• Al lonker

    Al lonker[1] 

    Emañ Jopig Karg-e-Doull[2] e ti ar medisin gant e zaouarn o krenañ. « Petra a vez evet ganeoc’h ? a c’houlenn ar medisin digantañ.

    -     Gwin, ha gwin nemetken, ken saotrert eo an dour d’an devezh a hirio, neketa, a respont Jopig.

    -     Ha pet litrad ar-a ganeoc’h bemdez ‘ta ?

    -     - O ! war-dro seizh pe eizh litrad, hag un tamming bihan muloc’h p avez tomm an amzer.

    -     Gast ! Setu, se ‘zo kaoz ma krenit kement-se ! An hanter re[3] a evit !

    -     - N’eo ket gwir ‘vat, Aotrou Medisin, skuilhañ a ran kalzig ivez ! »

     

    Le soiffard

    Jopig Karg-e-Doull est chez le médecin, les mains tremblantes. « Que  buvez-vous (habituellement) ? lui demande celui-ci.

    -     Du vin et du vin seulement. L’eau est tellement polluée de nos jours, n’est-ce-pas, répond Jopig.

    -     Et combien de litres consommez-vous par jour ?

    -     Oh ! environ 7 ou 8 litres, et un petit plus quand il fait chaud.

    -     Gast ! voilà, c’est à cause de cela que vous tremblez tant ! vous buvez la moitié trop !

    -     Ça ce n’est pas vrai, va, Docteur, j’en renverse pas mal aussi. »

    Devinette : Mr et Mme Gantarboeson viennent d’avoir une fille. Quel prénom vont-ils lui donner ?
    Réponse Collet (Kollet gant ur boesan[4] )

     

     

    © Le Vaillant Martial


    [1] Lonker (nom) : « qui avale, engloutit, absorbe » et, par extension « qui boit avec excès ». À noter aussi qu’en français local, on « avale » bien plus de choses qu’en français académique. Alors qu’ailleurs le nom que l’on cherche est « sur le bout de la langue », nous n’hésitons pas à l’ « avaler » carrément, comme en breton (konket em eus e anv). Nous « avalons ainsi la commission » quand on la mange ailleurs, ou on « bouffe la consigne » en français familier. C’est la traduction littérale du verbe lonkañ francisé qui, au sens figuré, correspond à « oublier », alors qu’en français d’école « avaler », correspond toujours au figuré, à « croire, admettre ».

    [2] Karg-e-doull : mot à mot, « celui qui charge son trou », Un soiffard, grand buveur donc. Kar-e-doull s’emploie en Français, dans sa forme Bretonne, par connivence.

     

    [3] « La moitié trop », Traduction directe du Breton signifiant « beaucoup », « deux fois trop ». On retrouve le même cas dans l’expression « la moitié plus », traduite du Breton an hanter muloc’h. Mais en Breton, « la moitié plus », correspond au double. Si vous partez la base de 10,  « La  moitié plus » donnera 20 pour un Breton et 15 pour un Francophone !

     

    [4] Kollet gant ar boesan : »perdu avec (par) la boisson ». Objet de plaisanterie aussi en utilisant les initiales K.G.B, il y a quelque temps, on appelait ainsi un grand buveur.

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