la fit même condamner au bûcher. Mais, Lancelot provoque le roi en duel et en sortit vainqueur.

    Une fois de plus Lancelot sauva la reine et une fois de plus, Arthur pardonna son épouse.

    Mais tout cela ne pouvait durer éternellement et le jour vint ou Lancelot fut définitivement chassé par le roi. Guenièvre ne fut plus jamais la même.

    Arthur se réfugia alors dans les guerres et conquêtes en Gaule et confia, naïvement son royaume à son neveu, fils de Morgane.

    Mais Mordred, élevé dans la haine et la perfidie convoita Guenièvre et s’empara du trône de son oncle.

    Découvrant cela, Arthur rentra aussitôt en Bretagne.

    La guerre fut déclarée.

    L’affrontement était inéluctable.

    Encore de nos jours, on se souvient de la bataille de Calann...

     

    La confrontation entre les hommes de Mordred et les chevaliers du roi Arthur fut d’une violence inouïe.

    Beaucoup de chevaliers tombèrent

    Presque tous en fait.

    Ce fut le dernier combat livré par le roi Arthur.

    Mordred et le roi s’affrontèrent, le père tua le fils et Arthur fut gravement blessé.

     

    Dans un souffle, Arthur, mourant, demanda à l’un de ses chevaliers survivants, Girflet de jeter Excalibur dans le lac tout proche.

     La main de Viviane, la Dame du Lac, surgit alors des eaux calmes et saisit au vol la légendaire épée, pour l’emporter, à jamais, dans les profondeurs glacées.

     Peut-être hantée par le remord, Morgane, accompagnée, accompagnée de ses sœurs les fées, emporta le corps de son frère sur l’île d’Avalon.

     Et sur un lit d’or, il s’y endormit, tandis que son royaume s’écroulait...

    De ce profond sommeil reviendra-t-il un jour ?

     

    © Le Vaillant Martial 


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